Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 973948 )Exposition du Saint Sacrement par Halbie (2024-02-07 11:40:18) 

J'avais été surpris d'apprendre que le code de 1917 restreignait sévèrement l'exposition (avec ostensoir) du Saint-Sacrement en dehors de la Fête-Dieu et de son octave. Il fallait une autorisation de l'ordinaire et un juste motif, y compris pour les religieux. Or, l'exposition hebdomadaire semble être la norme chez les tradis, était-ce le cas avant les années 60 ?
images/icones/1b.gif  ( 973968 )Usage archi-généralisé par Alexandre (2024-02-07 22:23:01) 
[en réponse à 973948]

Peut-être que personne ne vous a répondu parce que de mémoire de catholiques français, l’exposition et la bénédiction du Saint-Sacrement, surtout après les vêpres des dimanches et fêtes d’obligation, étaient choses courantes.

Pour autant, la question demeure de l'application du canon 1274 du Code de 1917. Les exceptions ou précisions sur l’application du droit universel de l’Église dans les diocèses étaient autrefois consignées dans les Statuts synodaux. Ceux du diocèse de Coutances (province de Rouen) promulgués en 1953 par l’évêque, Mgr Jean Guyot, établissaient notamment ceci :





Et c'est un exemple parmi tant d'autres...
images/icones/fleur.gif  ( 973970 )Merci de votre réponse par Lycobates (2024-02-07 22:45:16) 
[en réponse à 973968]

... comme toujours compétente.
Cela me dispense de faire des recherches ce que je m'apprêtais de faire mais dont je n'ai malheureusement pas le temps.

Votre exemple est bien de 1953 : la messe du soir fait son apparence, impensable dans cette ampleur (les indults de la guerre sont loin en 1953) avant la malheureuse constitution Christus Dominus.

Bref...
images/icones/carnet.gif  ( 973971 )A propos des messes du soir par Alexandre (2024-02-07 23:27:21) 
[en réponse à 973970]

Je vous en prie, cher Lycobates, et merci pour le compliment : erubesco...

A propos des messes du soir, un point m'étonne. En 1951, déjà, la Semaine Religieuse de Paris, bulletin officiel de l'archevêché, donnait la liste des messes du dimanche soir célébrées dans la capitale. Certes, point n'est besoin de communier pour satisfaire au précepte dominical, d'autant que cette année-là, l'antique règle du jeûne eucharistique demeurait absolue (sauf pour certains malades, bien sûr), mais quid des célébrants ??? Eux devaient forcément communier à ces messes du soir. Y avait-il déjà des dispenses ou bien ces prêtres devaient-ils être encore à jeun depuis minuit ?

Cette question ne demande pas de recherches - que vous n'avez pas le temps de faire, d'ailleurs -, mais vos connaissances nous permettraient-elles d'y voir un peu plus clair sur ce point ?

D'avance, merci !
images/icones/fleche2.gif  ( 973986 )4 heures par Lycobates (2024-02-08 12:30:08) 
[en réponse à 973971]

Cher Alexandre,

Il existe depuis février 1941 une multitude d'indults dont l'application pourtant est laissée au jugement prudentiel des prêtres concernés. Ils peuvent donc décider de ne point en faire usage.

Il paraît que la règle générale fut d'un jeûne raccourci de 4 heures.

Voici un exemple du diocèse de Kattowitz (en Haute-Silésie), aux n°s 61 et 62 :

ICI

images/icones/fleur.gif  ( 973988 )Dankeucheune par Alexandre (2024-02-08 14:00:47) 
[en réponse à 973986]

Merci beaucoup !

Je vais regarder un peu la chose côté français, lorsque j'aurai accès aux bulletins officiels de certains diocèses.

Bien à vous
images/icones/1a.gif  ( 973978 )Merci par Halbie (2024-02-08 09:58:33) 
[en réponse à 973968]

Caractère restrictif tout théorique alors.
images/icones/carnet.gif  ( 973982 )Merci mais pourquoi ? par Roger (2024-02-08 11:38:55) 
[en réponse à 973968]

Je suis étonné par les restrictions posées par le code de 1917.

Qui pourrait m'expliquer cet écart entre le code et les pratiques françaises ?

