7ème CONFÉRENCE : DE LA BÉATITUDE ÉTERNELLE ET DE LA VISION SURNATURELLE DE DIEU
Hæc requies mea in sæculum sæculi, hic habitabo quoniam elegi eam.
C'est le lieu de mon repos dans les siècles des siècles, j'y habiterai parce que je l'ai choisi. (Ps. CXXXI, 14).
Dans le Ciel, on se verra et on se reconnaîtra; dans le Ciel on s'aimera. Il est vrai que dans ce séjour fortuné, la foi s'évanouira au soleil des grandes réalités ; les habitants de la Jérusalem céleste, en possession de leur terme, n'auront plus besoin d'être soutenus par les ailes de l'espérance; mais la charité dans son plein épanouissement, rayonnera comme une grande reine, dans sa puissance et dans toute sa perfection
(Cor., XIII, 8 ; Cor., XIII, 13).
Tous les objets et toutes les causes qui charment ici-bas nos cœurs et y suscitent l'amour, agiront avec une intensité mille fois plus grande, et sans rencontrer aucun obstacle, sur le cœur des élus.
Ainsi, en cette vie, nos cœurs sont captivés par la beauté, par les attraits sensibles, par les qualités éminentes de l'esprit et du cœur ; la vivacité du sentiment qui nous pousse à nous unir à un être adoré, va en s'affaiblissant, lorsque nous découvrons en lui des imperfections et des défauts...
Mais, dans le Ciel nous retrouverons nos amis sans défaut, leurs traits seront plus radieux que le ciel le plus pur ; ils seront doués d'une aménité et d'une grâce qui attireront nos cœurs forcément et pour toujours.
Dans cette vie, l'amour est encore l'effet de la gratitude, et nos cœurs s'enflamment au souvenir des bienfaits et des services rendus. Mais, c'est seulement dans le Ciel, que nous connaîtrons l'étendue et le prix des grâces de toute nature dont nos bienfaiteurs nous ont comblés.
Alors, l'enfant lira tous les trésors de grâce, de sollicitude, de tendresse, renfermés dans le cœur de sa mère. Il saura qu'après Dieu, c'est aux larmes, aux prières et aux soupirs de cette mère qu'il doit son salut...
«O mamère», s'écriera-t-il, «je vous aimais autrefois parce que vous m'aviez donné une vie terrestre, dispensé l'aliment et les soins de l'enfance ; maintenant, je vous aime d'un amour mille fois plus tendre, à cause de la vie éternelle que j'ai reçue et sans laquelle la première eût été pour moi un présent funeste, une source de calamités et de tortures».
Nouvelles et heureuses Monique, combien grands seront vos triomphes et vos joies, lorsque vous vous verrez entourées de toute une couronne d'enfants, auxquels vous aurez procuré la gloire, après leur avoir donné l'existence !
Alors, pères chrétiens, on n'ignorera plus vos sacrifices, votre courage, votre héroïque constance pour affermir votre fils par d'utiles exemples, l'élever par de nobles et laborieuses cultures.
Alors, ô ami, on apprendra vos industries, vos pieuses ruses pour détacher un ami du vice et de l'irréligion, surprendre par des appâts innocents une âme objet de vos saintes convoitises.
Alors, nous vous bénirons, nous ranimerons la vivacité de nos souvenirs par d'ardentes effusions, nous acquitterons la dette de nos cœurs par une gratulation éternelle.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde