◦« Tout au long du processus synodal, le désir d'unité de l'Église s'est accru parallèlement à la conscience de sa diversité. C'est précisément le partage entre les Églises qui nous a rappelé qu'il n'y a pas de mission sans contexte, c'est-à-dire sans la claire conscience que le don de l'Évangile est offert à des personnes et des communautés vivant dans des temps et des lieux particuliers, non fermées sur elles-mêmes. mais porteuses d'histoires qui doivent être reconnues, respectées et ouvertes à des horizons plus larges. L’un des plus grands cadeaux reçus tout au long du chemin a été l’occasion de rencontrer et de célébrer la beauté du « visage pluriforme de l’Église » (Jean-Paul II, Novo Millennio Ineunte, n. 40) (…) De cette manière, différentes cultures peuvent saisir l’unité qui sous-tend et complète leur vibrante pluralité. Apprécier les contextes, les cultures et la diversité est la clé pour grandir en tant qu’Église synodale missionnaire.
◦ « L'horizon communautaire de l'échange de dons, esquissé dans la première partie, inspire les relations entre les Églises. Il combine l'accent mis sur les liens qui façonnent l'unité de l'Église avec une appréciation des particularités liées au contexte dans lequel vit chaque Église locale, avec son histoire et sa tradition. Adopter un style synodal nous permet de dépasser l’idée selon laquelle toutes les Églises doivent nécessairement avancer au même rythme sur chaque question. Au contraire, les différences de rythme peuvent être valorisées comme l’expression d’une diversité légitime et une opportunité d’échange de dons et d’enrichissement mutuel.
◦ Le pluralisme des cultures et la fécondité de la rencontre et du dialogue entre elles sont une condition de la vie de l'Église, une expression et non une menace pour sa catholicité. Le message salvifique reste un et le même : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, tout comme vous avez été appelés à l'unique espérance de votre vocation, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, qui est en tous » (Eph 4,4-6). Ce message est pluriforme et exprimé dans divers peuples, cultures, traditions et langues. Prendre au sérieux cette pluralité de formes évite les tendances hégémoniques et atténue le risque de réduire le message du salut à une seule compréhension de la vie ecclésiale et de son expression liturgique, pastorale ou morale. Le réseau de relations au sein d’une Église synodale, rendu visible par l’échange de dons entre les Églises et garanti par l’unité du Collège des évêques dirigé par l’évêque de Rome, est un gardien dynamique d’une unité qui ne pourra jamais devenir uniformité.
◦« Il appartient aux Églises locales de mettre toujours plus en œuvre toutes les possibilités pour donner vie à des processus décisionnels authentiquement synodaux et adaptés aux spécificités du contexte. Il s’agit d’une tâche d’une grande importance et d’une grande urgence, car la mise en œuvre réussie du Synode en dépend en grande partie. Sans changements tangibles, la vision d’une Église synodale ne sera pas crédible. Cela éloignera les membres du Peuple de Dieu qui ont puisé force et espérance dans le chemin synodal.
◦ « De tout ce qui a été recueilli jusqu'à présent, au cours de ce processus synodal, émergent les propositions suivantes : la reconnaissance des conférences épiscopales comme sujets ecclésiaux dotés d'autorité doctrinale, assumant la diversité socio-culturelle dans le cadre d'une Église multiforme et favorisant l'appréciation des expressions liturgiques, disciplinaires, théologiques et spirituelles adaptées à différents contextes socio-culturels . . .»
◦ « Aujourd'hui, les Églises locales sont également constituées d'associations et de communautés qui sont des expressions anciennes et nouvelles de la vie chrétienne. En particulier, les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique contribuent beaucoup à la vie des Églises locales et à la vitalité de l'action missionnaire. Il en va de même pour les associations laïques, les mouvements ecclésiaux et les nouvelles communautés. Aujourd’hui, l’appartenance à l’Église s’exprime sous des formes de plus en plus nombreuses, non pas formellement rattachées à une base géographiquement définie mais liées par des liens d’association. Cette variété de formes doit être favorisée à la lumière de l’orientation missionnaire et du discernement ecclésial de ce que le Seigneur demande dans chaque contexte.