Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 965881 )La Croix / Christophe Geffroy # Polémique autour du pèlerinage de Chartres : « Militons pour une véritable paix liturgique » par oblique (2023-06-08 21:46:34) 

Polémique autour du pèlerinage de Chartres : « Militons pour une véritable paix liturgique »

tribune - Christophe Geffroy, directeur de la revue La Nef, revient sur la polémique autour du pèlerinage de Chartres, après une tribune du père Benoist de Sinety. Pour lui, une « véritable paix liturgique » doit s’appuyer sur un respect des différentes sensibilités, en particulier « l’acceptation de la pleine légitimité de la liturgie d’à côté ».

Cette année, le pèlerinage de Chartres, organisé par Notre-Dame de Chrétienté à la Pentecôte, a connu un succès tout particulier. Pour la première fois de son histoire, les organisateurs ont dû fermer les inscriptions une semaine avant le départ : au-delà de 16 000 inscrits, la logistique ne pouvait plus suivre ! Beau succès, assurément, alors même qu’il y a une volonté appuyée de Rome de limiter drastiquement l’extension de la « messe traditionnelle » depuis la publication du motu proprioTraditionis custodes à l’été 2021.

Réponse du berger à la bergère ? Probable, en effet. Il est certain que ce texte, qui est perçu comme profondément injuste par la plupart des « tradis », a eu pour conséquence de mobiliser une base militante active et d’attirer un plus nombre de chrétiens, pas spécialement « tradis » mais sympathisants de leurs frères inutilement brimés, ou tout simplement désireux de marcher pour prier Notre-Dame. Bref, le pèlerinage de Chartres peut être vu comme la preuve que les mesures autoritaires de Rome sont un échec en ce qu’elles confortent le mouvement qu’elles voudraient réduire.

De vives réactions

Dans ce contexte, le père Benoist de Sinety, curé de la paroisse Saint-Eubert de Lille, ancien responsable des aumôneries étudiantes d’Île-de-France et ancien vicaire général du diocèse de Paris, a publié sur le site d’Aleteia une tribune sur le pèlerinage de Chartres qui a déclenché de vives réactions dans le monde « tradi ».

Que lui reproche-t-on ? De regretter qu’un prêtre ne puisse y venir et y célébrer la messe dite de Paul VI qui est celle du pape et de la quasi-totalité des prêtres du rite romain. Son texte aurait pu d’ailleurs gagner en clarté s’il avait précisé qu’il parlait de la messe privée et sans public que tous les prêtres qui marchent célèbrent seuls dans une tente à 5 heures du matin, puisque les trois messes publiques solennelles ne sont pas concélébrées. Sa demande est-elle scandaleuse ou même juste exorbitante ?

Une messe privée nécessairement en « forme extraordinaire »

Imaginons un grand pèlerinage où les messes publiques seraient dans la « forme ordinaire » et où seraient invités à marcher pour accompagner les pèlerins des prêtres des instituts traditionalistes ; et imaginons maintenant qu’on leur impose de célébrer leur messe privée quotidienne en « forme ordinaire » : la plupart refuseraient et on pourrait les comprendre. C’est exactement la même chose au pèlerinage de Chartres : depuis l’origine, les prêtres qui accompagnent les marcheurs sont tenus de célébrer leur messe privée dans la « forme extraordinaire ».

Pourquoi imposer cette contrainte qui ne concerne en rien les pèlerins ? Autant on comprend que les organisateurs soient inflexibles pour les trois messes publiques des samedi, dimanche et lundi, puisque la « messe traditionnelle » fait partie intégrante du charisme de ce pèlerinage de chrétienté, autant on ne comprend pas l’interdiction de messes privées de Paul VI, ce qui conduit au reste des prêtres, comme le père de Sinety, à renoncer à venir au pèlerinage alors que les organisateurs se plaignent chaque année du manque de prêtres pour assurer les confessions de tant de pèlerins ! C’est absurde.

Une nouveauté notoire

Cette année, cependant, une nouveauté notoire et fondatrice est intervenue : il semblerait que, en raison de la pression exercée par le diocèse de Paris, Notre-Dame de Chrétienté a accepté sur les routes de Chartres un prêtre célébrant sa messe privée dans la « forme ordinaire ». C’est peut-être un précédent qui portera du fruit et permettrait de faire évoluer les esprits, tant ce blocage sur le refus de la messe de Paul VI n’a pas de sens – sauf, bien sûr, à la considérer comme « déficiente » et donc non digne d’être célébrée !

