Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=967988
images/icones/carnet.gif  ( 967988 )La réforme des psaumes par Paul VI par Roger (2023-07-21 18:30:38) 

L'excellent blog d'Yves Daoudal nous présente la façon curieuse dont Paul VI a élagué le psautier contre l'avis du synode des évêques

http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2023/07/21/paul-vi-contre-le-concile-6453303.html



Il reprend une étude américaine


https://www.newliturgicalmovement.org/2023/07/paul-vi-against-council-censorship-of.html?m=1



Cela me semble révélateur de deux questions
Primo les paroles émouvantes du Concile Vatican II sur la nécessité de lire et de méditer la Sainte Écriture étaient elles prises au sérieux par le pape ?
Secundo les mêmes paroles du Concile sur le synode des évêques étaient elles prises au sérieux par ce pape?

J'imagine aisément que notre bon pape François sera dans la même disposition d'esprit que Saint Paul VI dans le cadre de son Église synodale, Hélas ! J'espère me tromper évidemment








images/icones/carnet.gif  ( 967989 )Une réponse à la première question par AVV-VVK (2023-07-21 19:52:37) 
[en réponse à 967988]

Ici
1° juillet 1970 INVITATION DU CONCILE A UNE ETUDE PLUS APPROFONDIE DE LA BIBLE
10770

Chers fils et filles,


Parlons encore du Concile ! Vous avez remarqué que depuis le Concile, on parle très souvent de la Sainte Ecriture. Les références à l'Ecriture reviennent partout dans les documents conciliaires, spécialement dans la Constitution sur la Liturgie (cf. SC 24 SC 33 SC 35 SC 51...), sur l'Eglise (cf. LG 6 LG 15 LG 24), dans le Décret sur l'OEcuménisme (UR 21). Nous n'en finirions pas si nous voulions en faire la liste. Mais un document très important y a été consacré tout spécialement, c'est la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, qui s'intitule Dei Verbum selon les mots qui l'introduisent. C'est un des documents les plus importants du Concile ; fondamental, même, avec Lumen Gentium sur l'Eglise et Gaudium et spes sur les rapports entre l'Eglise et le monde. Il caractérise le processus doctrinal de l'Eglise à partir du Concile de Trente ; il insiste sur les questions bibliques les plus importantes qui ont surgi ces derniers temps ; il fixe la fonction de l'Ecriture par rapport à la révélation, recueille par écrit la parole de Dieu (cf. Dei Verbum, DV 7) et précise sa relation avec la Tradition (DV 8-9), énonce son rapport avec le magistère de l'Eglise (DV 10), donc avec la norme de la foi (DV 5).

On a remarqué que dans ce document ecclésial officiel a été acceptée, pour la première fois explicitement « l'économie du salut », et avec elle l'affirmation sur le développement des dogmes (cf. D. P. dupuy o.p., La Révélation divine, 1, 15 ss.) ; de même beaucoup d'autres nouveautés disciplinaires qui modifient celles du Concile de Trente (cf. denz.-sch. DS 1853-1854) et celles du Pape Clément XI, après la controverse sur la doctrine janséniste de Quesnel (cf. denz.-sch. DS 2479-2485), et qui souhaitent la préparation de traductions et d'éditions de l'Ecriture Sainte, réalisées avec le consentement de l'autorité de l'Eglise, faites en collaboration avec les Frères séparés (nn. DV 22 et DV 25).



Vatican II et les Encycliques des Papes


Bien des questions concernant la doctrine et les études sur la Bible sont traitées dans les cinq premiers chapitres de la Constitution qui s'inscrit par conséquent dans la série des grands documents pontificaux parus au cours des cent dernières années sur cette matière si importante (par exemple les encycliques Providentissimus Deus [1893] de Léon XIII, Spiritus Paraclitus [1920] de Benoît XV, Divino afflante Spiritu [1943] de Pie XII, etc.) ; un rappel nous surfit, un simple rappel, du chapitre VI de cette Constitution conciliaire, qui nous parle de la « Sainte Ecriture dans la vie de l'Eglise» et concerne donc directement tout le Peuple chrétien.

Que dit ce chapitre ?

