Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=973318
images/icones/mitre4.png  ( 973318 )Abus: la Communauté de l'Emmanuel et 2 évêques en cause par Bibracte (2024-01-17 10:59:49) 

Sur X (ex-twitter), Natalia Trouiller raconte commment "Marie", victime d'un prêtre de la Communauté de l'Emmanuel dont elle était membre, a eu toutes les peines du monde à faire renvoyer l'agresseur de l'état clérical, puis comment sa communauté a tout fait pour éviter de l'indemniser.

L'affaire met aussi en cause Mgr Benoît-Gonnin, qui aurait favorisé à l'époque l'ordination de l'agresseur contre l'avis de tous ses formateurs, et Mgr Le Saux, qui aurait tenté d'étouffer l'affaire et d'éviter le renvoi de l'état clérical du prêtre agresseur .

Tout est là : https://threadreaderapp.com/thread/1746823651062681928.html

La Communauté de l'Emmanuel a réagi dans un communiqué, sans préciser les éléments qu'elle conteste : https://emmanuel.info/communique-16-janvier-2024/
images/icones/2a.gif  ( 973335 )C'est un institut traditionnaliste ? par Gereo (2024-01-17 18:18:00) 
[en réponse à 973318]

Je doute que l'information que vous donnez retienne beaucoup l'attention ici.
images/icones/5a.gif  ( 973336 )Mon doigt a ripé sur la touche N du clavier par Gereo (2024-01-17 18:21:40) 
[en réponse à 973335]

toutes mes confuses
images/icones/carnet.gif  ( 973339 )Les catholiques traditionalistes par Bibracte (2024-01-17 19:59:51) 
[en réponse à 973335]

dont je suis, ne sont pas moins concernés par la situation de l'Eglise-qui-est-en-France que les autres catholiques français.
Il ne s'agit pas seulement d'un problème interne à cette communauté charismatique, mais de la gestion, par des évêques qui sont aussi les nôtres :
- des candidats au sacerdoce qui ne devraient pas être ordonnés, mais le sont quand même, pour "faire du chiffre" ;
- des cas d'abus une fois qu'ils se produisent, encore aujourd'hui.
images/icones/carnet.gif  ( 973340 )Pour moi, qui n'en suis pas un par Gereo (2024-01-17 20:09:49) 
[en réponse à 973339]

Je suis d'accord avec vous.
images/icones/rose.gif  ( 973356 )la vraie question porte sur l'épiscopat et sur le néo-catholicisme libéral par Luc Perrin (2024-01-18 13:26:06) 
[en réponse à 973339]

Pas tant sur les mauvais candidats avérés ou plus délicats, ceux qui se révèlent ensuite être des brebis galeuses.
J'ai connu des cas - "modernes" et tradis - à qui on donnait, moi le premier, le bon Dieu sans confession selon le proverbe, et qui par la suite ont été des prédateurs jugés et emprisonnés. Sur ce point je compatis avec la tâche des formateurs, des supérieurs et des évêques : ce n'est pas si simple que vos posts pourraient le faire croire à un néophyte.

Je ne crois pas beaucoup en 2024 à la thèse sous-jacente de votre présentation "on accueille tout le monde partout". De ce que je peux connaître, au contraire il y a plutôt excès inverse.
Un exemple ici et là ne vaut pas principe général loin de là.

Il se peut qu'avec l'orientation du présent Pontife, l'accès soit offert dans les années qui viennent "à titre pastoral" à tout gibier de potence, qui sait. "Qui suis-je pour juger ?" (pape François).
Les conséquences civiles - pénalités par la justice séculière des divers états - constituent sûrement un frein de plus en plus puissant pour les supérieurs et les évêques depuis au moins le début du XXIe siècle.

Mais la vraie question porte sur quel type d'évêque est promu avec un Mgr Barron, un cardinal Tucho Fernandez, l'épiscopat chilien démissionnaire en bloc en 2018 - un fait si "hénaurme" qu'il a été prestement oublié -, le cas McCarrick et ses infinies ramifications, les affaires de 2023 relatives à des prélats français et la liste continue et s'allonge.

