Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=978389
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 978389 )23/07 St Apollinaire, évêque et martyr, St Liboire, évêque par ami de la Miséricorde (2024-07-22 23:37:13) 



St Apollinaire, évêque et martyr

Biographie de Saint Apollinaire de Ravenne



Mémoire de S. Liboire, évêque et confesseur

Biographie de Saint Liboire, évêque
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 978391 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-07-22 23:49:10) 
[en réponse à 978389]



CHAPITRE III

Que la sacrée complaisance donne notre coeur à Dieu,
et nous fait sentir un perpétuel désir en la jouissance.


La jouissance d'un bien qui contente toujours, ne flétrit jamais, ains se renouvelle et fleurit sans cesse; elle est toujours aimable, toujours désirable. Le continuel contentement des célestes amoureux produit un désir perpétuellement content, comme leur continuel désir fait naît en eux un contentement perpétuellement désiré. Le bien qui est fini termine le désir quand il donne la jouissance, et ôte la jouissance quand il donne le désir, ne pouvant être possédé et désiré tout ensemble.

Mais le bien infini fait régner le désir dans la possession, et la possession dans le désir, ayant de quoi assouvir le désir par sa sainte présence, et de quoi le faire toujours vivre par la grandeur de son excellence, laquelle nourrit, en tous ceux qui la possèdent, un désir toujours content et un contentement toujours désireux (Ce passage rempli d'antithèses est encore un tribut payé au goût douteux de la littérature de l'époque.).

Imaginez-vous, Théotime, ceux qui tiennent-en leur bouche l'herbe scitique (Herbe scitique, ou scythique, qui rassasie et désaltère, peut-être du nom des Scythes, qui s'enivraient aisément.); car, à ce qu'on dit, ils n'ont jamais ni faim ni soif, tant elle les rassasie, et jamais pourtant ils ne perdent l'appétit, tant elle les sustente délicieusement.

Quand notre volonté a rencontré Dieu, elle se repose en lui, y prenant une souveraine complaisance, et néanmoins elle ne laisse pas de faire le mouvement de son désir; car comme elle désire d'aimer, elle aime aussi de désirer; elle a le désir de l'amour et l'amour du désir.

Le repos du coeur ne consiste pas à demeurer immobile, mais à n'avoir besoin de rien; il ne gît pas à n'avoir point de mouvement, mais à n'avoir point d'indigence de se mouvoir.

Les esprits perdus ont un mouvement éternel sans nul mélange de tranquillité : nous autres mortels, qui sommes encore en ce pèlerinage, avons tantôt du repos, tantôt du mouvement en nos affections; les esprits bienheureux ont ton jour le repos en leurs mouvements et le mouvement en leur repos, n'y ayant que Dieu seul qui ait le repos sans mouvement, parce qu'il est souverainement un acte pur et substantiel.

Or, bien que, selon la condition ordinaire de cette vie mortelle, nous n'ayons pas le repos en notre mouvement, si est-ce toutefois que lorsque nous faisons les essais des exercices de la Vie immortelle, c'est-à-dire, que nous pratiquons les actes du saint amour, nous trouvons du repos dans le mouvement de nos affections : et du mouvement au repos de la complaisance que nous avons en notre bien-aimé, recevant par ce moyen des avant-goûts de la future félicité à laquelle nous aspirons.

S'il est vrai que le caméléon vive de l'air (Le caméléon se nourrit d'insectes, mais peut rester des mois entiers sans manger.), partout où il va dans l'air, il a de quoi se repaître; que s'il se remue d'un lieu à l'autre, ce n'est pas pour chercher de quoi se rassasier, mais pour s'exercer dedans son aliment, comme les poissons dans la mer.

Qui désire Dieu en le possédant, ne le désire pas pour le chercher, mais pour exercer cette affection dedans le bien même duquel il jouit; car le coeur ne fait pas ce mouvement de désir comme prétendant à la jouissance pour l'avoir, puisqu'il l'a déjà, mais comme s'étendant en la jouissance laquelle il a non pour obtenir le bien, mais pour s'y récréer et entretenir; non pour en jouir, mais pour s'y esjouir (savourer), ainsi que nous marchons et nous émouvons pour aller en quelque délicieux jardin, auquel étant arrivés, nous ne laissons pas de marcher et nous remuer derechef, non plus pour y venir, mais pour nous promener et passer le temps en icelui; nous avons marché pour aller jouir de l'aménité du jardin: y étant, nous marchons pour nous esjouir en la jouissance d'icelui.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde