Le Forum Catholique
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( 975444 )
La liturgie purifie notre inconscient par Glycéra (2024-03-27 10:27:01)
Pour quitter les paroles du monde qui ont encombré le Forum ces dernières semaines, et entrer (vraiment) dans le chemin qui monte à Pâques ...
La liturgie purifie notre inconscient *
Il importe de souligner que tout sacrement, par la médiation des signes matériels, veut atteindre, pour le purifier et l’ordonner, l’inconscient qui est l’immense réservoir de nos énergies psychiques et notre lien le plus vital avec l’univers physique.
Mais cet effet ne peut-être obtenu qu’à une condition sine qua non, c’est que la liturgie et le cérémonial qui entoure tous les sacrements soit réellement vécu, et d’abord par les célébrants.
C’est peut-être le point faible de la réforme liturgique, qui a modifié avec tant de hâte, le style des églises et la structure de la messe latine, d’avoir voulu trop rationaliser la prière ecclésiale, en accordant la primauté de la présentation, d’ailleurs souhaitable, de textes en langue vulgaire et en réduisant presque à rien la part des symboles, comme s’il s’agissait principalement d’une instruction et non d’un mystère qui doit d’abord convaincre et assumer l’inconscient. Il en résulte souvent une sorte de récitatif unidimensionnel qui s’étire en un discours continu, où les mots réduits à eux-mêmes nous exhortent sans nous transformer, sans provoquer l’accord des ces profondeurs subliminales (sous le seuil de la conscience) qui répondent à son langage. D’où surgissent tant d’initiatives anarchiques qui cherchent à combler un vide mal identifié. Tous les changements souhaitables se seraient plus harmonieusement accomplis avec la vision très nette que le langage sacramentel va beaucoup plus loin qu’un discours cartésien et qu’il vise précisément à évangéliser l’inconscient dans la lumière du mystère divin, que le chant grégorien et d’innombrables chefs-d’oeuvre polyphoniques nous rendaient sensibles.
Vivre la messe, c’est aller toujours plus avant, s’enfoncer dans le silence où l’on entend les choses essentielles, où l’on rencontre au fond de son coeur le visage du Seigneur, en même temps que l’on sent toute l’humanité ; que toute l’histoire,tout l’univers est là rassemblé et qu’il attend de recevoir, par nous, toute la lumière de l’amour. Il ne s’agit pas d’un cérémonial, nous voulons étreindre la réalité : nous voulons accomplir un acte enraciné dans la vie, qui nous transforme en nous mettant au service de l’humanité. On ne peut vivre la messe sans emporter avec soi le désir de transformer la vie, de la rendre plus belle et de rendre les autres plus heureux.
Qui saura trouver l'auteur de ce texte ?
* inconscient ? Ce qui n'est pas encore conscient, ce que nous ne savons pas encore de nous, ces zones sombres où nosu n'osons pas encore aller quand la grâce ne nous y aide ; ne nous soutient pas pour oser entrer en notre âme, dans tous les recoins qu'il y a lieu de nettoyer pour être empli, rempli, comblé de la paix et de la joie de Dieu. (note de ma petite "pomme")

( 975445 )
Maurice Zundel par Meneau (2024-03-27 11:09:00)
[en réponse à 975444]
Pas toujours en accord avec ses écrits, mais en l'occurrence, au-delà de sa philosophie existentialiste, c'est assez pertinent.
Cordialement
Meneau

( 975446 )
Nota bene par Meneau (2024-03-27 11:12:47)
[en réponse à 975445]
Je ne suis pas sûr qu'il ait tout à fait la même définition de l'inconscient que vous.
Cordialement
Meneau

( 975447 )
Et merci à vous par Meneau (2024-03-27 11:22:31)
[en réponse à 975445]
même si souvent je ne vous comprends pas ou ne partage pas vos idées parfois étranges, d'essayer d'élever un peu le niveau (spirituel) du FC. Il est vrai qu'au vu des dernières publications, j'attends avec impatience la trève du triduum pascal...
Cordialement
Meneau

( 975506 )
Au centre de la messe, que vivent les fidèles ? par Glycéra (2024-03-28 19:09:35)
[en réponse à 975444]
Ils entendent mieux ce que Dieu désire leur dire :
« Vous m’appellerez et je vous exaucerai. »
« Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai à vous et votre coeur sera dans la joie. »
« Le seigneur n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »
Le mémorial de la mort est source de vie.
Le récit du passé remplit le présent de sa divine Réalité, car l’Amour éternel enveloppe tous les temps de la même étreinte maternelle…
« Voilà ce coeur qui a tant aimé les hommes. » : Dieu est un coeur,, Dieu est tout coeur, Dieu n’est qu’un Coeur : Dieu est amour. » (à Ste Marguerite-Marie)

( 975508 )
Et pour le prêtre qu'en est-il ? par Glycéra (2024-03-28 19:12:20)
[en réponse à 975444]
Et pour le prêtre qui célèbre, qu’en est-il ?
- Seigneur, qu’avez-vous fait, et comment Votre Parole a-t-elle franchi mes lèvres ?
Jésus répond :
- J’ai obéi, faites de même ; j’ai accompli l’oeuvre que mon Père m’avait confiée.Je me suis nourri de Sa volonté : faites de même, pour vous nourrir de moi. « Le esprit et vie."s Paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » et c’est spirituellement qu’il vous faut manger mon Corps et boire mon Sang, en entrant dans la suprême pauvreté de l’holocauste que je suis : « La chair ne sert de rien. »
- Notre chair, certes, Seigneur ; mais la vôtre ?
- Ma chair est le Sacrement de l’Esprit ; ma chair n’est qu’un voile transparent sur les abîmes du Silence que le Verbe remplit … C’est par votre esprit qu’il faut atteindre Ma chair, par votre immolation qu’il faut vous assimiler la mienne …
- Seigneur, dépossédez-moi de moi-même, et comme votre humanité subsiste dans le Verbe qui est son Moi, que je vive en Vous, par Vous, pour Vous, dépendant de Vous comme de mon vrai Moi, affranchi de mon moi égoïste et charnel.
- C’est cela que depuis toujours je te propose. N’ai-je pas dit, par tes lèvres : « Ceci est Mon Corps. Ceci est Mon Sang. » N’est-ce pas Moi le prêtre en vous ? Le seul prêtre, l’unique oblation ? N’avez-vous pas compris que votre sacerdoce, c’est de n’être plus vous, mais Moi, et de me laisser dire Moi par vos lèvres, par votre coeur, par votre vie ?
N’est-ce pas au lavement des pieds que j’ai établi le sens des hiérarchies : servir à genoux pour susciter, d’humilité et d’amour, le visage du Père dans l’âme même d’un traître ou d’un renégat ?
Et le prêtre de comprendre :
- Mon Dieu, est-ce cela ? Que je me démette de moi, et que je Vous laisse toute la place, et que je sois le vitrail purement diaphane où transparaît Votre Face. Voici mon corps en échange du vôtre, voici mon sang pour qu’il devienne entre vos Mains, une vivante hostie, où mes frères perçoivent la lumière de Votre visage, et devinent les battements de Votre coeur.

( 975510 )
Le résultat pour la paroisse, le village ? par Glycéra (2024-03-28 19:14:20)
[en réponse à 975444]
Le centre de la messe, le sommet du Canon, le sauvetage de notre vie :
C’est ainsi qu’au sommet de la liturgie s’opère le mystérieux transfert : quand l’église est pleine de silence, quand les paroles qui maîtrisent la substance descendent silencieusement, quand les mains du prêtre élèvent les emblèmes vivants, quand l’hostie ouvre l’horizon comme un nouveau soleil … quand la voix de la cloche rassemble toutes les voix dans le remous de ses ondes, comme un bruit lumineux aux parois de l’airain qui chante : « Mystère de Foi ! »
La vie de l’univers est suspendue à ce point, où l’Église recueille l’Eau et le Sang pour faire de chacun un enfant nouveau-né … admirable refuge : ce remède est la portée du mal, comme la lumière qui découvre une plaie est aussi l’amour qui la guérit.
Tout ceci est tiré du "Poème de la Sainte Liturgie" de l'abbé Zundel (1934)