Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=971091
images/icones/carnet.gif  ( 971091 )les bases de la néo-théologie du néo-catholicisme "Ad theologiam promovendam" 1-11-2023 par Luc Perrin (2023-11-02 15:27:57) 

Le Pontife régnant a promulgué une réorganisation de l'Académie pontificale de théologie, après avoir radicalement transformé les institutions pour la promotion de la vie créées par saint Jean Paul II, qui n'est pas une affaire technique.
Le texte de ce Motu Prorio qui marque la mort de la théologie catholique telle que chacun l'entend, hors des néo-modernistes, et en dépit d'une référence vide de sens à l'Aquinate, s'inscrit entièrement sous les auspices de ce nouveau Père de la néo-Église, Alfred Loisy.

Le texte est court et je choisis trois numéros (sur 10) frappants qui montreront l'esprit de cette néo-théologie où la connaissance de Dieu, de la Sainte Trinité, du salut ... passe à l'arrière-plan voire aux oubliettes.

"1. Promouvoir la théologie dans l’avenir ne peut se limiter à reproposer abstraitement des formules et des schémas du passé. Appelée à interpréter prophétiquement le présent et à discerner de nouveaux itinéraires pour l’avenir, à la lumière de la Révélation, la théologie devra affronter de profondes transformations culturelles, consciente que « « ce que nous vivons n’est pas simplement une époque de changement, mais un changement d’époque» (Discours à l’Assemblée générale des Nations Unies) : « Ce que nous vivons n’est pas seulement un temps de changement, mais un changement d’époque» (Discours à la Curie romaine, 21 décembre 2013)."
(...)
3. (...) Une Église synodale, missionnaire et « sortante » ne peut correspondre qu’à une théologie « sortante ». Comme je l’ai écrit dans ma Lettre au Grand Chancelier de l’Université catholique d’Argentine, adressée aux professeurs et aux étudiants en théologie : « Ne vous contentez pas d’une théologie à table. Que votre lieu de réflexion soit les frontières. (…) Même les bons théologiens, comme les bons pasteurs, sentent le peuple et la rue et, par leur réflexion, versent de l’huile et du vin sur les blessures des hommes». Toutefois, l’ouverture au monde, à l’homme dans le concret de sa situation existentielle, avec ses problèmes, ses blessures, ses défis et ses potentialités, ne peut se réduire à une attitude « tactique », adaptant de manière extrinsèque des contenus désormais cristallisés à de nouvelles situations, mais doit pousser la théologie à une refonte épistémologique et méthodologique, comme l’indique le Proemio de la Constitution apostolique Veritatis gaudium.

4. La réflexion théologique est donc appelée à un tournant, à un changement de paradigme, à une « courageuse révolution culturelle» (Lettre encyclique Laudato si’, 114) qui l’engage avant tout à être une théologie fondamentalement contextuelle, capable de lire et d’interpréter l’Évangile dans les conditions de vie quotidienne des hommes et des femmes, dans les différents milieux géographiques, sociaux et culturels, et ayant pour archétype l’Incarnation du Logos éternel, en entrant dans la culture, la vision du monde et la tradition religieuse d’un peuple. À partir de là, la théologie ne peut que se développer en une culture de dialogue et de rencontre entre les différentes traditions et les différents savoirs, entre les différentes confessions chrétiennes et les différentes religions, se confrontant ouvertement à tous, croyants et non-croyants. Le besoin de dialogue est en effet intrinsèque à l’être humain et à toute la création, et c’est la tâche particulière de la théologie de découvrir « l’empreinte trinitaire qui fait du cosmos dans lequel nous vivons « un tissu de relations» dans lequel « il est propre à tout être vivant de tendre vers une autre chose » » (Constitution apostolique Veritatis gaudium, Proemio, 4a). "

Nous sommes immergés dans le loisysme (tout devient "contextuel" donc modifiable à volonté) et l'idée d'un mondialisme qui serait animé par une sorte de Grand architecte "une autre chose" à saveur teilhardienne* qui remplace le Dieu biblique et trinitaire et le Christ incarné.
L'article 8 impose une "méthode inductive" qui est presque l'opposé de la forme théologique des Pères de l'Église et de saint Thomas (rappelés par Vatican II comme guides de la théologie catholique au passage) et il ajoute cette phrase que le bon Alfred aurait faite sienne sans hésitation : "afin que la foi devienne culture, c’est-à-dire l’éthique sage du peuple de Dieu, une proposition de beauté humaine et humanisante pour tous." La via crucis est certainement, dans sa rudesse, révélatrice de "beauté humaine et humanisante pour tous" mais je ne pense pas que ce soit d'elle dont parle le Pontife romain. La via crucis n'a jamais été une "éthique sage" mais une folie divine, la folie qui seule ouvre la voie du Salut.

Ce petit texte, comme la lettre de mission du préfet "Tucho", condense la vision d'une "révolution culturelle" au sens de Mao Ze Dong et Lin Biao appliquée au catholicisme profondément miné de l'intérieur comme une solide poutre de chêne qui garde son apparence extérieure mais qui est dévorée par les charançons à l'intérieur.
Nous voyons déjà en Occident mais désormais en Amérique latine, en Asie et en Afrique de manière discrète les petits tas de poussière indicateurs de l'activité des vers qui rongent inlassablement. La stérilité des vocations, la déliquescence du clergé en Occident étaient des signes plus que clairs.


* Pierre Teilhard de Chardin était un fameux jésuite français.
images/icones/find.gif  ( 971093 )Merci Luc ! par Jean-Paul PARFU (2023-11-02 16:32:49) 
[en réponse à 971091]

De nous avoir fait connaître ce texte et merci pour vos remarques.

François mettra certainement en application sa théologie contextualisée à la Cop 28 à Dubaï, début décembre, où il prendra la parole !
images/icones/fleche3.gif  ( 971094 )On attend les réactions de théologiens par Johanis (2023-11-02 17:38:58) 
[en réponse à 971091]

Tous les théologiens vont-ils s'aplatir face à cette remise en cause fondamentale de la théologie, où va-t-on voir s'affirmer clairement et de façon déterminée une défense de la vraie théologie ?
images/icones/barbu2.gif  ( 971107 )c'est un pauvre malade bouffi de méchanceté par jejomau (2023-11-03 09:37:41) 
[en réponse à 971091]

Et plein de jalousie comme tous ces modernos. Des ratés qui malheureusement sont à des postes où ils font le plus grand mal
images/icones/carnet.gif  ( 971141 )cher Jejomau, vous vous méprenez par Luc Perrin (2023-11-06 13:35:46) 
[en réponse à 971107]

il ne s'agit en rien d'une question liée à la personne du Souverain Pontife qui a ses qualités et ses défauts, peut-être plus des seconds l'histoire jugera, comme les autres Pontifes qui se sont succédé sur le trône de Pierre.

Même l'effroyable Benoît IX, vomi comme engeance de l'enfer, par saint Pierre Damien et ses contemporains n'a pas pour autant engagé l'Église dans une néo-théologie qui entend parler d' "autre chose" plutôt que d'être une théologie chrétienne, catholique, confessante du Dieu un et trine et du salut via le Christ incarné.

Le Pontife régnant résume, c'est une de ses qualités, de façon lisible et percutante, un ensemble de courants philosophico-théologiques qui travaillent l'Église en gros depuis la fin du pontificat de Léon XIII et celui de saint Pie X. Pour qui fréquente le milieu théologique catholique/protestant, tous les thèmes condensés dans le motu proprio du 1er novembre 2023 sont familiers.
On peut les résumer à trois grands courants :
- le modernisme de Loisy (certains jésuites ont été impliqués comme le P. Tyrrell, son ami le futur ex-jésuite Henri Bremond académicien un moderniste à l'état pur)
- le blondélisme (la méthode inductive exclusive est sa marque) avec ses nombreux dérivés (la querelle autour de Surnaturel, l'encyclique Humani generis de Pie XII 1950, cf. les études d'Étienne Fouilloux sur cette affaire qui éclairent les enjeux), sachant que les jésuites français (Valensin et l'école de Fourvière) et allemands (les Rahner) ont été les grands vecteurs du blondélisme (famille qui dépasse la pensée de Maurice Blondel stricto sensu)
- l'interreligieux et par dérivation/extension l'inclusivisme matérialiste tous deux fortement portés par la néo Compagnie de Jésus depuis Arrupe.


Cet extrait, un peu long, de la mémorable et ineffable encyclique Humani generis du Vénérable Pie XII, de très regrettée mémoire, souligne - avec la nuance requise - tous les problèmes soulevés par la néo-théologie :

" En ce qui concerne la théologie, le propos de certains est d'affaiblir le plus possible la signification des dogmes et de libérer le dogme de la formulation en usage dans l'Eglise depuis si longtemps et des notions philosophiques en vigueur chez les Docteurs catholiques, pour faire retour, dans l'exposition de la doctrine catholique, à la façon de s'exprimer de la Sainte Ecriture et des Pères. Ils nourrissent l'espoir que le dogme, ainsi débarrassé de ses éléments qu'ils nous disent extrinsèques à la révélation, pourra être comparé, avec fruit, aux opinions dogmatiques de ceux qui sont séparés de l'unité de l'Eglise: on parviendrait alors à assimiler au dogme catholique tout ce qui plaît aux dissidents.

Bien plus, lorsque la doctrine catholique aura été réduite à un pareil état, la voie sera ouverte, pensent-ils, pour donner satisfaction aux besoins du jour en exprimant le dogme au moyen des notions de la philosophie moderne, de l'immanentisme, par exemple, de l'idéalisme, de l'existentialisme ou de tout autre système à venir. Que cela puisse et doive même être fait ainsi, de plus audacieux l'affirment pour la bonne raison, disent-ils, que les mystères de la foi ne peuvent pas être signifiés par des notions adéquatement vraies, mais par des notions, selon eux, approximatives et toujours changeables, par lesquelles la vérité est indiquée sans doute jusqu'à un certain point, mais fatalement déformée. C'est pourquoi ils ne croient pas absurde, mais absolument nécessaire que la théologie qui a utilisé au cours des siècles différentes philosophies comme ses instruments propres substitue aux notions anciennes des notions nouvelles, de telle sorte que, sous des modes divers et souvent opposés, et pourtant présentés par eux comme équivalents, elle nous exprime les vérités divines, sous le mode qui sied à des êtres humains. Ils ajoutent que l'histoire des dogmes consiste à exprimer les formes variées qu'a revêtues la vérité successivement selon les diverses doctrines et selon les systèmes qui ont vu le jour tout au long des siècles.

Or, il ressort, avec évidence, de ce que nous avons dit, que tant d'efforts non seulement conduisent à ce qu'on appelle le " relativisme " dogmatique, mais le comportent déjà en fait : le mépris de la doctrine communément enseignée et le mépris des termes par lesquels on le signifie le favorisent déjà trop. Certes il n'est personne qui ne sache que les mots qui expriment ces notions, tels qu'ils sont employés dans nos écoles et par le magistère de l'Église, peuvent toujours être améliorés et perfectionnés : on sait d'ailleurs que l'Eglise n'a pas eu recours toujours aux mêmes termes. Et puis, il va de soi que l'Eglise ne peut se lier à n'importe quel système philosophique dont la vie est de courte durée: ce que les docteurs catholiques, en parfait accord, ont composé au cours des siècles pour parvenir à une certaine intelligence du dogme, ne s'appuie assurément pas sur un fondement aussi caduc. En effet, il n'est pas d'autre appui que les principes et les notions tirés de l'expérience des choses créées; et dans la déduction de ces connaissances, la vérité révélée a, comme une étoile, brillé sur l'intelligence des hommes grâce au ministère de l'Eglise. On ne s'étonne donc pas que les Conciles oecuméniques aient employé et aussi sanctionné certaines de ces notions: aussi, s'en écarter n'est point permis.

Voilà pourquoi négliger, rejeter ou priver de leur valeur tant de biens précieux qui au cours d'un travail plusieurs fois séculaire des hommes d'un génie et d'une sainteté peu commune, sous la garde du magistère sacré et la conduite lumineuse de l'Esprit-Saint, ont conçus, exprimés et perfectionnés en vue d'une présentation de plus en plus exacte des vérités de la foi, et leur substituer des notions conjecturales et les expressions flottantes et vagues d'une philosophie nouvelle appelées à une existence éphémère, comme la fleur des champs, ce n'est pas seulement pécher par imprudence grave, mais c'est faire du dogme lui-même quelque chose comme un roseau agité par le vent. "

A méditer.
images/icones/fleche3.gif  ( 971126 )Le pape a-t-il perdu la tête ou pire ? par Johanis (2023-11-05 07:18:28) 
[en réponse à 971091]

Je demandais dans le post précédent si les théologiens allaient réagir à cette tentative de subversion de la théologie. Pour l’instant il n’y a guère de critiques courageuses. Mais voici des extraits d’un article d’un professeur de théologie américain émérite Larry Chapp, pas spécialement tradi dans "The Catholic World Report". On pourra retenir en particulier qu’il s’agit pour François de faire triompher le progressisme, l’objectif de destruction de l’œuvre des deux derniers papes et le lien fait avec le synode dont il s’agit de justifier théologiquement les futurs résultats.

« Comme me l'a écrit ce matin un ami et théologien très estimé de Communio, "le pape a-t-il perdu la tête ? Non c’est pire ".
« Une attaque contre l'héritage de saint Jean-Paul II

2 novembre 2023
Hier, le pape François a publié un "Motu Proprio" sur la manière de faire de la théologie dans le contexte moderne. Intitulé Ad theologiam promovendam, il affirme que la théologie ne doit plus se faire à partir d'un "bureau" et ne doit plus se contenter de "reproposer abstraitement des formules et des schémas du passé". La théologie doit désormais être inductive et prendre en compte l'expérience vécue des croyants et des non-croyants. La théologie ne doit pas être "abstraite" et se contenter de constructions sans vie ; au contraire, elle doit s'enraciner plus explicitement "dans les conditions dans lesquelles les hommes et les femmes vivent quotidiennement..."

Je ne pense pas que le pape François ait écrit ce nouveau document, bien qu'il ait été clairement publié avec son approbation, de sorte qu'il s'agit maintenant d'un enseignement papal. …
Par exemple, dire que "la réflexion théologique est invitée à se développer avec une méthode inductive, qui part des différents contextes et des situations concrètes dans lesquelles les peuples sont insérés, en se laissant sérieusement interpeller par la réalité" n'est pas une concoction originale de cette papauté. Ce type de déclaration a un pedigree théologique réel dans l'Église - un pedigree qui est résolument progressiste dans un registre libéral Rahnerien.

Ce Motu proprio … privilégie le rêve longtemps recherché par les théologiens progressistes. Il s'agit de faire de la théologie dans le cadre d'une sorte de compréhension populiste du sensus fidelium, …. Une telle approche met très peu l'accent sur "l'épreuve des esprits" (cf. 1 Jn 4:1) sur la toile de fond de la doctrine et de la Tradition. En fait, la doctrine et la Tradition sont considérées comme des "abstractions" et des superstructures d'aliénation qui déforment l'expérience vécue en la faisant passer à travers des filtres idéologiques prétendument rigides.

Le calendrier synodal et les hommes de paille
… le timing de Ad theologiam promovendam n'est pas aléatoire. La vision théologique qu'il défend est en phase avec l'appel du Synode à une "Église à l'écoute" qui fera de la théologie, pour la première fois, en tenant compte de la vox populi. … Comme nous l'avons vu au Synode, certaines voix sont plus égales que d'autres et valent donc la peine d'être écoutées plus précisément parce qu'elles s'accordent bien avec le grand récit de "l'Église comme oppresseur des catholiques ordinaires", qui est le mythe d'origine de tant de ces théologies de l'expérience.

Comme au Synode, … Il y a une caricature de ce qu'est le "peuple de Dieu" d'un côté, et il y a une caricature de "l'Église avant le Pape François" qui caractérise mal la théologie et la pratique pastorale de l’avant François comme autant d'abstractions dépassées, enfermées dans un paradigme moribond de goo métaphysique déductif, qui n'a jamais tenu compte de la radicalité de la culture moderne ou de la subjectivité des croyants.

Mais il s'agit là d'une caricature ridicule de l'histoire de la théologie catholique moderne. En effet, si un étudiant de l'un de mes cours de licence avait rendu un travail contenant ces affirmations, je ne l'aurais pas noté du tout. Je l'aurais jugé inclassable en raison de son mépris insouciant des faits (et j'aurais ajouté une note "à plus tard" à l'encre rouge en haut de la page).

L'affirmation selon laquelle la théologie ne peut plus se contenter de répéter les formules usées du passé implique directement que c'est, en fait, ce que la plupart des théologiens ont fait au cours du siècle dernier. Et l'affirmation selon laquelle la théologie doit désormais être inductive et éviter les abstractions sans vie qui ne tiennent pas compte de l'expérience vécue dans la culture moderne implique que les théologiens ont justement fait cela de manière prédominante jusqu'à présent. Il est clair que cette vieille théologie étouffante des 100 dernières années doit céder la place à quelque chose de tout à fait différent et plus en phase avec les "vrais gens". Le document parle d'un "changement de paradigme" dans la théologie (une partie nécessaire de ce que François appelle une "révolution culturelle courageuse"), ce qui est un autre de ces mots codés, jargonnants, qui impliquent directement que la théologie jusqu'à ce point - le point du pape François - a fait partie d'un paradigme dépassé auquel il faut donner congé. …

Pourquoi alors cette caricature risible ? Parce qu'elle répond aux besoins rhétoriques du moment, qui exigent une sorte d'argumentation, aussi transparente soit-elle, pour justifier le déplacement de l'Académie pontificale de théologie dans une direction théologique constitutivement différente. … Même si l'argument adopté est absurde, cela n'a pas d'importance, car l'argument adopté comporte tous les mots à la mode habituels de la psychologie populaire sur le changement, l'ouverture, le dialogue et la base de ceci et de cela. Il s'agit d'un gigantesque sifflet ecclésial destiné aux suspects habituels.

Une attaque contre l'héritage de saint Jean-Paul II
… Et derrière tout cela se cache le désir évident de démanteler complètement l'héritage théologique du pape Jean-Paul II. Les personnes d'un certain âge ne peuvent tout simplement pas se rendre compte de la profondeur de l'antipathie de la gauche catholique à l'égard de Jean-Paul II. Il était leur grande baleine blanche et ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour saper son pontificat. Ils le détestaient et le haïssaient. Pourquoi ? Parce qu'il avait presque à lui seul mis un frein à leur tentative de protestantisation et de sécularisation de l'Église. Ils détestaient Ratzinger/Benoît XVI pour les mêmes raisons. Et maintenant, nous avons le Motu proprio qui se lit comme la revanche de Tucho Fernandez sur ce qu'il considère probablement comme le règne de terreur "anti-Vatican II" des deux papes précédents.

Pourquoi ce Motu proprio était-il nécessaire ? Qu'est-ce qui l'a motivé ? …
Il s'agit du coup de semonce post-synodal du Pape sur ce qu'il souhaite voir se produire avant le prochain Synode en 2024. Il est direct et brutal, à sa manière tranquille et de bon grand-père. Un peu comme le pape lui-même. Il a un goût de miel. Il contient de l'arsenic.
Si vous n'êtes toujours pas convaincu, il est instructif d'examiner deux mesures similaires prises par ce pontificat afin d'évaluer la direction qu'il prend très probablement. Le pape a déjà vidé de sa substance l'Institut pontifical Jean-Paul II à Rome et y a remplacé les théologiens qui étaient tous des professeurs du type JPII/Benoît/Communio par des théologiens qui épousent le proportionnalisme dans la théologie morale et pastorale. Il a fait de même à l'Académie pontificale pour la vie. Il a nommé l'archevêque Paglia responsable de ces deux institutions, un homme qui n'est pas connu pour ses prouesses intellectuelles, mais qui est surtout célèbre pour avoir minimisé la normativité d'Humanae Vitae et pour avoir dû revenir sur ses déclarations publiques de soutien à la légalisation de l'euthanasie en Italie. …
Étant donné que ces deux institutions pontificales avaient des théologiens plus en phase avec la théologie de Jean-Paul II et de Benoît XVI - théologiens remplacés par ceux qui sont plus enclins à rechercher des accommodements avec le sécularisme moderne - pourquoi devrions-nous supposer que le changement à l'horizon pour l'Académie pontificale de théologie sera différent ? Et si le Synode de l'année prochaine aboutit à un document final beaucoup plus explicite dans son appel à l'ordination des femmes, à la pleine légitimation morale de l'agenda de l'alphabet sexuel, et à une "Chambre des Communes" permanente composée de laïcs ayant des pouvoirs de co-gouvernance avec la "Chambre des Lords" (composée d'évêques dont l'autorité sera effectivement neutralisée par la pression de l'opinion publique populiste), alors soyez assurés que les nouveaux membres de l'Académie Pontificale de Théologie seront appelés à lui donner une couverture théologique.

Enfin, je voudrais souligner qu'il y a des "formules" du passé qui devraient être répétées sans aucune ou beaucoup de nuances. Le Credo me vient à l'esprit. Et les sacrements. Et des choses comme le Sermon sur la montagne, le Notre Père et les dix commandements de l'Écriture. J'ajouterais également à cette liste les écrits des docteurs de l'Église et d'autres penseurs de référence de la tradition de l'Église. Des penseurs comme le cardinal Newman, Chesterton, et même des géants de la littérature comme Dante et Bernanos. Pouvons-nous, s'il vous plaît, "simplement répéter" ces "vieilles formules fatiguées" encore et encore jusqu'à ce que peut-être, vous savez, elles s'intègrent ?

S'il y a de jeunes théologiens, ou simplement de jeunes catholiques fervents, dont la théologie et la prière les amènent à la Summa, ou à Augustin, ou aux Pères, ou mirabile dictu, au Saint Pape Jean-Paul II, sont-ils coupables d'une idéalisation platonicienne non pastorale de la foi au détriment des "vraies gens" ?
Comme me l'a écrit ce matin un ami et théologien très estimé de Communio, "le pape a-t-il perdu la tête ?".
J'en doute. Ce que nous voyons est bien pire. Nous voyons que c'est son esprit.
(Traduction à partir de Deepl)
images/icones/carnet.gif  ( 971130 )Merci pour cet article par Meneau (2023-11-05 12:38:41) 
[en réponse à 971126]

Très intéressant.

Je peux témoigner que même des prêtres NOM sont perplexes par rapport à ce "nouvel Evangile".

Cordialement
Meneau