Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=967939
images/icones/fssp.gif  ( 967939 )Attaque tradi phobique et réponse de la FSSP par Roger (2023-07-20 12:45:57) 

La Croix, décidément bien remuée par le succès du pèlerinage de Chartres, a ouvert ses colonnes à un couple qui déclare la Tradition liturgique...hérétique !

CEst ici

https://www.la-croix.com/Debats/Tradis-Croyons-nous-meme-salut-Christ-2023-07-12-1201275166


La FSSP a publié une réponse qui me semble excellente

https://claves.org/tradis-nous-croyons-au-salut-dans-le-christ/



images/icones/find.gif  ( 967944 )La Croix et la FSSP par Jean-Paul PARFU (2023-07-20 14:56:21) 
[en réponse à 967939]

Merci à Roger pour ce post.

1) Le journal "La Croix" a été très embêté par le succès du pèlerinage de Chartres qu'il n'a pu cacher cette année à ses lecteurs. Depuis, il tente, parfois de persuader les organisateurs d'ouvrir ce pèlerinage au NOM, ou d'insinuer que le NOM y fut célébré, et parfois d'attaquer frontalement le coeur du pèlerinage qui est la messe de toujours.

2) Le journal s'y prend toujours de la même façon : il donnerait la parole à un couple de "chrétiens engagés". Et ce couple serait en l'occurrence choqué par la conception de la messe véhiculée par le VOM et professée lors du pèlerinage.

3) Affirmation extraordinaire de l'article, le VOM véhiculerait une conception hérétique de la messe, conception hérétique développée par le concile de Trente. La messe serait, en effet, "une Eucharistie", une action de grâce communautaire dont le modèle est la Cène du Jeudi-Saint et non un sacrifice propitiatoire dont le modèle est la croix du Vendredi-Saint. Pourquoi ? Parce que Dieu ne serait que miséricorde !

4) La réponse de la FSSP est habile et tente de prendre les auteurs de l'article à contre-pied. La satisfaction vicaire ne serait pas catholique, mais protestante et le Catéchisme de l'Eglise catholique reprendrait sur le sujet l'enseignement du concile de Trente. Elle reproche à l'article de La Croix de vouloir opposer "satisfaction" et "communion", alors qu'elles ne sont pas exclusives l'une de l'autre.

5) En réalité, l'erreur protestante ne se situe pas au nouveau de la substitution pénale, mais dans le fait que l'unique sacrifice de la croix ne pourrait pas être renouvelé, pour nous qui vivons dans l'espace et dans le temps et que ce sacrifice sauverait indistinctement tous les hommes ou ne sauverait seulement que certains d'entre eux, quoiqu'ils fassent.

6) La substitution pénale qui fait référence à la mort de Jésus-Christ à la place des pécheurs, est clairement affirmée par les Saintes Ecritures.

Les Écritures enseignent, en effet, que tous les hommes sont pécheurs (Romains 3.9-18, Romains 3.23), que le châtiment pour notre péché est la mort. « En effet, le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur. » (Romains 6.23)

Sans le Christ, nous mourrions tous et passerions l’éternité en enfer à cause de nos péchés. La mort, dans les Écritures, est une «séparation». Maintenant, nous mourrons tous, mais certains vivront au ciel avec le Seigneur pour l’éternité, alors que d’autres passeront l’éternité en enfer. La mort à laquelle ce verset fait référence est l’enfer. Mais il nous apprend aussi que la vie éternelle est accessible par Jésus-Christ. C’est cela, la substitution pénale.

Jésus-Christ est mort sur la croix à notre place. C’étaient nous qui méritions d’être cloués sur cette croix et d’y mourir à cause du péché dans notre vie, mais le Christ a pris sur lui notre punition. « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. » (2 Corinthiens 5.21)

« Lui qui a lui-même porté nos péchés dans son corps à la croix afin que, libérés du péché, nous vivions pour la justice. C’est par ses blessures que vous avez été guéris. » (1 Pierre 2.24) Quelques versets plus loin, nous lisons : « Le Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l’Esprit. » (1 Pierre 3.18)

Ésaïe 53.5 parle de la venue du Christ pour mourir sur la croix pour nos péchés : "C’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé. Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui et c’est par ses blessures que nous sommes guéris".

7) Les chrétiens affirment, en effet, que Dieu (la 2ème Personne de la Sainte Trinité), s'est incarné, est mort sur la croix et est ressuscité le 3ème jour. L'Incarnation de Dieu et la mort sur la croix (suivie de la Résurrection) sont "un scandale pour les juifs et folie pour les païens".

L'homme, en Adam et Eve, a désobéi et a péché contre Dieu. Ce péché, et les multiples péchés des hommes depuis cette faute originelle, constituent une offense à Dieu et ont entrainé la mort pour les hommes. Cette offense doit être réparée. Et comme cette offense a été commise par un homme, elle doit être réparée par un homme. Mais Dieu étant infini, l'offense faite à Dieu est également infinie et aucun homme, fini par nature, ne peut réparer une offense infinie.

Comment faire, alors ? Dieu a donc décidé de s'incarner ! Vrai homme, il répare l'offense faite par un homme ; vrai Dieu, Sa réparation a une valeur infinie et satisfait la justice divine ! C'est pourquoi Dieu le ressuscite et que la croix est l'instrument de Sa victoire et de Sa victoire sur le péché et sur la mort entrée dans le monde (des hommes) à cause du péché !

"C'est pourquoi le Christ, entrant dans le monde, dit: Tu n'as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m'as formé un corps; Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour le péché. Alors j'ai dit: Voici, je viens ... pour faire, ô Dieu, ta volonté.…" (Hébreux 10-6).
images/icones/carnet.gif  ( 967974 )Le couple engagé par Roger (2023-07-21 00:34:28) 
[en réponse à 967944]

Cher maître ce couple engagé milite en fait activement dans une organisation très orientée : la "conférence des baptisé.e.s" !
images/icones/carnet.gif  ( 967949 )Un bon texte par oblique (2023-07-20 16:03:48) 
[en réponse à 967939]

Ça me semble somme toute assez factuel et assez pertinent. Alain et Aline, les auteurs, ont leur religion - et moi j'ai la mienne.
images/icones/carnet.gif  ( 967956 )Célérité par oblique (2023-07-20 17:39:51) 
[en réponse à 967939]

Et en tout cas bravo à la FSSP pour la célérité de sa réponse, publier le 14 pour un article sorti le 12.
images/icones/carnet.gif  ( 967976 )Réponse de Mr l'abbé Cadiet par lumineux (2023-07-21 07:55:41) 
[en réponse à 967939]

https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/la-messe-de-la-croix-une-messe-dautre-foi


Réponse aux négations doctrinales diffusées par le journal La Croix.

Dans deux tribunes, des 10 février 2022 et 12 juillet 2023, un couple de catholiques engagés, Aline et Alain Weidert, fait part d’une remarque fort judicieuse. La religion dont la messe traditionnelle est l’acte de culte principal pourrait bien n’être pas la même que celle de la nouvelle messe ; il s’agit de la « messe d’autre foi », peut-être pas célébrée au nom du même Dieu !

La réflexion part de la multiplication des messes privées, justifiée par la multiple application des mérites de la Croix aux âmes des défunts. Elle aboutit à la doctrine de la Messe comme sacrifice expiatoire. C’est parfaitement bien vu, à quelques nuances près, et si on fait la part de la caricature polémique [1]. On saura gré à M. et Mme Weidert d’avoir situé le problème au niveau de la doctrine. Contrairement à ce qu’on a souvent entendu, le choix de l’ancienne messe n’est pas une question de charisme ou de sensibilité, d’« attachement positif » qui évite de formuler des raisons, mais bel et bien de foi.

