Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 971315 )Succès du synode = schisme par les tradis ? par Cristo (2023-11-15 14:24:15) 

Mais je vous retourne la question, cher monsieur :
"en cas d'échec du synode, les progressistes iront-ils vers le schisme ?"
C'est fou cette tendance à faire des tradis les responsables de tous les maux par les temps qui courent. L'autre jour, ils étaient responsables de la désaffection pour la pratique religieuse active.
Les inondations dans le Pas-de-Calais, ça ne serait pas de leur faute aussi ?



Jean-Louis Schlegel : « Si les réformes évoquées sont décidées, les tradis feront-ils un schisme ? »
tribune
Jean-Louis Schlegel
Philosophe, sociologue des religions
Jean-Louis Schlegel revient sur la dernière session du Synode et les réformes attendues par les catholiques les plus ouverts. Selon lui, le risque de schisme dans l’Église ne vient pas de cette frange de chrétiens « d’ouverture », qui de toute façon s’adapteront, mais des traditionalistes.

Jean-Louis Schlegel, le 15/11/2023
Jean-Louis Schlegel : « Si les réformes évoquées sont décidées, les tradis feront-ils un schisme ? »
Un prêtre célèbre une messe en latin dans l'ancienne basilique du Panthéon à Rome, en Italie, le vendredi 29 octobre 2021.
LUCA BRUNO/AP

Le Synode sur la synodalité va-t-il proposer quelques réformes nécessaires pour la vie, et peut-être la survie, de l’Église catholique, comme le demandaient les rapports remontés des cinq continents, donc du monde entier ? Rien de moins sûr, après la première session, mais une chose est déjà claire : rien que le mot « réforme » met la « tradisphère » catholique en émoi, pour ne pas dire en transe.

Tandis que celle de Luther au XVIe siècle semble encore la traumatiser – c’est une menace constamment rappelée devant le moindre changement envisagé –, toute perspective de ce genre au XXIe siècle lui reste étrangère, et tous les arguments sont bons pour l’empêcher, de l’argument d’autorité (« c’est ainsi et pas autrement quand on est catholique ») aux insultes ouvertes contre le « travail de sape » des réformateurs progressistes, qui « cassent et brûlent », qui détruisent l’Église réelle pour mettre à la place leurs rêves d’Église parfaite.


Des arguments pseudo-historiques
Passons sur les arguments pseudo-historiques : on fait remonter à la Révélation ou aux « temps apostoliques » des institutions nées au second millénaire du christianisme, certaines seulement au XIXe voire au XXe siècle ! Ou encore, on nie que l’histoire humaine, ses joies et surtout ses souffrances, puissent influencer une Église pourtant née à un moment de l’histoire, quand le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. Les plus complotistes voient bien sûr dans le Synode une manœuvre de François, un concile déguisé pour arriver aux fins réformatrices qu’il n’a pas su imposer depuis son élection…

Mais actuellement un autre refrain a le vent en poupe. La réforme des structures est jugée très secondaire, voire une option erronée, face à la seule véritable urgence : la conversion personnelle, intérieure, celle de l’« âme » de chaque catholique. Ce qui importe, c’est la prière et l’adoration, la fidélité aux sacrements, l’observation des commandements de l’Église, la piété mariale…, en étant prêts à « souffrir de l’Église » plutôt qu’à la réformer. Il se trouve, divine surprise, qu’une phrase d’un grand écrivain catholique du XXe siècle vient apporter de l’eau au moulin de cette ligne de conduite. La formule de Bernanos : « L’Église n’a pas besoin de réformateurs mais de saints » est inlassablement resservie, car elle semble apporter une caution décisive au refus de tout changement. Priorité à la sainteté donc, car on sait ici ce que c’est, un saint…

Malheureux Bernanos
Malheureux Bernanos, enrôlé dans le combat des représentants autoproclamés de la vraie Tradition ! Oubliées, ses ruptures publiques avec Charles Maurras et le maurassisme, avec le franquisme durant la guerre d’Espagne, avec l’antisémitisme de Drumont… Le romancier catholique tourmenté, irrité et empêcheur de toute installation dans l’hypocrisie (dans le « pharisianisme », comme il aimait à dire et comme on ne dit plus), dénonçait, souvent injustement d’ailleurs, les imposteurs de tous bords, les révolutionnaires comme les âmes pieuses.

Il avait raison : partout peut abonder la faute, la lâcheté, et partout triompher la grâce. Mais quelle est au fond la sainteté que Bernanos aurait promue aujourd’hui ? Depuis sa mort en 1948, beaucoup d’eau est passée sous les ponts de l’Église comme de la société, et il paraît hasardeux d’annexer à sa cause un génie aussi imprévisible. Devant le mensonge énorme sur les abus sexuels même dans l’Église la plus pieuse, qu’aurait-il dit ?

Une Église mondialisée
En réalité, la question n’est pas, n’est plus celle des divergences sur les réformes à faire, dans une Église mondialisée où il n’y a pas seulement des conservateurs et des progressistes, mais des différences culturelles abyssales et de lourds passés de surcroît. La question est celle des divisions sans rémission entre catholiques, entre ceux qui sentent l’Église en perdition si elle ne réforme pas et ceux qui maudissent toute réforme comme l’œuvre du Diable. Au point que, pour ces derniers, se pose la question : iront-ils jusqu’au schisme si le Synode décidait quelques réformes quant à l’égalité hommes-femmes dans l’Église, à la possibilité de prêtres mariés, à des femmes diacres (pour commencer), à l’accueil fait aux LGBT, aux procédures de nomination des évêques, à la pratique invétérée du secret…

La « tradisphère » n’est certes pas monolithique. Entre les plus modérés et les plus radicaux, il y a bien des degrés, mais vu les fureurs venues de ce bord après Traditionis custodes (y compris de cardinaux), les soupçons et les accusations portées contre François de trahir la Vérité, les menaces à peine voilées de rejeter toute réforme non conforme à la « vraie Tradition », la question est justifiée : si les réformes évoquées sont décidées, ferez-vous un schisme ou admettrez-vous de rester dans la communion de l’Église, en reconnaissant qu’elles sont fidèles à la liberté de l’Évangile et dans la continuité du concile Vatican II, et donc parfaitement légitimes ?

Le catholicisme éclaté
Cette question ne se pose pas aux catholiques d’ouverture : même s’ils sont déçus dans leurs espoirs de changement, le schisme ne viendra pas d’eux. Ils n’attendent pas des réformes pour sauver la « vraie Église catholique », mais pour lui (re)donner un peu de crédibilité et du mordant dans une société qui s’accommode volontiers des vestiges catholiques patrimoniaux et folkloriques, un peu de santé psychique et morale aussi après la révélation des abus. Ils n’iront pas créer une autre Église, mais continueront le combat dans l’actuelle, ou partiront ailleurs, dans d’autres Églises, ou encore se retrouveront dans des groupes affinitaires plus conformes à leur compréhension de l’Évangile.

Que le « catholicisme éclaté » fasse peur, qu’il soit douloureux de le regarder en face (et de le vivre !), cela se comprend. Mais l’invocation permanente de la « communion » n’est-elle pas devenue un pieux mensonge, qui entretient les divisions (et les non-dits à leur sujet) ?

https://www.la-croix.com/debat/Jean-Louis-Schlegel-Si-reformes-evoquees-sont-decidees-tradis-feront-ils-schisme-2023-11-15-1201290872
images/icones/carnet.gif  ( 971318 )Les tradis ont-ils tant de poids ? par Meneau (2023-11-15 19:01:36) 
[en réponse à 971315]

... qu'il pourraient faire "échouer" un synode ?

Franchement, je trouve ça amusant ... et réconfortant !

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 971320 )Schisme et hérésie par Carillon 1758 (2023-11-15 20:06:21) 
[en réponse à 971315]

Pour qu'il y ait schisme, il faut l'hérésie.

Qui propose de changer les dogmes, les Traditions?
images/icones/carnet.gif  ( 971321 )Euh ... non ! par Meneau (2023-11-15 20:19:57) 
[en réponse à 971320]


Pour qu'il y ait schisme, il faut l'hérésie.



C'est pas forcé ! Il peut y avoir schisme sans hérésie.

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 971322 )Pourtant par Carillon 1758 (2023-11-15 20:29:07) 
[en réponse à 971321]

Pourtant les deux s'additionnent souvent.

Difficile d'imaginer un mouvement qui promeut des hérésies, qui devienne majoritaire ou en contrôle et qui ne cause pas de schisme.

Salutations
images/icones/4b.gif  ( 971326 )L'hérésie conduit par ptk (2023-11-15 21:35:46) 
[en réponse à 971322]

au schisme et le schisme à l'hérésie.

Dans le cas très particulier de l'église conciliaro-francisco-synodaliste rapportée à l'Eglise catholique, eu égard à la fonction très particulière de l'hérésiarque, il sera difficile de déterminer si l'hérésie aura précédé le schisme ou l'inverse.
images/icones/1b.gif  ( 971327 )Dogme par Carillon 1758 (2023-11-15 21:40:18) 
[en réponse à 971326]

L'hérésie est la genèse dans ce cas. Quelque soit la fonction, elle ne peut être supérieure à la Vérité dont elle doit demeurer servante.

J'aime bien votre postulat néanmoins.
images/icones/1b.gif  ( 971328 )sans certitude par ptk (2023-11-15 21:42:18) 
[en réponse à 971327]

Je crois qu'il a été posé par Saint Augustin, mais je n'ai pas ici de quoi le vérifier.
images/icones/carnet.gif  ( 971329 )Espace au doute par Carillon 1758 (2023-11-15 21:44:25) 
[en réponse à 971328]

Sage usage du doute que votre réserve à cet égard.
images/icones/heho.gif  ( 971330 )Au fait, Carillon ! par Un modérateur (2023-11-15 22:16:58) 
[en réponse à 971329]

Bienvenue sur le FC.

N'oubliez pas de vous présenter en ouvrant un nouveau fil de discussion, comme il est d'usage en ces lieux.

Vous remerciant par avance
Bien à vous
Un modérateur
images/icones/carnet.gif  ( 971331 )Us et coutumes par Carillon 1758 (2023-11-15 22:40:20) 
[en réponse à 971330]

Merci je m'y active immédiatement.
images/icones/carnet.gif  ( 971323 )Jean Louis Schlegel : la jeunesse de l'Eglise par Mandrier (2023-11-15 20:30:11) 
[en réponse à 971315]

Jean Louis Schlegel dont la photo est ci-dessous représente le paradoxe de cette génération qui considère être encore la jeunesse de l'Église et se réconforte en menant des combats contre la vieille-jeunesse des tradis. Il fallait écouter cette génération parce qu'elle était la jeunesse du monde et maintenant elle s'imagine en jeunesse spirituelle. Le résultat c'est qu'elle a confisqué pouvoir, postes, liturgie aux générations qui ont suivi et qu'elle s'est taillé une église à sa mesure et qui comme elle décline et va disparaître sans faire de bruit.




images/icones/2a.gif  ( 971337 )Un jésuite qui ne répond pas ... par vistemboir2 (2023-11-16 08:33:38) 
[en réponse à 971323]

quand, comme c'est mon cas, on lui pose une question sans doute embarrassante qui contredit son argumentation, simplement en lui rappelant une assertion de son article d'Études et une déclaration d'un des principaux réformateurs conciliaires...
images/icones/carnet.gif  ( 971338 )Très très intéressant par Roger (2023-11-16 08:37:58) 
[en réponse à 971337]

Vous nous mettez l'eau à la bouche !

Pouvez-vous préciser ?

Ces progressistes se dont tellement éloignés de la Sainte Écriture et de leur fameux Concile qu'ils sont souvent étonnés quand on les cite !
images/icones/carnet.gif  ( 971340 )Précisions... par vistemboir2 (2023-11-16 09:55:52) 
[en réponse à 971338]

Dans la revue Études d’octobre 2019, sous le titre Pourquoi on ne va plus à la messe, Jean-Louis Schlegel donnait diverses raisons à la chute de la pratique religieuse.

Cependant, au début de son article, il écrivait :
"On se récriait alors devant les films de Carl Theodor Dreyer ou d’Ingmar Bergmann qui exposaient la « mort de Dieu » dans les pays luthériens de Scandinavie, où le taux de pratique était déjà tombé à moins de 2 %." [donc fin des années 50 et début des années 60]

Je me permettais alors de lui rappeler cette déclaration d'Annibale Bugnini, promoteur du Novus Ordo, faite au journal Osservatore Romano du 13 septembre 1967 :
« La réforme liturgique a fait un pas en avant considérable et s'est rapprochée des formes liturgiques de l'église luthérienne », (La riforma liturgica ha fatto un notevole passo avanti e si è avvicinata alle forme liturgiche della chiesa luterana), en ajoutant qu’il n’était sans doute pas nécessaire d’aller chercher d’autres raisons à la désaffection des catholiques pour la messe...
images/icones/5b.gif  ( 971343 )Rectification... par vistemboir2 (2023-11-16 11:08:03) 
[en réponse à 971340]

Lire 13 octobre (et non 13 septembre) 1967..
images/icones/carnet.gif  ( 971347 )Vraiment révélateur par Roger (2023-11-16 12:32:31) 
[en réponse à 971343]

Ils font une réforme. Elle a échoué. Mais ils ne sont pas responsables !!!
images/icones/carnet.gif  ( 971350 )Ben je croyais que c'était clair ? par Meneau (2023-11-16 13:12:34) 
[en réponse à 971347]


Ils font une réforme. Elle a échoué. Mais ils ne sont pas responsables !!!



Non, ce sont les tradis qui sont responsables ! Ca me semble évident !

Cordialement
Meneau
images/icones/iphone.jpg  ( 971346 )Et pourquoi pas ? par Vincent F (2023-11-16 12:27:23) 
[en réponse à 971315]

Si le Synode contredit ce que l’Eglise enseignait précédemment, de deux choses l’une:
Soit l’Eglise se trompait avant mais dans ce cas pourquoi aurait-elle subitement raison ?
Soit le Synode se trompe.
Dans les deux cas il n’y aurait aucune raison de se plier aux desiderata du synode.
images/icones/carnet.gif  ( 971351 )Qu'est ce que la vérité ? par Roger (2023-11-16 14:39:41) 
[en réponse à 971346]

Pour les modernistes la vérité n'est pas constante...elle change avec les siècles...
images/icones/iphone.jpg  ( 971376 )Leur vérité change par Vincent F (2023-11-18 13:25:51) 
[en réponse à 971351]

Mais il ne faut surtout pas que qui que ce soit s’en écarte.