"La Constitution dogmatique Lumen Gentium expose une vision de la nature et de la mission de l'Église en tant que communion, avec les présupposés théologiques d'une relance appropriée de la synodalité : la conception mystique et sacramentelle de l'Église ; sa nature de Peuple de Dieu en pèlerinage à travers l'histoire vers la patrie céleste, dans laquelle tous ses membres sont, en vertu du baptême, honorés de la même dignité d'enfants de Dieu et désignés pour la même mission ; la doctrine de la sacramentalité de l'épiscopat et de la collégialité en communion hiérarchique avec l'évêque de Rome." (Étude réalisée en 2017 et publiée le 2 mars 2018).
"L’Église étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumière, pour ses fidèles et pour le monde entier, en se rattachant à l’enseignement des précédents Conciles, sa propre nature et sa mission universelle" (Lumen Gentium, 1)
"L’Église reconnaît aussi tout ce qui est bon dans le dynamisme social d’aujourd’hui, en particulier le mouvement vers l’unité, les progrès d’une saine socialisation et de la solidarité au plan civique et économique. En effet, promouvoir l’unité s’harmonise avec la mission profonde de l’Église, puisqu’elle est « dans le Christ, comme le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu, et de l’unité de tout le genre humain" [Constitution dogmatique sur l'Église, chapitre I, n. 1]".
"Cette conception demande des explications : l'unité de l'Église n'est pas l'unité du genre humain". (Mgr Marcel Lefebvre, J'accuse le Concile, p. 60).
"On attribue au Saint-Siège une nouvelle mission - réaliser l'unité du genre humain - qui ne correspond à rien de ce qui a été enseigné jusqu'à présent dans l'Église catholique (...). Mais il ne s'agit pas d'une unité au service du salut des âmes, unité qui est donc atteinte par la conversion au catholicisme. Cette unité semble plutôt résulter simplement de "l'union intime avec Dieu" de toute la race humaine en tant que telle. . . Mais la mission de l'Église est celle que lui a donnée Notre-Seigneur : "Allez donc, enseignez toutes les nations, baptisez-les..." (Mt. 28,19). Ainsi, la "mission intime" de l'Église est de convertir au Christ le plus grand nombre possible d'âmes avant la Parousie, sans se soucier de réaliser l'unité du genre humain, idéal chimérique et intrinsèquement antichrétien car il s'agit d'une forme de divinisation de l'homme, de son exaltation et de sa contemplation, idéal importé de la philosophie illuministe et pieusement professé par la franc-maçonnerie".
"Dans une Église qui se définit comme signe et instrument de l'union avec Dieu et de l'unité du genre humain (cf. LG 1), le discours sur la mission se concentre sur la lisibilité du signe et l'efficacité de l'instrument, sans lesquels toute proclamation se heurte à des problèmes de crédibilité. La mission n'est pas la promotion d'un produit religieux, mais la construction d'une communauté dans laquelle les relations témoignent de l'amour de Dieu et où la vie elle-même devient une proclamation". (Instrumentum Laboris, 52)
"Dans une assemblée synodale, le Christ se rend présent et agit. Il transforme l’histoire et la vie quotidienne, envoie l’Esprit pour conduire l’Église à trouver un consensus sur la manière de marcher ensemble vers le Royaume et d’aider l’humanité à avancer vers l’unité. " (Instrumentum Laboris, 48).
"Entrez par la porte étroite ; car la porte large et la voie spacieuse conduisent à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent ; car elle est étroite la porte et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent ! (Mt 7,13-14).
"[E]t dans la recherche d’une vision théologique complète de l’ecclésiologie, entre-temps, après les années 40, dans les années 50, quelques critiques du concept de Corps du Christ avaient déjà surgi : ‘mystique’ serait trop spirituel, trop exclusif ; on avait alors mis en jeu le concept de ‘Peuple de Dieu’. Et, justement, le Concile a accepté cet élément, qui est considéré chez les Pères comme l’expression de la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament. " (NdT : Discours du 14 février 2014)
"Le Peuple saint de Dieu participe aussi à la fonction prophétique du Christ ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de foi et de charité, il offre à Dieu un sacrifice de louange, le fruit de lèvres qui célèbrent son Nom. La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint, ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs », elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel. [C]e sens de la foi qui est éveillé et soutenu par l’Esprit de vérité (…) . [Par lui], le Peuple de Dieu (…) s’attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes, il y pénètre plus profondément par un jugement droit et la met plus parfaitement en œuvre dans sa vie." (Lumen Gentium, 12)
"Et c'est là que la magie conciliaire a également joué son rôle, en exploitant la doctrine peu définie de l'infaillibilité du sensus fidei du peuple chrétien. C'est une vérité traditionnelle que 'le corps entier des fidèles... ne peut pas se tromper en matière de croyance' (Lumen Gentium, no. 12). Pour la théologie catholique, cette propriété est une conséquence de l'infaillibilité de la hiérarchie ; mais l'astuce de la nouvelle théologie a consisté à l'attribuer à l'inspiration directe du Saint-Esprit : "[L]e discernement en matière de foi est suscité et soutenu par l'Esprit de vérité [...]. Par lui, le peuple de Dieu s’attache indéfectiblement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes". (p. 194)
"Le Concile Vatican II souligne que « tous les êtres humains sont appelés au nouveau Peuple de Dieu » (LG, 13). Dieu est vraiment à l'œuvre dans tout le peuple qu'il a rassemblé. C'est pourquoi « le corps entier des fidèles, oint par le Saint, ne peut pas se tromper en matière de croyance. Ils manifestent cette propriété particulière par le discernement surnaturel de tout le peuple en matière de foi, lorsque, depuis les évêques jusqu'au dernier des fidèles laïcs, ils manifestent un accord universel en matière de foi et de morale » (LG, 12). Le Concile souligne en outre qu'un tel discernement est animé par l'Esprit Saint et procède par le dialogue entre tous les peuples, en lisant les signes des temps dans la fidélité aux enseignements de l'Église".(Vademecum, 2.1)
"[D]ans l’unique baptême, tous les chrétiens participent au sensus fidei (sens surnaturel de la foi ; cf. LG 12), c'est pourquoi, dans une Église synodale, tous doivent être écoutés attentivement" (Instrumentum Laboris, B 1.4 a).
"L'ensemble du peuple de Dieu est interpellé par sa vocation fondamentalement synodale. La circularité du sensus fidei dont sont dotés tous les fidèles, le discernement effectué aux différents niveaux sur lesquels fonctionne la synodalité et l'autorité de ceux qui exercent le ministère pastoral de l'unité et du gouvernement montrent la dynamique de la synodalité. Cette circularité promeut la dignité baptismale et la coresponsabilité de tous, valorise la présence dans le Peuple de Dieu des charismes dispensés par l'Esprit Saint, reconnaît le ministère spécifique des Pasteurs en communion collégiale et hiérarchique avec l'Évêque de Rome, et garantit que les processus et les événements synodaux se déroulent en conformité avec le depositum fidei et impliquent l'écoute de l'Esprit Saint, pour le renouvellement de la mission de l'Église".
Tous les fils de l'Eglise doivent d'ailleurs se souvenir que la grandeur de leur condition doit être rapportée non à leurs mérites, mais à une grâce particulière du Christ; s'ils n'y correspondent pas par la pensée, la parole et l'action, ce n'est pas le salut qu'elle leur vaudra, mais un plus sévère jugement.
L’Église étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumière, pour ses fidèles et pour le monde entier, en se rattachant à l’enseignement des précédents Conciles, sa propre nature et sa mission universelle.
Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l’univers ; il a voulu élever les hommes à la participation de la vie divine ; devenus pécheurs en Adam, il ne les a pas abandonnés, leur apportant sans cesse les secours salutaires, en considération du Christ rédempteur, « qui est l’image du Dieu invisible, premier-né de toute la création » (Col 1, 15). Tous ceux qu’il a choisis, le Père, avant tous les siècles, les « a distingués et prédestinés à reproduire l’image de son Fils qui devient ainsi l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29). Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les convoquer dans la sainte Église qui, annoncée en figure dès l’origine du monde, merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et de l’ancienne Alliance [1], établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s’est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit Saint et, au terme des siècles, se consommera dans la gloire. Alors, comme on peut le lire dans les saints Pères, tous les justes depuis Adam, « depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu [2] » se trouveront rassemblés auprès du Père dans l’Église universelle.
De tous les régénérés dans le Christ le signe de la Croix fait des rois, l’onction du Saint-Esprit les consacre comme prêtres, afin que, mis à part le service particulier de notre ministère, tous les chrétiens spirituels et usant de leur raison se reconnaissent membres de cette race royale et participants de la fonction sacerdotale. Qu’y a-t-il, en effet, d’aussi royal pour une âme que de gouverner son corps dans la soumission à Dieu ? Et qu’y a-t-il d’aussi sacerdotal que de vouer au Seigneur une conscience pure et d’offrir sur l’autel de son cœur les victimes sans taches de la piété ? (S. Léon le Grand, serm. 4, 1 : PL 54, 149).
