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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 968156 )27/07 St Pantaléon, martyr par ami de la Miséricorde (2023-07-27 08:48:45) 



De la férie

Messe comme au dimanche précédent ou messe de la Mémoire




Mémoire de S. Pantaléon, martyr

Biographie de Saint Pantaléon de Nicomédie

Prière à Saint Pantaléon

Ô bienheureux et béni Saint Pantaleon,
Martyr pour l'amour de Dieu et médecin pour l'amour du prochain
Vous avez fait tant de biens quand vous étiez sur terre,
guérissant malades et maladies
tous ceux qui venaient vers vous et demandaient votre aide,
Aujourd'hui j'invoque votre nom glorieux avec foi et espérance.
parce que je sais que Dieu vous a donné ce don
précieux à vous puissant médiateur,
et à travers vous, depuis les Hauteurs,
accordez de nombreux miracles et faites des merveilles
en faveur des malades.

Bon saint Pantaléon,
acclamé pour les nombreux miracles que vous avez accomplis,
Vous qui êtes un puissant protecteur des malades
et bienfaisant patron des médecins,
priez pour la guérison totale de *...*
qui a maintenant tant besoin de santé,
bénissez les mains de vos médecins
et rendez efficaces les médicaments qu'ils administrent,
qu'il ne manque pas des meilleurs soins
loin de la douleur et de la souffrance,
donnez lui de l'encouragement, de l'énergie et de l'espoir.

Saint Pantaléon, pour vos mérites,
pour votre grand coeur et votre générosité
Je vous prie d'adresser mes requêtes à Dieu
et faites-les entendre dès que possible.
Qu'il en soit ainsi.

Ô Dieu tout-puissant, vous qui nous avez donné la santé,
et êtes notre force, ne nous abandonnez pas,
ne quittez pas des yeux votre serviteur qui a besoin de vous,
ne laissez plus la maladie épuiser son corps
et par l'intercession du médecin miraculeux Pantaleon,
réconfortez le corps et l'âme de *...*
qui souffre aujourd'hui d'une grave maladie.

Père tout-puissant qui prenez soin de nous avec amour
envoyez votre pouvoir de guérison pour restaurer la santé de *...*.

Seigneur, par l'intercession du jeune saint Pantaleon,
pour défendre votre honneur et ne pas abandonner votre foi
et tomber sous les coups cruels de ses poursuivants,
nous vous demandons d'aider *...*
pour qu'il retrouve bientôt sa vitalité
et que toute maladie quitte ton corps,
que je puisse vous louer et vous bénir
pour toujours et à jamais.

Nous vous le demandons par votre Fils Jésus,
qui est la santé et la Lumière du monde.
Qu'il en soit ainsi.
images/icones/carnet.gif  ( 968164 )Un conte normand sur saint Pan­ta­lion, le gué­ris­seux des dou­leurs par Emmanuel (2023-07-27 11:36:06) 
[en réponse à 968156]

Voici un conte normand que j'affectionne pour son style et pour la sincérité de la foi paysanne (source : Et maintenant une histoire !)

Nos « bons vieux Saints »
Auteur : Bourgine, Édouard

(conte normand)

À l’as­sem­blée de Rati­mes­nil qui se tenait dans sa vaste cour, le caba­re­tier Heur­taux, debout dans une car­riole fixée entre deux troncs de pom­miers, fai­sait dan­ser la « jeu­nesse » aux sons de son crin­crin. Il bat­tait lui-même de tels entre­chats que, mal­adroi­te­ment, il se fou­la le pied.

Dès lors, il pas­sa le plus clair de son temps à jouer aux domi­nos avec quelques vieux du pays. Venait se joindre à eux, dans la soi­rée, le fils Farin César, que le père Heur­taux avait pris en ami­tié et appe­lait fami­liè­re­ment « son bezeau ». Ce jeune cam­pa­gnard n’é­tait pas fâché de pou­voir ain­si « cau­ser un brin » à la belle Léo­nie, la fille de la maison […].

Cette Léo­nie, si fié­rote et si froide en appa­rence, aspi­rait de toute son âme au mariage, mais Farin n’i­gno­rait pas que le père s’y oppo­se­rait tant qu’il ne serait pas plus valide. On avait trop besoin d’elle au cabaret.

