Le plus surprenant à la lecture de ce roman paru en 1904 sont les parallèles étonnants qu’on peut tirer avec le pontificat de Bergoglio. Hadrien VII, personnage fictif s’aventure à pied parmi les rues de Rome (la Cinquecento n’a pas encore été invitée) et se gagne aussitôt la faveur du peuple. A peine élu, Hadrien procède à des nominations cardinalices fantaisistes parmi ses copains d’antan et leur enjoint d’être de « savants anarchistes », écho prémonitoire du « Hay que hacer lio – il faut flanquer la pagaille » prononcé par le pape François aux JMJ de Rio peu après son élection. Inventeur d’une forme inédite de communication, Hadrien VII rédige désormais des Épîtres comme cette Épître à tous les Chrétiens aux accents de Fratelli Tutti, où il enjoint ses destinataires à aller de l’avant sans toutefois chercher à convaincre. Et puis il y a cette scène délicieuse où Hadrien VII passe un savon au général des Jésuites, à qui il reproche – il faut le lire pour le croire – la mondanité de son ordre ; puis, lorsque le général tout dépité s’agenouille pour baiser l’anneau du pêcheur, le pape lui donne l’estocade et lui demande de prier pour lui. Enfin le lecteur pourra s’amuser à retrouver l’identité des gentilhommes de Sa Sainteté derrière le nom dont les affuble l’auteur, le Prince Pilastro et le Prince Orso parmi eux