''Citant nommément Vladimir Poutine, le cardinal congolais martèle que l’Afrique refuse les «mœurs décadentes de l’Occident», que fustige lui aussi le président russe. «C’est une culture décadente, c’est la décadence culturelle et morale d’une société; une société en décadence», commente le cardinal. Et si pour lui, «on peut nous reprocher beaucoup de choses en Afrique», «pas l’homosexualité». Hormis certains cas «isolés», veut-il croire, «cette pratique n’existe pas chez nous [en Afrique]». Il demande toutefois de «respecter» les personnes homosexuelles, «créatures de Dieu».
«Comme l’Occident n’aime pas les enfants...»
« Je suis arrivé le mardi, j’étais à la Casa Santa Marta, où vit le pape. J’ai dit à son secrétaire privé : portez les documents au pape, dites-lui que je suis arrivé, que je resterai ici jusqu’à jeudi et que je veux le rencontrer avant de partir car c’est pour cela que je suis venu. Il m’a reçu le jour même à 18h30. Nous étions face à face. Le pape était très désolé. Je dois dire qu’il a été le premier à souffrir de toutes les réactions du monde entier. C’est un être humain. Je lui ai dit : la solution à cette question n’est pas de nous envoyer des documents de Rome avec des définitions théologiques et philosophiques des bénédictions, cela n’intéresse pas les gens : ce qui intéresse maintenant, c’est un communiqué qui va calmer les gens en Afrique, qui va calmer les esprits des fidèles. Et lui, en tant que pasteur, a été touché par cette situation. Il m’a dit : « je vous mets immédiatement en contact avec le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, le cardinal Fernandez ». Le soir même, à 19h30, nous étions à table avec lui, et nous nous sommes mis d’accord pour travailler le mercredi.
Le lendemain, au siège du dicastère, nous avons préparé un document, en dialogue et en accord avec le pape François : à tout moment, nous pouvions l’appeler pour lui poser des questions, s’il était d’accord avec cette formulation, etc.’. Au final, j’ai signé le document en tant que président du SECAM au nom de l’Église catholique d’Afrique dans son ensemble, et le préfet du dicastère a contresigné. Le document, conservé dans les archives, s’intitule Non à la bénédiction des couples de même sexe dans les églises catholiques. En Afrique, il est hors de question de bénir les couples homosexuels ».