des rentrées au séminaire avec des jeunes diplômés, car à une époque aussitôt sortis du lycée avec le bac en poche il rentraient au séminaire
Mmmoui.
Mais "à une époque", sortis du lycée, le bac en poche, au moins chez nous, supposés une bonne école et un bon professeur, ils avaient lu et ils connaissaient (en partie par coeur) la Guerre des Gaules (avec toute la perfidie psychologique de l'auteur), les Catilinaires et Salluste (avec les intrications de morale politique), Sophocle (avec ses angoissantes apories du droit humain et divin), et bien sûr Platon,
splendide mendax, notre prof le disait déjà, mais comme c'est beau à lire.
Cela leur suffit amplement pour avoir les connaissances humaines nécessaires pour aborder "le Monde". Les connaissances aptes à leur âge, bien entendu, car l'âge avançant, et cela n'épargne pas les prêtres, cela vaut pour tout le monde, on apprend.
Si vous avez lu
Le journal d'un curé de campagne, ouvrage sublime à mon avis, dont j'ai traduit une toute petite portion en latin (
animi causa, comme diraient les Romains), vous comprendrez ce que je veux dire.
Point besoin d'avoir bossé des heures dans un bureau pour avoir compris quoique ce soit.
Et les "jeunes diplômés" d'aujourd'hui ne savent qu'une infime fraction de ce que savaient les
Abiturientes d'antan.
Hélas !
A l'heure actuelle est-il permis au prêtres ou au séminaristes y compris les frères, d'entreprendre des études universitaires ou de les poursuivre ? Quelles soient théologiques ou non
"À une époque" les séminaires envoyaient leurs plus doués à faire des études universitaires, avant de terminer le séminaire, ou après l'avoir terminé.
Ainsi j'ai connu un curé, qui avait été envoyé à étudier les mathématiques, pour lesquelles il n'avait pas spécialement de goût, mais on obéit bien entendu (c'était avant l' "état de nécessité" huhu) et qui, terminées les études, avec succès, cela va sans dire, les avaient enseignées dans un collège diocésain, avant de venir finalement curé de paroisse, ce qu'il avait voulu depuis toujours.
Un autre exemple, il était mon préposé dans la résidence universitaire où j'ai écrit ma première thèse, il aurait voulu faire, comme moi, la philologie classique, mais non, il y en avait déjà assez, il lui fallait faire des études, et après le doctorat, c'était précisé d'emblée, de philologie romane. Il l'a fait, d'abord à son corps défendant, et il est devenu un coryphée international de (l'histoire de) la grammaire française.
Et je connais d'autres exemples.
Comme quoi les préposés d'antant avaient généralement un bon discernement, même si cela ne correspondait pas toujours aux désirs premiers de leurs subordonnés.
Mais qu'importe, que la volonté de Dieu soit faite.
Une leçon difficile pour notre génération.