Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=966623
images/icones/1p.gif  ( 966623 )Révolution copernicienne au sein de l'Église par Instergurg (2023-06-21 18:50:53) 

Lu ce matin dans le Figaro sous la plume de Jean-Marie Guénois:Le pape veut une réforme radicale du pouvoir
dans l’Église
RELIGION Rarement l’Église catholique s’est remise en cause à ce point. L’instrumentum
laboris - le « document de travail » - du prochain synode des évêques « pour une Église
synodale », programmé à Rome en deux sessions (octobre 2023 et octobre 2024), entend
inverser totalement la hiérarchie habituelle de la prise de décision ecclésiale au profit des laïcs.
Il propose d’ailleurs une nouvelle méthode collective de prise de décisions, normée, « la
conversation dans l’Esprit », qui présiderait à toutes les décisions.
Publié mardi par le Vatican, ce document de travail demande également à ce que l’Église
réfléchisse à l’ordination sacerdotale d’hommes mariés et à l’ordination diaconale de femmes.
Quant aux évêques, ils devraient être régulièrement évalués dans leur charge et contredits, si
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nécessaire, dans leur gouvernement. Le synode espère enfin que des « groupements d’églises
locales » à travers le monde puissent autant peser que Rome dans les grandes décisions. Cela
pourrait aller jusqu’à la décentralisation de l’autorité doctrinale, non plus réservée à Rome, mais
accordée pour partie à des « instances continentales ».
Ces mesures ne sont pas encore adoptées mais elles sont le fruit d’une consultation mondiale
de tous les catholiques lancée par le pape François en octobre 2021, pour préparer ce synode
intitulé « Pour une Église synodale, communion, participation, mission ». Comme d’autres
éditions du synode, celui-ci réunira environ 300 évêques et experts au Vatican pour débattre
pendant trois semaines afin de formuler des propositions de réformes au pape. Mais seul le
pape aura le pouvoir de confirmer ou non ces idées et questions, devenues propositions après
vote du synode. Si elles devaient devenir des réformes concrètes, ce serait à l’aube de l’année
2025, après les deux sessions synodales.
Pour François, il s’agit de profiter des effets dévastateurs de la crise des abus sexuels d’une
minorité de prêtres pour déconstruire la hiérarchie du pouvoir dans l’Église en partant non plus
du sommet mais du « peuple de Dieu ». À savoir, les laïcs de base qui ont des « droits » en
vertu de leur « dignité de baptisés ». L’idée est de lutter contre le « cléricalisme » en vue,
espère-t-il, d’un rebond de l’évangélisation.
À côté de cette inversion totale de la pyramide hiérarchique de « l’Église catholique », qui doit
devenir une « Église synodale », les requêtes de fond ne sont pas une surprise. Elles recoupent
tous les accents du pontificat du pape François. Première place est donnée aux « pauvres » :
« Dans une Église synodale, les pauvres, au sens de ceux qui vivent dans la pauvreté et
l’exclusion sociale, occupent une place centrale. » Puis vient « le soin de la maison
commune », la terre qui subit le « changement climatique ». Apparaissent ensuite les
« migrants » avec qui « les fidèles catholiques » doivent « cheminer ». Des catholiques qui
doivent d’ailleurs travailler à la « promotion des pauvres » en « prêtant voix à leur cause » pour
« dénoncer les situations d’injustice et de discrimination sans complicité avec ceux qui en sont
responsables ».
De même, les paroisses devraient « vraiment accueillir tout le monde ». Dont « les personnes
divorcées et remariées, les personnes polygames ou les personnes LGBTQ+ », des situations
mises sur le même plan dans le document du Vatican. Place doit être également donnée aux
« victimes » qui ont été « blessées par des membres de l’Église ».
L’autre grand chapitre ouvert par ce synode est celui des ministres ordonnés : les diacres,
prêtres, évêques. Il s’agit d’entrer dans « une conception ministérielle de toute l’Église » en
« imaginant de nouveaux ministères ». Soit « un appel clair à dépasser une vision qui réserve
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aux seuls ministres ordonnés (évêques, prêtres, diacres) toute fonction active dans l’Église,
réduisant la participation des baptisés à une collaboration subordonnée ».
Une large place est alors donnée « au statut et au rôle des femmes » pour pallier les « échecs
relationnels » entre les « ministres ordonnés » et les femmes qui vivent « des formes de
discrimination et d’exclusion ». L’enjeu est ainsi défini : « la présence des femmes à des postes
de responsabilité et de gouvernance » est « cruciale » pour une Église « de style plus
synodale ». Par conséquent, « la question de l’accès des femmes au diaconat » doit être
« réexaminée », mais pas au titre d’une « revendication catégorielle ».
Les prêtres et les évêques, en revanche, sont plutôt mis sur le banc des accusés par le
document du Vatican. On « apprécie » le « don du sacerdoce ministériel » mais apparaît un
« profond désir de le renouveler dans une perspective synodale ». Les prêtres, qui ont pourtant
donné leur vie, seraient « éloignés de la vie et des besoins du peuple, souvent confinés à la
seule sphère liturgico-sacramentelle ». Pire, « le cléricalisme est une force qui isole, sépare et
affaiblit une Église saine et entièrement ministérielle » et il « empêche la pleine expression de la
vocation des ministères ordonnés dans l’Église ». Il faudrait donc, dès le séminaire, préparer les
futurs prêtres « à un style d’autorité propre à une Église synodale ». Ce qui reste un défi car la
consultation mondiale a mis en évidence « la difficulté d’impliquer une partie des prêtres dans le
processus synodal ». Beaucoup d’entre eux boudent en effet cette opération. Enfin, une
question pourtant taboue est ouvertement posée par le texte du Vatican : il serait opportun « de
revoir (…) la discipline sur l’accès au presbytérat d’hommes mariés ».
La remise en cause des évêques est encore plus radicale. On leur demande de « ne pas
considérer la participation de tous comme une menace pour leur ministère de gouvernement ».
Il faut donc « repenser les processus de décision » par « une plus grande transparence » avec
un « exercice moins exclusif du rôle des évêques ». Des évêques qui n’ont qu’à bien se tenir
car le synode pourrait demander de définir des « critères » pour leur « évaluation et auto-
évaluation ».
Le synode voudrait aussi discuter jusqu’au « fondement » de l’autorité épiscopale quand
l’évêque refuserait de suivre « l’avis réfléchi » des « organes consultatifs » qui devraient primer.
Comment les évêques peuvent-ils, demande le document, « discerner séparément des autres
membres du peuple de Dieu », à savoir les laïcs ? Ils doivent, au contraire, viser « l’optique de
la transparence et de la redevabilité (capacité à rendre des comptes) ». Il faudrait aussi revoir
« le processus de discernement pour identifier les candidats à l’épiscopat ».
Dernier axe de ce désir synodal de réforme, l’inscription de la réforme dans le droit de l’Église,
le droit canonique, pour la rendre pérenne. Autour de ce postulat rédigé comme tel par le
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Vatican : « Une Église constitutivement synodale est appelée à articuler le droit de tous à
participer à la vie et à la mission de l’Église en vertu de leur baptême avec le service de
l’autorité et l’exercice de la responsabilité. » Les laïcs avaient des devoirs dans l’Église, ils ont
maintenant des « droits ». François, jésuite, portait cette révolution du pouvoir dans l’Église bien
avant d’avoir été élu pape. Ce serait sa grande réforme. Si elle aboutit.
images/icones/fleche2.gif  ( 966624 )surtout par jejomau (2023-06-21 19:23:50) 
[en réponse à 966623]

Révolution Marxiste.

Je vous cite Gramsci (1891 - 1937), théoricien de la révolution [marxiste] culturelle) concernant cette actualité de l'église et "il" :

"Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à venir, et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres"

images/icones/1n.gif  ( 966630 )Je suis surpris de votre surprise par Justin Petipeu (2023-06-21 21:28:20) 
[en réponse à 966623]

ainsi que celle des autres liseurs. Je crois que mon premier message concernant la Grande Eglise Synodale et Apostate qui vient, date de 2019. Non pas que je sois un prophète - loin de là - mais si l'on peut reprocher beaucoup de choses à François, il faut admettre que sur ce coup-là, il a avancé à découvert.

Cette grande Eglise Synodale et Apostate est annoncée maintenant depuis plusieurs années et François ne fait que mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Il l'a lui-même déclaré lors de plusieurs interviews : "j'irai jusqu'au bout", "je n'ai pas peur des schismes", "j'ai été élu sur un projet, ce n'est pas ma faute si certains se dégonflent", etc...
images/icones/neutre.gif  ( 966633 )....mais il a 87 ans par oblique (2023-06-21 21:38:32) 
[en réponse à 966630]

Mon père, à cet âge-là, avait cessé ses farces.
images/icones/fleche2.gif  ( 966636 )Une révolution aux antipodes de la remédiation à la crise de la foi par Scrutator Sapientiæ (2023-06-21 22:07:36) 
[en réponse à 966623]

Bonsoir Insterburg,

Il y a "baleine sous caillou", c'est-a-dire une très grosse anguille sous une toute petite roche, pour au moins deux raisons.

D'une part, cette révolution est impulsée et incarnée par quelqu'un qui est déjà au pouvoir, par quelqu'un qui est déjà au sommet de la hiérarchie ecclésiale, par un pape qui a déjà modifié la composition du collège électoral de son successeur et celle des structures mentales de bien des catholiques, et non par quelqu'un qui veut être bénéficiaire de cette révolution pour pouvoir arriver au pouvoir ou conquérir le pouvoir, ou encore pour pouvoir faire apparaitre, sur le devant de la scène, des idées et des valeurs qui n'y sont pas encore.

D'autre part, la même révolution utilise et valorise des thématiques, pour ainsi dire "managériales" et "programmatiques", qui sont presque toutes situées aux antipodes de la thématique de la remédiation à la crise de foi qui sévit dans l'Eglise, au moins depuis la crise moderniste, ou en tout cas depuis les années 1930.

Au passage, une remarque : François voudrait faire oublier l'échec du Concile et la faillite de l'après-Concile, au minimum en Occident, qu'il ne s'y prendrait pas autrement, le processus synodal permettant de détourner l'attention, de faire diversion, par rapport à cela.

Donc, il y a un risque réel et sérieux que cette révolution ait pour objectif de garantir le maintien au pouvoir de toute une vision des êtres et des choses, et de tout un mode d'action sur les êtres et les choses, qui sont déjà plus ou moins au pouvoir, ou de plus en plus au pouvoir, depuis l'élection de François.

Voici une autre manière de dire la même chose : ce qu'est une Eglise synodale, dans une acception bergoglienne, ressemble beaucoup à ce qu'est une république socialiste, dans une acception solférinienne, en ce sens qu'il serait tout à fait étonnant qu'un cardinal conservateur puisse tirer parti, à l'avenir, d'une Eglise devenue synodale, pour pouvoir devenir Souverain pontife, oups : évêque de Rome.

Le processus synodal n'est peut-être pas totalement insincère, mais il a sûrement un caractère ou une dimension grandement manipulatoire.

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 966638 )En clair le pape dictateur par ptk (2023-06-21 22:11:33) 
[en réponse à 966636]

veut institutionnaliser le B... pour empêcher tout retour en arrière
images/icones/neutre.gif  ( 966641 )Empêchere par avance tout assainissement par Eucher (2023-06-21 22:45:38) 
[en réponse à 966636]

Cher Scrutator,

En effet, cette synodalité empêchera aux successeurs de François de donner le coup de barre dont l'Église a tant besoin.
Ce sont les structures bureaucratiques des conférences épiscopales, depuis longtemps noyautées, qui dicteront plus que jamais ce qu'est la doctrine, la discipline, etc.
Non que cela décentralise quoi que ce soit : ces gens-là parlent entre eux, s'organisent, et de toute façon accordent leurs violons sur le siècle. Loin de toute diversité, nous aurons l'uniformité sauce moderne partout sans qu'il n'y ait le moindre mot d'ordre officiel.

On nous avait déjà fait le coup ici aux É.-U. pour la communion dans la main : Mgr Bernardin, Cardinal Archevêque de Chicago et président de la conférence et les siens la voulaient, Rome envoya une lettre pour l'interdire, et ladite lettre fut tout simplement remise dans un tiroir: les Américains communieront dans la main !

Ce sera pire, maintenant: une telle lettre deviendra inconcevable.
images/icones/neutre.gif  ( 966645 )La mondanite par Christiank (2023-06-22 02:09:05) 
[en réponse à 966641]

Va devenir encore pire que maintenant. Or elle est, dans un contexte consumériste accentué, la principale cause de decadence.
Francois est au pire un désastre, au mieux un extrême imprudent dans la prise de risque. Va falloir payer.