Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=976764
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 976764 )Vendredi des Quatre-Temps de Pentecôte par ami de la Miséricorde (2024-05-23 21:39:46) 



VENDREDI DES QUATRE-TEMPS DE PENTECÔTE



diocèse de Nancy et de Toul, avant 1955 : St Vincent de Lérins, confesseur
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 976765 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-05-23 21:42:51) 
[en réponse à 976764]



CHAPITRE XX.

Comme le mélange d'amour et de douleur se fait en la contrition.


Ainsi le vin thériacal n'est pas appelé thériacal pour contenir la propre substance de la thériaque (composé pharmaceutique, en usage dès l'antiquité, calmant, cordial et antidote renommé); car il n'y en a point du tout: mais on le nomme ainsi parce que la plante de la vigne ayant été détrempée en thériaque, les raisins et le vin qui en sont provenus, ont tiré la vertu et l'opération de la thériaque contre toute sorte de venins.

Si donc la pénitence, selon l'Ecriture, efface le péché, sauve l'âme, la rend agréable à dise, et la justifie, qui sont des effets appartenant à l'amour, et qui semblent ne devoir être attribués qu'à lui; il ne le faut pas trouver étrange : car bien que l'amour ne se trouve pas toujours lui-même en la pénitence parfaite, sa vertu néanmoins et sa propriété y est toujours, s'y étant écoulée par le motif amoureux duquel elle provient.

Il ne faut pas non plus s'étonner que la force de l'amour naisse dedans la repentance avant que l'amour y soit formé, puisque nous voyons que par la réflexion des rayons du soleil battant sur la glace d'un miroir, la chaleur, qui est la vertu et propre qualité du feu, s'augmente petit à petit si fort, qu'elle commence à brûler avant qu'elle ait bonnement produit le feu, ou au moins avant que nous l'ayons aperçu.

Car ainsi le Saint-Esprit se jetant dans notre entendement la considération de la grandeur de nos péchés, en tant que par iceux nous avons offensé une si souveraine bonté; et notre volonté recevant la réflexion de cette connaissance, le repentir croit petit à petit si fort, avec une certaine chaleur affective et désir de retourner en grâce avec Dieu, qu'enfin ce mouvement arrive à tel signe qu'il brûle et unit avant même que l'amour soit du tout formé; amour qui toutefois, comme un feu sacré, s'allume immédiatement en ce point-là; de sorte que la repentance ne parvient jamais à ce signe de brûler et réunir le coeur à Dieu, qui est son extrême perfection, qu'elle ne se trouve toute convertie en feu et flamme d'amour, la fin de l'un servant de commencement de l'autre; ains plutôt la fin de la pénitence est dans le commencement de l'amour, comme le pied d'Ésaü était dans la main de Jacob, de telle façon que lorsqu'Ésaü achevait sa naissance, Jacob commençait la sienne, la fin de la naissance de l'un étant jointe, liée, et qui plus est, environnée du commencement de la naissance de l'autre; car ainsi Le commencement de l'amour parfait ne suit pas seulement la fin de la pénitence.

Mais il s'attache, il se lie, et, pour le dire en un mot, ce commencement d'amour se mêle avec la fin de la repentance; et en ce moment du mélange, la pénitence et contrition mérite la vie éternelle.

Or, parce que cette repentance amoureuse se pratique ordinairement par des élans ou élèvements du coeur en Dieu, pareils à ceux des anciens pénitents : Je suis vôtre, ô mon Dieu, sauvez-moi; ayez Miséricorde de moi, ayez-en Miséricorde; car mon âme se confie en vous.

Sauvez-moi, Seigneur, car les eaux submergent mon âme. Faites-moi comme un de vos mercenaires. Seigneur, soyez-moi propice, à moi pauvre pécheur.

Ce n'est pas sans raison que quelques-uns ont dit que l'oraison justifiait; car l'oraison repentante, ou la repentance suppliante, élevant l'âme à Dieu et la réunissant à sa bonté, obtient sans doute le pardon en vertu du saint amour qui lui donne le mouvement sacré.

Et partant nous devons tous avoir force (beaucoup de semblables oraisons) telles oraisons jaculatoires faites par manière de repentance amoureuse et de souhaits requérant notre réconciliation avec Dieu; afin que par icelles prononçant devant le Sauveur notre tribulation, nous répandions nos âmes devant et dedans son coeur pitoyable, qui les recevra à merci.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde