Le Forum Catholique
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( 968281 )
Vos lectures estivales ? par XA (2023-07-31 11:16:18)
Chers liseurs,
Ma petite question habituelle en ce milieu d’été.
Qu’êtes-vous en train de lire ou qu'avez lu ces dernières semaines ou encore que projetez-vous de lire dans les jours et semaines qui viennent ?
On peut parler de lectures spirituelles et profanes.
Quelques conseils, positifs ou négatifs, avec argumentation s’il vous plait, sont les bienvenus au-delà du simple titre de l’ouvrage et de son auteur.
XA

( 968284 )
Différentes ambiances par Adso (2023-07-31 11:57:08)
[en réponse à 968281]
« Le jour de la chouette » Leonardo Sciascia
Un court roman ayant pour toile de fond la Sicile du milieu du XX eme siècle, Le Jour de c’est un parfait condensé la culture qui étaye la réussite de l'entreprise criminelle qu'est la Cosa Nostra…
Il y fait chaud comme dans un four, derrière les volets mi clos quelqu’un a forcément vu l’assassin repartir mais tout le monde se tait … Pour avoir sillonné le coin un jour étouffant, ce roman vous plonge dans une ambiance très particulière sans bouger de votre fauteuil. Pour ceux qui ont vu « Cadavres Exquis » avec Lino Ventura, le roman d’origine est du même auteur …
Si vous pouvez le lire en italien, c’est mieux, mais tout le monde n’est pas polyglotte…
A des kilomètres de là, une lecture plus spirituelle : « La vie des moines au temps des grandes abbayes » d’Eric Palazzo
Le livre est bien documenté et là encore on plonge facilement dans l’ambiance d’un monastère pour peu qu’on sache fermer les yeux et s’affranchir du temps qui passe au rythme des « sms » pour se caler sur celui de la cloche et des saisons …

( 968294 )
Aliénor d'Aquitaine Il y eut un soir , il y eut un matin, Marie-Noëlle Demay par Diafoirus (2023-07-31 14:05:25)
[en réponse à 968284]
Aliénor d'Aquitaine
Il y eut un soir , il y eut un matin
Marie-Noëlle Demay (Pocket)
Ce roman, d’une lecture très facile, bien venu pour une période estivale, raconte le voyage au-delà des Pyrénées de la reine Aliénor, âgée de 75 ans, un exploit pour l’époque.
Elle va à la cour de Castille chercher sa petite fille, Blanca pour la ramener à Bordeaux afin d’y épouser Louis de France héritier du trône de France. Blanche de Castille sera la mère de Saint Louis.
Tout au long de ces pages la reine Aliénor évoque sa longue vie, ses aventures en terre sainte et bien d’autres faits.
C’est un agréable voyage dans la temps que nous propose l’auteur et cela permet de rafraichir sa mémoire sur un passé qui est le notre.

( 968295 )
Le Mousquetaire noir par Vexilla Galliae (2023-07-31 14:21:57)
[en réponse à 968281]
de Jérôme Arnauld des Lions
Un roman historique d'un peu plus de 200 pages.
Alexis de Sarent, qui a reçu sa vocation d'homme d'armes dans sa plus tendre enfance, sert dans la Deuxième Compagnie des Mousquetaires du Roi, les Mousquetaires noirs. Il suit donc le Roi et la famille royale dans leurs lieux de villégiature les plus prestigieux, mais, amené à prendre une décision difficile, il doit rentrer sur ses terres pour y affronter, auprès de sa famille et de son
clan, la période révolutionnaire avec ses multiples dangers jusqu'alors inconnus.

( 968298 )
Le tome 2 ne me quitte pas ! par Anne Charlotte Lundi (2023-07-31 16:09:32)
[en réponse à 968281]
Je le commence avec une certaine fébrilité... J'ai dévoré le tome 1. La Saga des Montazay -t2-, de Blandine Brisset
Une saga familiale pendant la période troublée de la Deuxième Guerre mondiale. Une famille aux ramifications diverses sur toute l'Europe. Qui est qui ? De quel côté est il ? est-elle ? agent double alors ?
Juin 1940 : partout, la guerre s’installe avec son lot d’angoisses et de détresses. Les accords historiques de Concarneau ont donné naissance à l’Union franco-anglaise. Mais les débuts sont chaotiques. Au plus haut sommet de l’état comme au sein des familles, les divisions s’installent et chacun choisit son camp. Comme tant d’autres, Antoine, Franz et Hilde, tentent de survivre dans ce monde imprévisible, entre l’Ecosse, Londres, l’île de Ré et Berlin
Le talent de conteur de Blandine Brisset n'a d'égal que le formidable intérêt historique du premier tome. Suspense, analyses psychologiques, tableaux historiques et drames se succèdent, captivant.
Le tome 2 ne me quitte pas

( 968301 )
ah ah ah par Lycobates (2023-07-31 17:20:40)
[en réponse à 968298]
Une saga familiale pendant la période troublée de la Deuxième Guerre mondiale. Une famille aux ramifications diverses sur toute l'Europe. Qui est qui ? De quel côté est il ? est-elle ? agent double alors ?
Cela me rappelle un peu notre famille, quatre passeports, plusieurs langues, mais personne n'a songé d'en écrire un roman
(on aurait pu l'écrire déjà sur la Première Guerre, car l'Histoire se répète).
Je vais peut-être me procurer votre titre pour Maman, même si deux gros tomes est devenu beaucoup. Elle ne lit plus beaucoup de français, bien passée les 90 ans, elle se contente surtout de l'anglais et de l'allemand, mais elle lit toujours et cela pourrait la revigorer, lui faire du plaisir et lui raffraîchir ses mémoires.
Je note Brisset, Montazay.
Merci :-)

( 968300 )
Un journal et un roman par Marchenoir (2023-07-31 17:16:03)
[en réponse à 968281]
Le Journal de Jules Renard. D'une lucidité qui confine au cynisme parfois, des méchancetés gratuites, il vise bas mais juste comme disait Céline. Et puis c'est surtout très bien écrit, d'une plume alerte, aiguisée, pas un mot de trop. Des piques classiques contre la religion, tournées d'ailleurs davantage vers un certain clergé, celui que tout le monde aime à mépriser, le bête et le mondain. Jules Renard se définit d'ailleurs dans son Journal comme " un libre penseur qui voudrait bien avoir pour ami un bon curé ".
Le roman : L'Imposture, de Georges Bernanos. L'histoire de l'abbé Cenabre, prêtre sans foi, imposteur, rongé par le mal de l'orgueil et du mensonge. Certains ont vu derrière le personnage principal la figure de l'abbé Brémond et font du livre une attaque contre le clergé progressiste de cette époque (les années 30). C'est bien sûr une lecture possible mais il serait peut-être un peu commode de s'en tenir là. Bernanos débusque le mal et le montre au travail dans une âme consentante. C'est fascinant et terrifiant. La suite de L'Imposture est La Joie que je n'ai pas encore commencé.

( 968304 )
Et Ist Wieder Da. par oblique (2023-07-31 17:45:17)
[en réponse à 968281]
Ma recommandation est pour les germanisants, je m'excuse ça ne représente qu'une petite partie des liseurs.
Je recommande la lecture de
Er Ist Wieder Da. Un film en a été tiré qui est très intéressant, mais différemment intéressant. L'avantage du film tient dans les scènes en caméra cachée, et dans la qualité de jeu de l'acteur principal qui a réussi à reproduire le phrasé et la gestuelle de celui qu'il incarne ; l'avantage du livre c'est que c'est évidemment bien plus riche et surtout il y a tout un travail sur la langue. Je crois que c'est la 4e fois que je le lis.
L'histoire est celle d'un homme à moustache qui se réveille à Berlin, 68 ans après avril 1945, sans s'expliquer comment il a pu dormir aussi longtemps, et qui découvre que le monde a énormément changé. Mais aussi que le peuple allemand est toujours là, et qu'il convient de le guider dans le bon chemin.
Il découvre la télévision et il est effrayé. Il sait bien qu'il faut divertir le peuple par des comédies légères quand les choses vont mal. Mais devant l'imbécillité des programmes, il se dit que les choses vont sûrement très très mal.
Très rapidement, il rencontre des personnes qui le prennent pour un imitateur remarquable, et qui l'invitent dans un show télévisé du niveau de celui de Hanouna. Ça correspond dans le film à l'extrait dont je donne plus bas la vidéo.
C'est d'une drôlerie et d'un malaise parfait, quand le personnage principal découvre le nouveau monde sur lequel il pose un regard somme toute pragmatique, sur quelques centaines de pages écrites à la première personne. Sa colère par exemple quand il découvre que non seulement la Pologne existe encore, mais qu'elle existe sur des territoires allemands. Ou alors quand la patronne de la chaîne de télé met une limite («Les juifs ne sont pas être un sujet de plaisanterie») et que l'orateur se dit qu'en voilà une au moins qui partage sa vision.
Le livre par contre n'a pas du tout fait rire les Allemands les plus âgés. Ce qui était tous jeunes à l'époque, mais qui se rappellent les mères veuves, les survivants estropiés, les villes en ruine, la fuite de l'est, les femmes violées, les prisonniers qu'on a attendu et qui jamais ne sont revenus, ceux qui sont revenus et qu'on croyait mort, et la honte d'être allemand. Pour tout cela rien de ce qui touche au troisième Reich ne peut être drôle.
Pour l'anecdote, le patron du NPD (parti néonazi) de l'époque a fait une dépression nerveuse après avoir vu comment il était représenté dans le film : comme un pétochard, absolument pas à la hauteur du projet national-socialiste, même pas fichu de soutenir les auteurs d'une série de meurtres racistes.
Le message général que le personnage principal, qui parle à la première personne, fait passer dans le livre c'est qu'on peut pas en vouloir aux Allemands pour la 2nde guerre mondiale : le coup d'après sera le bon, même s'ils ont perdu deux fois!
https://youtu.be/kBqwtHnc9ho

( 968337 )
Suggestion : la lecture des oeuvres complètes de Joseph Conrad par Scrutator Sapientiæ (2023-08-03 08:15:37)
[en réponse à 968281]
Bonjour XA,
Ce qui suit n'est qu'une suggestion : la lecture des oeuvres complètes de Joseph Conrad, dans les quatre premiers volumes consacrés à cet auteur, dans la Pléiade. C'est à la fois très agréable et très intéressant à lire, et c'est également proprice à une prise de distance par rapport à la période actuelle et à une réflexion personnelle sur l'histoire de la litterature occidentale et sur celle du monde contemporain à la fin du XIXÈME siècle et au début du XXÈME siècle.
Le contenu de la suggestion qui précède représente un investissement non négligeable, en argent et en temps, mais nous sommes ici en présence de l'un des monuments de toute l'histoire de la littérature mondiale.
Bonne journée.
Scrutator.

( 968352 )
Suggestion : La guerre de sécession, de J M Mc Pherson par Scrutator Sapientiæ (2023-08-03 11:30:26)
[en réponse à 968337]
Rebonjour,
Voici une autre suggestion, qui découle d'une lecture récente : "La guerre de sécession", de J M Mc Pherson, aux éditions Robert Laffont, dans la collection Bouquins.
Ce livre est indispensable à la compréhension de l'histoire passée des Etats-Uniens, et aussi, peut-être, à celle de l'histoire à venir des Européens, mais il faudra sans doute, alors, parler plutôt en termes de guerres de partitions.
Ce livre n'évoque pas que la dimension militaire du conflit, et l'évoque d'une manière assez accessible.
Bonne journée.
Scrutator.

( 968361 )
Ce livre par Jean-Paul PARFU (2023-08-03 15:01:30)
[en réponse à 968352]
Doit être très intéressant. Je m'intéresse également beaucoup à la Guerre de Sécession.

( 968371 )
Ce livre est "bluffant" sur la période 1815-1860 par Scrutator Sapientiæ (2023-08-03 20:11:28)
[en réponse à 968361]
Rebonjour,
Le premier quart ou tiers du livre de Mc Pherson est absolument passionnant sur la période située entre 1815 et 1860, sur l'évolution de la culture, de l'économie, de la politique et de la société aux Etats-Unis.
La description de la dynamique et des mécanismes qui ont contribué à l'ascension de l'antagonisme entre le Nord et le Sud, dans les années 1840-1850, jusqu'à l'explosion du printemps 1861, est extrêmement enrichissante.
L'évolution de la politique intérieure des Etats-Unis est présentée au moyen d'une érudition ahurissante et, grâce à cela, on comprend vraiment bien pourquoi les uns et les autres ont fini par se battre, au terme d'au moins vingt années de bipolarisation mentale et sociale.
Voilà ce qui arrive quand l'exaspération est à son comble, et quand il apparaît assez clairement, en définitive, qu'il n'existe plus la moindre alternative à la guerre, même si c'est une guerre civile.
Bonne soirée.
Scrutator.

( 968378 )
Le Sud par Jean-Paul PARFU (2023-08-03 21:28:47)
[en réponse à 968371]
Appartenait, en fait, encore au monde caribéen et qui n'avait pas rompu avec les puissances coloniales.
Le Nord appartenait lui, culturellement et économiquement, au monde européen de l'Ouest et du Nord, mais fondé en opposition aux puissances européennes, notamment pour des raisons de libertés religieuses.
Le Sud était plus spartiate et militariste que le Nord. Si la guerre était courte, c'était le Sud qui gagnait. Mais le temps qui passait jouait pour le Nord et ses ressources humaines et industrielles.
La frontière passait, en gros, juste au sud de la capitale Washington.

( 968375 )
Ah OUI ! par Adso (2023-08-03 21:02:01)
[en réponse à 968352]
Très bien ! Lu trois fois ! Très complet et équilibré !

( 968355 )
Je lis par Jean-Paul PARFU (2023-08-03 12:41:01)
[en réponse à 968281]

( 968360 )
Pour se détendre et sourire... par vistemboir2 (2023-08-03 14:53:54)
[en réponse à 968281]

( 968385 )
Plusieurs par Athanase (2023-08-04 00:27:00)
[en réponse à 968281]
- Nicolas Giampetro, Le cardinal Antonelli et les développements de la réforme liturgique de 1948 à 1970, Apoc-Le Forum, 2004.
- Ian Kershaw, L’Europe en enfer. 1914-1948, 2016.
- Libératus de Carthage, Abrégé de l’histoire des nestoriens et des eutychiens des Nestoriens et des Eutychiens, Cerf, coll. « Sources chrétiennes ».
Le premier est intéressant, mais un peu ardu (cela reste une thèse !). Néanmoins, il permet de comprendre la dynamique desagregatrice qui a caractérisé l’effondrement de la liturgie. Le cardinal Antonelli n’était pas un opposant à la réforme liturgique, mais il voit comment le Consilium procède à une fuite en avant en voulant traiter de tout et avec une organisation foutraque des travaux.
Le second est une vue générale sur toute cette crise que l’Europe a subi pendant cette « guerre de 30 ans »: deux conflits mondiaux, un entre-deux-guerres marqué par une crise économique, mais aussi une volonté de reconstruction à la fin des années 30. L’auteur rend justice à Pie XII et réfute la thèse du « Pape d’Hitler ».
Le troisième décrit ces hérésies qui ont pullulé dans l’Église entre 431 et 451 sous le regard d’un clerc qui n’est ni lié à Carthage, ni lié à Rome. Il y eut donc un autre centre de la foi.

( 968386 )
Cet été par MG (2023-08-04 08:50:51)
[en réponse à 968281]
je relis avec joie : "Les nouvelles complètes" de Marcel Aymé, puis quelques Volkoff. L'été étant pour moi la période des relectures.
Et pour compléter la liste en étant honnête je relis aussi quelques romans policiers de A.D.G !

( 968408 )
Renaissance italienne par Eucher (2023-08-04 18:16:22)
[en réponse à 968281]
Je lis en matrice J. Burckhardt, La Civilisation de la Renaissance en Italie, et je suis ses recommandations littéraires.
Dont, en ce moment, l'épopée chrétienne de Jacopo Sannazaro (« Actius Sincerus », 1458-1530), De Partu Virginis.
-Eucher

( 968462 )
Anthologie de la poésie grecque, par Robert Brasillach par Hepzibah (2023-08-06 21:03:50)
[en réponse à 968281]
Choix, traduction et notices par R. B.
Je commence par le début: l'Iliade. Des extraits.
Le traducteur ne cache pas que le texte complet est d'une certaine et terrible monotonie, avec ses batailles revenant comme marées et étripaillages à gogo.
Puis des extraits de l'Odyssée.
Ensuite les hymnes homériques...
J'ai de quoi lire.
Côté catho, un missel très ancien.
Une ou deux biographies aussi.
Pour l'attente au parking un PD James ou Henri Coulonges.
Si le temps se lève durablement, je lirai moins évidemment.
Vive la marche !