Nous sommes revenus à l'épiscopat bien inséré dans l'élite de son temps du XV-XVIe et de la seconde moitié du XVIIIe et pas du fait des concordats mais des choix romains confortés par la décadence des Églises occidentales.
Le concile de Trente a mis tous ses espoirs dans un relèvement de l'épiscopat, c'est par là en premier que le XVIIe début XVIIIe a été le "siècle des saints". Vatican II a sur ce point voulu suivre ce modèle en revalorisant la mission des évêques.

Avec un épiscopat majoritairement "inséré" dans le libéralisme occidental, encouragé par la Rome actuelle à s'insérer davantage encore dans les structures de péché dudit libéralisme, avec des ordres religieux qui autrefois porteurs de juste réforme chrétienne sont devenus les miroirs du péché et parfois la sentine de tous les vices, l'épisode cité est appelé à se reproduire à grande échelle.

Ce sont des centaines, des milliers de Mgr Strickland dont l'Église catholique apostolique et romaine a besoin.
En attendant un auteur américain a repris mon image mais en Troisième Pornocratie. Il faut traverser ce temps de tribulations en posant les bases de la future "réforme grégorienne" du XXIe ou XXIIe siècle si les néocons amateurs de guerre (nucléaire possiblement) mondiale n'interrompent pas nos existences prématurément.

images/icones/carnet.gif  ( 973363 )Sa vidéo sur l' enfer: par AVV-VVK (2024-01-18 16:00:56) 
[en réponse à 973356]

Ici (Traduction automatique disponible)
J' avoue que j' étais surpris, l' évêque étant un bon conservateur.
images/icones/carnet.gif  ( 973343 )Certains problèmes sont potentiellement reproductibles par Vox clamantis (2024-01-17 21:44:19) 
[en réponse à 973335]

Par des instituts tradis.

Si, comme tend à le montrer cette affaire, certains évêques sont peu regardants sur les ordinands pour peu que le supérieur de l'institut (tradi ou non) dise "oui oui c'est bon", il suffit qu'il y ait un supérieur d'institut qui ait plus le souci de faire du chiffre que du bien de l'église et l'institut, tradi ou pas, se retrouve avec un prêtre qui n'aurait pas dû être ordonné.

Les supérieurs d'instituts n'étant pas plus exempts du péché originel que ceux des instituts non tradis, on ne peut exclure le risque.

C'est un problème structurel.
images/icones/hum2.gif  ( 973346 )C'est malheureusement vrai par Bibracte (2024-01-17 22:05:47) 
[en réponse à 973343]

D'autant plus que les instituts tradis aiment bien mettre en avant leur nombre d'ordinations comme signe de vitalité ; la tentation peut être grande d'ordonner trop facilement...

Je ne sais pas ce qu'il en est dans les faits, mais il faut prier pour que les responsables de ces séminaires aient le discernement nécessaire.
images/icones/radioactif.gif  ( 973389 )Surtout que dans le cas Meyer par Jerailu (2024-01-19 21:15:10) 
[en réponse à 973343]

ses supérieurs au séminaire se sont prononcés contre.

In Christo,
Jerailu.
images/icones/c_nul.gif  ( 973355 )Assimilé ! par NLC (2024-01-18 13:18:44) 
[en réponse à 973335]

Ce n'est pas mon avis, ni sans doute celui de la plupart des liseurs, mais dans l'esprit du plus grand nombre de nos concitoyens, des journaleux de tout poil, voire de certains épiscopes, l'Emmanuel est bien traditionaliste car il est catholique.

Réciter le chapelet, adorer le saint sacrement et accepter humanae vitae (pour faire court et caricatural) = être tradi, voire intégriste.

Je suis d'ailleurs souvent frappé de la proximité sociologique de l'Emmanuel et des tradis.

images/icones/fleche2.gif  ( 973357 )très juste "traditionnels" par Luc Perrin (2024-01-18 13:57:07) 
[en réponse à 973355]

Vous avez raison et j'avais été invité il y a quelques années à intervenir dans un séminaire avec Jean-Louis Schlegel sur ce sujet précisément.

La distinction "traditionalistes"/ "traditionnels" est floue pour beaucoup. On m'avait alors demandé d'évoquer la Communauté Saint-Martin qui n'a jamais été au sens strict "traditionaliste".

Il est certain que l'Emmanuel, souvent col romain et plastron bleu dans le clergé par distinction des clergymans noirs, est inscrit dans une mouvance "traditionnelle". Pierre Goursat était un adorateur du Sacré-Coeur à Montmartre et la spiritualité de Paray-le-Monial est indubitablement traditionnelle. Tous les prêtres de l'Emmanuel que j'ai pu rencontrés étaient orthodoxes wojtylien-ratzinguériens.

La fin du pontificat de Jean Paul II et celui de Benoît XVI avaient vu une convergence, moins d'opposition ouverte entre le courant traditionnel qui auparavant rejetait farouchement toute idée de lien avec les traditionalistes et cette dernière mouvance.
C'est cette convergence que le Pontife régnant a d'emblée voulu briser car il en pressentait les dangers à long terme pour la tendance néo-jésuite néo-catholique qu'il incarne.

Le Pr. de Mattei avait très bien saisi dès les premiers moments du pontificat en 2013 la portée symbolique des coups d'une incroyable violence assénés sur les Franciscains de l'Immaculée en Italie. Il y avait vu une clef d'interprétation du pontificat naissant et j'y avais souscrit sur le F.C. Tout s'est bien déroulé depuis à l'échelle globale comme il l'avait pressenti.

T.C. (2021) est à comprendre dans cette stratégie de libéraliser le clergé "conciliaire" au maximum, en faire des néo-jésuites porteurs des compromis/compromissions avec le libéralisme. Pas question d'indietrismo comme le répète le Souverain Pontife constamment.
L'évolution que la lettre de Benoît XVI encourageait fortement entre les deux Formes du rit romain est un vice pour François.
La révocation de Mgr Strickland en 2023 est aussi une borne sur ce chemin : surtout pas d'évêque-courage qui combat le libéralisme totalitaire ambiant.

Le néo-catholicisme a besoin d'une néo-liturgie malléable et creuse, des "néo-pastorales" bonnes à tout faire et d'en finir avec la "doctrine" (lettre de mission de l'actuel préfet de la CDF).

ps. comme l'abbé Barthe en son temps, j'ai pour ma part été très attentif à la convergence qui s'esquissait avant 2013. J'y voyais et j'y vois toujours un tremplin vers l'authentique réforme - néo-tridentine - dont l'Église a cruellement besoin. C'est très important pour les traditionalistes de ne pas trop se regarder le nombril et d'être aussi observateurs de ce qui les/nous entoure.
images/icones/fleche2.gif  ( 973373 )C'est oublier cependant un peu vite le charismatisme par Gereo (2024-01-19 13:31:05) 
[en réponse à 973357]

à la base de cette communauté, critiqué à juste titre par un Arnaud de Lassus.
Mais effectivement, c'est la convergence des luttes aujourd'hui, sous le nom de tradismatisme, dont le diocèse de Mgr Rey est le laboratoire.
Le modèle de L'Emmanuel et de Mgr Rey, qui en est issu, et lorgne encore plus en direction des évangéliques que des tradis, c'est en réalité la megachurch.
images/icones/1d.gif  ( 973374 )Saupoudrage de paillettes par Adso (2024-01-19 14:15:09) 
[en réponse à 973373]

parce que mettre un peu d'ordre dans la liturgie ne fait pas du tout d'eux des tradis... On en est très loin ! Je sais bien qu'ici où là des évêques ont en tête qu'on peut faire du faux traditionalisme pour remplacer éventuellement une communauté ED, et qu'à tout prendre, un gugusse de cette communauté bien en cours, pourrait faire illusion, mais bon ...
images/icones/nounours.gif  ( 973375 )le courant "charismatique" est lui-même bien oublié non ? par Luc Perrin (2024-01-19 14:39:22) 
[en réponse à 973373]

Si je compare avec ses années de croissance sous Jean Paul II avant l'an 2000, qui aujourd'hui en France y fait vraiment attention ... en dehors de vous et d'Adso ?

Par ailleurs il en va de l'Emmanuel comme de bien d'autres de ces communautés "charismatiques" au départ : elles ont une histoire, elles évoluent.

Jusqu'à François, la majorité évoluait plutôt dans le bon sens - sans omettre pour autant les scandales sexuels et financiers qui en ont frappé plus d'une.

Et pour Adso spécialement, traditionnel n'a jamais été "traditionaliste" au sens plein : inutile de me le rappeler, c'est ce que j'ai constamment répété y compris dans ce fil.

Ceci posé, réduire le clergé et communautés traditionnelles à des "paillettes" est ridicule et vous le savez bien. Il y a bien d'autres critères d'orthodoxie et de fidélité à la Tradition que la manière de célébrer la liturgie cf. Fiducia supplicans le débat, la Pachamama, l'enfer est vide etc.
images/icones/1a.gif  ( 973387 )Pas d'eux en tout cas par Gereo (2024-01-19 20:36:51) 
[en réponse à 973375]

Ils faisaient référence à leur ADN encore en 2017 avec le discours de François. Il n'est que de suivre aussi sur cette page le lien vers le "dossier" Recevons l'Esprit-Saint.
CLIC
images/icones/nounours.gif  ( 973405 )vous le confessez vous-même ADN graine ... par Luc Perrin (2024-01-20 18:30:44) 
[en réponse à 973387]

Allez-vous nous dire que le cerisier est le noyau de cerise ? Qu'il n'y a pas de différence entre l'arbre et la graine du fait de leur ADN commun ?

ADN graine naissance oui qui dit le contraire ?

J'ai parlé de l'évolution du mouvement et de cette Communauté.

Mais si vous voulez continuer dans une rhétorique qui se refuse à regarder les faits, qu'y puis-je comme dirait le Pape régnant.
images/icones/1q.gif  ( 973412 )De l'art de parler par Gereo (2024-01-20 21:08:56) 
[en réponse à 973405]

pour ne rien dire : ils n'ont pas oublié leur ADN, contrairement à ce que vous dites. À un moment, de votre part, ce n'est plus de la rhétorique, c'est de la mauvaise foi.
images/icones/1a.gif  ( 973447 )amusant votre titre ... par Luc Perrin (2024-01-22 08:40:57) 
[en réponse à 973412]

j'ai pensé la même chose en vous lisant.

Non rien.
images/icones/fleche3.gif  ( 973341 )Très intéressant, merci beaucoup par Ptitlu (2024-01-17 20:22:58) 
[en réponse à 973318]

Pour ce partage.
Hélas, pas du tout étonné. Beaucoup d'entre eux mettent la poussière sous le tapis et cachent tout ce qui est possible en disant urbi et ordi que la crise des abus c'est fini. Et tant pis pour les victimes. Après, dans cinq ou dix ans ils vont s'étonner que les plus anticléricaux des députés montent une commission d'enquête et sortent encore des tas d'affaires - comme c'est le cas actuellement en Suisse (ou c'est une université qui a fait le boulot), Espagne ou Belgique.

Du reste la gestion de certaines affaires montre bien le peu de cas qui est fait des victimes. Un prêtre du quart sud ouest de la France est suspendu pour avoir à plusieurs reprises manqué au devoir de chasteté, y compris avec des personnes qui n'étaient pas en état de consentir.
Quatre ans plus tard, malgré diverses interférences - c'est le Midi - il est finalement jugé, et bien avant que la sentence ne soit transmise à Rome pour validation - il fait savoir qu'il part pour Jérusalem à pied, avec l'assentiment de son évêque actuellement très malade, et qu'à son retour dans un an il prendra une paroisse dans un autre diocèse du Midi où il est actuellement.
Bref, dans un an, il y aura une autre matière à scandale, la presse locale assez proche des artisans du bâtiment peut se frotter les mains, elle viendra tout le papier qu'elle voudra, et dans deux départements.

Quant aux victimes...quelles victimes ? Ces responsables d'Eglise chargés de couler ce qui reste s'en fichent des victimes. Pas en paroles (et encore, au prétexte de sa santé l'évêque concerné fait le mort), mais en actes.
images/icones/carnet.gif  ( 973350 )Et vous Ptilu que faites vous? par Roger (2024-01-18 07:52:48) 
[en réponse à 973341]

Puisque

- vous avez l'air au courant d'une affaire précise
- vous n'hésitez pas à en parler sur notre forum

J'imagine que vous avez écrit aux évêques concernés (il y en aurait deux?), vicaires généraux voire nonce apostolique etc...etc...pourleur expliquer ce que vous savez !
images/icones/rose.gif  ( 973353 )Ptilu a hélas parfaitement raison et vous avez mal lu son post par Luc Perrin (2024-01-18 12:51:49) 
[en réponse à 973350]

Il fait état d'affaires publiques dont une jugée. Un baptisé a le droit et le devoir, à mon sens, de s'informer des turpitudes du clergé et de la complicité active ou passive de la hiérarchie.

Je l'ai souvent écrit ici et ailleurs : l'autruche n'est pas un animal biblique et présenté comme modèle.

La réflexion de Ptilu reflète, hélas encore, l'état de l'Église romaine depuis de nombreuses décennies : il y a eu une émission d'Élise Lucet sur le procédé décrit par Ptilu qui est général tant pour les clercs séculiers que réguliers.
Je vous y renvoie.

La solution du Pontife régnant a été de mettre au jour et sanctionner quand on ne peut plus faire autrement (McCarrick etc.), ce que faisait ses prédécesseurs en gros, mais pour s'attaquer à la racine du mal, il a choisi ouvertement et non plus par petites touches pseudo-pastorales de faire blanc (ou gris) ce qui était noir auparavant.

En éliminant ou en diluant la notion de péché, la faute disparaît ou s'atténue au point de ne plus attirer l'attention. Cela en symbiose avec le ralliement, à titre personnel comme il l'a récemment dit, à la thèse aberrante et anti-biblique de Mgr Barron - promu évêque de Winona-Rochester en 2022 - sur la probabilité que l'enfer soit vide. Toute la Bible dit le contraire et N.S.J.C. lui-même insiste sur le petit nombre des élus mais qu'importe les Saintes Écritures, les Pères de l'Église et toute la Tradition (Vatican II inclus), pour le néo-catholicisme "californien" (Mgr Barron y a longuement sévi comme Auxiliaire), l'important est de coller à l'air (vicié) du temps en Occident et au libéralisme à visage totalitaire. ("oligarchie libérale" dit Emmanuel Todd dans son tout dernier ouvrage que je recommande, il aidera quelques lisureurs du FC à mieux comprendre l'état du libéralisme occidental actuel et la question religieuse y joue un rôle majeur pour ce sociologue/historien agnostique).

S'il n'y a pratiquement plus de péché, un petit coup de "pastorale" et tout s'arrange sans repentir ni conversion - le point est capital -, alors en effet tous et toutes sont acquittés au jour du Jugement. Bref la justice divine serait aussi parodique que la Cour de (non) Justice de la République (française). C'est un pari audacieux, sorte de pari de Pascal à rebours.

Pour ceux qui ne feront pas ce pari, plus sages, ils méditeront le chapitre 13 de l'évangile de Luc (parmi un kyrielle d'avertissements du même ordre et sans équivoque) cité dans la version AELF :

23 Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit :
24 « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.
25 Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”
26 Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.”
27 Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.”
28 Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.

images/icones/fleche2.gif  ( 973362 )Différentes nuances de glauque par Gaspard (2024-01-18 15:28:38) 
[en réponse à 973318]

L'affaire est sordide, mais ce n'est pas la peine d'en rajouter.

Le procureur a expliqué ainsi le classement de l'affaire :

les faits de nature sexuelle ont été reconnus par l’intéressé, toutefois la procédure a été classée sans suite le 27 juillet 2020, la contrainte n’apparaissant pas suffisamment caractérisée .


Source article de Ouest France

Autrement dit selon le procureur il n'y a pas viol mais adultère. Le prêtre a été renvoyé de l'état clérical, ce n'est pas la peine d'en rajouter.

La crédibilité de l'auteur de ce blog paraît donc faible : croire qu'un juge ait pu classer sans suites deux plaintes différentes contre un prêtre qui de surcroît aurait "reconnu les viols", nombreux qui plus est, et d'autre part ne pas consulter le premier article de presse fourni par Goo. sur ce sujet, c'est un peu léger.
images/icones/bravo.gif  ( 973366 )Merci par Luc de Montalte (2024-01-18 19:02:06) 
[en réponse à 973362]

… du rectificatif. Pas besoin d'ajouter de la confusion à des sujets déjà graves.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 973368 )PtitLu là par Ptitlu (2024-01-18 19:54:14) 
[en réponse à 973362]

Il attend sa boîte en fer blanc sur roues, dans le froid.

"croire qu'un juge ait pu classer sans suites deux plaintes différentes contre un prêtre".

