Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 964544 )Vesoul : le curé bretteur par Cristo (2023-05-17 13:06:11) 

A propos : le duel est-il interdit par l'Eglise ?


Le prêtre de Vesoul, Franck Ruffiot va croiser le fer au championnat d'Europe d'escrime
Vesoul
De Bradley de Souza
Mercredi 17 mai 2023
Par France Bleu Besançon
L'abbé Ruffiot va participer au championnat d'Europe d'escrime qui a lieu à partir de ce mercredi 17 mai jusqu'à ce dimanche 21 mai à Thionville en Moselle. Passionné depuis une dizaine d'années par le fleuret, il allie sa spiritualité et ce sport.


Il est le curé de Vesoul mais aussi un escrimeur de grande qualité. L'abbé Franck Ruffiot participe au championnat d'Europe d'escrime qui commence ce mercredi 17 mai à Thionville en Moselle. "Dans la catégorie vétéran parce que j'ai 45 ans", sourit l'abbé Ruffiot.

L'escrime et l'église, compatible ?
Pour ses entraînements individuels, l'abbé Ruffiot utilise la salle paroissiale. "Quand elle n'est pas utilisée à sa fonction principale", sourit Franck Ruffiot qui avec son fleuret s'échine à donner le meilleur de lui-même. "Je ne participe pas à ce championnat comme prêtre. Je ne suis pas aumônier du sport mais j'y participe comme sportif, passionné par ce sport", complète-t-il.

"Je me suis quand même posé la question de savoir s'il était opportun qu'un prêtre participe à ce genre d'activité. Cela nous permet en plus de faire une petite pause sportive, de nous changer un peu d'air et de rencontrer des personnes que l'on ne croiserait pas forcément dans notre vie paroissiale et c'est très intéressant", explique l'abbé Ruffiot.
Depuis une dizaine d'années, il pratique l'escrime au club de Rioz (Haute-Saône). "Cela suscite souvent l'étonnement quand on découvre que je suis prêtre mais pour moi être prêtre ce n'est pas une activité extraordinaire. Ce n'est pas commun d'accord mais ce n'est pas dingue non plus. L'Eglise ne se désintéresse pas de tout ce qui fait la vie humaine. Le Christ par exemple rencontrait toujours du monde", souligne le curé de Vesoul.

"Je ne vise pas de podium"
L'abbé Ruffiot poursuit sa réflexion. Saint Paul dit dans la lettre aux Corinthiens "les coureurs du stade s'entraînent pour une couronne de lauriers qui fanent. Même les plus grands champions on peut les oublier. La gloire fane finalement. Mais Saint Paul dit en s'adressant aux croyants que l'on doit s'entraîner pour cette couronne qui ne fane pas c'est-à-dire la vie céleste qui nous est promise", analyse l'abbé Ruffiot.
"J'essaie en m'entraînant à l'escrime donc de façonner mon corps et mon âme à désirer davantage la couronne qui ne flétrit pas", poursuit-il. L'abbé Ruffiot ne vise pas de podium pour ce championnat. "La couronne qui flétrit ce n'est pas pour moi", se met à rire Franck Ruffiot.

Son entraîneur Emmanuel Daguet veut croire en les chances de son élève. "J'entraîne l'abbé Ruffiot non pas en sa qualité de prêtre mais en sa qualité d'athlète. On ne peut pas venir dans une compétition comme ça sans être armé. De plus, l'abbé Ruffiot est quelqu'un d'érudit, de très agréable à entraîner", explique l'entraîneur.
Le premier duel de Franck Ruffiot est ce dimanche 21 mai.

https://www.francebleu.fr/infos/insolite/le-pretre-de-vesoul-franck-ruffiot-va-croiser-le-fer-au-championnat-d-europe-d-escrime-5709561
images/icones/neutre.gif  ( 964553 )Ce n'est pas un duel proprement dit par Candidus (2023-05-17 14:51:46) 
[en réponse à 964544]

Pour qu'il y ait "duel" au sens condamné par l'Église, il faudrait que les protagonistes veuillent solder un litige en exposant leur vie.
images/icones/fleche2.gif  ( 964577 )précision par Lycobates (2023-05-17 23:29:00) 
[en réponse à 964553]


Pour qu'il y ait "duel" au sens condamné par l'Église, il faudrait que les protagonistes veuillent solder un litige en exposant leur vie.