( 968505 )
"Bernadette, la guerrière désarmée" par le torrentiel (2023-08-08 09:31:41)
[en réponse à 968281]
Achevé avant l’aube la lecture du livre d’Anne Bernet sur la vie de Bernadette. Très content d’avoir préparé notre voyage ou notre pèlerinage à Lourdes en menant cette lecture à bien. Je n’exclus pas de lire d’autres livres sur « la favorisée de Notre-Dame », mais je savais que l'historienne Anne Bernet saurait m’introduire dans le mystère de cette vie: elle écrit sans pathos, d’une plume alerte, qui s’efforce de respecter la neutralité des faits. Le livre m’est quelquefois tombé des mains, tant les mesquineries des persécuteurs de Bernadette étaient minables. Le caractère de Bernadette ne m’a pas toujours convenu : je n’aimais pas qu’elle parlât à voix forte et talochât ses frères et sœurs. Mais la manière dont elle a subi ses vexations en voulant rejoindre le Christ sur la croix est édifiante. « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroix », dysorthographiait-elle. Sa dernière parole en priant son chapelet fut : « Pauvre pécheresse », puis elle désigna le verre d’eau qu’elle ne pouvait plus attraper. C’était sa façon d’imiter involontairement le Christ s’écriant : « J’ai soif. » On lui tendit le verre d’eau, mais elle ne put pas en absorber le contenu. Elle n’aurait jamais cru qu’il fallût tant souffrir pour mourir. Elle s’éteint à 3 heures. Auparavant, une sr Nathalie, éducatrice de jeunes enfants sourds et aveugles et « fine psychologue », écrit Anne Bernet, est venue apaiser ses scrupules. « Ton cœur aurait beau t’accuser, Dieu est plus grand que ton cœur et tous les mérites du Cœur de Jésus sont à nous. » C’est une certaine mère Marie-Joséphine qui a constaté qu’elle était à l’agonie et a fait avertir la communauté qu’elle devait l’aider à mourir. Ma Nathalie et moi avons connu une charmante Marie-Joséphine, cousine du Père Anne-Guillaume Vernackt, membre de la communauté st-Martin. Elle était sacristine à Montligeon que son cousin desservait comme prêtre et où nous allions voir Franck qui y avait été placé contre son gré et n’y était pas heureux. Dieu nous fait signe jusqu’à ce passage de témoin à travers des personnes qui portent le même prénom plein du même message.
C’est sr Gabrielle, l’infirmière qui l’avait détrôné à l’infirmerie de la maison mère des sœurs de la charité de Nevers, seul endroit de sa vie religieuse où elle était à la fois estimée de ses sœurs et pouvait s’occuper des autres, qui récita pour elle la prière des agonisants et lui ferma les yeux. Recevant une catéchèse sur le péché mortel lui signalant qu’on ne commettait celui-ci qu’à condition de connaître sa gravité et de le commettre malgré tout, elle dit qu’elle n’avait jamais voulu commettre un seul péché. L’avocat du diable se fit fort de lui en trouver un : cette « pauvre pécheresse » a commis un « péché de pauvre », écrit Anne Bernet, en jetant son sabot dans le jardin de l’auspice de Lourdes où elle avait trouvé un inanical refuge après le bruit qu’elle avait provoqué du fait de ses apparitions, sabot jeté pour que son amie Julie Casès, en allant le ramasser, puisse en profiter pour chaparder des fraises.
Bernadette était prévenue contre toute espèce de commerce et voulait que sa sœur Toinette en préservât son petit frère Bernard-Pierre. « Car le démon se sert de l’argent » pour détourner les hommes de faire le bien en se donnant. Elle était désolée que des marchands du temple profitent de la sainte Vierge pour se faire de l’argent.
Bernadette est une sorte d’anti-Thérèse. Thérèse fut la marraine de guerre des « poilus » de 14, mais est aujourd’hui rejetée par cette génération qui veut bâtir une Eglise adulte en ayant la maturité pour valeur cardinale et réparatrice des péchés de ses enfants contre les enfants. Thérèse cherchait une voie royale pour s’élever vers le ciel d’où elle promettait qu’elle ferait du bien sur la terre. Bernadette est prête à tous les sacrifices et s’abandonne entièrement au Christ crucifié pour souffrir et mourir en faisant du bien aux « pécheurs » pour lesquelles Aquero lui demandait de prier.Dès le constat de sa mort, elle trouve le bonheur qui lui avait été refusé dans ce monde, qu’il s’agisse du ciel où sa châsse préservée témoigne qu’elle est monté directement, morte en odeur de sainteté après avoir été injustement méprisée, ou de la terre où la renommée pour laquelle on l’a persécutée, se transforme aussitôt, mais trop tard, non pas en « culte public », sans quoi l’Eglise qui persécutait « la voix populaire » n’aurait pas permis qu’on la canonisât, mais la reconnaissance, y compris par ses sœurs nivernaises, que cette sœur toujours malade et « bonne à rien » avait été le grillon du foyer et le foyer de leur couvent.
Bernadette est victime d’une éducation où l’on prétendait combattre l’orgueil par l’humiliation et pallier l’absence d’une vertu par la vertu contraire. Pour avoir fait « pénitence », on lui a trop fait faire pénitence. On ne peut pas excuser le sadisme d’une Eglise qui lui a rendu le mal pour le bien.
Bernadette est un beau modèle pour notre temps. Peut-être me suis-je laissé prendre à la peinture qu’en a fait Anne Bernet, mais je ne m’y attendais pas. Je ne la mets pas en concurrence avec Mélanie et Maximin, les voyants de la Salette, dont Léon Bloy a admirablement raconté le secret et le martyre dans Celle qui pleure. Je reproche à l’Eglise d’avoir choisi Lourdes contre la Salette quand elle aurait pu faire cas des deux. Elle a préféré falsifier la Salette et en récupérant Lourdes parce que la Sainte Vierge y souriait et n’y pleurait pas, mais surtout parce que cette apparition n’avait rien de politique, tandis que la Salette est ouvertement royaliste et s’oppose à Napoléon III. À Lourdes, Marie est jeune ; à la Salette, c’est une femme mûre. Le secret de Mélanie, c’est d’avoir aimé cette mère, non parce qu’elle lui annonçait des malheurs et semblait se montrer abusive, mais parce qu’elle était si belle que Mélanie voulait mourir pour la revoir. Voilà le secret des amis de la mère de Dieu.

( 968637 )
Le temps des peurs de Michel Maffesoli par Luc Perrin (2023-08-10 12:28:01)
[en réponse à 968281]
publié cette année en juin aux éditions du Cerf.
Un petit livre, 213 pages, qui relit la folie occidentale portée au paroxysme depuis la plandémie en 2020. Des références à l'histoire "moderne" dont Jean Delumeau bien entendu, un style agréable accessible à tous, sans jargon obscur comme ses collègues sociologues aiment parsemer leurs études.
Pour qui regarde notre monde en dehors des lucarnes contrôlées - les media de grand chemin - et sans les oeillères du discours officiel du moment, il y aura plus une mise en forme de centaines d'observations faites par qui garde un sous de bon sens (peu).
La dimension spirituelle, plutôt sa cruelle absence jusques dans les diverses Églises et religions non chrétiennes absorbées par le libéralisme à forme totalitaire, est mise en valeur.

( 968683 )
C'est dingue !!!!! par Anne Charlotte Lundi (2023-08-11 19:25:39)
[en réponse à 968281]
Il n'y a que 22 liseurs du Forum catholique qui lisent un ou plusieurs livres cet été ?
Ce fil est pourtant intéressant pour échanger des idées, des conseils de lecture ou simplement donner envie de lire en présentant un bon livre !

( 968834 )
Non...! par Jipé (2023-08-16 18:57:34)
[en réponse à 968683]
Il n'y a que 22 liseurs qui ont répondu.
Je fais partie des liseurs qui n'ont pas répondu !

( 968856 )
mais bien cher Jipé par Anne Charlotte Lundi (2023-08-17 15:37:15)
[en réponse à 968834]
Partagez avec nous vos lectures. Ce serait intéressant pour tout le monde .
Je pense bien à vous deux et ravie d'avoir des bonnes nouvelles de votre épouse.

( 968854 )
Années après années, étés après étés ... par Glycéra (2023-08-17 15:12:59)
[en réponse à 968683]
Ces questions reviennent, elles ont leur intérêt.
Mais, aussi des limites : chacun énonce son titre, souvent sans trop d'indication de contenu ou de bénéfice retiré ...
Je désirerai des échanges plus riches sur les lectures ou les ouvrages qui se complètent ou qui apprennent d'autres angles et d'autres beautés sur Dieu et la Vie qu'IL nosu offre.
Il y a quelques années sieur XA n'envidageait-il pas une annexe au FC pour y parler d'ouvrages : résumé, intérêt, valeur, et avis de liseurs (posés, compétents, calmes et bienveillants pour écouter d'autres avis que le leur propre, sans tirer à la Kalachnikov sur la première opinion autre que la leur déjà formée.
Chère Madame,
l'été, je suis mauvaise lectrice, trop occupée à 300 % par les têtes blondes qui défilent et à qui je raconte et conte avec bonheur. Ensuite, l'automne est mon repos où les livres et les études ressortent ... Comme avant où les gens parlaient et lisaient aux veillées d'hiver, et s'activaient aux champs ou aux extérieurs en été.
Simple note d'une grand'mère qui dévore et digère moult pages au fil des jours ...
Bon été à vous
Glycéra

( 968688 )
Je lis... par Vox clamantis (2023-08-11 23:18:00)
[en réponse à 968281]
Le dessous des cartes. Le retour de la guerre, d'Emilie Aubry et Franck Têtard.
Un peu de géopolitique pour sortir la tête du guidon et saisir un peu les enjeux du monde qui vient (Asie, Pacifique...)

( 968809 )
Ma lecture cet été par Montserrat (2023-08-15 19:11:37)
[en réponse à 968281]
Discours sur les psaumes de saint Augustin. Sublime...

( 968878 )
Cet été par Théotime (2023-08-17 22:32:33)
[en réponse à 968281]
Pour une "heure spi" au calme, lors de vacances en famille surtout, je relis mes notes,
Prises lors des messes de l'année (homélies) et de topos d'abbés.
Emportez toujours un mini carnet avec vous à la messe, et écrivez discrètement.
Vous verrez combien cela ressource de les relire.
Surtout quand on est privé de messe pendant des semaines parfois.
Je relis aussi, cela fait du bien :
- Amour et Silence, par un Chartreux.
- Le chemin du vrai bonheur, par un Chartreux.
- La Force du Silence, Cardinal Sarah.
- Des extraits écrits sur un petit site que je tiens depuis trois ans, que j'avais oubliés, et cela m'aide de les redécouvrir.
- Des extraits du Père Charles Journet, " Comme une flèche de Feu" et " Les sept paroles du Christ en Croix ", livres magnifiques.
- Des écrits, lettres et carnets de Saint Charles de Foucauld.
En réserve :
- Il nous a tant donné, Cardinal Sarah : livre sur Benoît XVI
- Et d'autres ...
Je commence par cela le soir, puis termine par de bons livres de vacances pour détendre l'esprit : romans de Boileau Narcejac par exemple, ....
Théotime

( 968970 )
lectures par Alex (2023-08-20 17:38:55)
[en réponse à 968281]
Énumération, comme le regrette Glycéra:
"Philosophie de Pascal, le principe d'inquiétude" de Laurence Devillairs
Une histoire de la chapelle Notre-Dame de Férétra de Toulouse
Une vie de Saint-Martin, de Guillaume Hünermann
Tout autre chose, :
"Armand le bagnard, l'éternel évadé", d'André Bendjebbar. Il s'agit d'un récit historique sur l'histoire d'un déporté au bagne de Cayenne
A lire bientôt:
L'ouvrage conseillé par Luc de Montalte,
ici
Enfin, j'ai renoncé à poursuivre cet été, à peine commencée, la lecture du "paysan de la Garonne" de Maritain.

( 968997 )
Très bon choix par Luc de Montalte (2023-08-21 14:41:58)
[en réponse à 968970]
Heureux de voir que mes conseils de lecture servent à d'autres, le livre m'avait d'ailleurs été offert ! Bonne lecture !

( 969020 )
Yann-Vari Perrot et autres par Mauwgan (2023-08-21 23:59:38)
[en réponse à 968281]
- Yann Vari Perrot, une ame pour la Bretagne
- La Flamme Ardente du Carmel ( Bio de l'Abbe Hermann Cohen)
- Humilite du Coeur, Pere Cajetan Mary da Bergamo

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Lecture de travail… par Archange (2023-08-22 11:15:00)
[en réponse à 968281]
Les fonctions pontificales selon le rite romain des RR.PP Levavasseur & Stecky.
Sinon Histoire de la messe interdite de l’abbé Aulagnier.