Manifestement M. et Mme Weidert s’orientent vers une herméneutique de rupture, et non sans raison. On ne fait référence qu’au Concile, un peu au Catéchisme de l’Eglise Catholique ; une citation (mal comprise) de Benoît XVI [2]. Rien d’étonnant, si c’est pour promouvoir « une figure somme toute inédite du Christ ». Ce qu’ils appellent de leurs vœux, c’est qu’on se défasse enfin des derniers vestiges de l’« autre foi ». Le motif ? Une annonce de la foi qui soit crédible, audible : éviter « un contre-témoignage de la foi, une image désastreuse du Christ. »

Lorsque Jean Paul II écrivit sa dernière encyclique, Ecclesia de Eucharistia (2003), il déplorait que se fasse jour « une compréhension très réductrice du Mystère eucharistique. Privé de sa valeur sacrificielle, il est vécu comme s’il n’allait pas au-delà du sens et de la valeur d’une rencontre conviviale et fraternelle. » Cette notion de la messe sacrifie une part de la doctrine « à la seule efficacité de l’annonce. » (n°10)

Avec ces réflexions de chrétiens engagés, on peut dire qu’on est dans le sujet. Car la notion de la messe qu’ils défendent rejette la doctrine de la satisfaction expiatoire. Elle biffe l’épître aux Hébreux (« sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission des péchés » [He 9, 22.]), ampute les Evangiles des nombreuses mentions de l’enfer, évacue le Concile de Trente, ignore la Tradition au profit d’un retour à un Evangile aseptisé, car tout cela n’était que « dérive historique ».

A vrai dire elle va bien au-delà de Jean-Paul II et de Benoit XVI, car le Catéchisme de l’Eglise Catholique (supervisé par Joseph Ratzinger et promulgué par Jean-Paul II) explique lui-même la raison d’être des messes pour les morts (1371) et la substitution vicaire [3], et en définitive la nature du salut (nn°612–623). Car s’il y a un salut, il faut bien être sauvé de quelque chose, qui s’appelle le péché et son châtiment ! Rappelons que le sacrifice expiatoire ne consiste pas à satisfaire un goût morbide pour le sang et la mort, mais à accomplir un acte d’amour de Dieu par-dessus tout jusqu’au don effectif de sa propre vie, qui répare l’offense faite à Dieu par une volonté révoltée (cf. saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, IIIa q.48 a.3).

En rejetant toute cette doctrine, c’est bien une autre religion qu’on veut désormais annoncer, un autre salut. Pour autant cette figure du Christ n’est pas si inédite, elle est plus ou moins celle de la Religion Prétendue Réformée.

C’est bien cher payer pour une annonce de la foi censée plus crédible. Contrairement à l’époque de saint Jérôme, le monde catholique, du moins celui de La Croix, ne gémit pas et n’est pas stupéfait lorsqu’il se réveille protestant ![4] Par contre le succès évident de la messe traditionnelle ne suffit pas à le réveiller de son sommeil antidogmatique. Brave new religion…

Notes de bas de page

Le fameux dieu cynique et sanguinaire, une bizarre diminution des peines « éternelles » (sic) pour les âmes du purgatoire, le sobriquet de « magique » pour la multiplication des signes de croix dans la célébration traditionnelle de la Messe…[↩]
Ce qu’il qualifie de « complètement erroné » n’est pas la satisfaction vicaire mais l’idée d’une volonté divine de Jésus qui s’opposerait à celle du Père, puisque c’est une seule et même volonté, distincte de la volonté humaine du Christ. Il est vrai que l’explication qu’il en donne n’éclaire pas tellement. Quant à la satisfaction expiatoire, il la qualifie seulement d’incompréhensible pour nos contemporains. Il semble pourtant que M. et Mme Weidert l’aient suffisamment comprise pour la rejeter délibérément.[↩]
N° 615 : « Comme par la désobéissance d’un seul la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera constituée juste » (Rm 5, 19). Par son obéissance jusqu’à la mort, Jésus a accompli la substitution du Serviteur souffrant qui « offre sa vie en sacrifice expiatoire » , « alors qu’il portait le péché des multitudes » « qu’il justifie en s’accablant lui-même de leurs fautes » (Is 53, 10–12). Jésus a réparé pour nos fautes et satisfait au Père pour nos péchés (cf. Cc. Trente : DS 1529).
Si le Catéchisme de l’Eglise Catholique reprend certaines données douteuses du Concile, on peut au moins y puiser de nombreuses références pertinentes à l’authentique Tradition de l’Eglise.[↩]
Note de LPL : Au IVe siècle, devant la propagation de l’arianisme qui niait la divinité du Christ, saint Jérôme eut cette célèbre expression : « Le monde entier gémit, stupéfait de se réveiller arien. »[↩]
images/icones/bravo.gif  ( 967980 )merci à l'abbé Cadiet pour la démonstration subsidiaire par Luc Perrin (2023-07-21 09:49:38) 
[en réponse à 967976]

