HUITIEME CONFÉRENCE : LE SACRIFICE CHRÉTIEN, MOYEN DE RÉDEMPTION
Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus.
Ma chair est véritablement une nourriture, et Mon sang est véritablement un breuvage. (Jean, I, 56.)
I
Pour cette raison, dans l'Ancien Testament, il était prescrit au sacrificateur d'étendre et de croiser les mains sur la victime avant de la frapper.
Cette cérémonie avait pour but de témoigner que, n'ayant pas la faculté de se détruire, l'homme s'identifiait avec la victime et autant qu'il en avait pouvoir, il se détruisait lui-même, non pas réellement mais par représentation et par image.
Il se nourrissait aussi de la chair de la victime, afin d'exprimer la volonté que le sacrifice lui devînt inhérent et lui fût en quelque sorte incorporé... car, comme dit saint Thomas, exterius sacrificium signum est interioris sacrificii.
Il suit de ces considérations, que le sacrifice, pris en lui-même, renferme un culte d'adoration et de latrie, et ne peut être offert qu'au Dieu suprême et unique.
Un fait digne d'observation, c'est qu'au temps du paganisme et chez les peuples idolâtres, les démons se sont constamment montrés avides de sacrifices, persuadés qu'en se les faisant décerner, il s'adjugeaient, par le fait, le rang et les honneurs dus au vrai Dieu.
Dæmones enim, non cadaverinis nidoribus, sed divinis honoribus gaudent (Aug. 10, De civitat Dei, cap. XIX). Sans sacrifice, l’homme ne peut honorer Dieu comme il le doit ; il n'a pas de moyen plus puissant pour obtenir Sa Miséricorde, fléchir Sa justice, donner à sa prière toute son efficacité.
Dans l'ancienne loi les sacrifices n'avaient qu'une valeur imparfaite et figurative. De quel prix en effet pouvait être, aux yeux du Maître de toutes choses, l'offrande des béliers et des génisses ? Et lors même que le Dieu Très Haut aurait agréé des hosties si peu dignes de Sa gloire, quelles mains se seraient trouvées assez pures pour les Lui offrir ?
C'est pourquoi le Prophète disait : Sacrificium et oblationem noluisti (Ps. XXXIX ), et ailleurs : Holocaustis non delectaberis. Aussi, dès que le sacrifice de la croix, cette oblation infinie en elle-même, et plus que
surabondante dans son application et dans ses effets, eut été offert une fois sur le Calvaire, les sacrifices sanglants cessèrent aussitôt sur toute l'étendue de la terre.
On ne les retrouve ni chez les juifs, ni chez les musulmans : ils ne sont plus en vigueur que chez les peuples placés en dehors de la civilisation et de l'histoire. Un prêtre qui apparaîtrait de nos jours, le couteau à la main et exhalant l'odeur des viandes immolées exciterait le rire et le dégoût.
L’Eucharistie est un sacrifice parfait. Tous les attributs de Dieu s'y manifestent avec éclat : Sa sagesse, Sa toutepuissance, Sa Miséricorde.
L'Eucharistie est salutaire dans ses fruits : car comment toute vertu ne jaillirait-elle pas des plaies de l'Homme Dieu et du calice de Son sang ? Elle est digne de la majesté souveraine : c'est en effet la personne elle-même du Verbe, qui s'anéantit pour donner à Son Père une gloire adéquate à Sa perfection souveraine
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde