Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 970439 )Bénédiction des couples homosexuels : la réponse ambiguë de François... par vistemboir2 (2023-10-03 18:37:12) 


2) Dubium sur l'affirmation que la pratique répandue de bénir les unions de personnes de même sexe est en accord avec la Révélation et le Magistère (CCC 2357).

Selon la Révélation divine, attestée dans la Sainte Écriture, que l'Église «par mandat divin et avec l'assistance de l'Esprit Saint, écoute pieusement, conserve saintement et expose fidèlement» (Dei Verbum IO): «Au commencement», Dieu créa l'homme à son image, il les créa homme et femme et les bénit pour qu'ils soient féconds (cf. Gn 1, 27-28), et pour cette raison l'apôtre Paul enseigne que nier la différence sexuelle est la conséquence de la négation du Créateur (Rm 1, 24-32). La question qui se pose est la suivante: l'Église peut-elle déroger à ce «commencement», en le considérant, contrairement à ce qu'enseigne Veritatis splendor 103, comme un simple idéal, et en acceptant comme «bien possible» des situations objectivement pécheresses, telles que les unions de personnes du même sexe, sans manquer à la doctrine révélée ?

Réponse du Pape François à la deuxième question

a) L'Église a une conception très claire du mariage: une union exclusive, stable et indissoluble entre un homme et une femme, naturellement ouverte à la procréation d'enfants. Seule cette union peut être appelée «mariage». Les autres formes d'union ne le réalisent que «de manière partielle et analogique» (Amoris laetitia 292) et ne peuvent donc pas être strictement appelées «mariage».

b) Ce n'est pas seulement une question de noms, mais la réalité que nous appelons mariage a une constitution essentielle unique qui requiert un nom exclusif, non applicable à d'autres réalités. Elle est sans aucun doute beaucoup plus qu'un simple «idéal».

c) C'est pourquoi l'Église évite tout type de rite ou de sacramentel qui pourrait contredire cette conviction et faire croire que l'on reconnaît comme mariage quelque chose qui ne l'est pas.

d) Cependant, dans nos relations avec les personnes, nous ne devons pas perdre la charité pastorale, qui doit imprégner toutes nos décisions et attitudes. La défense de la vérité objective n'est pas la seule expression de cette charité, qui est aussi faite de bonté, de patience, de compréhension, de tendresse et d'encouragement. Nous ne pouvons donc pas être des juges qui ne font que nier, rejeter, exclure.

e) La prudence pastorale doit donc discerner correctement s'il existe des formes de bénédiction, demandées par une ou plusieurs personnes, qui ne véhiculent pas une conception erronée du mariage. En effet, lorsqu'on demande une bénédiction, on exprime une demande d'aide à Dieu, un appel à pouvoir mieux vivre, une confiance en un Père qui peut nous aider à mieux vivre.

f) D'autre part, bien qu'il existe des situations qui, d'un point de vue objectif, ne sont pas moralement acceptables, la même charité pastorale nous demande de ne pas traiter simplement comme «pécheurs» d'autres personnes dont la culpabilité ou la responsabilité peuvent être atténuées par divers facteurs qui influencent l'imputabilité subjective (cf. saint Jean-Paul II, Reconciliatio et Paenitentia, n. 17).

g) Les décisions qui, dans certaines circonstances, peuvent faire partie de la prudence pastorale ne doivent pas nécessairement devenir une norme. En d'autres termes, il n'est pas opportun qu'un diocèse, une Conférence épiscopale ou toute autre structure ecclésiale autorise constamment et officiellement des procédures ou des rites pour toutes sortes de questions, car tout «ce qui fait partie d'un discernement pratique face à une situation particulière ne peut être élevé au rang de norme», car cela «donnerait lieu à une casuistique insupportable» (Amoris laetitia 304). Le droit canonique ne doit pas et ne peut pas tout couvrir, et les Conférences épiscopales, avec leurs divers documents et protocoles, ne doivent pas non plus l'exiger, car la vie de l'Église passe par de nombreux canaux en plus des canaux normatifs.
(Source : vaticannews.va)


Donc François ne condamne pas expressément les bénédictions de couples homosexuels ni ne qualifie ces unions de peccamineuses, ce qui permet aux médias (Le Figaro & AFP) de titrer : « Le pape François estime que les « couples de même sexe » peuvent être bénis ».
images/icones/1n.gif  ( 970441 )Aucune ambiguité par Justin Petipeu (2023-10-03 19:37:29) 
[en réponse à 970439]

On continue sur la lancée du concile...."Dans certains cas, on pourra etc..."

Tout le monde a compris.
images/icones/bravo.gif  ( 970446 )Très juste !... par vistemboir2 (2023-10-03 20:55:05) 
[en réponse à 970441]

On tolère une exception pour l'imposer ensuite comme règle... qui, elle, n'admet alors aucune exception !...
images/icones/carnet.gif  ( 970507 )Vaseux et alambiqué par Ecclesiola (2023-10-05 10:23:51) 
[en réponse à 970439]

C'est du progressisme qui n'ose pas s'assumer. Les journalistes non catholiques disent crûment les choses, tandis que beaucoup de journalistes catholiques essaient constamment de "sauver" François, et s'efforcent de croire qu'il ait une doctrine tout à fait traditionnelle sur la morale sexuelle. Et pourtant, en l'occurrence, les incroyants sont ceux qui disent la vérité sur ce sujet, ils sont lucides sur les intentions de François. Finalement, ce "synode sur la synodalité" (sic) relève du piétisme, c'est la piété dans le péché, la religion dans la décadence.

"Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais bien celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux."
images/icones/info2.gif  ( 970583 )"piétisme" ? par Luc Perrin (2023-10-09 20:51:58) 
[en réponse à 970507]

Je comprends que le mot est ici employé hors de son sens qui renvoie à un mouvement de piété dans le monde luthérien, ayant démarré en Alsace au XVIIe.

Les piétistes luthériens sont, à certains égards, catholicisants et vraiment aux antipodes des synodalistes qui synodalisent du néo-catholicisme californien.
Le piétisme est plutôt une réaction pieuse, pour une foi plus exigeante, dans les pratiques, qui serait plus à placer dans le fondamentalisme protestant. A l'exact opposé du laxisme casuiste des néo-jésuites actuels.