Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=977692
images/icones/carnet.gif  ( 977692 )élections législatives : positions des évêques et des chrétiens (Pélerin) par Cristo (2024-06-27 22:15:02) 

où l'on apprend que M. Bardella est agnostique : curieux pour un identitaire d'origine italienne. Que Dieu l'éclaire !

Et qu'un de nos évêques se voit déjà en Mgr Saliège.



Législatives 2024 : les évêques jouent la prudence dans leurs prises de position
Par Dominique Lang

Publié le 24/06/2024

Mgr Bruno Valentin, évêque de Carcassonne et de Narbonne, invite les électeurs à un vote "responsable et raisonnable".


À la veille d’élections sans précédent, les prises de parole dans l’épiscopat, attendues par beaucoup de catholiques, sont rares et les mots, pesés au trébuchet.
Il y a deux ans, en Italie, lors de l'élection de Giorgia Meloni, les évêques catholiques du pays n'avaient pas donné de consignes de vote, même face au péril de l'extrême droite. Ils préféraient alors miser sur l'ouverture prudente à l'égard de la candidate, catholique, pour contrer son rival bien plus idéologue, Matteo Salvini, de la Ligue du Nord. Une manière de dénoncer la récupération politique de la foi catholique de Salvini dans ses discours populistes.

« L'Église ne veut pas d'hommes ou de femmes politiques s'affirmant “superchrétiens”, analysait déjà alors le politologue Olivier Roy, mais des catholiques “normaux”. Ainsi, elle peut se réserver la parole magistrale sur ce que veut dire être catholique. »

Cela joue-t- il aussi en France, face à l'agnostique Jordan Bardella soutenu par une Marine Le Pen catholique peu pratiquante, qui évite soigneusement les références religieuses, à la différence de son père?

Un épiscopat quasi muet
Sur la vingtaine d'évêques sollicités par Le Pèlerin, aucun n'a désiré s'exprimer dans nos colonnes sur le sujet. On est bien loin des prises de parole de leurs prédécesseurs qui, entre 1985 et 2002, dénonçaient frontalement les thèses du Front national. D'après Mgr Olivier Leborgne, il faut voir là un effet collatéral des scandales qu'ont traversé les diocèses.

Mais face aux discours haineux contre les migrants, l'évêque d'Arras, en première ligne du drame de Calais, peut-il se taire? Évoquant le sursaut de Mgr Jules Saliège en 1942, qui avait osé dénoncer en chaire la déportation des populations juives, il se demande si le moment se présentera où il sera quand même « nécessaire d'avoir une parole claire » pour contrer non plus des opinions mais des actes condamnables.

Dans le diocèse de l'Aude, Mgr Bruno Valentin est l'un des rares prélats à s'être fendu d'un texte pastoral, publié le 17 juin, pour favoriser le discernement de ses fidèles. Il y dénonce notamment l'usage de la peur dans les argumentations des uns et des autres, mais aussi l'idéalisation des candidats, avant d'inviter à un vote responsable, lucide, raisonnable et emprunt de compassion.

Dans une déclaration rendue publique le 20 juin, le conseil permanent de la Conférence des évêques de France incite pour sa part les catholiques à ne pas renoncer à se montrer des « artisans de paix », quel que soit le résultat des élections à venir. À chaque fidèle son interprétation.


Dominique Lang
Journaliste et religieux assomptionniste tout ensemble, c'est possible. Une longue histoire dans cette congrégation religieuse qui est la mienne. Après des études scientifiques et de théologie, j'ai découvert cet univers si particulier de la presse d'abord au journal La Croix puis désormais à Pèlerin. Actualités, questions écologiques, vie de l’Église, mais aussi biodiversité et œuvres d'art : les occasions d'écrire et de partir à la rencontre ne manquent pas. Pour me contacter : dominique.lang@groupebayard.com ou sur mon blog https://eglisesetecologies.com/

Commentaires

26/06/2024 22:52 Répondre
zozo

Je ne comprends pas pourquoi on parle de discours haineux en parlant de la droite (je n'en ai pas entendu un seul) et qu'on ne condamne pas les pratiques haineuses de l'extrême gauche !


https://www.lepelerin.com/france/politique/legislatives-2024-les-eveques-jouent-la-prudence-9799#listcomments



Et ici, on sent qu'on n'a pas fini de tortillonner du côté du 58 avenue de Breteuil ...



Législatives 2024. Les chrétiens prennent la parole
Par La rédaction

Publié le 21/06/2024
Les catholiques pratiquants ont voté à 42 % pour des listes d'extrême droite lors des élections européennes du 9 juin 2024.


À l'approche des élections législatives, les chrétiens se mobilisent. Tandis qu'une tribune contre l’extrême droite signée par 6 000 jeunes a été publiée par le journal «La Croix», la Conférence des évêques de France appelle à la «responsabilité démocratique».
Sur la liste, les noms se succèdent par milliers. Parmi les signataires: pas moins de 70 prêtres, des centaines de jeunes engagés dans des associations chrétiennes comme le Comité de la jupe, La Communauté du Chemin neuf, le café Dorothy... Le journal La Croix (qui appartient au groupe Bayard comme Le Pèlerin) a publié le mardi 18 juin 2024, une tribune signée par 6 000 personnes appelant les chrétiens à faire barrage au Rassemblement national (RN).

De fait, selon l'étude Ifop pour La Croix publiée le lendemain du scrutin européen, les catholiques ont voté à 37 % pour le Rassemblement national et 18 % chez les catholiques pratiquants réguliers (allant à la messe au moins une fois par mois). De plus, 6 % des catholiques ont voté pour Reconquête! et 10 % de catholiques pratiquants réguliers également. La dissolution de l'Assemblée nationale annoncée le soir même par Emmanuel Macron a provoqué la surprise. L'issue des législatives du 30 juin et du 7 juillet est particulièrement incertaine.

Face au silence de l'institution catholique, des associations chrétiennes ont donc rédigé un texte intitulé Au nom de notre foi, nous voterons contre l'extrême droite. Ce dernier est introduit par une citation de l'Évangile selon saint Marc «Aime ton prochain comme toi-même» (Mc 12, 31). Le texte poursuit : «Face aux difficultés de nos vies, aux crises que traverse notre société, il peut être tentant de chercher un bouc émissaire. L'extrême droite nourrit notre peur d'un étranger qui nous mettrait en danger.»

L'Église protestante unie veut «faire barrage»
Cette tribune appelle l'ensemble des chrétiens à prendre un positionnement clair contre l'extrême droite, en miroir de la position adoptée par l'Église protestante unie de France. Le 13 juin, cette dernière a publié un communiqué appelant les croyants à se rendre aux urnes afin de résister «aux sirènes de la violence et de l'inhumanité véhiculées par l'extrême droite et le Rassemblement national». Sur RCF, la pasteure et présidente du Conseil national de l'Église protestante unie, Emmanuelle Seyboldt, a mentionné l'histoire du protestantisme en France et insisté pour dire que le rejet n'a jamais été une solution: «Il est impossible de dire que c'est à cause d'une partie de l'humanité que nous sommes dans le malheur: le bonheur, c'est toute l'humanité ensemble».

Les évêques adoptent une position plus neutre
Deux jours après la publication de la tribune, c'est au tour de la Conférence des évêques de France de se prononcer. Les représentants de l’Église catholique ont appelé à la prière pour que «notre pays soit une terre de liberté, de justice, de fraternité». Une prise de parole tardive et plus neutre conclue notamment par «Nous, catholiques, nous le ferons en puisant dans la grâce de Dieu et dans notre foi en son salut, pour surmonter peurs, colères, angoisses et pour être des "artisans de paix" et des acteurs de l'amitié sociale.»


https://www.lepelerin.com/france/politique/legislatives-2024-les-chretiens-prennent-la-parole-9792
images/icones/carnet.gif  ( 977694 )"Les réseaux cathos de l'« union des droites »" (La Vie) par Cristo (2024-06-27 22:40:09) 
[en réponse à 977692]

documenté, dénué des qualificatifs infâmants habituels, bref du bon travail journalistique ...


LÉGISLATIVES

Les réseaux cathos de l'« union des droites »
Depuis la dissolution, différents courants menés ou orientés par des catholiques travaillent avec d’autres à « l’union nationale » entre LR et RN. Une dynamique, certes minoritaire, mais qui participe à la recomposition en cours. Tour d’horizon des réseaux à l’œuvre.

Par Pierre Jova
Publié le 21/06/2024

La convocation surprise des élections législatives par Emmanuel Macron le 9 juin dernier a réveillé des initiatives de certains catholiques pratiquants qui attendaient le moment favorable pour s’engouffrer derrière une coalition des droites. Un mouvement qui ne va pas de soi, tant le Front national (FN), rebaptisé Rassemblement national (RN) en 2018, a toujours entretenu une relation compliquée avec l’Église catholique, au point de longtemps trouver moins d’électeurs chez les pratiquants qu’ailleurs dans la population française.

Mais la perspective de l’arrivée du RN et de ses alliés au pouvoir sonne pour certains comme une revanche contre un « système » par lequel ils se sont sentis méprisés lors de la Manif pour tous en 2013, et révèle aussi les inquiétudes d’une certaine sociologie. « Ces catholiques pratiquants sont presque tous des enfants de la bourgeoisie. Ils raisonnent par conscience de classe, même s’ils ne le savent pas. La France ne leur est qu’une plus grande propriété », raille Jacques de Guillebon, essayiste hier très proche de Marion Maréchal, qui a coupé les ponts depuis. « Cela fait tellement longtemps que nous attendons de renverser la table !, piaffe un collaborateur d’élu de l’Ouest parisien. Cette France qui va à la messe le dimanche et qui se sent en voie de disparition face à l’islam, découvre subitement que des personnalités proches de ses convictions pourraient gouverner demain ! »

Ces réseaux anciens ou nouveaux se superposent, s’affrontent parfois, mais aujourd’hui vont dans la même direction : celle d’une victoire du RN et de l’union des droites. Cartographie des « sept familles » en présence.

1. Le réseau frontiste historique
Elle est loin, l’époque où une messe en latin était célébrée lors la fête des Bleu-blanc-rouge, le rassemblement annuel du FN. L’accession de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011 a sonné le glas de la tendance « catho-tradi » frontiste, largement purgée. « Les catholiques du RN n’ont plus de courant structuré, au contraire de la communauté gay », confie un cadre du parti. Le réseau homosexuel entourant Marine Le Pen aurait la main haute sur les investitures pour les législatives. Au point d’écarter des profils jugés trop « tradis » comme Charles de Meyer, président de SOS-Chrétiens d’Orient et assistant parlementaire de Thierry Mariani au Parlement européen ?

« Il y a moins une chasse aux cathos qu’une chasse aux conservateurs, qui se trouvent être souvent cathos », nuance un salarié chrétien du RN. Dans l’esprit des dirigeants, le conservatisme n’est pas porteur électoralement. « La question des mœurs n’a jamais été centrale au Front, abonde un autre. Le parti a longtemps abrité une tendance païenne, favorable à l’avortement des handicapés et à l’eugénisme… Les véritables clivages sont : est-ce qu’on est un parti de droite ou ni de droite, ni de gauche ? Est-ce qu’on assume notre diabolisation, ou est-ce qu’on se dédiabolise ? On retrouve des catholiques des deux côtés. »

S’il n’y a plus de tendance constituée, des réseaux catholiques persistent cependant au RN dans certaines fédérations locales, au Parlement européen et parmi les collaborateurs parlementaires à l’Assemblée nationale. Dans ce parti longtemps ostracisé où la loyauté clanique prime, plusieurs catholiques n’ont jamais été inquiétés grâce à leur proximité avec Marine Le Pen, comme l’eurodéputé Édouard Ferrand (mort en 2018), Renaud Labaye, secrétaire général du groupe à l’Assemblée, et Laure Lavalette, élue députée du Var en 2022 et porte-parole du parti. Militante historique, cette mère de cinq enfants était absente lors de la constitutionnalisation de l’IVG. « Sa délégation de vote contre a disparu à la dernière minute, révèle une taupe de l’Assemblée : c’est son collaborateur parlementaire, lui aussi catholique, qui l’a dissuadée, pour ne pas nuire à sa carrière. »

Si les catholiques au RN ont donc une influence limitée sur les orientations du parti, ils pourraient bénéficier de la recomposition politique en cours. « Les alliances avec Éric Ciotti et Marion Maréchal vont droitiser le parti, expose un cadre de confession catholique. Sur les questions de société, elles vont renforcer la dimension conservatrice. » Dans ce jeu d’alliances, revient dans toutes les bouches le nom de Philippe Olivier. Beau-frère de Marine Le Pen et stratège du parti, il est un apôtre persévérant de l’union des droites. Bien que venu de la tendance païenne frontiste, il sait parler aux catholiques. « On va critiquer l’individualisme, le matérialisme, la surconsommation, la vision marchande des rapports humains. C’est un discours perceptible par les chrétiens », confiait-il au Parisien en 2021. Il a été réélu député européen le 9 juin 2024.

2. La filière des anciens du MPF
Lointainement issu de la démocratie-chrétienne patriote et provinciale, le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers a essayé dans les années 1990 et 2000 d’occuper le créneau entre le FN et la droite classique ; en vain, comme Éric Zemmour après lui. Plusieurs anciens du MPF – et catholiques – ont rejoint le RN : Christophe Bentz (passé par le Parti chrétien-démocrate), Mathilde Paris, et Hervé de Lépinau, respectivement députés RN sortants de Haute-Marne, du Loiret et de Vaucluse. Élus en 2022, ils se sont distingués en s’élevant à l’Assemblée contre la constitutionnalisation de l’IVG et contre l’euthanasie.