En allait il autrement en Italie ?
images/icones/croix.gif  ( 974011 )Usage généralisé récemment, au XIXe siècle par Luc de Montalte (2024-02-08 22:54:41) 
[en réponse à 973982]

Si la coutume d’exposer le Saint-Sacrement remonte à l’institution au XIVe de la Fête-Dieu, c’est au XVIIe siècle que cette dévotion s’est particulièrement épanouie (les ostensoirs en forme de Soleil remontent au XVIe siècle). Toutefois en effet, les expositions restaient encore fermement encadrées, de peur que le respect dû au Saint-Sacrement ne soit diminué par son exposition trop fréquente, d’où le jugement de plusieurs conciles (Cologne 1452, etc.) et arrêts romains ou épiscopaux. À Paris par exemple, Mgr de Harlay avait ordonné en 1674 que le Saint-Sacrement ne soit exposé que pendant l’Octave de la Fête-Dieu.

Même à Port-Royal, qui s’était tout particulièrement consacré à la dévotion au Saint-Sacrement, on s’y conformait comme le rappellent les Constitutions du monastère (voir ci-dessous). Suivant l’usage cistercien toutefois, le Saint-Sacrement était suspendu au-dessus de l’autel (colombes eucharistiques), et, à Port-Royal, adoré perpétuellement. L’usage d’exposer plus fréquemment le Saint-Sacrement auquel nous sommes aujourd’hui habitué remonte plutôt au XIXe siècle.

Encore que les Religieuses du Saint Sacrement doivent être les premières dans tout ce qui regarde la vénération de ce mystere elles ne mettront pas néanmoins leur dévotion à avoir souvent la Sainte Eucharistie exposée sur leur Autel ; au contraire cela se fera très rarement savoir pendant l’Octave seulement & lorsque Monseigneur l’Archevêque ordonnera des prières publiques.

Elles doivent savoir qu il leur a été refusé par le Bref de leur Institut d’exposer le Saint Sacrement tous les Jeudis comme n’étant pas là l’intention de l’Église Romaine que cela se fasse si fréquemment & c’est ce qui leur doit apprendre que le culte de Dieu est d’autant plus parfait qu il est plus intérieur & plus conforme à la Religion chrétienne de laquelle il est dit le Royaume de Dieu est dans nous. Ce qui convient encore plus particulièrement à la sainte Eucharistie qui est le plus caché de tous les mystères c’est pourquoi ce qu’il y a de grand & d’éclatant dans l’Église est plutôt un rabaissement pour Jésus-Christ parce qu’il se réfère à l’infirmité des hommes & non à Dieu qui est un esprit invisible.



images/icones/bravo.gif  ( 974015 )Merci beaucoup cher Luc par Roger (2024-02-09 05:20:34) 
[en réponse à 974011]

Pour cette réponse.
images/icones/neutre.gif  ( 973983 )Pardon pour la question idiote par Halbie (2024-02-08 11:39:04) 
[en réponse à 973968]

J'en ai parfois comme ce ne sont pas mes racines, si je puis dire.
images/icones/1b.gif  ( 973987 )Mais non par Alexandre (2024-02-08 13:44:43) 
[en réponse à 973983]

Votre question n'a rien d'idiot : le Code dit une chose et on en voit une autre. Il est logique et normal de se poser des questions !

D'autre part, tout le monde est le bienvenu dans la Sainte Eglise, du moment qu'il professe la foi catholique et obéit aux pasteurs légitimes...
images/icones/1a.gif  ( 973992 )obéir aux pasteurs légitimes par Halbie (2024-02-08 16:18:09) 
[en réponse à 973987]

C'est tout la question aujourd'hui, n'est-ce pas.
images/icones/1a.gif  ( 973995 )Tout à fait par Lycobates (2024-02-08 17:19:48) 
[en réponse à 973992]

Que de questions !

Comme désobéir aux pasteurs non légitimes (même si on se trompait sur leur compte),
ou obéir aux pasteurs non légitimes (avec une largeur consentie aux ignorants de bonne foi, nombreux ceux-là),
ou désobéir aux pasteurs que malgré tout l'on considère en quelque sorte comme "légitimes" (difficilement conciliable avec le dogme, mais consentons un error communis dû à un manque généralisé de formation solide, que l'on espère de bonne foi)

Tant de questions que le fidèle omikron d'antan ne devait pas se poser !
(ne parlons pas des omégas ! qui nous ont fichu leur "Concile", en le facilitant ou en le perpétrant, et que le Bon Dieu prenne en sa miséricorde, puiqu'ils sont tous, ou presque tous, partis à leur destination éternelle ...)
images/icones/neutre.gif  ( 973997 )Oui et c'est source de beaucoup de désarroi pour moi par Halbie (2024-02-08 18:15:41) 
[en réponse à 973995]

Tout est dans le titre.
images/icones/bible.gif  ( 974001 )La paix intérieure est... par Père M. Mallet (2024-02-08 18:41:07) 
[en réponse à 973997]

...selon je ne sais plus quel pieux auteur* de spiritualité, non seulement un élément important du combat spirituel, mais ce serait même le plus important.
Notre paix intérieure ne doit pas dépendre des évènements extérieurs, ni de la connaissance ou de l'absence de connaissance que nous en avons.