Il nous dit, avant tout, combien l'Eglise a vénéré les Livres de l'Ecriture « comme règle suprême de la foi » (cf. DV 21) en même temps que la Tradition. Il est possible qu'une intention apologétique ne soit pas étrangère à cette affirmation, qui défend l'Eglise catholique, histoire et littérature sacrée à la main, d'avoir moins estimé et aimé l'Ecriture que les protestants du XVI° siècle, qui la considéraient comme l'unique norme de la foi : « sola Scriptura », l'isolant de l'Eglise et de la tradition primitive, ainsi que de la tradition plus récente, sauf de permettre à tout lecteur de la Bible, pratiquement, d'y trouver le sens qui lui plaît, selon une prétendue illumination de l'Esprit Saint, aux dépens du contenu comme de l'unité de la foi. La sainte Ecriture est parole de Dieu pour l'Eglise, inspirée par Lui, donc, dans sa signification authentique propre, garantie d'inerrance divine (cf. Dei Verbum, DV 1). Rappelons, parmi les innombrables témoignages de l'estime professée par l'Eglise envers la Sainte Ecriture, celui de Saint Jérôme : « Ignoratio ... Scripturarum ignoratio Christi est » (Comm. in h., Prol. ; PL 24, 17).

Que reconnaît l'Eglise dans la Sainte Ecriture ? Elle y reconnaît l'immutabilité de sa doctrine (cf. Jn 10,35 où le Christ déclare : « L'Ecriture ne peut être abolie ») ; la validité et l'authenticité permanentes de la Parole de Dieu, qui y est contenue ; elle reconnaît en elle une inépuisable fécondité spirituelle, une valeur prophétique, qui peut atteindre avec le souffle de l'Esprit Saint n'importe quelle situation humaine, historique ou sociologique ; elle y reconnaît la source de la prédication et de la catéchèse ecclésiales, et spécialement elle y reconnaît un aliment spirituel.

Relisons au moins une page de cet enseignement lumineux : « Il faut donc que toute la prédication ecclésiastique, comme la religion chrétienne elle-même, soit nourrie et régie par la Sainte Ecriture. Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or la force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu'elles constituent, pour l'Eglise, son point d'appui et sa vigueur et, pour les enfants de l'Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle. Dès lors ces mots s'appliquent parfaitement à la Sainte Ecriture : « Elle est vivante donc et efficace la parole de Dieu » (He 4,12), « qui a le pouvoir d'édifier et de donner l'héritage avec tous les sanctifiés » (Ac 20,32 1Th 2,13).

L'idée de nourriture spirituelle de l'ame se retrouve encore deux fois dans Dei Verbum, toujours en référence aux célèbres paroles de l'« Imitation du Christ » (1. IV, 11) qui réunit la nourriture de la Parole de Dieu et la nourriture eucharistique : « l'Eglise a toujours vénéré les divines Ecritures, comme elle l'a toujours fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la Sainte Liturgie, de prendre, sur l'unique table de la parole de Dieu et du Corps du Christ, le pain de vie pour l'offrir aux fidèles » (DV 21 et cf. DV 26).



Un domaine ouvert à la recherche


Donc, si nous voulons être des disciples attentifs et fidèles au Concile, nous devons tous donner une importance nouvelle et grande à la Sainte Ecriture, à son écoute surtout, maintenant que la réforme liturgique a donné tant de place et tant d'honneur à la parole de Dieu. Il ne suffit pas d'écouter, il faut méditer, c'est-à-dire assimiler. Donc la lecture de la S. Ecriture est nécessaire, et nécessaire son étude. Nous rencontrerons beaucoup de difficultés, mais pour celui qui étudie en priant (« orent ut intelligant », qu'ils prient pour comprendre, disait S. augustin, De doctr. christiana 3, 56 ; PL 34, 89), et cherche l'aide des bons exégètes guidés par l'Eglise, les difficultés deviendront un stimulant pour mieux comprendre et à la fin pour une union plus intime avec la Parole de Dieu (cf. P. martini, La Cost. Dogm. sulla Divina Riv. , pp. 417-465, L.D.C., Torino).

Voici un nouveau domaine ouvert aux chercheurs de Dieu, aux fils fidèles de l'Eglise du Concile. Nous vous exhortons à y entrer avec notre Bénédiction Apostolique.

Source: www.clerus org.
images/icones/1b.gif  ( 967990 )Vous oubliez le "meilleur"... par vistemboir2 (2023-07-21 19:55:17) 
[en réponse à 967988]

Les dispositions de Sacrosanctum Concilium ont-elles été prises au sérieux par Paul VI dans sa réforme liturgique ?
images/icones/carnet.gif  ( 967992 )En effet par Roger (2023-07-21 21:16:02) 
[en réponse à 967990]

Derrière l'apparence "parlementaire " ( si j'ose dire) à laquelle les médias et les chrétiens de gauche sont attachés,
concile et synodalite pourraient bien se résumer au simple habillage d'une forme ecclésiastique de pouvoir personnel !
Pardonnez chers liseurs ce moment d'humeur !
images/icones/carnet.gif  ( 968043 )clairement non : le Consilium s'est affranchi du texte conciliaire par Luc Perrin (2023-07-24 15:40:38) 
[en réponse à 967990]

pour l'essentiel.

Joseph Ratzinger et tant d'autres ont rappelé l'aspect "fabriqué" du N.O.M. et le Père Bouyer a plusieurs fois exposé (avec d'autres) les écarts notoires entre le texte signé par Paul VI en 1969 et la constitution liturgique de Vatican II.
- pas question de toucher à la "liturgie de la table" dans Vatican II
- évidemment pas de création de Prières eucharistiques plus nombreuses que des boutons de fièvre
- pas d'élimination intégrale du latin
- maintien du grégorien comme "chant propre"

et surtout, surtout, Vatican II fixe une règle "herméneutique" de réforme a minima. J'ai souvent cité l'article que 99,5% des clercs ignorent avec superbe, l'article 23 (mais il y a aussi le n°4 pour les rits orientaux qui incite à "la prudence dans l'esprit d'une saine tradition"), article qui explicite le mandat de "restauration" (qui comporte des limitations aussi) qui se trouve au n°21.

" Afin que soit maintenue la saine tradition, et que pourtant la voie soit ouverte à un progrès légitime, pour chacune des parties de la liturgie qui sont à réviser, il faudra toujours commencer par une soigneuse étude théologique, historique, pastorale. En outre, on prendra en considération aussi bien les lois générales de la structure et de l’esprit de la liturgie que l’expérience qui découle de la récente restauration liturgique et des indults accordés en divers endroits. Enfin, on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique.
On veillera enfin, dans la mesure du possible, à ce qu’il n’y ait pas de notables différences rituelles entre des régions limitrophes. "

Vatican II cet inconnu ... le mandat donné au Consilium (et aux papes) était donc très restrictif. L'abus de pouvoir/d'autorité est manifeste dès la promulgation du N.O.M. en 1969 avant même la prétention d'interdire le V.O.M

Ces deux abus ont des causes qui atténuent grandement la faute de Paul VI mais on sait les limites du "responsable mais pas coupable" et ce que le Christ dans la parabole des talents dit au mauvais intendant.
images/icones/carnet.gif  ( 968055 )Tout à fait cher professeur par Roger (2023-07-25 08:14:12) 
[en réponse à 968043]

Le consilium était subordonné au pape en droit et en fait et c'est le pape qui a promulgué le nouveau Missel .

Bon un autrecproblème est que ni Paul VI ni personne n'a cherché à expliquer le grand écart entre la restauration voulue par le concile et la réécriture quasi complète opérée par le consilium.

Dans ses discours de novembre 1969 Paul VI dit bien qu il appliquait simplement le concile.

Existerait il d'autres textes qui seraient plus exacts sur la raison de l'audace du souverain Pontife ? Sur le fond on voit bien que c'est l'excitation réformatrice du clergé français ou néerlandais qui a créé la panique à Rome...mais sur la forme il me semble que nous faisons face à un déni. Me trompé je?
images/icones/carnet.gif  ( 968076 )beaucoup de coupables avérés se disent innocents en premier lieu par Luc Perrin (2023-07-25 18:48:26) 
[en réponse à 968055]

cela vaut ici pour Paul VI pour cette affirmation clairement mensongère de même qu'était également historiquement et factuellement fausse sa comparaison entre sa révolution et la révision opérée par Pie V, très modeste pour le coup conforme à la règle fixée par Vatican II de la cohérence rituelle.

Bouyer et d'autres ont déjà évoqué les raisons de Paul VI - lui-même dans son homélie fréquemment citée sur le FC de la 1ère messe en italien de 1965.

Au passage le chaos néo-liturgique n'est pas que franco-néerlandais, très loin de là !!! La messe "Western" de notre ami canadien, sans le nom, a sévi dans toute l'Amérique du Nord : en matière d'abominations "créatives", tout le continent américain du Nord au Sud s'est illustré. Horreurs aussi en Suisse, en Belgique, en GB (cf. La paix de Mgr Forester version romanesque de faits réels), l'Espagne surtout après la mort de Franco ... L'Asie a aussi eu ses "messes" Pachamama si je puis dire très tôt, l'interreligieux dévoyé s'y est répandu tôt dans les années 1980. L'Océanie a souffert aussi.
De tous les continents, l'Afrique a été le plus préservé largement parce que la modernité libérale ne touche qu'une frange occidentalisée de la population.

Les raisons de Paul VI sont à la fois d'ordre positif au départ et d'ordre négatif assez vite :

- il est convaincu depuis son épiscopat milanais au moins que la néo-liturgie est un outil au service de la pastorale missionnaire. A la différence radicale du Pontife régnant, Paul VI est tout entier dans l'évangélisation (réelle)/la Mission.
Il se trompait lourdement quant à l'efficacité du NOM en ce domaine mais c'est une erreur qui à ce moment était répandue et excusable : on ne savait pas. Continuer par contre et cela accable surtout ses successeurs là c'est plus grave car on ne peut plus être de bonne foi au vu des chiffres, des enquêtes, des rapports multiples.

- sur un plan d'ordre négatif, il cherche à maintenir un semblant d'ordre liturgique en endiguant, pense-t-il, le tsunami d'anarchie la plus dévastatrice qu'ait jamais connu l'histoire de la liturgie si on excepte les radicaux iconoclastes protestants auxquels ce tsunami peut être comparé.
J'ai souvent rappelé qu'en 1969, une immense majorité de prêtres français interrogés par la commission évêques-prêtres dans un questionnaire ne voulait PLUS AUCUN MISSEL DU TOUT !
Oui vous m'avez bien lu : près des 3/4 veulent une liturgie paroissiale 100% à la carte, à décider au coup par coup par les acteurs locaux.
En 1966 on a répertorié le texte de 50 "prières eucharistiques" sauvages aux Pays-Bas alors que les 4 officielles ne sont promulguées qu'en 1968. Et encore ce sont 50 dont on a conservé le texte, rien ne dit que ce n'était pas 100, 200 plus dans les faits.

A cela s'ajoutent les intrigues et manoeuvres de l'ignoble Annibale dont Bouyer ne dévoile qu'une petite partie hélas, ayant du mal à surmonter son dégoût face au personnage. Et via Annibale le lazariste du diable combien d'autres dans ses réseaux étendus à tout l'Occident ...

Le cas de Paul VI est plaidable au tribunal de l'Éternel, les papes qui persistent après lui dans la glorification du NOM devront se trouver un Dupont-Moretti ...
images/icones/carnet.gif  ( 967993 )Bugnini par Roger (2023-07-21 21:19:21) 
[en réponse à 967988]


Toujours sur l'excellent blog d'Yves Daoudal on trouve cette intéressante référence qui décrit bien les idées très personnelles de Mgr Bugnini :


https://hommenouveau.fr/bugnini-1949/
images/icones/carnet.gif  ( 968004 )Francois d'accord avec Daoudal ! par Roger (2023-07-21 22:53:39) 
[en réponse à 967988]

L'article du "New liturgical movement" signale une très étonnante prise de position de François déplorant la "censure " des psaumes.
Il s'agit d'un discours de 2020 au clergé de Rome :


http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2020/february/documents/papa-francesco_20200227_clero-roma.html


Je signale l'extrait :

"La relation avec Dieu — plus que la déception pastorale — peut être cause de profonde amertume. Parfois, il semble presque qu'il ne respecte pas les attentes d'une vie épanouie et abondante que nous avions le jour de notre ordination. Parfois une interminable adolescence n'aide pas à passer du rêve à la spes.

Peut-être qu'en tant que prêtres, nous sommes trop "corrects" dans notre relation avec Dieu et nous n'osons pas protester dans nos prières, comme le fait très souvent le psalmiste - non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour notre peuple ; car le pasteur porte aussi l'amertume de son peuple — mais les psaumes aussi ont été « censurés » et rarement nous faisons nôtre la spiritualité de la contestation.

On tombe ainsi dans le cynisme : mécontentement et quelque peu frustré. La vraie protestation — celle de l'adulte — n'est pas contre Dieu mais devant lui parce qu'elle procède précisément de la confiance en lui : l'adorateur rappelle au Père qui il est et ce qui est digne de son nom. Nous devons sanctifier son nom, mais parfois les disciples doivent réveiller le Seigneur et lui dire : "Peu importe que nous périssions" (Mc 4, 35-41). Ainsi, le Seigneur veut nous impliquer directement dans son Royaume, non comme spectateurs"
images/icones/bible.gif  ( 968046 )By the Rivers of Babylon par PEB (2023-07-24 17:58:44) 
[en réponse à 968004]

Ce negro-spiritual est tiré du psaume 136.