Ex-président des jeunes du MPF, se réclamant du catholicisme social, Pierre Meurin avait commencé à organiser la campagne présidentielle de Zemmour, avant de prédire son échec dès novembre 2021. « Il dénonce depuis longtemps, à raison, le Jacques Attali mondialisé des aéroports. Il est malheureusement son miroir bourgeois des grandes gares SNCF », explique-t-il dans un entretien à L’Express, prophétisant un score final de « 6-8 % »... Une interview qui a séduit Marine Le Pen. Élu député RN du Gard en 2022 et candidat à sa réélection, Pierre Meurin retrouvera peut-être au Palais-Bourbon le catholique lyonnais Patrick Louis, ex-eurodéputé MPF investi dans la 9e circonscription du Rhône par le RN. Quant à Philippe de Villiers, il soutient l’union des droites dans sa chronique hebdomadaire à CNews : une tribune médiatique dont le catholique vendéen n’aurait jamais osé rêver lorsqu’il faisait de la politique active.

3. La galaxie Marion Maréchal
Assumant sa foi catholique et son conservatisme, Marion Maréchal a quitté le FN en 2017, lassée par la purge de ses proches par Florian Philippot et tentée par l’aventure entrepreneuriale. Elle fonde en 2018 l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep), à Lyon. Autour d’elle, l’essayiste catholique Jacques de Guillebon, les ex-MPF Patrick Louis et Pierre Meurin, et un trio de Lyonnais catholiques et frontistes : Agnès Marion, Antoine Mellies et Thibaut Monnier, tous élus régionaux RN. Purgée à son tour, cette bande a rejoint Zemmour en 2021, dont la ligne libérale-conservatrice et identitaire épouse celle de Marion Maréchal, qui les a rejoints en mars 2022.

La nièce de Marine Le Pen devient alors vice-présidente de Reconquête !, aux côtés de Nicolas Bay, ex-vice-président du RN, et Guillaume Peltier, ex-figure des Républicains. Ces deux transfuges, issus de familles catholiques, ont milité au FN, l’ont quitté pour la scission de Bruno Mégret et ont fondé l’association Jeunesse action chrétienté contre le Pacs, en 1998. Bay est ensuite revenu au FN par la grande porte, tandis que Peltier gravissait les échelons du MPF, puis de l’UMP-LR. Tout comme Marion Maréchal, ils ont participé à la Manif pour tous et partagent la même culture politique.

Fraîchement élus eurodéputés de Reconquête ! le 9 juin 2024, Marion Maréchal, Nicolas Bay et Guillaume Peltier appellent le 12 juin à soutenir « les candidats uniques de la coalition des droites » et rompent avec Zemmour. Certains fidèles sont recasés au RN pour les législatives : Thibaut Monnier dans la 4e circonscription de la Drôme, Agnès Marion dans la 9e circonscription du Val-d’Oise. « Marion revient dans le jeu ! », se réjouit un de ses proches, impliqué dans une organisation conservatrice catholique, tout en reconnaissant que son étoile a pâli. « À la fin des années 2010, nous vendions 400 places en 48 h en annonçant sa venue à nos conférences. Cette année, c’est Bardella qui a fait exploser nos ventes de places ! »

Marion Maréchal conserve cependant son prestige. « Jordan Bardella a intérêt à ce que Marion ne revienne pas au RN pour lui faire de l’ombre, juge un cadre du parti lepéniste. Quant à Bay et Peltier, ils sont haïs chez nous pour leurs trahisons. Je pense qu’ils espèrent que Marion créera son propre mouvement à notre droite. » Comme le parti Souveraineté, indépendance et libertés, qui avait attiré quelques catholiques conservateurs dans les années 2010 ? Difficile d’imaginer la petite-fille de Jean-Marie Le Pen s’en contenter…

4. Les restes de Sens commun
Créée dans l’élan de la Manif pour tous, l’association Sens commun voulait peser de l’intérieur sur la ligne des Républicains. C’est en partie grâce à elle que François Fillon avait remporté les primaires de la droite en 2016, avant de s’empêtrer dans les affaires. Recentré sur un noyau dur, Sens commun est devenu le Mouvement conservateur en 2020 avant de faire le choix de soutenir Zemmour en 2022. « Cela n’a pas posé de problème en interne alors qu’à l’époque Sens Commun ça n’aurait pas fait l’unanimité », estime un ancien cadre. Bien que réduit, le Mouvement conservateur a franchi un cap en réussissant à faire élire sa présidente, Laurence Trochu, comme députée européenne sur la liste Reconquête !. Il a emboîté le pas de Marion Maréchal pour rejoindre la coalition de droite menée par le RN.

« Coalition n’est pas fusion », prévient Laurence Trochu, qui estime qu’un socle – « la lutte contre l’immigration, la lutte pour la sécurité, le pouvoir d’achat » – met tout le monde d’accord au RN, même si « il y a des sujets avec lesquels nous sommes en désaccord ». Quand Jordan Bardella met en avant le vote de son parti pour la constitutionnalisation de l’IVG en réponse au Youtubeur Squeezie qui appelle à faire barrage à l’extrême droite, on est loin de la Manif pour tous.

Dix ans plus tard, certains vétérans de la Manif pour tous jugent sévèrement la trajectoire de l’ex-Sens commun. « La Manif pour tous était un entonnoir inversé, explique un ancien militant : de nombreux jeunes qui y ont participé ont été sensibilisés à l’écologie, à la justice sociale, et ont une grande diversité de trajectoires. La génération catho suivante a été aspirée par Zemmour, qui l’a enfermé autour d’une seule idéologie et de revendications communautaristes « blanches ». »

5. Le canal Stérin
Sur une photo publiée par les réseaux sociaux de Marine Le Pen, Jordan Bardella savoure les résultats des élections européennes. Derrière les membres du clan lepéniste, François Durvye. Ce polytechnicien catholique dirige le Fonds Otium Capital, créé en 2009 par l’entrepreneur Pierre-Édouard Stérin pour réinvestir les dividendes de Smartbox, dont il a quitté la direction en 2013 mais dont il reste actionnaire. Ce fonds a investi dans plus d’une centaine d’entreprises et revendique aujourd’hui 1,5 milliard d’euros d’actifs sous gestion, faisant de Pierre-Édouard Stérin l’un des « business angels » les plus importants en France.

Le milliardaire catholique, exilé fiscal en Belgique, a créé en parallèle un fonds « à impact » à but philanthropique, le Fonds du Bien Commun. Située à Paris rue Saint-Joseph, patron des travailleurs, dans des locaux spacieux décorés de fresques des étapes du pèlerinage de Compostelle, cette entité hybride finance des associations et entreprises dans les domaines de « l’éducation intégrale, la croissance humaine et spirituelle, la solidarité, le patrimoine et la culture », indique son site. Certains sont bien connus dans l’écosystème catholique comme Lazare, Les cafés Joyeux, Esprit de Patronage ou encore Familya.

Comment le bras droit de Pierre-Édouard Stérin se retrouve-t-il sur la photo de la victoire du RN ? « François Durvye est l’un de ceux qui ont l’oreille de Marine Le Pen », commente un connaisseur. Il est du cercle des Horaces, dirigeants d’entreprises et hauts fonctionnaires qui alimentent le RN en notes. Après l’annonce de la dissolution, il a recruté des candidats aux législatives pour Éric Ciotti et le RN : parmi les 62 candidatures sous la double étiquette LR-RN, on trouve d’ailleurs Typhanie Degois, ex-députée macroniste de Savoie et catholique, devenue prestataire du Fonds du Bien Commun. C’est aussi lui qui a fourni des troupes fraîches à un Ciotti abandonné par ses équipes.

Son patron nie cependant, droit de réponse après droit de réponse, une quelconque ingérence politique. « J’ai rencontré quelques personnalités, il est vrai plutôt à droite. Et aussi chez LREM. Je n’ai pas vocation à les soutenir. Je discute avec elles pour faire passer des messages », affirmait-il au Pèlerin en 2022. En affaires, Pierre-Édouard Stérin investit aussi bien avec Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du groupe Le Monde, dont fait partie La Vie) qu’avec Arnaud Montebourg. Déjà investisseur dans les médias Neo et Le Crayon, il est en négociation pour racheter Marianne, malgré les réticences d’une partie de la rédaction : lors d’un vote interne, le 21 juin 2024, celle-ci a décidé à 60,3 % de ne pas s’opposer au rachat du titre par l’homme d’affaires. Son Fonds du Bien Commun est à l’origine de La Maraude des Parlementaires qui a attiré des élus de tous bords. Mais lors de ses « soirées des entrepreneurs patriotes » ou ses « cocktails patriotes », on retrouve des personnalités beaucoup plus droitières comme les responsables de l’organisation catholique identitaire Academia Christiana. Telles des poupées russes, le fondateur de Smartbox monte projet sur projet pour diffuser ses vues. Un des derniers en date : le futur laboratoire d’idées nommé Périclès qui devrait être dirigé par Philippe de Gestas, ex-secrétaire général du Mouvement conservateur.

« Le catho derrière l’union des droites, c’est Stérin », constate un observateur. « Il est excité par ce grand bordel, qui rappelle l’énergie des débuts du macronisme », confirme un de ses collaborateurs. Le milliardaire souhaiterait influencer le programme économique de la future nouvelle majorité. « Faire revenir le RN sur une terre plus libérale-conservatrice », résume un initié, quitte à ménager la gauche patriote en plaçant son ami Arnaud Montebourg dans un futur gouvernement Bardella ?

Cette emprise sur l’union des droites, couplée à celle de Vincent Bolloré, laisse songeur cet ancien de la Manif pour tous. « Ils ont profondément changé le paysage et font les choses à l’envers : là où la Manif partait d’une émotion de la base, nous sommes dans une conquête du pouvoir calculée, pyramidale et hégémonique. Le jour où ça s’écroulera, on regrettera d’avoir autant dépendu d’eux… »

Détail symbolique de l’influence centrale de Pierre-Édouard Stérin : selon le magazine Challenges, la dynastie Le Pen a vendu sa maison de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) en 2023 à une de ses sociétés immobilières, pour la somme de 2,5 millions d’euros.

6. La droite hors-les-murs médiatique
De taille et d’influence diverses, les médias de la droite « hors-les-murs » ont en commun de vouloir abattre les digues entre les mouvements libéraux-conservateurs et identitaires. Quand ils ne sont pas ouvertement catholiques, comme le Salon beige, dirigé par l’entrepreneur Guillaume de Thieulloy (ancien assistant des sénateurs Jean-Claude Gaudin puis Sébastien Meurant) et très lu dans les milieux pratiquants depuis la Manif pour tous, ils ont des catholiques à leur tête : Gabrielle Cluzel et Marc Baudriller pour Boulevard Voltaire, Martial Bild pour TV Libertés, Laurent Meeschaert (ex-candidat Reconquête ! aux législatives en 2022) et Arthur de Watrigant pour L’Incorrect, Tugdual Denis pour Valeurs Actuelles (VA).

Le navire amiral de cette droite médiatique hors-les-murs demeure Le Figaro, piloté par les catholiques Alexis Brézet, directeur des rédactions depuis 2012, et Vincent Trémolet de Villers, actuel directeur délégué. Les deux amis sont des anciens du groupe Valmonde, propriétaire de VA et Spectacle du monde. Ils ont patiemment truffé de plumes acquises à leur ligne le quotidien au titre inspiré de Beaumarchais. Avec le directeur du Figaro Histoire, Michel De Jaeghere, considéré par certains en interne comme le cerveau de la droitisation du journal et contempteur raffiné du pape François, ils accompagnent avec intérêt la recomposition politique en cours. « Après avoir échoué à imposer Zemmour, ils espèrent redroitiser le RN en misant sur Bardella, qui leur plaît beaucoup », estime un observateur.

7. Le « parrain » Bolloré
À la fin des années 2000, les lecteurs du quotidien gratuit Direct Matin pouvaient découvrir dans les dernières pages une « éphéméride » du saint du jour selon le calendrier catholique. Cette rubrique était tenue par l’abbé Gabriel Grimaud, éducateur et intime du magnat Vincent Bolloré, propriétaire de Direct Matin. Il lui a glissé les noms de certains de ses disciples, tel Guillaume Zeller, acteur dans la reprise à la hussarde de la chaîne I-Télé, rebaptisée CNews en 2017, ainsi qu’Aymeric Pourbaix, ex-directeur de Famille chrétienne ayant reçu les clés de France catholique en 2018 et de l’émission En quête d’esprit sur CNews en 2020. Il est de notoriété publique que le catholique breton Vincent Bolloré diffuse un christianisme identitaire à travers son empire médiatique, de CNews à C8, en passant par Europe 1, Le Journal du dimanche (JDD) et Paris Match. Le pèlerinage de Chartres en mai 2024 a fait la couverture du célèbre magazine de photojournalisme, et la messe de la Pentecôte (en latin) été diffusée en direct sur CNews.

La vision de Vincent Bolloré, qui ne se réduit pas au seul catholicisme (son associée dans la production audiovisuelle, Chantal Barry, est évangélique, tout comme la vedette de CNews Christine Kelly), se confond avec la convergence des droites « à l’italienne » entre conservateurs sociaux, identitaires et libéraux sur le plan économique. La machine médiatique de Bolloré a pesé de tout son poids pour soutenir la candidature d’Éric Zemmour en 2022. Dès le 10 juin 2024, selon Le Monde, le milliardaire breton a reçu Éric Ciotti à son domicile parisien. L’a-t-il encouragé dans son alliance avec le RN ? « Il est probable que Bolloré ait orienté Ciotti vers Stérin et son réseau de petites mains », suppose une source de la « cathosphère ». « Il se tient en retrait, et observe comment Stérin se débrouille », ajoute un autre.

Il est cependant incontestable que son empire s’est mis en branle pour promouvoir la convergence entre Jordan Bardella, Éric Ciotti et Marion Maréchal. « Avec Jordan Bardella, la priorité sera de faire des économies, d’arrêter le gaspillage d’argent, notamment sur tout ce qui relève de l’immigration », promet Éric Ciotti dans le JDD du 16 juin. Aux dernières pages de cette même édition, on lit une éphéméride de la vie de saint Jean-François Régis, prêtre jésuite dédié aux pauvres du Massif central au XVIIe siècle.

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https://www.lavie.fr/actualite/societe/les-reseaux-cathos-de-l-union-des-droites-95080.php
images/icones/nounours.gif  ( 977697 )vous auriez dû publier par jejomau (2024-06-27 22:53:28) 
[en réponse à 977694]

le communiqué des SUF et Scouts de France, etc... courroies de propagande de l'Eglise en Farnce... Cà aurait été plus "drôle".. tant ils sont ridicules dans leurs appels à "faire barrage" !

Toute cette propagande n'aboutira à rien : il est désormais très clair qu'il y a un abîme entre toute cette "zélite" décatie et la population
images/icones/hein.gif  ( 977714 )Scouts de France oui, mais SUF êtes-vous sûr ? par Joseph Dastros (2024-06-28 13:00:56) 
[en réponse à 977697]

Tout est dans le titre
images/icones/fleche2.gif  ( 977715 )très exactement par jejomau (2024-06-28 13:21:27) 
[en réponse à 977714]

Le Communiqué de Presse en question..
images/icones/carnet.gif  ( 977716 )Erreur 404 par Vox clamantis (2024-06-28 13:38:44) 
[en réponse à 977715]

Pas très convaincant !
images/icones/fleche2.gif  ( 977717 )[réponse] par jejomau (2024-06-28 13:53:10) 
[en réponse à 977716]

Eclaireurs, éclaireuses, guides et scouts - Tous aux urnes !
Communiqué de la Fédération du Scoutisme Français - Lundi 17 juin 2024


Au lendemain des élections européennes et du résultat attestant de la montée flagrante de l’extrême droite, la dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République agit comme un retentissement.


Ces résultats témoignent d’une radicalisation du champ politique qui n’a fait que s’accélérer dans notre société et qui se traduit notamment par le populisme, un rejet de l’autre, une banalisation de la haine à travers le champ politique et la menace qu’elle représente pour nos démocraties.


Le contexte historique trouble de la fondation de notre Fédération en 1940 et l’histoire de nos mouvements respectifs - catholique, protestant, juif, laïque, musulman et bouddhiste - nous obligent à nous positionner en faveur de l’humanisme, et contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations et l’exclusion des plus démunis.


Par la suite pionniers de l’éducation populaire dans toute la deuxième moitié du 20ème siècle, soutiens de l’émancipation des femmes, formateurs de citoyennes et citoyens actif·ve·s et conscient·e·s de leur rôle dans la société, nous, membres du Scoutisme Français nous élevons aujourd’hui pour dire notre engagement résolu pour un monde meilleur.


Le vote est un droit, un devoir de citoyen et un acte fondamental de la vie démocratique qu’il convient d’envisager avec gravité, au moment où s’élèvent des voix qui, à rebours de notre vision de ce qui fait la nation, visent des projets de société qui excluent et hiérarchisent, au lieu de l’humanisme, qui pacifie et émancipe.


La Fédération du Scoutisme Français oeuvre pour la paix, et forte de ses plus de 130 000 adhérentes et adhérents, éclaireuses, éclaireurs, guides et scouts au sein de ses 6 associations, envoie un message clair : pour les élections législatives le 30 juin, et le 7 juillet, portons dans les urnes nos valeurs communes de paix, de la préservation de notre planète, de vivre ensemble, et le rejet de toutes les formes de haine. Nous appelons l’ensemble de nos concitoyennes et concitoyens à aller voter !


Cadres et responsables, animatrices et animateurs, cheftaines et chefs, jeunes ayant le droit de vote et vos familles : partout, lorsque vous êtes disponibles, prenez les procurations de vos pairs qui ne pourront se rendre aux urnes. Aucune voix ne doit manquer.


En définitive, le Scoutisme et le Guidisme proposent des projets de société incompatibles avec le racisme et l’extrémisme : éclaireuses, éclaireurs, guides et scouts, il nous appartient de les défendre dans toutes nos expressions démocratiques.



Conseil National de la Fédération du Scoutisme Français

Éclaireuses Éclaireurs de France, Éclaireuses Éclaireurs Israélites de France, Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France, Scouts et Guides de France, Scouts Musulmans de France et les Éclaireuses et Éclaireurs de la Nature




À PROPOS : Le Scoutisme Français est constitué en fédération, rassemblant six associations : Éclaireuses Éclaireurs de France, Éclaireuses Éclaireurs Israélites de France, Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France, Scouts et Guides de France, Scouts Musulmans de France et les Éclaireuses et Éclaireurs de la Nature. En tant qu’associations de Jeunesse et d’Éducation Populaire, ces mouvements sont agréés par le ministère de l’Éducation Nationale.