Heur­taux, sur les conseils réité­rés de ses clients, s’en fut consul­ter un rebou­teux du vil­lage, qui « tra­vailla » son entorse durant neuf jours, ajou­tant chaque matin à ses mas­sages vigou­reux, d’in­co­hé­rentes invocations […].

En fin de compte, en plus de son entorse, le caba­re­tier eut des rhu­ma­tismes aigus qui l’o­bli­gèrent à s’aliter.

« Tu veyes ben, lui dit alors sa femme, que tan rebou­teux est un fei­gnant ; quand j’te répète qu’il n’peut point t’guéri !

Heur­taux répondait :

— Tais-té, la mé. T’é­luges point si vite. Espère un p’tieu. Mé j’m’en rap­porte à li ; i n’a sau­vé bé d’autres.

— Eh ben, mé, j’au­rais pu d’con­fiance dans les Bons Saints.

Sur la place de l’é­glise, le dimanche, les com­mères, leur parois­sien à fer­moir à la main, fai­saient cercle autour de la mère Heurtaux :

« Pour­qui qu’­vos condui­sez point vot’­homme à la Mare Saint-Fir­min, disait l’une ; faites‑y « tou­cher » l’saint qu’est raide bon pour enle­ver l’mâ, qu’a du « pou­voir » pour les douleurs !

— Emme­nez-le à Bar­ne­ville où you qu’les pèle­rins s’en viennent de tout par­tout, ajou­tait l’autre : j’sais bien qu’c’est loin, dà !… T’nez, mé, j’é­tais « tenue » comme li, d’saint Pan­ta­lion. Eh ben ! j’ai été qua­si­ment déli­vrée, mé qu’­j’ai eu tou­ché l’bois d’l’autel.

À ces pro­pos, la femme du caba­re­tier objectait :

— Com­ment qu’­vos vou­lez que j’l’emmène m’n’­homme ! Il est tou per­clu de rhu­ma­tismes. I n’est guère mieux à s’naise sus ses pieds qu’­dans son lit. Li qu’é­tait si gai, si allant, qui chan­tait à cœur de jour, i n’fait pus que d’gémi !

— J’a­vons ben… Nos a ti fait rire pus d’eune fois… Mais, allez‑y vous, à sa plache, la mè. Vos n’a­vez qu’à par­tir à jeun et à pied vé les Bons Saints à la Fon­taine de Vâque­ville. T’nez, d’lun­di en huit. I’jour ed’l’as­sem­blaie, c’est le pèle­ri­nage en l’hon­neur de saint Pan­ta­lion. C’est t’y là qui vous faut !

— Est vrai, cha ! J’i­rais enco ben !

* * *

À peu de dis­tance de la grand’­route lon­geant la Seine, un petit clo­cher, au milieu des arbres, révé­lait la pré­sence de la cha­pelle de Vâque­ville. Elle fai­sait corps avec le logis du gar­dien, mai­son de briques à volets verts enguir­lan­dés de vigne-vierge et de clé­ma­tites, où l’on ven­dait des objets de pié­té, médailles de Saints, eau dite « mira­cu­leuse » en bou­teilles. La foule des pèle­rins y accé­dait, soit par une sombre allée de chênes, soit par un rai­dillon rocailleux.

Dans la cha­pelle, les Bons Saints se tenaient sur un rang, de chaque côté du por­tail, vague­ment éclai­rés par les ver­rières bleues. Ils étaient là plus de vingt aux dimen­sions variées, pou­dreux, gros­siè­re­ment enlu­mi­nés, ron­gés par le temps et d’au­tant plus véné­rables. saint Mamert, gué­ris­seur des maux d’en­trailles, avait les oreilles cou­pées, et saint Her­bland, sou­ve­rain pour les plaies au visage, ne pos­sé­dait plus qu’un bras pour sup­por­ter les cha­pe­lets. « Mon­sieur saint Fir­min », qui était en bois, dis­pa­rais­sait à demi comme son confrère saint Pan­ta­léon, patron des rhu­ma­ti­sants, sous l’a­mon­cel­le­ment des den­telles, annu­lettes et jar­re­tières. Des rubans blancs, après avoir ceint le corps des pèle­rins, attes­taient là main­te­nant leur gué­ri­son. Un col­lier de molaires et de canines était pas­sé au cou de saint Laurent (très recon­nais­sable à sa palme et à son gril), grand spé­cia­liste des brû­lures et maux de dents. Si les pieds de saint Bona­ven­ture sem­blaient gri­gno­tés par les rats, n’é­tait-ce pas que le culte tout sen­ti­men­tal des jeunes vil­la­geoises lui fai­saient subir de mul­tiples piqûres d’épingles ?