que le magistère post-conciliaire jusqu'en 2013 de façon certaine est dans la stricte continuité avec ce que les "Weidertiens" nomment "l'autre foi", la foi chrétienne et catholique qui n'est pas la leur.

Les citations et références de/à Jean Paul II, Benoît XVI et du Catéchisme de l'Église universelle sont une implacable démonstration.

Les Weidert, promus par La Croix sans croix, ont bien une religion je ne sais si elle est "arienne". La religion weidertienne tient certainement du néo-modernisme, une sorte de version lyophilisée de ce qui fut le christianisme, avec pour le coup une bonne dose de tutti frutti ou pour reprendre l'expression ici pertinente de ChristianK marquée par la "cuculisation", l'ersatz perverti de la Miséricorde divine la vraie étant inséparable du repentir sincère et de la Justice de Dieu. Repentir, Justice de Dieu des notions étrangères au culte weidertien : "Brave new religion" oui c'est bien cela.
images/icones/1h.gif  ( 967994 )Autrement dit... par vistemboir2 (2023-07-21 21:30:10) 
[en réponse à 967980]

Ce couple "engagé dans l'Église" nous définit une autre religion que la religion catholique : une religion de fait protestante qui, au fond, n'est ni originale ni innovante, mais qui pourrait être celle d'une Église synodale œcuménique... Tel est le destin fatal de ces modernistes, successeurs de fait de Luther, Calvin et autre Zwingli...

Et il n'y a que La Croix (effacée) pour leur donner une tribune où il peut s'exprimer en dehors de son cercle (de plus en plus restreint) de réformateurs auto-proclamés...
images/icones/carnet.gif  ( 967998 )La réponse publiée par La Croix par Roger (2023-07-21 22:03:35) 
[en réponse à 967939]

Ici


https://www.la-croix.com/Debats/Tradis-nous-croyons-meme-salut-Christ-messe-2023-07-21-1201276205
images/icones/carnet.gif  ( 968003 )C'est bonnard. par oblique (2023-07-21 22:48:22) 
[en réponse à 967998]

Honnêtement, même si c'est en droit de réponse, si La Croix se met à diffuser des textes traditionalistes, c'est que les affaires ne vont pas si mal que ça.
images/icones/carnet.gif  ( 968005 )En effet cher Oblique par Roger (2023-07-21 22:55:31) 
[en réponse à 968003]

Depuis le pèlerinage de Chartres 2023
l'organe officieux de l'épiscopat français se montre plus ouvert et moins partial .
A suivre...
images/icones/livre.gif  ( 968152 )Une incompréhension de ce couple par fils du vent (2023-07-27 07:22:12) 
[en réponse à 967939]

... au langage hérité de l'ancienne alliance qui préfigure la Nouvelle. Pour comprendre le sacrifice du Christ il faut comprendre ce que signifiait la liturgie juive
Perso Jésus n'est pas venu abolir mais accomplir loi et les prophètes. Donc comme Jésus n'est pas un satellite tombé du ciel mais le fruit de l'ancienne allience la méconnaissance ou l'ignorance de l'ancien testament rend incompréhensible l'enseignement de Jésus fils de David et Agneau de Dieu. Amen