Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=963740
images/icones/vatican.gif  ( 963740 )Mgr Vitus Huonder, évêque émérite de Coire, sur l'évolution de l'Eglise par Cristo (2023-04-28 14:07:54) 

cf lien vers l'entretien infra :


Dans un témoignage filmé par la chaîne Youtube Certamen, Mgr Vitus Huonder, ancien évêque de Coire, explique comment il s’est retiré dans une école de la Fraternité Saint-Pie X après avoir quitté le diocèse dont il était le pasteur, et comment il a évolué depuis. Le premier épisode est intitulé : « Le chemin vers la Fraternité Saint-Pie X ».

La première partie de ce témoignage commence par rassembler les étapes de la vie de Mgr Huonder en les associant aux pontificats des papes sous lesquels il a vécu, ainsi qu’aux troubles qui se sont élevés après le concile Vatican II. Elle explique aussi pourquoi il a – à la demande de Rome – établi des contacts avec la Fraternité, alors qu’il était encore évêque de Coire.

Dans une deuxième partie, le prélat explique que les contacts avec la Fraternité lui ont permis d’approfondir les questions théologiques engagées dans ces événements, et de porter un regard nouveau sur les quatre-vingts dernières années de la vie de l’Eglise.

Il a cette parole très forte : « Nous pouvons parler d’une retractatio, d’une nouvelle évaluation de la situation de la foi au moment du Concile et après. Il m’est apparu plus clairement pourquoi l’Eglise en est arrivée là où elle en est aujourd’hui (…) dans l’une des plus grandes crises de son histoire. »

Dans une troisième partie, l’ancien évêque de Coire met alors en cause le Concile et l’éloignement de la Tradition qui s’en est suivi. Il loue à ce propos l’attitude de Mgr Marcel Lefebvre qui « aurait dû être davantage écouté », et contre lequel il y a eu « une grave injustice ».

Mgr Huonder s’exprime en allemand, mais son témoignage est sous-titré en français. Lien pour la première partie : https://youtu.be/ly0loNqs6fk

(Sources : Certamen/MG – FSSPX.Actualités)
Illustration : © Certamen


https://fsspx.news/fr/news-events/news/un-temoignage-de-mgr-huonder-1-81933
images/icones/fleche2.gif  ( 963742 )publiée ci-dessous par Cristo (2023-04-28 15:40:02) 
[en réponse à 963740]

désolé pour la liseuse ; fil à supprimer si vous voulez
images/icones/carnet.gif  ( 963909 )"Mgr Huonder confirme son rapprochement avec la FSSPX" par Cristo (2023-05-02 12:43:14) 
[en réponse à 963740]

avec un ton agréablement neutre dans cet article :

https://www.cath.ch/newsf/mgr-huonder-confirme-son-rapprochement-avec-la-fsspx/

Question à propos d'éventuelles nouvelles consécrations épiscopales au profit de la FSSPX :
la FSSPX peut-elle faire appel à lui pour dispenser les sacrements ?
images/icones/neutre.gif  ( 964628 )évêques par oblique (2023-05-19 10:48:40) 
[en réponse à 963909]

Une partie des fidèles et des prêtres de la FSSPX semblent avoir des réticences sur les sacrements que pourrait dispenser un évêque ordonné selon le nouveau rite. La question s'est posée pour chacun des trois évêques s'étant rapprochés de la FSSPX:

Salvador Lazo Lazo (+) (1918)
John Bosco Manat Chuabsamai (+) (1935)
Vitus Huonder (1942)


La question de nouveaux évêques se posera nécessairement, vu les années de naissance de ceux qui sont issus des sacres de 1988, quel que soit leur statut actuel:

Liciano Rangel (+) (1936)
Richard Williamson (1940)
Jean-Michel Faure (1941)
Bernard Tissier de Mallerais (1945)
Fernando Rifan (1950)
Dom Thomas d'Aquin (1954)
Alfonso de Galarreta (1957)
Bernard Fellay (1958)
Gerardo Zendejas (1963)

images/icones/fleche3.gif  ( 964632 )Corrections par Ennemond (2023-05-19 11:16:39) 
[en réponse à 964628]

Mgr Fernando Rifan a été consacré le 18 août 2002 par le cardinal Dario Castrillon Hoyos (comme principal consécrateur). Mgr Licinio Rangel n'était que co-consécrateur.

Par ailleurs, vous avez omis au moins un nom dans la lignée Williamson (Giacomo Ballini). Mais deux autres noms (non confirmés) circulent désormais. Palmar de Troya risque d'être bientôt dépassé.
images/icones/neutre.gif  ( 964635 )1, 2, & 3 par oblique (2023-05-19 12:51:35) 
[en réponse à 964632]

1. tt à fait - mais la présence en co-consécrateur de Mgr Rangel lui-même sacré par trois des quatre évêques de 1988 a pu rassurer des traditionnalistes (notamment sedevacantistes), le cardinal Dario Castrillon Hoyos ayant été sacré dans le nouveau rite.

2. MyBad! j'ajoute Giacomo Ballini à la page wikipedia en anglais

3. Il y aurait deux autres noms? ça commence à faire bcp de mitres au m²
images/icones/fleche2.gif  ( 964637 )Mgr Rifan par Lycobates (2023-05-19 13:51:14) 
[en réponse à 964635]

En l'occurrence le sacre de Mgr Rifan est sauvé (je l'espère) par son co-consécrateur, Mgr Rangel, si celui-ci a agi en tant que tel, c'est-à-dire, s'il ne s'est pas tu (comme on le faisait souvent), et s'il a bien prononcé la forme simultanément avec le "consécrateur" (Castrillón Hoyos), comme c'est prévu depuis 1944 partout. Avant ce n'était que l'usus Romanae Curiae ; en dehors de Rome, les évêques assistants se taisaient pendant que seul le consécrateur prononçait la forme essentielle.
Voir AAS 37/1945 131-132: tam in Urbe quam in ceteris terrarum orbis partibus unus idemque semper agendi modus in posterum hac in re servetur.

Il faudrait regarder le film de ce sacre, qui existe, pour en avoir le coeur net. C'est important pour les prêtres ordonnés et les fidèles qui dépendent d'eux.

Tout dépend de l'édition du Pontifical qui a été utilisée; si elle est postérieure à 1944, la nouvelle rubrique y figure, et si les consécrateurs connaissaient le latin, ils l'auront suivie ; si l'édition était plus ancienne, tout dépend de ce qu'ils ont voulu faire.
Mgr Thuc quant à lui a utilisé une édition du Pontifical de Pustet de 1908, mais comme il était le seul consécrateur, le problème des co-consécrateurs ne se pose pas.
images/icones/vatican.gif  ( 964938 )Pas 1944. Au mieux 1950... par Alexandre (2023-05-25 17:29:07) 
[en réponse à 964637]

Cher Lycobates,

Si la constitution apostolique Episcopalis consecrationis remonte bien à la fin de 1944, ce n’est que le 20 février 1950 que fut signé le décret promulguant les Variationes en application de cette bulle ainsi que de Sacramentum Ordinis du 30 nov. 1947 (Acta Apostolicae Sedis du 9 juin 1950, page 452).

A ma connaissance, en France, on ne publia pas de Pontificaux entre 1950 et 1962, date de l’édition de la Typographie Vaticane prenant en compte les Variationes précitées.

D’ailleurs, on voit sur les photos du sacre de Mgr René Stourm, évêque d’Amiens, qui eut lieu à Paris le 2 avril 1951, que les consécrateurs et co-consécrateurs imposèrent encore ensemble les mains sur la tête de l’ordinand.
Et sur une photo du sacre de Mgr Francis Bougon, évêque de Moulins, à Amiens, en 1956, d'après les gravures, il me semble bien reconnaître un Pontifical imprimé par Dessain, à Malines, à la fin du XIX° siècle...

Alexandre
images/icones/fleur.gif  ( 964940 )Merci beaucoup par N.M. (2023-05-25 19:18:10) 
[en réponse à 964938]

Merci beaucoup pour votre réponse. A ce sujet, pourriez-vous éclairer ma lanterne :
Qu'en est-il de l'imposition des mains "ensemble" sur la tête de l'ordinand, avant et après les dispositions prises par Pie XII et leur entrée en vigueur ?
Ma question s'adresse à vous et à Lycobates, qui êtes de fins connaisseurs de la liturgie.
images/icones/mitre4.png  ( 964960 )Voici par Alexandre (2023-05-26 10:01:43) 
[en réponse à 964940]

Avant Episcopalis Consecrationis (30 nov. 1944) :
Le consécrateur et ses deux assistants imposent en même temps les mains sur la tête de l'élu en disant Accipe Spíritum sanctum. Cela faisait un "empilement" vertical de trois paires de mains.

Après cette constitution apostolique, le consécrateur et les deux co-consécrateurs (non plus assistants) imposent l'un après l'autre les mains en disant les mêmes paroles. L'élu n'a donc plus que deux mains sur la tête, trois fois de suite.
images/icones/mitre4.png  ( 964963 )Devancé ... par Lycobates (2023-05-26 11:37:24) 
[en réponse à 964940]

Alexandre, comme d'habitude, vous a bien et vite répondu.

Lors du sacre (par Mgr Sanborn aux États-Unis) de l'abbé Selway les trois consécrateurs tiennent ensemble le livre des Évangiles et imposent ensemble leurs mains pour dire ensuite "Accipe Spiritum Sanctum".

Ce sacre, de 2018, est un des rares sacres épiscopaux "tradis" (post-1968) à ma connaissance qui réunit trois évêques.
Manifestement un Pontifical d'avant l'édition roncallienne de 1962 a été utilisé.

Une photo ici:
1:04
images/icones/fleur.gif  ( 965033 )Merci à tous deux par N.M. (2023-05-27 11:45:29) 
[en réponse à 964963]

Donc, si je vous suis bien, il semble que les nouvelles dispositions adoptées par Pie XII n'ont pas été observées partout avant la publication du pontifical de 1962. Dans quelle mesure était-ce licite ?
images/icones/fleche2.gif  ( 965051 )pragmatisme par Lycobates (2023-05-28 00:06:33) 
[en réponse à 965033]

Licite, sauf erreur, dans la mesure où les "folia separata" avec la nouvelle rubrique à insérer dans les éditions existantes, n'étaient pas (encore) disponibles, avant une nouvelle édition typique (qui n'a pas paru du vivant du Pape).

Le décret de 1950, mis en lien et cité par Alexandre, dit:

mandat [Sacra Rituum Congregatio] ut haec in novis Pontificalis Romani editionibus inserantur; interim vero in folio separato edantur in Episcoporum commodum

.

Ce n'est pas une question de vie ou de mort (sacramentelle).
images/icones/fleur.gif  ( 965061 )Merci encore par N.M. (2023-05-28 09:38:52) 
[en réponse à 965051]

C'est bien ce que je pensais... Je suis complètement d'accord avec vous.
images/icones/fleur.gif  ( 964964 )Merci ! par Lycobates (2023-05-26 11:50:22) 
[en réponse à 964938]

Je n'avais plus en tête le décret consécutif de 1950 et je n'ai pas fait le recensement des éditions du Pontifical après 1944, en France ou ailleurs.
Merci donc pour ces précisions, comme d'habitude très utiles.

Vos exemples, et le mien, à N.M., démontrent que bien après 1944 d'anciennes versions ont continué à être utilisées.

Quant à Mgr Rifan, vu la fixation de ces groupes sur les éditions de l'année 1962, on peut être certain que les deux consécrateurs, donc aussi Mgr Rangel, ont imposé les mains et récité la forme essentielle de façon concertée.
Cela nous rassure pour les prêtres et fidèles dans son obédience.
images/icones/fleche2.gif  ( 965053 )Mgr Rifan par Lycobates (2023-05-28 00:39:36) 
[en réponse à 964964]

Voir la vidéo du sacre, ICI, (avec des coupures et une musique superposée), à 6:10: imposition successive des mains, mode 1962. Ouf.

L'utilisation de micros est grotesque.
images/icones/mitre4.png  ( 965066 )Et Mgr Rangel, co-consécrateur... par Alexandre (2023-05-28 13:11:59) 
[en réponse à 965053]

... comme on le voit à plusieurs reprises dans cette séquence vidéo, ne se contente pas de regarder le pontifical : on le voit bouger les lèvres. Re-ouf !
images/icones/neutre.gif  ( 965067 )Ouf ? par Meneau (2023-05-28 14:29:40) 
[en réponse à 965066]

Concrètement, qu'est-ce que ça aurait voulu dire si on ne l'avait pas vu bouger les lèvres sur la vidéo ???

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 965071 )Raison d'un soulagement par Alexandre (2023-05-28 16:04:19) 
[en réponse à 965067]

Notre ami Lycobates considère que les ordinations épiscopales conférées selon le rituel promulgué par Paul VI en juin 1968, qui changea la forme sacramentelle définie par Pie XII en 1947, sont invalides et il est loin d'être le seul. Ainsi, selon cette position, deux des trois consécrateurs de Mgr Rifan, le card. Castrillon Hoyos et Mgr Pena, n'étaient pas évêques. Seul l'était Mgr Rangel, consacré par Mgr Tissier de Mallerais.

Ainsi, le fait que Mgr Rangel ait imposé les mains et dit les paroles consécratoires conférant la plénitude du sacerdoce à Mgr Rifan a "sauvé" le sacre, suivant l'expression que Lycobates a employée dans ce fil. D'où le "ouf" et le "re-ouf"...
images/icones/bravo.gif  ( 965183 )Bien résumé par Lycobates (2023-05-29 22:52:08) 
[en réponse à 965071]

On ne saurait approfondir cette question épineuse ici, mais puisque Meneau l'a "innocemment" soulevée, qu'il soit permis d'en rajouter un peu.

Le nouveau rite du sacre des évêques est invalidé par trois problèmes majeurs (qui suffisent chacun à eux seuls pour avoir leur effet funeste) :

1) La matière (l'imposition des mains) et la forme (la préface, appelée "prex ordinationis") ont été séparées (par l'interposition de l'imposition du livre des évangiles), de sorte que l'unité morale entre les deux a été détruite. L'imposition des mains se fait sans paroles et est séparée de la forme énoncée par une autre action qui dure plusieurs minutes (en tout cas plus que la durée d'un Notre Père, ce qui serait le maximum).
2) La forme proprement dite (explicitement désignée comme telle par son promulgateur et donc à elle seule probante "Et nunc effunde ... Spiritum principalem ...") ne désigne pas univoquement l'effet du sacrement de l'ordo, en particulier de la consécration épiscopale dont il devrait s'agir ; elle pourrait tout aussi bien se référer à une ordination diaconale ou sacerdotale, voire même à la confirmation ou à une simple bénédiction.
3) La forme contient une hérésie trinitaire, dans la mesure où le Saint-Esprit est désigné de manière modaliste comme la "force" du Père, que celui-ci confère au Fils (!), et que le Fils confère ensuite aux apôtres. La personnalité de l'Esprit Saint est ainsi annulée.
images/icones/neutre.gif  ( 965191 )Merci pour ce résumé par Halbie (2023-05-30 09:49:31) 
[en réponse à 965183]

Je n'avais pas eu le courage de lire des articles assez longs à ce sujet.
images/icones/1n.gif  ( 965255 )Univocité ? par Athanasios D. (2023-05-31 09:11:38) 
[en réponse à 965183]


« Donnez à votre prêtre la plénitude de votre ministère, et, paré des ornements de l’honneur le plus haut, sanctifiez-le par la rosée de l’onction céleste »



M'est avis que vous pourriez sans peine plaider l'invalidité de l'ancien rite pour cause d'équivocité.

Ath
images/icones/mitre4.png  ( 965283 )[réponse] par Regnum Galliae (2023-05-31 13:30:51) 
[en réponse à 965255]

"plénitude de votre ministère" : c'est clair et univoque. Qu'est-ce que cela pourrait être à part l'épiscopat ?
images/icones/tao.gif  ( 965302 )Vous êtes bien généreux. par Athanasios D. (2023-05-31 17:17:54) 
[en réponse à 965283]

Un Anglican s'y retrouverait aussi bien.

Ath
images/icones/iphone.jpg  ( 965313 )Vraiment ? par Regnum Galliae (2023-05-31 19:05:28) 
[en réponse à 965302]

Voici ce qu’écrit infailliblement Léon XIII dans Apostolicae curae


Il en est de même de la consécration épiscopale. En effet, non seulement les mots Pour l’office et la charge de l’évêque ont été ajoutés trop tard à la formule Reçois le Saint-Esprit, mais encore, comme Nous le dirons bientôt, ces paroles doivent être interprétées autrement que dans le rite catholique. Il ne sert de rien d’invoquer sur ce point la prière qui sert de préambule : Dieu tout-puissant, puisqu’on y a également retranché les mots qui désignent le sacerdoce suprême. En vérité, il serait étranger à la question d’examiner ici si l’épiscopat est le complément du sacerdoce ou un Ordre distinct ; rechercher si l’épiscopat conféré per saltum, c’est-à-dire à un homme qui n’est pas prêtre, produit ou non son effet, serait également inutile.
Il est hors de doute et il ressort de l’institution même du Christ que l’épiscopat fait véritablement partie du sacrement de l’Ordre et qu’il est un sacerdoce d’un degré supérieur ; c’est d’ailleurs ce qu’insinue le langage habituel des saints Pères et les termes usités dans notre rituel où il est appelé le sacerdoce suprême, le sommet du ministère sacré. D’où il résulte que le sacrement de l’Ordre et le vrai sacerdoce du Christ ayant été entièrement bannis du rite anglican, et la consécration épiscopale du même rite ne conférant aucunement le sacerdoce, l’épiscopat ne peut non plus être vraiment et légitimement conféré, d’autant plus que, parmi les principales fonctions de l’épiscopat, se trouve celle d’ordonner les ministres pour la Sainte Eucharistie et le Saint Sacrifice.

images/icones/tao.gif  ( 965315 )M'est avis que l'épiscopat... par Athanasios D. (2023-05-31 19:11:17) 
[en réponse à 965313]

... représente aussi pour les anglicans la plénitude du ministère sacerdotal.

Ath