« Flatte saint Mar­cou pou qui t’gué­risse, disait une mère à son petit, flatte-le ben fort avec ta menotte ». Puis, elle-même grat­tait quelques frag­ments de la sta­tue, afin d’en sau­pou­drer par la suite la nour­ri­ture de l’en­fant débile.

Peu à peu, pèle­rins, malades et béquillards enva­his­saient la cha­pelle, tous dési­reux de se faire dire des évan­giles, en l’hon­neur du saint invoqué.

Plus curieux était le spec­tacle offert aux regards des assis­tants, dans le clos ver­doyant, en pente douce, où jaillis­sait la fon­taine véné­rée. Là, de braves femmes rem­plis­saient, sous la sur­veillance du gar­dien, des litres et des gobe­lets. Plus loin, dans la rivière cris­tal­line, une jeune pay­sanne qui parais­sait s’en aller de la poi­trine, se bai­gnait en longue chemise.

« Enfonce té, veyons », lui ordon­nait sa mère.

Et la fille, trem­blant de tous ses membres dans l’eau gla­cée : « J’ai frai, mé ».

— Enfonce té quand même, n’aie pas pue !

On voyait aus­si une Cau­choise toute ridée sous son serre-tête à car­reaux, y plon­ger un gamin plein de bou­tons, qui criait à pleine voix, mais se tut aus­si­tôt qu’elle l’eut enve­lop­pé dans ses couvertures.

La mère Heur­taux, pro­fi­tant que les pèle­rins, les dévo­tions ter­mi­nées, allaient se res­tau­rer au caba­ret avec leurs pro­vi­sions, péné­tra dans la cha­pelle rede­ve­nue déserte, son para­pluie et son cabas à la main.

Devant l’a­li­gnée des Bons Saints, elle se trou­va un peu déso­rien­tée. Elle ne savait pas lire leurs noms. À un boi­teux qui sur­gis­sait sou­dain de l’ombre pour se diri­ger vers le por­tail, elle demanda :

— O you qu’il est saint Pan­ta­lion pour les rhu­ma­tisses et les entorses ?

Il la regar­da d’un air hébé­té et, le dési­gnant du chef, dit sim­ple­ment : « C’ty là ! »

Aus­si­tôt, la femme du caba­re­tier s’a­ge­nouilla et réci­ta ses pate­nôtres. Puis, elle fit trois fois le tour de la cha­pelle. À force de demeu­rer en contem­pla­tion devant la sta­tue du saint, un tout petit saint à la figure naïve, aux joues écar­lates, aux pieds meur­tris, elle éprou­va une ten­ta­tion obsé­dante, irré­sis­tible : l’emporter. En le tou­chant, il lui sem­bla qu’il cédait déjà la pres­sion fébrile de ses mains :

« Bon saint Pan­ta­lion, mur­mu­ra-t-elle, j’vas vos prendre avec mé pour gué­ri m’n’­homme qui n’peut point v’ni, mais vos pou­vez être sûr et cer­tain que j’vos rap­por­te­rai à vot’­plache demain sans faute. V’nez-vos-en aveu mé, allez, j’vos ferons pas d’mal. J’sommes d’braves gens qu’ont jamais fait de tort à per­sonne. Mal­gré qu’­j’a­vons des pommes à locher et qu’a sont déjà bien avan­cées, j’crai­gnons point la fatigue pour v’ni vous deman­der la guérison ! »

Alors, sans se rendre bien compte de son acte irré­vé­ren­cieux, elle sou­le­va la sta­tue devant laquelle bra­sillaient encore quelques cierges, la posa sur une chaise et la glis­sa dans son cabas.

Dehors, on enten­dait la ritour­nelle des che­vaux de bois, mêlée au mur­mure du vent s’en­gouf­frant dans le por­tail, avec les feuilles mortes.

* * *

La mère Heur­taux gra­vis­sait péni­ble­ment la longue côte de Ratival.

De cette hau­teur, elle décou­vrait la val­lée de Vâque­ville et celle de la Seine, dont la boucle d’argent bleui scin­tillait, bor­dée à l’ho­ri­zon par les sombres futaies de Bro­tonne. Au pied des coteaux boi­sés qui entourent Cau­de­bec, se dres­sait la flèche de pierre de la vieille église, tan­tôt grise et à peine visible dans les fron­dai­sons bru­nies par l’au­tomne, tan­tôt magi­que­ment éclai­rée d’un rayon de soleil. Une brume vio­la­cée tami­sait au loin les rochers crayeux et les peu­pliers flous comme des fumées.

Dans une voi­ture de culti­va­teur qui allait la dépas­ser, la mère Heur­taux recon­nut le père Farin :

« Tiens, s’é­cria-t-il, mais v’la eune dame que j’connais ! »

— Mé itou, fit-elle, mais j’con­nais enco mieux vot’­gar­chon, « l’be­zeau » comme je l’appelons.

— Vos retour­nez à Rati­mes­nil ? Ben, mon­tez aveu mé.

— Ce n’est pas de refus. J’sieux pâmée d’a­vé tant mar­ché d’pis l’ma­tin, pis d’ra­mon­ter la côte.

Comme Farin, pour lui faci­li­ter l’ac­cès du mar­che­pied lui pre­nait des mains son para­pluie et son cabas, le saint s’en échappa.

« Que qu’­cest, dit-il. Eune estatue ? »

La mère Heur­taux devint pourpre.

« Bé sur, pis qu’­jai été la qué­ri à la cha­pelle, mais j’la rapporterons.

Cela l’en­nuyait un peu d’être l’o­bli­gée du père Farin et de se voir liée à lui par ce secret.

— Mais, pour­sui­vit-il, pour­quoi qu’­vos l’a­vez prise ?

— Pou m’n’­homme, pardié.

Et Farin, tout en éten­dant sur les genoux de la bonne femme une cou­ver­ture de cheval :

« On a pas l’drait, vos savez ben, c’est pas hon­nête, cha. C’est voler. J’ai enten­du dire par que­qu’un qui s’y connais­sait que c’ty là qui vole dans une cha­pelle, on peut l’excommunier.

— Que qu’c’est enco ?

— Vos seriez comme qui dirait chas­sée de l’Église !

Elle s’é­cria avec effroi, en épiant de l’œil son compagnon :

— Vos creyez ?… Mais pis que j’vos dis que j’vas la rap­por­ter demain.

— J’vos dis pas, mais be sur que de c’te façon-là, vot’­ma­ri n’gué­ri­ra point.

Elle répon­dit :

« Tant pis, je l’ai à c’theu. J’vas tou­jours l’essayer.

Farin sem­blait jouir de son inquié­tude. Peut-être même se ven­geait-il mali­cieu­se­ment de la résis­tance que les Heur­taux appor­taient au mariage de son gar­çon avec leur fille.

« Vos avez-ti réflé­chi que l’gar­dien va bien s’a­per­ce­voir que l’es­ta­tue n’est pas là. I va pré­ve­nir M. le curé. Les gen­darmes ne tar­de­ront point, à v’ni cheux vous. Vos serez condam­née biha­sard à la pri­son et excom­mu­niée par le pape et l’archevêque.

— Mô Dieu, què que j’vas deveni ?

Ils pas­saient à ce moment devant une cour plan­tée de pom­miers, dont les fruits rou­gis­sants, au long des branches incli­nées sur les haies, embau­maient la route.

— Me v’là ren­du, annon­ça Farin. Vos savez, ce que j’en dis, la mé, je ne veux être ni com­plai­sant, ni com­plice. Ni vu, ni connu… À la revoyure !