Hélas ça arrive. Ou laisser trainer le dossier. Il y au moins deux affaires qui attendent d'être jugées depuis 20 (oui, vingt) ans. Dans d'autres la justice attend cyniquement que l'auteur, "pas en état d'être jugé" décède. Le déni de justice, ce n'est pas que la responsabilité de l'Eglise, c'est dans certaines régions une responsabilité commune - responsables civils, médias, services sociaux, judiciaires, religieux...qui ont enterré les affaires des années durant.

Là, j'ai sur le haut de la pile une affaire avec déjà 17 plantes (violences phy. et abus) pour 11 auteurs (dont un suicidé, 2 morts - mais aussi 11 laïcs et 4 frères/prêtres). Quelques uns des auteurs cumulent.

L'un d'eux (qui cumule les deux types d'abus), préfet des études dans les années 1980-90, corrigeait tellement les élèves qu'il les envoyait à l'hôpital. Jamais aucun signalement. Et dans sa grande clairvoyance l'enseignement diocésain avec 600 km de là en a fait un directeur de collège avec internat. Il a pris sa retraite il y a sept ans - le diocèse concerné, depuis qu'il est au courant des plaintes le visant, fait le mort avec conviction.
images/icones/bulle.gif  ( 973369 )Correction par Ptitlu (2024-01-18 20:10:37) 
[en réponse à 973368]

11 laïcs et 4 prêtres ou frères.
15 auteurs.

Dans le plus grave c'est deux et deux. Dont un suicidé.

Dans le même genre de déni de justice et de justesse, la propension de certains diocèses - Paris notamment - à expédier ses cas problématiques ailleurs. St Denis en France, Dijon, le DAF...
images/icones/heho.gif  ( 973394 )Ce n'est pas ce que dit le procureur par Bibracte (2024-01-20 10:33:06) 
[en réponse à 973362]

Le procureur ne dit pas que le prêtre a avoué une relation consentie. D'après Natalia Trouiller, le rapport d'audition - qu'elle a pu consulter - montrait l'inverse : il y avait une forme de contrainte, reconnue par ce prêtre.

Mais les aveux d'un prévenu devant les policiers sont souvent insuffisants aux yeux des procureurs pour engager des poursuites, parce que rien ne dit que l'accusé, sur les conseils de son avocat, ne va pas modifier sa version des faits devant le tribunal. Or, dans ce genre d'affaire, c'est la parole de l'accusé contre celle des victimes, et en l'absence d'autres preuves tangibles, la condamnation pour viol est très difficile à obtenir.

Par ailleurs, dans un communiqué de l'été dernier relatif à la réduction à l'état laïc du prêtre concerné, la Communauté de l'Emmanuel parlait bien de "victimes" de ce prêtre.
images/icones/fleche2.gif  ( 973401 )Elvire est majeure. Don Juan ne peut être inculpé par Gaspard (2024-01-20 16:09:32) 
[en réponse à 973394]

Verbatim du blog :

Cette femme est mariée, plusieurs enfants.
Elle croise en 2007 le chemin du père M. (...)
Il viole la maman.
De nombreuses fois.


S'agissant d'une femme adulte sans fragilité particulière (ni ce blog ni le procureur n'en parlent), on ne peut pas s'empêcher de penser à une relation consentie et au Don Juan de Molière. Et de fait :

verbatim du procureur :

les faits de nature sexuelle ont été reconnus par l’intéressé, toutefois la procédure a été classée sans suite le 27 juillet 2020, la contrainte n’apparaissant pas suffisamment caractérisée .


Le procureur explique pourquoi l'affaire (des relations sexuelles à de nombreuses reprises entre une femme mariée et un prêtre) ont été classées sans suite : absence de contrainte. Le procureur explique donc texto qu'il ne s'agit pas de "nombreux viols" mais d'une liaison adultère.

Après il est tout à fait possible que ce prêtre ait été un adepte des théories des frères Philippe (fondateurs de la Communauté Saint-Jean) ou de l'actuel préfet de la Congrégation Tucho Fernandez, ce dernier ayant même publié un livre d'éroticomysticisme et qu'il ait emballé ses actes d'un baratin justificateur. Mais la nature du baratin du séducteur ne change rien au consentement et donc à l'absence de viols.

Don Juan ne peut pas être inculpé, puisqu'Elvire est consentante.