Le Forum Catholique

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images/icones/fsvf.gif  ( 973534 )Fiducia supplicans face au sens de la foi - La Revue thomiste par DumVolviturOrbis (2024-01-24 20:07:26) 

L'éditorial du Père Emmanuel Perrier dans la Revue thomiste dresse un tableau extrêmement complet de tout ce qu'implique Fiducia supplicans. Il faut à tout prix lire et diffuser cette analyse qui ne manquera pas de faire grincer des dents en hauts lieux. Ce texte mérite un fil à part entière.

https://revuethomiste.fr/contenu-editorial/chroniques/lumieres-et-grains-de-sel/fiducia-supplicans-face-au-sens-de-la-foi
images/icones/neutre.gif  ( 973536 )Merci par Justin Petipeu (2024-01-24 21:53:41) 
[en réponse à 973534]

beaucoup pour cet article. Je le trouve d'une grande qualité et c'est encore plus inquiétant pour l'état de l'Eglise.
images/icones/bravo.gif  ( 973547 )Excellent par Luc de Montalte (2024-01-25 11:19:41) 
[en réponse à 973534]

Merci. Il est heureux de constater que de nombreux catholiques s'insurgent, au delà de la question du traditionalisme.
images/icones/carnet.gif  ( 973560 )Très bon article par Meneau (2024-01-25 15:56:32) 
[en réponse à 973534]

effectivement. A lire !

Cordialement
Menau
images/icones/attention.gif  ( 973579 )Hélas la Revue Thomiste entretient la confusionn dans un autre article par Johanis (2024-01-26 12:12:03) 
[en réponse à 973534]

C'est un article du père Michelet dans le même numéro est lui aussi en libre accès. Il ajoute sa part de confusion verbeuse aux textes qu'il commente. Pour lui la grande lumière dans laquelle il faut lire le texte ce sont les propos du pape disant "on bénit le pécheur, on ne bénit pas le péché, oubliant qu'il s'agit de bénédiction d'un "couple" dont la relation de couple est substantiellement mauvaise. Ignorant aussi que si on peut bénir un pécheur c'est parce qu'on bénit la personne, bonne au niveau substantiel (créature de Dieu), ce qui ne saurait être le cas du couple dont la nature est substantiellement mauvaise.

Il suffit pour se rendre compte de la confusion qui commande ses explications de lire la conclusion : "En conclusion, pour répondre brièvement à la question posée dans le titre de cette étude : Peut-on bénir Fiducia supplicans ? Notre réponse sera tout aussi claire : ni oui, ni non, bien au contraire." On est étonné qu'il ait pu oser écrire une telle conclusion !

Le Père Michelet s'était illustré en défendant l'orthodoxie d'Amoris Laetitia avec les mêmes procédés, en particulier l'argument selon lequel en interprétant le texte dans la lumière du magistère antérieur on le trouvait nécessairement acceptable ; car finalement il rejette qu'un texte du magistère ordinaire puisse être erroné, et on peut et on doit donc, en invoquant des raisons détournées le lire comme vrai.

Une autre remarque : on peut penser que si l'autre article s'est situé par rapport au "sens de la foi", avec le caractère subjectif que ça implique, c'est pour qu'il n'y ait pas de contradiction trop apparente.
images/icones/carnet.gif  ( 973588 )Certes, mais ... par Meneau (2024-01-26 13:49:44) 
[en réponse à 973579]

le texte d'un autre auteur n'enlève rien à la qualité intrinsèque du texte du premier auteur. C'est seulement au niveau de la ligne éditoriale de la revue que se pose la question de la concurrence des textes entre eux. Et là, on savait déjà, non ?

Quant à l'article du Père Michelet, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne constitue pas un "oui" massif à FS !

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 973593 )Sauver le soldat Fiducia supplicans par Johanis (2024-01-26 15:11:07) 
[en réponse à 973588]

Oui sur l'unité de la ligne éditoriale, ils font effort pour paraître se compléter ; comme l'un et l'autre le présentent le P. Perrier a fait une introduction avec des fondements d'analyse, tandis que d'autres articles doivent approfondir. Mais le P. Michelet vient plutôt bien affaiblir que compléter les positions du premier. Il n'est pas enthousiaste, il s'agit de sauver acrobatiquement une parole du magistère, que par principe on ne saurait suspecter d'aucune erreur. C'était déjà sa position pour Amoris Laetitia.