* * *

Quelle ne fut pas la stu­pé­fac­tion de la mère Heur­taux en ren­trant chez elle, à la chute du jour, de voir dans la cui­sine, son homme debout jouant du vio­lon avec fré­né­sie. Elle crut rêver lorsque, s’a­van­çant vers elle, l’ar­chet en main, il se mit à dan­ser, afin de lui prou­ver la sou­plesse retrou­vée de ses jambes.

— Hein ! s’é­cria-t-il, tu te moquais du rebou­teux ? T’a­vais pas confiance en li ?… Tu veyes bien que…

Sa femme ne le lais­sa pas achever :

— Quitte mé ton vio­lon tran­quille, fit-elle en pla­çant vive­ment la sta­tue sur la che­mi­née. J’t’ap­porte le bon saint. Touche le, récite tes prières, pis dépêche té d’pro­fi­ter d’li, parce que j’vas l’mu­cher et pis d’main faut que j’le repor­tions. Sans cela, j’se­rions excommuniés !

— Mais, mais, dit le père, pour­quoi faire à c’theu. J’ai pus d’dou­leurs depuis la rele­vée. L’mal est par­ti comme avec la main. Pus de fou­lure, pus rien.

La mère Heur­taux n’é­tait pas rassurée :

— Touche le tout d’même. Nos sait-ti. Est p’tête ben li qui t’a gué­ri et que­qu’­fois que l’mal reviendrait !

Sur l’en­tre­faite, Léo­nie qui reve­nait de la cour, jeta un cri de sur­prise en aper­ce­vant la sta­tue de bois :

— Qui qu’c’est qu’t’ap­portes-là ?… Mais c’est saint Bona­ven­ture, s’ex­cla­ma-t-elle en riant aux éclats, le patron des filles à marier !

La mère sur­sau­ta : « Qué qu’­tu racontes ? Je m’se­rais-ti trom­pée ? J’créyais qu’c’é­tait saint Pan­ta­lion, le gué­ris­seux des dou­leurs. J’a­vais d’man­dé à un homme qu’é­tait là !

— Il aura point com­pris, faut craire !

Alors, la jeune fille, émue et ravie de se trou­ver en pré­sence du bon vieux saint qu’elle avait plu­sieurs fois invo­qué en cachette de ses parents, se pros­ter­na devant son image, piqua dévo­te­ment une épingle dans ses pieds meur­tris et y posa des lèvres ardentes.

Comme d’ha­bi­tude, le fils Farin s’en vint, après le sou­per, chez les Heur­taux pour y taqui­ner les domi­nos. L’at­ti­tude embar­ras­sée de nos gens ne l’é­ton­na pas, car il avait été mis au cou­rant par son père du rapt de la sta­tue. Il les lais­sa cepen­dant conter l’a­ven­ture. Après quoi il annon­ça que devant aller livrer des pommes à cidre, le len­de­main, dans la région de Cau­de­bec, il se fai­sait fort de repor­ter par la même occa­sion, le saint dans la cha­pelle de Vâqueville.

— Ah ! j’iss en sau­rai ben gré, dit la mère Heur­taux les larmes aux yeux.

Et Léo­nie sou­rit si ten­dre­ment au jeune homme qu’il se sen­tit capable des actions les plus héroïques.

« Je me charge d’ar­ran­ger cha, fit-il, et pis, qui vienne me cher­cher des mots, c’ty­là qui l’o­se­rait ? N’vos en faites point « appaux », la mé, le saint sera remis en plache.

— Est bien, cha ! dit le père.

— Bé sûr, maman, que le Ciel n’a vu qu’­ta bonne inten­tion ! ajou­ta Léonie.

Le père reprit : « Tu pour­ras y dire au gar­dien, si tu le vois, pou qui s’fâche point de ce qui s’est pas­sé, qui y a eu ichit un vrai miracle ann’­hui, parce que j’crai ben que, té itou, ma fille, tu ne seras pas long­temps sans t’ma­rier à c’theu.

Il fixa alors sur Farin ses yeux rieurs et malins, et, lui tapant sur l’épaule :

« Qué qu’t’en penses, té, man « bezeau »