Le contexte actuel avec le motu proprio Traditionis custodes est difficile, et l’on comprend la souffrance des « tradis » qui se sentent rejetés par ceux qui devraient être leurs pères. Mais leurs affaires n’avanceront pas s’ils se raidissent et finissent par donner raison au pape François quand il reproche à l’ensemble du monde « tradi » de rejeter la messe de Paul VI et le concile Vatican II.

Certes, on peut dire que c’est la réforme du Paul VI et le Concile qui ont vidé les églises : qu’il y ait du vrai dans ces assertions, c’est évident ; que l’on puisse en débattre, c’est juste et nécessaire ; mais la principale raison de l’effondrement du christianisme en France et en Europe tient à des causes beaucoup plus vastes liées à l’évolution de nos sociétés, sinon pourquoi toutes les autres confessions chrétiennes qui n’ont connu ni réforme liturgique ni concile subissent un reflux plus important encore (excepté les évangéliques) ?

Le respect à l’autre

Cela fait plus de trente ans qu’à La Nef nous militons pour une véritable paix liturgique : alors que le nombre de fidèles ne cesse de décroître, est-il vraiment nécessaire de se diviser toujours plus ? « Il y a des demeures nombreuses dans la maison de mon Père » (Jn 14, 2) est la phrase de l’Évangile qui illustre depuis l’origine l’esprit de La Nef : « Personne n’est de trop dans l’Église », affirmait Benoît XVI.

Mais une véritable paix passe forcément par le respect de l’autre, à savoir l’acceptation de la pleine légitimité de la liturgie « d’à côté » : reconnaître le droit de cité de la « forme extraordinaire » comme Benoît XVI l’avait fait et, à l’inverse, reconnaître la « valeur » et la « sainteté » (Benoît XVI) du nouveau rite. Tant que le combat pour la messe dite de saint Pie V se justifiera par la critique acerbe de celle de Paul VI, aucune paix liturgique ne sera possible. C’est en acceptant pleinement cette dernière (ce qui n’empêche pas certaines critiques comme le faisait le cardinal Ratzinger, critiques aussi possibles sur le missel de saint Pie V qui mériterait des évolutions) que l’on pourra défendre efficacement la raison d’être de la messe de saint Pie V.
images/icones/bulle.gif  ( 965882 )Et si on arrêtait par XA (2023-06-08 21:52:20) 
[en réponse à 965881]

de lire ce torche fesses et ces catholiques fêlons ?
Arrêtez de vous, de nous faire du mal.
Laissez-les se faire engloutir par le marasme ecclésial actuel.
Monsieur nous indique le Nord et est incapable de faire vivre son propre canard avec les abonnements. Quelle bouffonnerie. Ce n'est plus la Nef, mais le radeau de la méduse. Vivement la grande tempête qu'on n'en parle plus.
images/icones/neutre.gif  ( 965889 )A ce niveau là ce n'est même plus le radeau de la méduse par Métronome (2023-06-08 23:03:02) 
[en réponse à 965882]

C'est le cheval de Troie.

Les gars sont dans l’enceinte, ils sont censés défendre la forteresse. Et à la moindre attaque ils ouvrent le pont levis et livrent la place.

Je ne comprendrai jamais ces gens. Au lieu de serrer les rangs ils règlent leurs comptes.

Ils se disent tradis, mais ils font tout pour couler le navire.

Des traitres à la nation! voilà ce que sont la Nef et ses copains.
images/icones/fleur.gif  ( 965915 )Tempête dans un verre d'eau par Rikiki (2023-06-09 10:19:34) 
[en réponse à 965889]

On est vraiment obligé de qualifier de traître, vendu, abruti ou que sais-je d'autre toute personne qui donne un avis différent du sien ?

Pure curiosité...
images/icones/1g.gif  ( 965952 )Absolument par XA (2023-06-09 21:45:40) 
[en réponse à 965915]

Pourquoi avoir peur des mots ?
Pourquoi lorsque quelque chose fonctionne vouloir toujours donner son avis ?
Le pélé de Chartres refuse des inscriptions. Monsieur Geffroy qui est en manque sérieux d'abonnés sollicite les quelques uns qu'il a conservés pour qu'ils fassent des dons pour assurer la survie de son journal. Qui devrait donner des conseils à qui ? Franchement ?
Il n'y a que chez les catholiques qu'on trouve des schtroumpfs à lunettes pour défendre ce genre de grosse baudruche. Vraiment. Dans n'importe quel autre univers, le type serait raillé et remis à sa place sans ménagement.
Je m'en tiens là.
images/icones/1b.gif  ( 965959 )c'est juste par olive (2023-06-10 05:30:43) 
[en réponse à 965882]

CG est un personnage ambivalent ; je l'ai toujours soupçonné de convoiter un poste de laïc à la CEF ...
images/icones/neutre.gif  ( 965883 )[réponse] par oblique (2023-06-08 22:03:35) 
[en réponse à 965881]

«Imaginons un grand pèlerinage où les messes publiques...» - Geoffroy nous propose, ni plus ni moins, d'imaginer que la messe traditionnelle soit non grata dans tel évènement.

On lui dit (ou pas?) que c'est le cas depuis deux générations?
images/icones/1w.gif  ( 965934 )Pas besoin d'imaginer quoi que ce soit. par Servus Domini (2023-06-09 14:31:14) 
[en réponse à 965883]

En effet, dans de tels pèlerinages, les messes privées, tradi ou non, n'existent tout simplement pas. Toutes les messe sont concélébrées. Etrange que Mr Geffroy l'ignore!
images/icones/1i.gif  ( 965884 )encore ce torchon gauchiste ? par jejomau (2023-06-08 22:29:42) 
[en réponse à 965881]

Ça "broute"... tous les jours je tombe sur un article de ces chrétiens de gauche sur le FC. Bizarre... inutile de s'abonner.

Vous êtes pigiste ou journaleux chez eux ?
images/icones/neutre.gif  ( 965885 )pour jejomeau par oblique (2023-06-08 22:35:21) 
[en réponse à 965884]

cf
images/icones/1v.gif  ( 965886 )je ne sais pas pourquoi je vous réponds par jejomau (2023-06-08 22:48:33) 
[en réponse à 965885]

La Croix dit n'importe quoi. Il n'y a aucune polémique. Bref, "ça broute" de lire tous les jours des articles de chrétiens de gauche complètement paumés
images/icones/neutre.gif  ( 965895 )rien que pour lui par oblique (2023-06-09 00:02:44) 
[en réponse à 965886]

il en dit quoi?
images/icones/c_nul.gif  ( 965888 )La Nef/La Croix : même tromperie... par vistemboir2 (2023-06-08 23:01:16) 
[en réponse à 965881]

pour leurs lecteurs, le premier en se prétendant tradi, mais en adoptant une position plus qu'équivoque a l'égard de la forme ordinaire ; le second, en laissant croire qu'il est un journal catholique alors qu'il soutient toutes les dèrives postconciliaires, que ce soit en matière de doctrine ou de liturgie : sur ces questions, il est sur la même ligne que l'(Im)Monde...
images/icones/bible.gif  ( 965916 )Symptomatique par Semper parati (2023-06-09 10:20:40) 
[en réponse à 965881]

Oui, ces écrits sont un symptôme... Tous ces "cols gris" et autres ensoutanés pseudo tradis, sont embarrassés voire mécontents.

Embarrassés, car certains connaissaient, au moment de leur rentrer au séminaire, la situation de l’Église et une partie des causes de la crise, malgré cela ils ont préféré faire une sorte "d'entrisme" en suivant leur cursus dans des séminaires diocésains, en enfilant la soutane des le lendemain de leurs ordinations, et en pratiquant une liturgie digne avec le Nouvel Ordo Missae, mission impossible, parfois ridicule.

Mécontents
, ou en colère, car pour les plus idéologues de ces prêtres ou évêques, ils n'imaginent pas qu'ils aient pu faire erreur, ou que l’Église se soit trompée, confondant Église et hommes d’Église, alors ils s'enfoncent dans leur idéologie ( car sans est une).

Si je me permets d’écrire cela, c'est évidement que je connais beaucoup de ces clercs ainsi rapidement décrits, ils ne sont pas méchants pour la plupart, souvent mal formés, lâches aussi - mais c'est très humain- et je les plains plus que ne les juge . Car il faut bien comprendre, qu'eux aussi peuvent souffrir, ils sont cataloguer comme intégristes par les plus anciens de leur confrères, et aussi parfois par la hiérarchie, et comme modernistes par les tradis.

Évidement, face à la réalité, ils sont obligés de constater qu'il y a un problème mais ils ne remette pas en cause l'esprit syncrétique de leur formation, et pour certains en éprouve une certaine aigreur, et c'est sans doute ses œillères qui les aveuglent et les empêchent de comprendre le succès de la messe traditionnelle.

Ils existent aussi, mais c'est plus rare, des prêtres très bien formés et très intelligents, des vrais intellectuels, pour qui la reforme de la liturgie n'est pas un soucis, ils intellectualisent tant qu'ils ont au dessus de cela, oubliant souvent que leurs ouailles n'ont pas leur niveau intellectuel et qu'ils ont besoin d'incarnation, par la liturgie entre autre.