Il n'est pas étonnant, en effet, qu'entre théologiens écrivant dans une même revue il y ait des désaccords.

images/icones/c_nul.gif  ( 973890 )des "parents catholiques d’enfants homosexuels" pas d'accord (La Croix) par Cristo (2024-02-04 22:31:56) 
[en réponse à 973534]


La réponse de parents catholiques d’enfants homosexuels aux critiques de « Fiducia supplicans »
tribune
Elvire Thonnat
Reconnaissance, association de parents catholiques d’enfants homosexuels
Olivier Boidin
Reconnaissance, association de parents catholiques d’enfants homosexuels
Claire Bévierre
Reconnaissance, association de parents catholiques d’enfants homosexuels
Parents catholiques d’enfants homosexuels et membre de l’association Reconnaissance, les trois auteurs de ce texte répondent point par point à une critique de Fiducia supplicans publiée par La Revue thomiste et largement commentée. Ils regrettent que cette critique nourrisse « la mésestime de soi chez les chrétiens homosexuels ».

Claire Bévierre, Olivier Boidin et Elvire Thonnat, le 01/02/2024


Parents catholiques d’enfants baptisés, donc de jeunes membres de l’Église, qui se trouvent être homosexuels, nous ne pouvons plus rester silencieux face aux nombreux textes ou commentaires émis à propos de Fiducia supplicans.

En décembre, nous avons été surpris par la publication inattendue du dicastère. Nous avons dans un premier temps choisi de nous réjouir d’une avancée pastorale et de cette manifestation de bienveillance envers nos enfants, même si le texte prend soin de préciser qu’ils sont pécheurs. Nous avons ensuite été éprouvés au sens propre par toute une série de précisions, tribunes, réactions, commentaires qui se sont multipliés. Un article publié dans La Revue thomiste, « Fiducia supplicans au regard de la foi », a suscité notre souhait de prendre la parole pour apporter au débat notre regard et notre vécu de parents.

Se laisser saisir par la réalité
En réformant l’an dernier l’Académie pontificale de théologie, François a appelé les théologiens à se « laisser saisir par la réalité ». Et comme nous vivons la réalité de l’homosexualité au sein de nos familles, nous apportons notre contribution en formulant des remarques à propos des six principales critiques apportées à Fiducia supplicans par La Revue thomiste.

Critique 1 : « Il n’est de bénédiction qu’ordonnée au salut. » Le salut, est-ce bien se retrouver reconnu comme juste aux yeux de Dieu le jour du Jugement ? Nous nous sommes reportés à l’Évangile du Jugement dernier (Mt 25, 31-46) qui parle des « bénis de mon Père ». Le critère central donné par le Christ est la charité. Qui peut juger a priori de la situation de nos enfants sous ce prisme ?

À lire aussiBénédiction des couples homosexuels : le Vatican surpris par le refus africain
2. « L’Église ne sait pas bénir en dehors de la liturgie. » Il faudrait alors dire à beaucoup de pasteurs d’arrêter de bénir des cartables, des motos, toute sorte d’objets qui ne nous semblent pas beaucoup plus nobles que l’amour de deux croyants, nos enfants, qui demandent l’aide de Dieu dans leur vie.

Le départ révolté de l’Église
3. « Toute bénédiction a un objet moral. » Donc éloigne du mal et entraîne vers le bien. L’orientation sexuelle étant un donné et faisant partie de la Création, ainsi que le reconnaît l’Église, est-on vraiment sûr que le bien réside toujours dans une injonction à une abstinence à vie, non choisie ? Cette injonction conduit souvent, nous en témoignons, à un rejet de soi, un désespoir qui peut déboucher sur des dépressions, voire des troubles suicidaires. Il existe des variantes pour y échapper : une double vie, un mariage qui finit par exploser, le départ révolté de l’Église… Vous en connaissez, nous en connaissons tous. Est-ce bon pour l’homme et pour l’Église ?

Le bien, à partir de ce qu’est la personne, ne peut-il pas être dans une relation d’amour qui prend soin de l’autre et, par l’équilibre trouvé dans un couple, souvent après un chemin douloureux, devient féconde pour l’entourage ? Les prêtres, au nom de l’Église, ne peuvent-ils pas dialoguer avec le couple et dire du bien d’une telle relation, même si elle est hors norme ?