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voici mes lectures par Cathether (2023-08-22 16:46:56)
[en réponse à 968281]
Le faucon maltais, de Dashiell Hammett
Les noces barbare, de Yann Queffelec
Promenades, de Jean de La Varende
La grande meute, de Paul Vialar
Les grands cimetières sous la lune, de Georges Bernanos
Au soleil redouté, de Michel Bussi
A venir
Saint Benoit et la vie de famille, de Don Massimo Lapponi
Tendres confessions, de Jean de La Varende
La désirade, de Jean-François Deniau

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[réponse] par Roger (2023-08-26 16:29:05)
[en réponse à 968281]
J'ai lu trois livres cet été :
La face cachée de 1940 : comment Churchill réussit à prolonger la guerre de François Delpla
Checkpoint Charlie de Gilles Perrault
La mémoire numismatique de l'Empire romain de Donatien Grau (avec des indications très intéressantes sur le fameux denier de Tibere mentionné dans l Évangile).

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Lectures par Quodvultdeus (2023-08-28 22:30:53)
[en réponse à 968281]
Quelques lectures estivales, mais également hivernales, printanières et - bientôt - automnales :
Souvenirs romantiques, par Victor Gille
Le très original pianiste Victor Gille (mort en 1964), que j'ai connu dans les années 50 du siècle dernier, y raconte quelques faits marquants de sa carrière consacrée essentiellement à Chopin. Sa toute première leçon de piano lui a été donnée par Liszt alors qu'il n'avait que trois ans.
Le secret de mon fils Carlo Acutis, par Antonia Acutis
La Maman du bienheureux Carlo révèle dans ce livre bien des secrets de son fils.
Choisie pour l'éternité, par Raphaëlle Simon
La vie de Soeur Marie-Ange, religieuse trisomique des Petites Soeurs Disciples de l'Agneau, près de Fontgombault.
Entrer dans la paix intérieure, par Thomas Joachim
Une belle méditation sur le psaume du Bon Berger (ps. 22)
Catéchisme de la vie spirituelle, par le cardinal Sarah
Excellent, comme tous les livres du cardinal Sarah.
La messe catholique, par Mgr Athanasius Schneider
avec comme sous-titre : Remettre Dieu au centre de la liturgie.
24 heures de la vie d'un moine, par dom Jean-Pierre Longeat
Un ancien père abbé de Ligugé dévoile au grand public quelques aspects de la vie monastique bénédictine.
Ce qu'est le Christianisme, par Benoît XVI
Le livre posthume du pape émérite.
La couleur du testament (roman), par Cédric-Charles Antoine
Un homme de 38 ans, marié et père de famille, travaillant à Paris, apprend avec stupeur, après la mort de ses parents, que ces derniers n'ont jamais été ses parents, que la France n'est pas son pays et que son nom n'est pas son vrai nom. Lorsqu'il apprend la vérité, le choc est rude. Un suspense énorme d'un bout à l'autre, qui nous mène jusqu'à Saint-Petersbourg et Helsinki.

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Histoire de comprendre ce qu'il s'y passe actuellement par Adso (2023-08-31 10:15:32)
[en réponse à 968281]
Histoire du Sahel par Bernard Lugan
Éditions du Rocher, 2023, 224 pages (ISBN 978-2268108582)

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Les Fioretti de Jeanne d'Arc par Cristo (2023-09-09 22:21:15)
[en réponse à 968281]
par Jean-Jacques BROUSSON, Flammarion, 1932.
Très bon livre que je recommande particulièrement, pour sa présentation, à ceux qui apprécient saint François d'Assise.
Je vous en recopie une en cadeau :
"De l'anneau que portait au doigt Jeanne d'Arc, et qu'avait touché Madame sainte Catherine.
Portait au doigt, ladite Jeanne, un petit anneau que sa mère lui avait donné. Il était de laiton, autrement appelé "aurichalque". L'aurichalque, c'est, dit-on, l'or des pauvres. Cet anneau n'avait pas de pierre. Il portait, au chaton, "Jésus-Maria", avec trois croix.
Et y tenait souvent et pieusement, la Pucelle, les regards fixés, parce qu'un jour, elle avait fait toucher ledit anneau de laiton, à Madame sainte Catherine. Et lui attribuait depuis, grande vertu. Toutefois, ne s'en servait pour opérer guérison. Quand les humbles, les simples et bonnes femmes venaient à elle, et lui faisaient toucher leur anneau au sien, elle les repoussait avec douceur" (p. 169).