CONTACT PRESSE : Romain Fernandez, Président de la Fédération du Scoutisme Français - info@scoutisme-francais.fr




LIEN
images/icones/hein.gif  ( 977718 )Où voyez-vous les SUF là-dedans ? par Joseph Dastros (2024-06-28 14:24:30) 
[en réponse à 977717]

Tout est dans le titre.
images/icones/iphone.jpg  ( 977724 )Justement par Vincent F (2024-06-28 17:33:39) 
[en réponse à 977717]

Les SUF ne font pas partie de la fédération du scoutisme français.
images/icones/fleur.gif  ( 977725 )eh bien tant mieux alors par jejomau (2024-06-28 17:54:43) 
[en réponse à 977724]

Désolé pour l'erreur.
images/icones/1v.gif  ( 977695 )tous, absolument tous des charlots ! par jejomau (2024-06-27 22:45:54) 
[en réponse à 977692]

"les Français ont voté pour l'extrême-droite"
"Hitler est aux portes du pouvoir" (Manon Aubry)
"nous appelons à faire barrage"
l'association des boulistes de Peigne-Cul appelle "au sursaut"
le comité des trous-duc du village "le nombril du monde" appelle les Français à faire barrage...
DSK appelle la France à "barrer la route" à l'extrême-droite... à défaut d'avoir barré la route aux Frères trois points dans l'affaire du Carlton de Lille...

LOL !

Mais quand est-ce qu'ils comprendront que le résultat MASSIF sort des urnes n'a pas poussé une nuit dans un recoin des dites urnes MAIS que c'est la majorité qui l'a voulu !? et tout simplement parce que le RN n'es absolument pas d'extrême-droite, c'est-à-dire qu'il n'est pas antisémite et qu'il joue le jeu du Parlementarisme ?

Bande de charlots !
images/icones/carnet.gif  ( 977698 )Pour aller (pour une fois) dans votre sens... par oblique (2024-06-27 23:03:45) 
[en réponse à 977695]

Pour aller (une fois n'est pas coutume) dans votre sens, j'ai retrouvé la source de votre citation.

Il se trouve que... c'est vous.

"Hitler est aux portes du pouvoir" (Manon Aubry)

images/icones/carnet.gif  ( 977699 )ilmitone par oblique (2024-06-27 23:06:55) 
[en réponse à 977698]

Plus précisément, ce "Hitler est aux portes du pouvoir" que pour prêtez à Manon Aubry sort de votre chapeau.
images/icones/info3.gif  ( 977700 )ne vous emballez pas les amis ... par Cristo (2024-06-27 23:32:40) 
[en réponse à 977692]

Ce qui est intéressant, c'est de voir l'évolution de nos épiscopes et de leurs relais médiatiques.

Il y a 5-10 ans, tout ce petit monde se serait drapé dans l'indignation et la moraline. Aujourd'hui, au mieux ça ferme son clapet, au pire ça critique piano piano.
D'ailleurs :
https://www.golias-editions.fr/2024/06/18/honte-aux-eveques-francais/

Avec le recul, pour ceux qui ont connu les années de plomb du progressisme chrétien, c'est goûteux tout ça.

Bonne dégustation aux connaisseurs !
images/icones/2a.gif  ( 977704 )Le kriegspiel du jour, au café du commerce par Ptitlu (2024-06-28 02:11:20) 
[en réponse à 977700]

Portait sur "comment relancer la France (et la Bretagne) sans planter l'économie.
A ma droite, une écolo et un fiscaliste insoumis, à ma gauche un serveur qui vote Bardella, en face un maçon et debout à côté de nous un avocat qui fut très en marche ces temps ci.

Du réfractaire au faux pass au quadridosé. Du vegan pas cool unijambiste au bon vivant dont le taux d'alcoolémie, à midi, est à douze (ce n'est pas une question de taux, mais de morphologie !)

Devant nous, un trou (travaux d'été) et un carrefour qui délimite trous des circonscriptions du département (et oui).

Au milieu, un certain nombre de bouteilles.

Conclusion : investissez dans la lacrymo, les médicaments et les matraques ! (Ah, et les stérilisateurs d'eau, quand même).

Conclusion bis : on est dans le pastis camarades. Puisque la situation est bouchée, faites sauter les bouchons !

Le Titan-hic...c'est qu'on ne sait toujours pas comment relancer le pays sans faire couler l'économie.