Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=967142
images/icones/carnet.gif  ( 967142 )La crise catholique : une dimension anthropologique ? par Roger (2023-07-02 08:41:16) 


Je partage cette tribune de la Croix

Ce journal semble enfin ouvrir les yeux !


https://www.la-croix.com/Debats/Le-declin-catholicisme-lhypothese-dune-rupture-anthropologique-2023-06-26-1201273079
images/icones/carnet.gif  ( 967144 )Évidemment par Roger (2023-07-02 09:34:20) 
[en réponse à 967142]

Il s'agit de montrer que le mouvement ne peut être arrêté !

Au moins on reconnaît son existence !
images/icones/fleche2.gif  ( 967146 )Ce mouvement doit être arrêté, pour des raisons de santé publique ! par Scrutator Sapientiæ (2023-07-02 09:56:31) 
[en réponse à 967144]

Bonjour Roger,

La dynamique d'émancipation individuelle, progressiste et transgressive, fallacieusement libératrice au point d'être organiquement asservissante, doit être arrêtée, ne serait-ce que pour des raisons de santé mentale, de santé physique, de santé psychique et de santé publique.

Il faut vraiment être aveugle, candide, hébété ou inconscient, pour ne pas voir que le monde occidental est en train de se suicider, non en dépit mais en raison du culte de l'homme, en tant que culte des désirs individuels les plus démesurés et désordonnés, ou les plus éloignés voire opposés à la nature et au réel.

Le problème soulevé ci-dessus n'est pas avant tout un problème de morale, de politique ou de religion, mais est avant tout un problème de santé de l'esprit, de l'âme et du corps, ce que certains psychanalystes ont commencé à pointer du doigt dès le début des années 2000, au contact de ce que certains d'entre eux ont commencé à appeler, à l'époque, la nouvelle économie psychique.

Maurice Berger, Dany Robert Dufour, Jean-Pierre Lebrun, Charles Melman font partie des auteurs dont certains livres peuvent être lus sous l'angle qui figure ci-dessus.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/carnet.gif  ( 967183 )Exact par Christiank (2023-07-02 22:19:06) 
[en réponse à 967146]

Quand on parle de santé plutôt que de morale, toutes les oreilles se tendent davatange car personne ne veut mourir. Or non seulement certaines cohortes générationnelles, y compris ecclésiales, vont bientôt être éliminées très massivement, une hécatombe, mais cela va coincider avec les pleins effets de la sous fécondité, qui vont frapper de plein fouet.
Va y avoir roulis et tangage....
images/icones/carnet.gif  ( 967185 )Très juste par Christiank (2023-07-02 22:31:39) 
[en réponse à 967144]

Mais si on se trompait, vu la probabilité qu'il s'agisse de phénomènes générationnels, si les phénomènes de la 2e moitié du 20e s. étaient transitoires et voués à l'extinction (entre autres par sous fécondité par exemple)?
Il pourrait s'agir alors, derrière l'idée d'irréversibilité, d'une simple idéologie qui ne veut pas admettre sa mort qui s'en vient.
Cette hypothèse importante ne doit jamais être oubliée.
images/icones/fleche2.gif  ( 967147 )Il n'y a pas d'alternative non suiviste à la recatholicisation. par Scrutator Sapientiæ (2023-07-02 10:53:36) 
[en réponse à 967142]

Rebonjour,

La mutation ou la rupture anthropologique et civilisationnelle dont il est question ici a débouché sur l'apparition puis la domination de la civilisation des loisirs et de la société de consommation.

Face à cela, le christianisme catholique contemporain a cru devoir fonctionner à l'accompagnement humanisateur du constructivisme rationaliste et du matérialisme productiviste, et cela a donné lieu à du suivisme, sauf dans quelques textes sans lendemains, dont Veritatis splendor et Evangelium vitae.

La poursuite du suivisme, à l'ordre du jour depuis le début des années 1960 et du Concile ? Autant poursuivre un suicide à effet différé !

A l'opposé, il n'existe pas la moindre alternative non suiviste à la recatholicisation, notamment, mais pas avant tout ou seulement, sous l'angle "linguistico-liturgique", ET TOUT LE MONDE LE SAIT, à commencer par le pape François, qui défait ce qu'il défait non en dépit mais en raison de ce "match" entre la recatholicisation et la poursuite du suivisme, poussé jusqu'à l'autolyse synodale.

En d'autres termes, il devient urgent et vital de réhabiliter dans l'Eglise la conception et la relation catholiques à l'adoration, à la célébration, à la contemplation, à la méditation, au sacré, au salut, au sacerdoce et au sacrifice, dans la redécouverte et la réactivation du recueillement et le silence.

Si l'on préfère, il devient urgent et vital de faire à peu près le contraire de ce que l'on fait, sous couvert de liturgie et de pastorale, depuis les années 1960, et de relégitimer la conception et la relation catholiques à la "primauté de la vie intérieure" (notamment en ce qu'elles ont d'illégitime car "identitaire" aux yeux de ceux qui sont plus ou moins inspirés par l'esprit du monde de ce temps), pour reprendre l'expression de Jean-Paul II dans Redemptoris custos.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/carnet.gif  ( 967152 )En 1 phrase par Christiank (2023-07-02 16:11:22) 
[en réponse à 967147]

S'il n'est pas 100% sûr que le concile a fait des erreurs doctrinales, il est sûr qu'il a fait de gravissimes erreurs pastorales au moins circonstantielles (2e moitié du 20e siècle).
images/icones/carnet.gif  ( 967149 )Attention : ce n'est qu'une tribune... par vistemboir2 (2023-07-02 14:09:35) 
[en réponse à 967142]

qui ne correspond pas forcément à la ligne rédactionnelle du journal : celui-ci est sans doute à la recherche de lecteurs et sa prose habituelle est plutôt un repoussoir...
images/icones/idee.gif  ( 967154 )Non c'est toujours la grande cécité pire encore du néo-catholicisme californien au carré par Luc Perrin (2023-07-02 16:46:58) 
[en réponse à 967142]

Connaissant la ligne interprétative de Bruno Dumons, a fortiori dans La Croix sans croix, je m'étonnais d'une quelconque "ouverture des yeux".

Mon cher Roger, vous vous êtes fait prendre à l'hameçon du "réalisme de façade". Nous sommes en présence de la pensée "vaxiste" la plus obtuse si je puis dire par métaphore.
La vax "Renouveau" n'a pas donné les résultats escomptés, le patient a eu un covid ensuite : ça ce sont les 3/4 de l'article où B. Dumons reprend le constat fait par beaucoup de la "désaffiliation du christianisme" (la maladie par image). Il indique que le "médecin" a bien usé de "boosters" (rappels) sous forme de réformes post-conciliaires mais que l'état du malade qui fait des covid de plus en plus sévères n'a pas progressé en dépit des injections réformatrices successives.
Il note que le groupe, réduit en nombre, des antivax qui sont restés à l'écart des boosters/rappels ("conservateurs" ou wojtyliens sérieux) ou n'ont pas du tout pris de vax (tradis en gros), ce groupe va bien : peu de malades parmi eux ou des patients vite rétablis sans plus qu'une plus ou moins mauvaise grippe.

Alors que préconise le Dr Dumons (bien dans la ligne de La Croix et du synode synodal synodalisant et de "Tucho" le préfet du Dicastère pour le baiser) ? Et bien plus de "boosters"/rappels et plus souvent !

"Comprendre la désaffiliation auprès du christianisme occidental, catholique en particulier, invite à explorer toutes les pistes possibles, y compris celles qui sont encore peu perceptibles comme l’hypothèse d’une « rupture anthropologique ». Mais celle-ci ne doit pas dédouaner de l’urgence de la réforme ecclésiale. Faut-il donc tout déconstruire pour que la femme trouve une place juste et paritaire dans l’Église catholique ? Qu’il s’agisse des « petites filles à l’autel » ou de l’accès aux ministères ordonnés, réformer est un outil irremplaçable pour faire face aux défis anthropologiques majeurs qui travaillent de l’intérieur un catholicisme européen".

La vax a raté, les boosters ont été des catastrophes inefficaces mais allons y pour plus de vax/boosters plus souvent, histoire d'achever le malade chrétien occidental. C'est la "médecine" de Gribouille.