Par le bain du baptême, en effet, les chrétiens deviennent à titre commun membres dans le corps du Christ-prêtre, et par le « caractère » qui est en quelque sorte gravé en leur âme, ils sont délégués au culte divin : ils ont donc part, selon leur condition, au sacerdoce du Christ lui-même.
L’Église étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain...
Le Père éternel par la disposition absolument libre et mystérieuse de sa sagesse et de sa bonté a créé l’univers ; il a voulu élever les hommes à la participation de la vie divine ; devenus pécheurs en Adam, il ne les a pas abandonnés, leur apportant sans cesse les secours salutaires, en considération du Christ rédempteur, « qui est l’image du Dieu invisible, premier-né de toute la création » (Col 1, 15). Tous ceux qu’il a choisis, le Père, avant tous les siècles, les « a distingués et prédestinés à reproduire l’image de son Fils qui devient ainsi l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29). Et tous ceux qui croient au Christ, il a voulu les convoquer dans la sainte Église qui, annoncée en figure dès l’origine du monde, merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et de l’ancienne Alliance [1], établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s’est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit Saint et, au terme des siècles, se consommera dans la gloire. Alors, comme on peut le lire dans les saints Pères, tous les justes depuis Adam, « depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu [2] » se trouveront rassemblés auprès du Père dans l’Église universelle.
Nous nous demandâmes si l'image du Corps mystique ne constituait pas un point de départ par trop restreint pour la définition des formes multiples d'appartenance à l'Église, désormais présentes dans les méandres compliqués de l'histoire de l'humanité. L'image du Corps n'offre qu'une seule forme de représentation de l'appartenance, celle de "membre". Ou l'on est membre ou on ne l'est pas, il n'y a pas de moyen terme. Mais, pouvait-on se demander, le point de départ de cette image ne serait-il pas précisément un peu trop étroit puisqu'il existe à l'évidence des degrés intermédiaires dans la réalité ? On trouva alors le concept de "peuple de Dieu", qui, de ce point de vue, est beaucoup plus ample et souple. La constitution Lumen Gentium l'a précisément fait sien dans cette acception quand elle décrit le rapport des chrétiens non catholiques avec l'Église catholique par le concept de "connexion" (coniunctio) et celui des non-chrétiens par la notion d'"ordination" (ordinatio) ; dans les deux cas, on s'appuie sur l'idée de peuple de Dieu (nn.15 et 16).
J.Ratzinger : Église, oecuménisme et politique, Fayard 1987L'unité universelle fondée sur l'événement de la création et de la rédemption ne peut pas ne pas laisser une trace dans la vie réelle des hommes, même de ceux qui appartiennent à des religions différentes. C'est pourquoi le Concile a invité l'Église à respecter les semences du Verbe présentes dans ces religions (Ad gentes, 11) et il affirme que tous ceux qui n'ont pas encore reçu l'Évangile sont "ordonnés" à l'unité suprême de l'unique peuple de Dieu, à laquelle appartiennent déjà par la grâce de Dieu et par le don de la foi et du baptême tous les chrétiens avec qui les catholiques "qui conservent l'unité de la communion sous le Successeur de Pierre" savent qu'ils "sont unis pour de multiples raisons" (cf.Lumen gentium, 15).
Jean-Paul II aux cardinaux, 22/12/1986L'humanisme laïque et profane enfin est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le Concile.
La religion du dieu qui s'est fait homme s'est rencontrée avec la religion (car c'en est une) de l'homme qui se fait Dieu.
Qu'est-il arrivé? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver ; mais cela n'a pas eu lieu. La vieille histoire du Samaritain a été le modèle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes l'a envahi tout entier. La découverte des besoins humains (et ils sont d'autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand) a absorbé l'attention de notre Synode.
Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme
les papes (pourtant interpètes autorisés ...)
Sont incorporés pleinement à la société qu’est l’Église ceux qui, ayant l’Esprit du Christ, acceptent intégralement son organisation et tous les moyens de salut institués en elle, et qui, en outre, grâce aux liens constitués par la profession de foi, les sacrements, le gouvernement ecclésiastique et la communion, sont unis, dans l’ensemble visible de l’Église, avec le Christ qui la dirige par le Souverain Pontife et les évêques. L’incorporation à l’Église, cependant, n’assure pas le salut pour celui qui, faute de persévérer dans la charité, reste bien ‘de corps’ au sein de l’Église, mais non ‘de cœur’ "(LG 14).