Le Père Dom Alcuin Reid, OSB, prieur du monastère St Benoît de Brignoles, a publié sur le site
onepeterfive.com (anglais) un article apportant des informations intéressantes sur les circonstances entourant le vote de la déclaration conciliaire sur la liturgie, à l'origine du NOM.
L'article n°37 du
Schema Constitutionis de Sacra Liturgia à partir desquels
Sacrosanctum Concilium (SC) fut rédigé, indiquait :
"L'Ordo Missae doit être révisé, soit dans son ensemble, soit dans ses parties individuelles, afin qu'il soit mieux compris et qu'il facilite la participation réelle des fidèles."
Au tout début du Concile, cet article suscita l'inquiétude de nombreux Pères conciliaires conservateurs en raison de son manque de précision susceptible de permettre une révolution liturgique.
L'archevêque de Strasbourg, Mgr Elchinger, réconcilia toutes les tendances en suggérant que l'on publiât dans son intégralité la déclaration de la
Commission Préparatoire du Concile qui explicitait cet article en précisant l'étendue de la réforme liturgique envisagée.
La suggestion fut retenue, et dès la session suivante, les Pères reçurent communication du document à l'origine de cet article 37. Cette initiative donna toute satisfaction aux Pères conservateurs qui voteront par la suite à une écrasante majorité en faveur de SC.
Pour aider à comprendre la raison d'un aussi large ralliement à cet appel large et imprécis à une réforme liturgique, il convient de citer le
Bulletin de Presse du Concile du 5 novembre 1962 ; il indiquait au sujet de la discussion de cet article 37 qu'
"on a insisté sur le fait que le Canon de la Messe devra spécialement demeurer intact en raison de sa solennité et pour des raisons littéraire, liturgique, historique et juridique que nous connaissons tous".
Imaginez la tête qu'auraient fait ces mêmes Pères conciliaires, et ce qu'aurait été l'accueil réservé à SC, s'ils avaient su que moins de 7 ans plus tard le vénérable Canon romain serait traduit en vernaculaire, des passages rendus optionnels, des signes de la croix et génuflexions supprimés, les paroles de la consécration modifiées, et surtout que dans la pratique le Canon serait remplacé par une multitude de prières eucharistiques...