4. « Dieu ne bénit pas le mal, contrairement à l’homme. » Ce qui nous heurte profondément ici, c’est que de couple on passe directement au mal (c’est-à-dire le sexe) : on réduit la vie, la fécondité d’un couple aux relations sexuelles qui constituent pourtant, comme pour tout couple, une infime part de sa vie. Quand un clerc regarde un couple hétérosexuel, pense-t-il à ses pratiques, sa contraception ? Il serait peut-être déçu. Réduire un couple homosexuel à une pratique sexuelle, le juger à cette aune, nous est insupportable.

Le dessein de Dieu
5. « Magistère : l’innovation implique la responsabilité. » Résumons : le dossier est mal ficelé. Nous ne pouvons pas juger mais nous en profitons pour évoquer un point mentionné au sein de cette critique : lorsqu’ils aiment, il semblerait que nos enfants ne soient pas conformes au dessein de Dieu. Or qui peut dire le dessein de Dieu pour eux, à partir de ce qu’ils sont, si ce n’est Dieu et les sujets eux-mêmes, dans leur discernement, leur dialogue intime avec le Christ ? Pour nous, ce n’est pas à une personne extérieure de juger de leur chemin de sainteté, uniquement à partir de normes, nécessaires comme des balises, mais au milieu desquelles chacun a son chemin singulier à construire.

6. « La pastorale à l’heure de la déresponsabilisation hiérarchique. » L’auteur déplore de ne pas avoir d’indications sur le comment de ces bénédictions. Nous avons pourtant lu beaucoup d’indications, depuis la durée jusqu’aux vêtements. Mais effectivement le texte fait appel à la créativité des bénissants et à leur discernement.

Nous avons rencontré de ces clercs et théologiens, respectueux, bienveillants, reconnaissant ce qu’il y a de bon chez nos enfants et, pour ceux d’entre eux qui sont en couple stable, dans leur couple. Qu’ils en soient loués et remerciés. Notre gratitude est grande, ils sont le visage d’une Église proche de ses enfants, à l’image du Christ.

Risque de vie et de mort
Pour finir : ce type de texte nourrit la mésestime de soi chez les chrétiens homosexuels, et il y a là un risque de vie et de mort pour ceux qui sont concernés. Il nourrit la division dans les familles : des parents qui rejettent leurs enfants, des frères et sœurs qui ne veulent pas du compagnon ou de la compagne de leur frère ou sœur homosexuel lors des événements familiaux… Combien de larmes dans nos groupes de parole après Noël ou l’été !

Ce type de texte a un impact désastreux sur l’Église : comment croire que les familles, frères, sœurs, parents, grands-parents, les amis des baptisés homosexuels sont indifférents à ce que l’Église dit de ceux qu’ils aiment ? Ils partent à bas bruit.

Nos enfants ne sont pas a priori des pécheurs, objets de dissertations théologiques. Ils sont des sujets conscients, responsables de leur propre existence et capables de chercher leur chemin singulier de sainteté, à partir de ce qu’ils sont et non malgré ce qu’ils sont. Ils ont eu un chemin plus difficile que le reste de leur fratrie en se découvrant homosexuels dans une famille et un environnement catholique. Pourtant leur différence est une richesse : elle nous a ramenés à l’Évangile, fait revenir au cœur du message du Christ, l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun et l’appel à aimer.


LIRE CE COMMENTAIRE


Homosexuel catholique 3/2/24 - 10h57
Homosexuel, converti à l’âge de 27 ans et désireux de vivre l’enseignement de l’Eglise en matière de sexualité, je suis assez déçu des réponses de ces parents d'homosexuels : ils ne répondent pas vraiment aux arguments, mais exposent simplement leur opinion. Or c'est un sujet qui mérite une réflexion approfondie, et pas simplement d'en rester aux émotions où aux opinions. Quelques exemples. Critique 1 : Prendre Mt 25 pour l'extrapoler au point d'ignorer le reste de l'Ecriture (par exemple Jésus qui dit que celui qui refusera de croire sera condamné, saint Paul qui affirme que ceux qui pratiquent l'homosexualité n'hériteront pas du Royaume de Dieu, etc.). Bref, il me semble malhonnête de vouloir utiliser l’Ecriture contre elle-même. A ce jeu-là, on peut en conclure que d’après Mt 25, quelqu’un pourrait haïr Dieu de tout son cœur, tant qu’il sert à la soupe populaire, il sera sauvé. C’est le niveau zéro de l’intelligence des Ecritures. Critique 2 : Je pense que ces parents confondent « liturgique » et « rituelle ». Quand un prêtre – ministre de l’Eglise et figure de l’Epoux de l’Eglise – bénit, c’est forcément liturgique, car il bénit au nom de l’Eglise. Liturgique ne signifie pas officiel ou ritualisé. Oui, une bénédiction de cartable ou de moto par un prêtre est liturgique. Critique 3 : L’Ecriture condamne sans aucune ambiguïté les actes homosexuels. Ce n’est pas une simple règle arbitraire mais bien parce que Dieu a créé les choses, et notamment la sexualité, avec un dessein. L’acte homosexuel s’oppose à la finalité de la sexualité (ce que confirme la droite raison) et c’est en cela qu’il est un mal. Ainsi, oui l’abstinence est préférable à l’acte homosexuel. Moi qui suis concerné par l’homosexualité et qui cherche à vivre l’enseignement de l’Eglise parce que j’y reconnais un vrai bien, je peux témoigner que la chasteté, pour autant qu’elle soit difficile, ne conduit nullement nécessairement au désespoir. Comme si une pratique sexuelle pouvait rendre heureux ! Cet épouvantail de la chasteté conduisant à la déprime est une manipulation. En outre, ces parents semblent avoir une image idéalisée du couple homosexuel dont il y aurait beaucoup à dire. Critique 4 : Je suis heureux de voir que pour ces parents, la pratique sexuelle ne constitue qu’une infime partie de la vie d’un « couple ». Mais alors, pourquoi s’insurger quand on propose la chasteté ? Si c’est si infime que cela, où est le problème avec la proposition de vivre une amitié chaste plutôt qu’une parodie de couple à la pratique sexuelle moralement condamnable ? En outre, et même s’il peut en effet y avoir de belles choses vécues au sein d’un couple homosexuel (personne n’en doute), cela ne saurait justifier certaines pratiques. Il suffit d’une infime quantité de poison pour gâcher le meilleur plat. Critique 5 : Qui peut dire le dessein de Dieu sur leurs enfants ? Ben, Dieu Lui-même par exemple ? Et c’est exactement ce qu’Il a fait dans la Révélation. Or je ne vois nulle part dans la Révélation une quelconque possibilité pour une vie sexuelle désordonnée. Ramener la vie chrétienne à un pur subjectivisme comme le font ces parents est mortifère. Pour finir, mettre encore en avant cette resucée du risque de suicide plus élevé chez les homosexuels devient lassant. Nous parlons ici de vie chrétienne, de conversion, et de salut éternel. En tant qu’homosexuel, je trouve insupportable que certaines personnes, sans doute sous couvert de bons sentiments, veuille mettre la lumière sous le boisseau, la vérité sous le tapis, et ainsi barrer le chemin de la conversion et du salut aux personnes homosexuelles. Les personnes homosexuelles ont droit à la vérité qui rend libre. Elles ont le droit de savoir ce qui ne va pas dans leur vie et, sans aucun jugement, se voir proposer un chemin différent que ce que leur affectivité exige d’elles. Pour finir, Jésus n’est pas venu mettre la paix dans les familles, il nous l’a dit expressément… Que ces parents s’interrogent sur la justesse de leur compromission avec l’esprit du monde pour faire plaisir à leurs enfants. Chers parents d’enfants homosexuels, vous croyez bien faire en prenant partie pour vos enfants qui veulent vivre l’homosexualité et en épousant leurs idées. Vous leur rendriez davantage service en étant fidèles à la vérité et à la foi. Vos enfants, comme tout le monde, ont besoin du salut de Dieu, pas d’être confortés dans leur péché.

https://www.la-croix.com/a-vif/la-reponse-de-parents-catholiques-d-enfants-homosexuels-aux-critiques-de-fiducia-supplicans-20240201