Acceptons, accueillons les évènements de la main de Dieu :
accueillir et non subir, ni se révolter.
Se fixer des résolutions, et un plan d'action (ou de non-action) et s'y tenir dans la mesure du possible, quitte à en changer si les circonstances le justifient (comme S. Joseph, qui avait résolu de renvoyer secrètement Marie et cela ne l'empêchait pas de dormir).
Je sais, ce n'est pas toujours facile, mais c'est un élément très utile pour le progrès spirituel.


* Si quelqu'un sait, j'aimerais etc...

Priez pour moi, mes soucis de santé s'aggravent (mais je garde la paix, Deo gratias !...)

images/icones/francis2.gif  ( 974186 ) Ambroise de Lombez par Alexandre (2024-02-13 22:36:38) 
[en réponse à 974001]

L'auteur spirituel dont vous cherchez le nom ne serait-il pas le Père Ambroise de Lombez, capucin mort en odeur de sainteté près de Lourdes en 1778 et qui écrivit un traité célèbre sur le sujet ?
images/icones/carnet.gif  ( 974212 )Traité de la paix intérieure, 300p en pdf ici par Glycéra (2024-02-14 18:37:09) 
[en réponse à 974186]


http://www.liberius.net/livres/Traite_de_la_paix_interieure_suivi_du_traite_de_la_joie_de_l_ame_chretienne_000001223.pdf


Ambroise de Lombez cite, renvoie, et se réfère surtout à St François de Sales.
images/icones/carnet.gif  ( 974215 )Éditions Traditions Monastiques par Quodvultdeus (2024-02-14 21:46:10) 
[en réponse à 974212]

Les éditions Traditions Monastiques de l'abbaye Saint-Joseph de Clairval (Flavigny) ont réédité en 2016 le Traité de la Paix intérieure du R.P. Ambroise de Lombez OFMCap dans la Collection Scriptorium.

Bien qu'il figure en bonne place dans ma bibliothèque, je ne l'ai pas encore lu, mais grâce à ce fil, ma lecture de Carême est toute trouvée.
images/icones/fleche3.gif  ( 974218 )Oui, ça doit être cela !... par Père M. Mallet (2024-02-14 22:20:10) 
[en réponse à 974186]

Je l'ai lu il y a 40 ans au moins, dans une vieille édition (d'il y a 200 ans ?...).

Le texte était alors suivi d'un autre traité, le "traité de la joie de l'âme", ou un titre équivalent, traité qui était plus court, mais très utile aussi.
J'avais vu aussi une réédition de la fin du 20° qui ne le comportait pas.

Bref, une excellente lecture.


images/icones/bible.gif  ( 974237 )le "traité de la joie de l'âme" est à la fin du pdf signalé plus haut par Glycéra (2024-02-15 13:35:46) 
[en réponse à 974218]



Bonne lecture à tous !

On trouve le livre édité en papier sur plusieurs sites ...


images/icones/sacrecoeur.gif  ( 974238 )Petit texte d'Ambroise de Lombez, et brève biographie par Glycéra (2024-02-15 13:37:26) 
[en réponse à 974186]



http://www.paroisseetfamille.com/Principal/pageprier.php?ID=0


Prier : du temps perdu ? Chose étonnante ! le démon médite jour et nuit pour me perdre, et on ne voudra pas que je médite une heure par jour pour me sauver !



images/icones/coeur.gif  ( 975083 )Un immense merci d'avoir signalé ces traités de paix et de joie intérieure par Glycéra (2024-03-15 21:58:28) 
[en réponse à 974001]



Grand merci Monsieur l'abbé,

Ces textes me régalent, et nourrissent immensément le Carême de cette année.

Un délice, page après page. Nombre d'observations fines, j'y retrouve souvent des parallèles avec les petites touches des Saints pères du Désert des premiers siècles : la vigilance intérieure, la modération sage, la confiance infinie obtenue par l'exercice de la foi.

Que Dieu vous garde et vous soutienne !
Glycéra