Or, les trois derniers versets ont été censurés !

07 [Souviens-toi, Seigneur, des fils du pays d'Édom, +
et de ce jour à Jérusalem *
où ils criaient : « Détruisez-la, détruisez-la de fond en comble ! »

08 O Babylone misérable, +
heureux qui te revaudra les maux que tu nous valus ; *
09 heureux qui saisira tes enfants, pour les briser contre le roc !]


Sans cette conclusion, on en perd tout le sel (qui se dénature donc...) (Mt 5, 13)

Babylone, c'est la structure de péché dans lequel nous sommes enfermés. Et ses enfants ne sont-ils pas les fruits du mal qui nous accable ? A juste titre, les fils de l'esclavage afro-américain y virent les fouets de l'injustice.

Notre Seigneur lui-même chanta ce cri et cria ce chant dans sa Sainte Agonie.

Cet exemple montre à quel point, cette réforme du psautier est emplie d'un "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil !" plus qu'exaspérant.
images/icones/fleche2.gif  ( 968210 )Quid de la place des Psaumes dans la piété de Paul VI ? par Scrutator Sapientiæ (2023-07-28 13:21:28) 
[en réponse à 967988]

Bonjour Roger,

La question est de savoir quelle été la place effective des Psaumes, tels qu'ils ont été compris jusqu'à Pie XII inclus, dans la piété personnelle quotidienne de Jean-Baptiste / Paul VI et dans celle de ses complices ante-conciliaires et conciliaires puis post-conciliaires, à partir de la fin des années 1920.

Les futurs maîtres d'oeuvre de l'avant-Concile, du Concile et de l'après-Concile ont-ils connu, compris, aimé la spiritualité traditionnelle, ou celle-ci a-t-elle été, de leur point de vue, un fardeau pesant, à alléger, à amollir, à amputer et à attiédir à la première occasion ?

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/carnet.gif  ( 968216 )Réponse quasi définitive par Roger (2023-07-28 16:57:43) 
[en réponse à 968210]

Je crois que bien des clercs considéraient que leur fonction était d'abord pastorale c'est-à-dire pédagogique voire socio culturelle .

Ils voyaient très probablement la lecture du bréviaire comme une contrainte pénible et sans fruit.


Certains (pas Paul VI à mon avis) allaient plus loin et negligeaient même l'administration des sacrements..."un prêtre n'est pas un distributeur de sacrements ".
images/icones/info2.gif  ( 968257 )en complément de Roger dans le même sens par Luc Perrin (2023-07-30 00:18:04) 
[en réponse à 968210]

la réforme du bréviaire par simplification puis exemption/dérogation est un sujet de premier plan depuis le début du XXe siècle et saint Pie X.

Pour le coup, Paul VI est dans une continuité qui tend à marginaliser voire éliminer la lecture du bréviaire et des prières équivalentes pour les ordres religieux féminins.
C'est une tendance massive dans le clergé séculier aussi bien que régulier.

Avec des exceptions comme à Saint-Séverin au temps du Père Connan où le clergé s'efforce de le dire ensemble et en communauté avec les laïcs au moins pour certaines heures. Ceci dès 1949-1950. Un aspect qui se retrouve par la suite avec la Fraternité monastique de Jérusalem.

Mais pour l'immense majorité, la volonté de rabaisser le bréviaire domine : c'est d'ailleurs LA revendication n°1 dans les vota de 1959-1960 par ailleurs très mesurés, d'une prudence de loup.

Ce point fait davantage consensus avant 1959 que le Mouvement liturgique lui-même. Haro sur le bréviaire, c'est vraiment le cri de tous les clercs - d'une grande majorité du moins et dans l'épiscopat - dans les 60 ans qui précèdent Vatican II et la révolution néo-liturgique de Paul VI.

Une note particulière toutefois pour la "liturgie des Heures" nouvelle : sa trahison systématique en matière de traduction est un apport neuf des maniaques décrits par le Père Bouyer.
Avant 1960, on souhaite une réduction du temps mais pas une dénaturation. Le Psautier Bea (sj) en latin "parfait" voulu par Pie XII en 1945 mais non imposé fut un échec retentissant au grand dépit du Vénérable Pontife. Le rejet fut quasi unanime.