Quel-qu’ils soient, il est impératif que nous soyons charitables avec eux, même si certains d'entre eux peuvent nous blesser, voire écrire, dire et penser des âneries.

SP

images/icones/fleche2.gif  ( 966023 )Les nomistes respectent-ils eux-mêmes pleinement le NOM ? par Scrutator Sapientiæ (2023-06-11 09:36:12) 
[en réponse à 965881]

Bonjour oblique,

Si l'on comprend bien, les "vétistes" devraient respecter davantage le NOM, et les "nomistes" devraient respecter davantage le VOM, en vue de davantage de paix liturgique (mais aussi de bi-ritualisme ?) dans l'Eglise catholique ?

Mais les nomistes respectent-ils eux-mêmes pleinement le NOM bugnino-montinien, en ce qu'il a de moins mauvais, chaque dimanche, dans chaque paroisse ?

Pourquoi donc faudrait-il que les catholiques traditionnels dans la foi respectent davantage un NOM que les catholiques transformateurs de l'Eglise ne respectent guère en plénitude, d'une manière homogène et orthodoxe, dans les diocèses, sur le terrain ?

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 966025 )J'appelle l'abbé Amar a plus de sérénité par oblique (2023-06-11 10:16:03) 
[en réponse à 966023]

Bonjour Scrutator, je ne pense pas être le mieux à même de répondre à votre question car je ne suis que le copieur/colleur de ce texte.

Mon interrogation générale est de savoir d'où parlent les personnes qui proposent aux traditionalistes de faire des gestes en échange de leur intégration dans les structures de l'Eglise.

Ce qu'ils font miroiter n'existe que dans leur fantaisie. Les personnes en responsabilité ne le souhaitent pas, et notamment le Saint-Père dont l'objectif explicite est d'éloigner les traditionalistes des paroisses.

J'appelle ces gens en notamment l'abbé Amar à accepter la voie posée par le Saint-Père, en confiance filiale et dans la prière.
images/icones/fleche2.gif  ( 966026 )L'outrepassement du Concile n'est pas moins grave que son rejet. par Scrutator Sapientiæ (2023-06-11 10:55:09) 
[en réponse à 965881]

Rebonjour,

Christophe Geffroy semble vraiment croire que l'outrepassement officiel, épiscopal et pontifical, du Concile, auquel nous avons droit depuis que le NOM de 1969 a outrepassé Sacrosancto concilium (1963), est moins grave que le rejet effectif de Vatican II par des catholiques traditionnels, alors qu'il y a une plus grande proximité entre le VOM et Sacrosancto concilium qu'entre Sacrosancto concilium et le NOM, tel que celui-ci est mis en forme et surtout mis en oeuvre.

Or, le fait d'outrepasser les enseignements du Concile est au moins aussi grave que le fait de les rejeter dans leur ensemble, comme on ne l'a que trop vu au contact de l'outrepassement du Magistère de Vatican II par Jean-Paul II, dans le domaine du dialogue interconfessionnel et surtout dans celui du dialogue interreligieux.

Aussi, pourquoi demander à des catholiques qui essaient d'être et de rester traditionnels dans la foi, notamment au moyen du VOM, davantage de respect filial, au bénéfice d'un NOM bien plus éloigné de Sacrosancto concilium que le VOM ?

Parce que cela ferait plaisir à François et à Rome, c'est-à-dire à un pape qui est le continuateur d'autres papes qui n'ont jamais pu, su ou voulu faire mettre en oeuvre le NOM comme il devrait pouvoir l'être ?

Enfin, Christophe Geffroy ne sait-il pas, ou ne veut-il pas savoir que, là où il est mis en oeuvre, le NOM est porteur d'une PRAXIS fréquemment propice à l'élargissement du fossé culturel entre les catholiques traditionnels dans la foi et les catholiques transformateurs de l'Eglise ?

Combien de catholiques nomistes sont réactifs, contre l'inclusivisme, le périphérisme et le synodalisme, qui sont les trois composantes de l'actualisation bergoglienne de l'irénisme utopiste qui constitue l'idéologie officielle du nouveau régime ecclésial dû au Concile ?

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/carnet.gif  ( 966825 )Golias en fait sa (belle) converture par Cristo (2023-06-26 17:40:43) 
[en réponse à 965881]

jugez plutôt :

https://www.golias-editions.fr/produit/774-golias-hebdo-n-774-fichier-pdf/

même si sur le fond, qu'on se rassure : Golias reste fidèle à Golias (ou presque : il y a quelques années, il disait "à l'extrême-droite de Dieu") :
https://www.golias-editions.fr/2023/06/23/pelerinage-de-chartres-trois-jours-a-la-droite-de-dieu/