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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 974189 )Mercredi des Cendres par ami de la Miséricorde (2024-02-14 05:20:39) 



MERCREDI DES CENDRES

On ne fait rien cette année de la Mémoire de St Valentin, prêtre et martyr
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 974190 )Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-02-14 05:25:08) 
[en réponse à 974189]



CHAPITRE XV

CONFIRMATION ET ÉCLAIRCISSEMENT DE CE QUI A ÉTÉ DIT PAR UN EXEMPLE NOTABLE


Mais pour rendre toute cette instruction plus évidente, je veux mettre ici une excellente pièce de l'histoire de saint Bernard, telle que je l'ai trouvée en un docte et judicieux écrivain.

Il dit donc ainsi: « C'est chose ordinaire à presque tous ceux qui commencent à servir Dieu et qui ne sont encore point expérimentés ès soustractions de la grâce ni ès vicissitudes spirituelles, que leur venant à manquer ce goût de la dévotion sensible, et cette agréable lumière qui les invite à se hâter au chemin de Dieu, ils perdent tout à coup l'haleine et tombent en pusillanimité et tristesse de coeur.

Les gens bien entendus en rendent cette raison, que la nature raisonnable ne peut longuement durer affamée et sans quelque délectation, ou céleste ou terrestre.

Or, comme les âmes relevées au-dessus d'elles-mêmes par l'essai des plaisirs supérieurs, renoncent facilement aux objets visibles, ainsi quand par la disposition divine la joie spirituelle leur est ôtée, se trouvant aussi d'ailleurs privées des consolations corporelles, et n'étant point encore accoutumées d'attendre en patience les retours du vrai soleil, il leur semble qu'elles ne sont ni au ciel ni en la terre, et qu'elles demeureront ensevelies en une nuit perpétuelle : si que, comme petits enfançons qu'on sèvre, ayant perdu leurs mamelles, elles languissent et gémissent, et deviennent ennuyeuses et importunes, principalement à elles-mêmes.

« Ceci donc arriva, au voyage duquel il est question, à l'un de la troupe, nomméGeoffroy de Péronne, nouvellement dédié au service de Dieu.

Celui-ci, rendu soudainement aride, destitué de consolation et occupé des ténèbres intérieures, commença à se ramentevoir de ses amis mondains, de ses parents, des facultés quil venait de laisser, au moyen de quoi il fut assailli dune si rude tentation que, ne pouvant la celer en son maintien, un de ses plus confidents s'en aperçut, et l'ayant d'extrement accosté avec douces paroles, lui dit en secret:

« Que veut dire ceci, Geoffroy? comment est-ce que contre lordinaire, tu te rends si pensif et affligé? » Alors Geoffroy, avec un profond soupir : « Ah ! mon frère, répondit-il, jamais de ma vie je ne serai joyeux. »

Cet autre, ému de pitié par telles paroles, avec un zèle fraternel alla soudain réciter tout ceci au commun père saint Bernard, lequel, voyant le danger, entra en une église prochaine, afin de prier Dieu pour lui; et Geoffroy cependant, accablé de la tristesse, reposant sa tête sur une pierre, s'endormit.

Mais après un peu de temps, tous deux se levèrent : l'un, de l'oraison avec la grâce impétrée, et l'autre, du sommeil avec un visage si riant et serein que son cher ami, s'émerveillant d'un grand et soudain changement, ne se put contenir de lui reprocher amiablement, ce que peu auparavant il lui avait répondu; alors Geoffroy lui répliqua: « Si auparavant je te dis que jamais je ne serais joyeux, maintenant je t'assure que je ne serai jamais triste. »

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde