Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=971171
images/icones/ancre2.gif  ( 971171 )A l'hôpital, j'ai travaillé par Paterculus (2023-11-08 20:42:29) 

J'ai pu rédiger quelques textes que je vous propose dans ce fil, en renvoyant à Pageliasse avec la permission d'XA.
Bonne lecture !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/ancre2.gif  ( 971172 )Le Saint Esprit a-t-il un Père ? par Paterculus (2023-11-08 20:47:51) 
[en réponse à 971171]

Excusez le titre, il s'agit seulement d'un essai de réponse à une question des musulmans à propos de la Trinité.
Source :Pageliasse
Il paraît que dans nos collèges des enfants musulmans demandent à leurs camarades catholiques : « Tu crois ça, toi, que Dieu a un Fils ? »

Si une question de ce genre arrivait à la maison, il serait bon d’y avoir réfléchi avant : c’est ce que nous allons tenter de faire ici.

Une bonne réponse pourrait être par exemple : « Non, je ne crois pas que Dieu a un Fils ! Et je ne crois pas non plus que Dieu a un Père, ni qu’Il a un Saint-Esprit. Ce que je crois, c’est que Dieu est Père, et qu’Il est Fils, et qu’Il est Saint Esprit.

Si quelqu’un venait à vous dire « J’ai un corps », ou encore « J’ai une âme », vous pourriez lui demander : » Et qui es-tu, toi qui as un corps et une âme ? » Ne vaut-il pas mieux dire « Je suis corps et âme » ?

Alors que voulons-nous dire quand nous disons que Dieu est Père, et qu’Il est Fils, et qu’Il est Saint Esprit

Les parents sont à l’origine de la vie, et si nous disons que Dieu est Père, c’est parce qu’Il est à l’origine de sa propre vie. Fondamentalement c’est indépendant du fait qu’Il est Créateur. Et Il reçoit de Lui-même sa propre vie : ainsi Il est Fils.

Dieu est Esprit : qu’est-ce à dire ? « Esprit », à l’origine, signifie « souffle », courant d’air : on ne peut saisir le vent, et on ne peut saisir Dieu ; c’est comme quand on dit que Dieu est lumière : on ne peut enfermer la lumière dans son poing. Dieu est lumière car par sa puissance créatrice Il fait comprendre l’univers ; son incarnation montre la vraie nature de l’homme : il est tellement à l’image de Dieu que Dieu peut se faire homme. Et Dieu est capable de se faire homme, Il est un être réel.

Simplement cette réalité est spirituelle, la génération du Fils par le Père est un fait spirituel : Dieu est Esprit ; et comme sa position de Créateur en fait un Être totalement à part, on dit qu’Il est saint. Voilà ce que nous exprimons en disant que Dieu est Père, et qu’Il est Fils, et qu’Il est Saint Esprit

Angers, Les Capucins, In solemnitate Sacratissimi Cordis Iesu MMXXIII.

images/icones/find.gif  ( 971175 )Merci mon Père par Jean-Paul PARFU (2023-11-08 21:40:45) 
[en réponse à 971172]

Très heureux de vous relire sur le Forum !

Je crois qu'il faut, sur cette question fondamentale, expliquer deux choses :

1) En Dieu, il y a deux actes notionnels :

- l'acte de connaissance qui est éternellement engendré par le principe de la Trinité, le Père, et qui constitue le Fils,

- et l'acte de volonté et d'amour qui est éternellement "spiré" par le Père et le Fils et qui constitue l'Esprit-Saint.

- en Dieu tout est un en dehors des relations de distinction. Les trois hypostases ou Personnes agissent de façon inséparable à l'extérieur d'elles-mêmes.

2) La Deuxième Personne de la Sainte Trinité s'est incarnée pour réparer l'offense faite à Dieu par le péché. En effet, seul un homme pouvait réparer, car le péché à réparer a été commis par un homme et il fallait que cette réparation d'un péché contre Dieu infini ait une valeur infinie pour qu'elle soit agréée par Dieu.

Seul Dieu fait homme pouvait donc réparer l'offense faite à Dieu par l'homme et seul Celui qui vient du Ciel pouvait nous ouvrir les portes du Ciel !
images/icones/1b.gif  ( 971183 )Bravo maître par Roger (2023-11-09 08:02:44) 
[en réponse à 971175]

Quand souviendrez vous votre thèse de théologie ?
images/icones/fleche2.gif  ( 971185 )Pour expliquer ça aux musulmans.. par Père M. Mallet (2023-11-09 12:21:50) 
[en réponse à 971172]

Il faut comprendre que quand on leur parle du Père et du Fils, ils s'imaginent immédiatement que nous pensons comme les polythéistes de l'Antiquité qui pensaient en termes de relations sexuelles.
Que le Père a eu un Fils par une union charnelle avec Marie, et donc qu'il a eu un Fils il y a 2000 ans.

Cela va mieux en leur présentant Dieu (le Père), son Être (l'être nécessaire !...), et sa Toute-puissance,
et puis la Sagesse de Dieu, sagesse liée à l'intelligence et la parole (qui exprime cela),
et puis enfin la bonté de Dieu, avec sa volonté sainte et son amour.

Et la Parole est devenue homme - précisément dans un contexte de virginité et d'absence totale de relatons charnelles.

Juste une petite idée de perspective.

Abbé Michel Mallet.

Très heureux de vous retrouver sur le FC !...



images/icones/ancre2.gif  ( 971173 )Le Saint Esprit dans l'histoire du salut par Paterculus (2023-11-08 20:57:47) 
[en réponse à 971171]

(c'est l'argument d'un sermon prononcé à Brazzaville le quatrième dimanche de carême 2022 : "l'Esprit Saint te couvrira de son ombre".)

Source : Pageliasse

Auteur de la Sainte Écriture, le Saint Esprit sait que beaucoup de gens ne lisent que les premières pages d'un livre. Il a donc mis l'essentiel dans les premiers mots.

"Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide et l'Esprit planait sur les eaux." Les eaux, c'est le monde matériel ; elles ne préexistent pas à la création : c'est dans son acte créateur que l'Esprit domine les eaux pour les pénétrer, les saisir et les sanctifier. Toute l'histoire du salut consiste en la ressaisie par l'Esprit de la création pervertie par le péché de l'homme.

Dans l'ancien testament, on note à quel moment l'Esprit s'empare de tel ou tel personnage, et ce sont ces gens qui entament la ressaisie du monde par l'Esprit. Un commencement se fait avec Abraham et il faut absolument que sa bénédiction passe les générations, que la loi donnée par Dieu à Moïse soit transmise et vécue jusqu'à ce que soit constitué un peuple saint capable de recevoir le Fils de Dieu.

Les bénédictions de l'ancien testament se font par l'imposition des mains qui symbolisent encore et toujours l'action de l'Esprit qui domine, pénètre et sanctifie les objets et les gens.

On arrive ainsi à ce moment sublime où l'Esprit prend Marie sous son ombre : Il la saisit, l'envahit, la sanctifie et fait germer en elle le Fils de Dieu.

Jésus lui-même bénit en imposant les mains : c'est ainsi qu'Il bénit les enfants, par exemple, et spécialement ses disciples avant de retourner vers le Père. C’est cette bénédiction que les Apôtres transmettent par le baptême car en la donnant Jésus dit "De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit". Car l'Église a placé ce geste dans les sacrements. Au baptême l'Esprit s'empare du baptisé et le libère de l'auteur du péché ; à la confirmation Il renforce son emprise - c'est le sens de confirmer : renforcer. À l'ordination Il saisit le nouveau prêtre pour qu'il puisse lui-même transmettre l'Esprit et ses bénédictions.

À la messe le prêtre étend les mains au-dessus du pain et du vin : l'Esprit saisit les oblats et les transforme en Jésus lui-même ; "que ce même Esprit Saint..." dit alors le prêtre. Dans le sacrement de la réconciliation en donnant l'absolution il étend la main vers le pénitent en rappelant que le Père a envoyé l'Esprit Saint pour le pardon des péchés...

En un mot, l'Esprit Saint accompagne sans cesse l'Église et ses membres, dont Il fait des fils de Dieu.
images/icones/ancre2.gif  ( 971174 )Nature et grâce par Paterculus (2023-11-08 21:09:10) 
[en réponse à 971171]

J'ai présenté ce texte à l'université d'été d'Academia Christiana en août dernier.
Ce n'est pas d'un très haut niveau théologique, mais cela peut aider à la réflexion.
Source : Pageliasse

La personne humaine ressemble à un Eisberg. Ces montagnes de glace ont les neuf dixièmes de leur masse sous la surface des océans : ils dérivent au gré des courants jusqu’aux mers chaudes où elles fondent. De même l’homme est immergé dans des conditionnements physiques, mais aussi socio-culturels. Dans sa culture grecque, St Paul voit dans le corps ce poids qui nous fait dériver, et dans l’âme un principe de liberté. Dans notre comparaison, l’âme est la partie émergée de l’Eisberg : celle-ci reçoit l’influence du vent et celle-là l’influence de l’Esprit Saint. Et Saint Paul souligne l’opposition entre les deux : le lien entre nature et grâce comporte quelque chose d’analogue.

Qu’est donc l’âme ? Il n’est pas interdit d’en parler, ce n’est pas un gros mot, contrairement à ce que semblent croire les traducteurs liturgiques. L’âme existe, sinon à quoi serviraient psychologues et psychiatres ? Ce n’est pas parce que les Hébreux ignoraient pratiquement l’âme que nous devons les suivre : la Révélation se développe pendant que le peuple de Dieu chemine à travers les civilisations jusqu’à la grecque inclusivement.

On trouve dans l’âme diverses facultés : intelligence, volonté, mémoire, toutes orientées à Dieu : l’intelligence pour Le connaître, la volonté pour L’aimer – car l’amour est volontaire, il faut s’en souvenir ; et le cœur est ce lieu de l’âme où les trois facultés travaillent ensemble pour progresser dans l’union à Dieu.

La personne, corps et âme, reçoit la grâce. Et le corps y a sa part. Souvenons-nous par exemple des dispositions providentielles qui ont permis à Saint Jean-Paul II de recevoir des soins appropriés immédiatement après son attentat.

L’âme reçoit la grâce sanctifiante. Ici définissons les termes. Naturel a probablement la même étymologie que natif – un être naturel est tel que sorti des mains du Créateur (nous devrions parler d’écologie en termes de respect de la création). La grâce, c’est la bonté de Dieu en tant qu’elle est tournée vers nous. Quand les missionnaires ont dû prêcher en swahili, ils avaient toute une théologie de la grâce et ils ont utilisé simplement le mot uema, la bonté (U est le préfixe des mots abstraits : le dictateur Julius Nyerere avait son livre vert comme Mao son livre rouge et il nommait son idéologie ujamaa, familité).

Cette bonté rayonne comme le soleil, en toutes directions et en permanence, mais il y a des canaux de la grâce. Ce sont d’abord la lecture de la Bible et l’oraison, mais surtout les sacrements, qui produisent la grâce ; si l’on s’en était souvenu, on n’aurait pas décalé la confirmation de l’enfance vers l’adolescence !

Il faut distinguer la grâce, ordonnée à la sanctification personnelle, et charisme ordonné au bien de l’Eglise. Si l’on sombre dans le « charismatisme » on a tendance à confondre les deux.

L’ordre naturel est ordonné à l’ordre surnaturel, comme les facultés de l’âme sont orientées à Dieu. Il faut s’en souvenir dans l’exposé et l’application de la doctrine sociale de l’Eglise (comme la morale elle est au service du bonheur et donc de l’amour.) Les encycliques sociales sont adressées « à tout homme de bonne volonté », c’est pourquoi elles ont une logique naturelle ; mais nous devons les lire avec un regard théologique : au commencement Dieu crée la famille, non la société.

La grâce vient donc perfectionner la nature et ne l’annule pas. Ainsi la démonstration de l’existence de Dieu peut se faire avec la raison naturelle mais en raison du péché elle ne se fait pas sans la grâce.

Ces considérations nous amènent à voir les rapports entre providence et liberté : comment sommes-nous libres si Dieu sait tout par avance, y compris nos décisions futures ? C’est comme un homme sur une montagne, qui voit une route serpenter sous lui : il sait où le conducteur va tourner mais celui-ci manie librement son volant. Dieu n’est pas au même niveau que nous.

Recherchons donc la grâce (en particulier demandons la confirmation si nous ne l’avons pas reçue, pratiquons les sacrements, spécialement recevons l’absolution) et laissons-nous guider dans l’oraison.
images/icones/fleur.gif  ( 971180 )Merci ! par Sic transit (2023-11-08 22:19:40) 
[en réponse à 971171]

Je suis convaincue que le travail intellectuel, à des doses raisonnables, aide à la guérison corporelle.
images/icones/fleche2.gif  ( 971181 )Et surtout par Jean-Paul PARFU (2023-11-08 22:26:10) 
[en réponse à 971180]

Le travail intellectuel est absolument nécessaire pour défendre la vérité dans un monde où elle est attaquée de tous les côtés !

Merci donc à Paterculus !
images/icones/croix.gif  ( 971184 )Merci mon Père par Roger (2023-11-09 08:05:20) 
[en réponse à 971171]

Heureux de vous relire.

Et vous nous donnez l'occasion de vous remercier pour votre blog.

images/icones/ancre2.gif  ( 971188 )Merci... par Paterculus (2023-11-09 16:58:14) 
[en réponse à 971184]

... pour votre encouragement.
Votre dévoué Paterculus