Je précise que je ne vois pas pourquoi B. Dumons insiste sur le "catholicisme européen" comme si ailleurs les mêmes causes (l'injection de modernisme, catholicisme libéral et de blondélisme) n'avaient pas produit les mêmes effets.
La crise anthropologique, la "désaffiliation", l'indifférence envers la question du Salut, tout cela frappe durement TOUTES les Églises chrétiennes établies et pas qu'en Europe. En Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande, une large part de l'Amérique latine, les mêmes ravages identiques pour catholiques et protestants des Églises historiques. Seules les Églises néo-évangéliques attachées à la Bible et qui repoussent le libéralisme philosophique/social/culturel - le wokisme aujourd'hui - sont en net progrès. De même que les courants "conservateurs", disons traditionnels et traditionalistes au sein du catholicisme et des Églises orientales.

La "pastorale" du baiser de Judas à redoubler n'est bien évidemment pas la voie à suivre pour soigner le malade. A l'inverse, la rude thérapie évangélique de la Via crucis, de l'affrontement avec le libéralisme totalitaire est l'unique chemin. Pour survivre et se développer, le christianisme biblique a dû subir le reniement douloureux et temporaire de Pierre, la peur des apôtres (les premiers évêques), le découragement des disciples d'Emmaüs, la persécution de Saul avant d'être Paul ...
Mgr Elchinger aurait dit un jour "l'Évangile n'est pas une tisane pieuse". Sûrement pas une camomille libérale bien adaptée à la nouvelle anthropologie inspirée par le Prince de ce Monde.


images/icones/carnet.gif  ( 967157 )Oui bien sûr par Roger (2023-07-02 17:23:39) 
[en réponse à 967154]

Les conclusions sont inadmissibles ... mais au moins le "réalisme de façade" comme vous dite conduit notre auteur à reconnaître l'étendue du désastre. . .. on ne condamne plus les prophètes de malheur !
images/icones/carnet.gif  ( 967186 )Exactement par Christiank (2023-07-02 22:44:51) 
[en réponse à 967154]

Et comme le confirme Roger.
Il y a un gigantesque trou dans l'article: après le grand pas en avant , je dirais même gigantesque considérant les pulsions cuculisantes, dû à Cuchet:
"la question du salut, centrale dans le christianisme, est désormais incompréhensible pour nos contemporains, du moins en Occident,...
. Et que dire de « la vie éternelle » qui n’a plus aucun sens pour eux. C’est le cœur de la foi chrétienne, c’est-à-dire en un Christ sauveur et donnant la vie (Jean 3, 16-18), qui devient obsolète."

Après ce grand pas, Au lieu de souligner l'évidence: il faut retourner au coeur, l'A. revient sur la place des femmes! Ben oui, suffisait d'y penser!

Or c'est pas pcq les fins dernières sont inaudibles qu'elles sont censurées mais pcq elles sont censurées qu'elles sont inaudibles. L'incompréhensibilité est absolument pseudo. Voici quelques lignes de Louis Rade, Eglise conciliaire et années 60, p.222:


"Sans nier les incitations de la mentalité technicienne au désenchantement du monde ainsi que la privatisation croissante de la religion au nom des droits civils modernes , il reste que quand les sociologues Hervieu-Léger et Gauchet remarquent que plus personne ne parle du salut de l’âme, du jugement divin ou de la transsubstantiation, ce dernier situe la rupture dans les années septante , en pleine période postconciliaire, avec toutes ses tendances mondanisantes induites par Gaudium et Spes. Ce qu’on attribue à la modernité a été largement causé par le concile, particulièrement dans les pays de tradition catholique. Ainsi peut-on expliquer le déclin de l’Église non pas en dépit de ses révisions, comme semble le croire D. Hervieu-Léger , mais à cause de celles-ci. L’Église n’a pas opéré la recomposition des représentations du péché et de la sanction divine parce qu’elles étaient devenues inaudibles, mais au contraire ces choses centrales sont devenues inaudibles à cause de cette recomposition. La culture commune ne peut être réceptive à la notion de péché si la religion recule sur ce thème et attend du monde une réception à des notions adoucies. D’où, précisément, affaissement de la capacité de convaincre - parce qu’on ne cherche plus à convaincre ."


PS. je vois pas la pertinence de la Californie
images/icones/carnet.gif  ( 967187 )Action catholique par Roger (2023-07-02 22:55:10) 
[en réponse à 967186]

N y a t il pas eu cher Christian une cause simple à l'abandon des fins dernières : l'enthousiasme pour la construction du Royaume de Dieu ici et maintenant ?

Le smic et le plein emploi se seraient alors substitués au salut des âmes ?

Très concrètement en France après 1968 le communisme ET le gaullisme semblent demonetisés aux yeux des intellectuels catholiques ouvrant la voie à une révolution par l Amour ?
images/icones/carnet.gif  ( 967200 )Idée hyperimportante par Christiank (2023-07-03 15:49:46) 
[en réponse à 967187]

Car alors on situe la cause principale en bas , qui ensuite contamine l'église via le ramollissement (donc l'inadaptation pasto) Gaudium et spes.
Un bemol: les fins dernières ne sont pas abandonnées, elles sont là dans le caté. Elles sont seulement censurées, tues. Pourquoi? Pcq leur non censure, le monde et les mondains consuméristes animalisés y étant allergiques, comme au sens de l'éternite, nécessite une attitude clairement défensive antimondaine, une fermeture explicite sur le monde. Et alors ca contredit les slogans d'ouverture (absents du concile mais ce dernier use de la notion d'adaptation dans un sens de rapprochement plutôt que de défense).

Ensuite, on peut reconnaitre que par le passé l'éternité et les fins dernières pouvaient jouer un rôle compensatoire indispensable dans des societés de rareté économique et de mortalité infantile/juvénile de 45% (18e s.) , car la vie n'aurait pas eu de sens pour les peuples sans atténuation de la mort terrestre; il fallait l'immortalité.
Avec la croissance économique la nécessité immédiate de l'eternité pour la santé sociale diminue.
La 2e moitié du 20e s.avec le consumérisme de masse va encore plus loin dans la tendance. Et vous avez raison les fins dernières sont remplacées, y compris chez les plus mondains de l'action catholique.

Le point alors c'est que le salut des âmes n'est pas secondaire dans le christianisme, mais absolument au centre. Donc plus la pression consumériste est forte, plus l'adaptation (thème central du concile) exige fermeture ascetique sur le monde. Toute ouverture doit rester secondaire par rapport à cette fermeture absolument nécessaire.
Les postconciliaires locaux, surtout la génération défroquée (1935, jeunes prêtres des 60s) a fait le contraire, d'où inadaptation et dé cadence évidente.
images/icones/info2.gif  ( 967208 )c'est cela le blondélisme/signes des temps dévoyés par Luc Perrin (2023-07-03 19:39:32) 
[en réponse à 967187]

L'Action catholique spécialisée via la JOC-JOCF a été la première infectée dès la fin des années 1930 (thèse de Jean Divo) et cela se répand dans tous les mouvements et au-delà peu à peu au cours des années 1940 à 1970.
L'optimisme conciliaire y a sa source : tout est merveilleux, yop la boum, il faut juste voir Dieu à l'oeuvre partout autour de soi - Il l'est évidemment - en oubliant, comme un borgne et un semi-sourd, l'autre partie massive des forces du Mal qui agissent bien davantage. L'interreligieux dévoyé en procède aussi : ya d'la joie dans les autres religions comme il y en a chez les athées et agnostiques du dialogue avec les non croyants. L'Église devient un handicapé sensoriel qui a une vue basse et tronquée, une surdité croissante et de plus en plus une hypogeusie. Charles Trenet a remplacé le Docteur angélique.

C'est pour contrer cela que Paul VI a publié Evangelii nuntiandi en 1975, texte-clef.
images/icones/carnet.gif  ( 967214 )Exactement et par Christiank (2023-07-03 21:46:05) 
[en réponse à 967208]

Il faut souligner votre adjectif "interreligieux dévoyé". Car il y a aussi place pour un interreligieux autre que purement negatif ou défensif, pour la pacification des rapports disons, mais SANS éliminer un aspect prudent défensif nécessaire (notion de religions partiellement ou gravement fausses etc)
images/icones/carnet.gif  ( 967219 )Merci cher Luc par Roger (2023-07-03 22:29:02) 
[en réponse à 967208]

Tout est dans le titre
images/icones/1d.gif  ( 967255 )C’est simplement… par Jérusalem (2023-07-04 20:56:00) 
[en réponse à 967186]


PS. je vois pas la pertinence de la Californie



C’est simplement que Luc Perrin a ses propres mantras.

Vous avez la messe western.
Il a l’Église californienne. Ou le « vax ».

Personne ne sait exactement ce que cela veut dire, mais tout le monde comprend, en gros, ce que l’auteur met derrière.

Jérusalem
- De rien