Pour qu'il y ait "duel" au sens condamné par l'Église, il suffit d'exposer sa vie, ou même, de s'exposer à de graves blessures, même sans qu'il s'agisse de solder une atteinte à l'honneur.

Ainsi, les Bestimmungsmensuren (voir p.ex. ICI) pratiquées à ce jour par certaines associations d'étudiants en Allemagne (et quelques pays voisins) sont, au moins depuis 1925, par décret de la S. Congrégation du Concile, assimilées à des duels (certamina illa esse vera duella sensu canonico, et exinde duellantes poenis ab Ecclesia constitutis esse obnoxios).

Quoique considérée comme sport (le but est en effet de ne pas bouger la tête et de ne donner aucun son ou signe de peur à l'attaque) et quoique ne concernant aujourd'hui aucunement des inimitiés personnelles et des questions d'honneur, cette épreuve n'exclut pas des blessures, parfois (même si de nos jours rarement) mortelles (la tête reste en partie découverte, et souvent il reste des cicatrices sur le visage), elle n'est par conséquent plus pratiquée par les associations catholiques, qui sont nombreuses aussi.

Le droit canon (can. 2351) prévoit l'infamie de droit et l'excommunication latae sententiae simplement réservée au Saint Siège pour tous les participants (aussi comme observateurs) à un duel (l'infamie seulement pour les combattants et leurs secondants).

Or, la question était de savoir, pour les associations catholiques, si ce type d'escrime académique qui se pratiquait depuis belle lurette est un duel au sens canonique ou pas. La question avait été soulevée dès 1890 par le prince-évêque de Breslau (en Silésie) dont certains séminaristes avaient été membres d'une fraternité combattante et avaient pratiqué la Mensur. La question était de savoir si ces jeunes hommes étaient frappés d'une infamia iuris et donc irréguliers ex defectu (depuis 1917 can. 984-5) pour être ordonnés. La réponse fut affirmative et ils ont dû obtenir une dispense.
En dernier lieu la S. Congrégation du Concile a définitivement tranché (contre l'avis d'une bonne partie de l'épiscopat allemand !) cette question pour cette coutume estudiantine en 1925 (AAS 18, 1926, 132 sqq.); ce décret du 13 juin 1925, le dernier en date, est même dans le Denzinger.

Pour ce faire une idée, ce petit reportage (italien) des années 60, sur ces pratiques estudiantines (en l'occurrence le corps Saravia) à Berlin (Ouest). Cela permet aux plus jeunes des "liseurs" de découvrir en images le Berlin divisé de notre jeunesse.
C'est ICI.
On y reconnaît entre autres Eberhard Diepgen, plus tard maire de Berlin (Ouest) pour la CDU.
images/icones/fleur.gif  ( 964578 )Merci ! par Luc de Montalte (2023-05-17 23:45:32) 
[en réponse à 964577]

Merci de ces très intéressantes précisions. J'ignorais une telle sévérité de l’Église envers cette pratique estudiantine allemande, même depuis que les risques ont été fortement diminués. Il me semble que ces duels avaient aussi été plus largement interdit pendant le IIIe Reich.
images/icones/5b.gif  ( 964580 )Erratum par Luc de Montalte (2023-05-18 00:22:45) 
[en réponse à 964578]

-interdits pardon
images/icones/1n.gif  ( 964589 )L'Autrichien Kaltenbruner par Jean-Paul PARFU (2023-05-18 09:31:07) 
[en réponse à 964578]

Successeur de Heydrich à la tête du RSHA avait un peu le physique de son emploi. Mais les cicatrices qu'il avait sur son visage venaient précisément de ces joutes étudiantes donc également en vigueur en Autriche.
images/icones/neutre.gif  ( 964591 )bof par oblique (2023-05-18 09:49:53) 
[en réponse à 964589]

Dans le genre il y a aussi Otto Skorzeny ou Franz Burda, mais attention: ces cicatrices (Schmiss) étaient recherchées, comme des signes d'honneur. Des étudiants blessés faisaient en sorte d'en garder la trace. D'autres utilisaient, plus simplement, leur rasoir. On n'est pas très loin des traditions de scarification faciale qui existent en Afrique ou ailleurs.
images/icones/idee.gif  ( 964598 )situation juridique par Lycobates (2023-05-18 11:41:18) 
[en réponse à 964578]

Effectivement, depuis 1933 progressivement non seulement ces épreuves d'escrime (Mensuren), mais plus généralement, les associations d'étudiants non affiliées au national-socialisme étaient interdits.
De même en "RDA" après 1949, même si elles se pratiquaient en cachette.
En "RFA", depuis 1949 les associations d'étudiants existant sous Weimar et l'Empire ont refait surface, et ont repris leurs traditions, mais il n'y avait pas une situation juridique très claire quant aux Bestimmungsmensuren jusqu'au procès de Gœttingue (Göttinger Mensurenprozess, de 1951-1953, voir en allemand ICI).
Ce procès concernait une épreuve d'escrime, faite en privée, mais dénoncée par un témoin. L'étudiant goettingois Wilfried v. Studnitz (issu d'une famille morave établie depuis le XVe s. en Silésie supérieure), membre du corps Bremensia, fut arrêté par la police. Il confirma avoir combattu sans nommer son adversaire. Plus tard celui-ci fut pourtant interpellé aussi. Aussi sept autres responsables du corps furent inculpés.
Le procès, qui est devenu un cas d'école juridique, aboutit à l'acquittement. Le tribunal estima qu'une Mensur n'est pas un duel avec des armes mortelles. Les blessures corporelles avec consentement ne sont pas punissables (§ 226a du code pénal, ancienne version ; entre-temps § 228) et le tribunal estima aussi que le consentement à s'infliger le cas échéant des blessures n'est pas non plus contraire aux bonnes mœurs.
Après un recours en cassation du ministère public, la Cour fédérale de justice (Bundesgerichtshof) confirma ce jugement une bonne année plus tard, en 1953. L'impunité était toutefois subordonnée à la condition que la Mensur ne serve pas à livrer des combats d'honneur et que les mesures de protection utilisées (lunettes d'acier, minerve, etc.) garantissent l'absence de blessures mortelles.
L'université de Gœttingue avait puni l'étudiant Studnitz par la non-validation d'un semestre. Cette peine fut invalidée aussi.

Ainsi, les Mensuren, en tant qu'épreuves de courage, demeurent légales, le duel (comme combat d'honneur) reste interdit.
images/icones/neutre.gif  ( 964599 )Légales au regard du droit civil par Meneau (2023-05-18 11:50:38) 
[en réponse à 964598]

mais quid de leur moralité ?

Cordialement
Meneau
images/icones/find.gif  ( 964601 )Le destin d'un duelliste acharné par Jean-Paul PARFU (2023-05-18 13:48:13) 
[en réponse à 964599]

En 1627, François de Montmorency, seigneur de Bouteville, qui s’était acquis une haute réputation à la cour comme duelliste (il avait figuré dans vingt-deux duels), avait été, à la suite d’un de ces combats, obligé de se réfugier à Bruxelles ; mais s’étant pris de querelle avec le marquis de Beuvron, il déclara qu’il se battrait contre lui, en plein midi, sur la place Royale, à Paris.- Le combat eut lieu le 12 mai, jour de l’Ascension. Bouteville avait pour second François de Rosmadec, comte des Chapelles, qui tua son adversaire, le marquis de Bussy d’Amboise. Le combat fini, ils prirent la fuite ; mais Bouteville et des Chapelles furent arrêtés à Vitry, conduits à Paris, condamnés à mort et exécutés.

Lire aussi ici
images/icones/fleche2.gif  ( 964609 )ma réponse par Lycobates (2023-05-18 18:03:30) 
[en réponse à 964599]

mal placée, se trouve plus bas (avis partagés).
images/icones/fleche2.gif  ( 964608 )avis partagés par Lycobates (2023-05-18 18:01:57) 
[en réponse à 964598]

Pour un catholique, l'affaire des Mensuren estudiantines est réglée après la décision de la Congrégation du Concile de 1925, malgré certaines réserves de l'épiscopat de l'époque pour équiparer ces épreuves à un véritable duel, passible des peines ecclésiastiques.
Je vois mal un révision de cette décision dans les circonstances actuelles.

Pour le fond de la question morale : est-íl licite de mettre en danger sa propre vie et celle d'autrui pour une raison relevant purement de la prouesse sportive, sans véritable nécessité ? on pourra comparer les cas de la boxe et autres sports de combat, de la tauromachie ou de la formule 1 et d'autres types de compétition automobile, comparables entre elles à ce titre (mise en danger gratuite de sa vie et de celle d'autrui), et on verra que les avis (aussi des moralistes) demeurent partagés.
images/icones/2e.gif  ( 964554 )Vous pourriez faire la même remarque par Archange (2023-05-17 16:21:48) 
[en réponse à 964544]

vu que nous sommes en France.

Depuis Louis XIII le duel est interdit...

Ce post est à mon avis nul et non avenu. L'Eglise n’interdit pas aux clercs de pratiquer une activité physique.

En manque de réclame ???
images/icones/nounours.gif  ( 964556 )L'escrime par Jean-Paul PARFU (2023-05-17 16:56:31) 
[en réponse à 964544]

que j'ai pratiqué (le sabre), est un sport ; ce n'est pas un duel au sens condamné par les autorités civiles et par l'Eglise.

La question est curieuse, mais symptomatique, car elle tendrait à prouver que, pour vous, c'est le face à face en tant que tel avec une épée, un sabre, un fleuret, qui serait condamnable et condamné, alors que c'est l'intention de blesser ou de tuer.

Reste que l'on peut se demander s'il est approprié pour un prêtre de participer à des compétitions sportives. Mais c'est un autre débat !
images/icones/1a.gif  ( 964559 )Un exemple célèbre par Luc de Montalte (2023-05-17 17:33:47) 
[en réponse à 964556]

… de prêtre sportif se trouve en le pape Pie XI qui était un alpiniste chevronné. Il a laissé son nom à un certain nombre de voies d'ailleurs.



En meilleure qualité mais avec un filigrane :



En cherchant l'image ci-dessous, j'ai d'ailleurs découvert qu'il a écrit un livre sur ses ascensions du Cervin, du Mont Blanc et du Mont Rose.

images/icones/fleche3.gif  ( 964568 )On se détend les gars ... par Cristo (2023-05-17 20:49:08) 
[en réponse à 964544]

J'avais en tête l'interdiction du duel sous Louis XIII et j'en profitais donc pour savoir si l'Eglise avait pris position sur le sujet.

Pour le reste, par exemple la question de JP Parfu de savoir si les clercs ont le droit de pratiquer un sport : je leur souhaite d'en pratiquer au moins pour des raisons d'hygiène de vie et de bonne santé.

Enfin on peut discuter en revanche du fait qu'un prêtre donne de la résonance médiatique à sa pratique sportive mais dans le cas présent le message pastoral me semble pertinent. Et à tout prendre je préfère ça au curé metaleux qui a eu lui aussi son quart d'heure de célébrité récemment.
images/icones/find.gif  ( 964570 )Deux duels par Jean-Paul PARFU (2023-05-17 21:21:43) 
[en réponse à 964568]

Le dernier duel connu en France a eu lieu le 21 avril 1967 entre Gaston Deferre, maire de Marseille et le député gaulliste René Ribière.

Le général Guderian raconte, dans ses Mémoires, que le Maréchal von Kluge, avec lequel il avait un grave contentieux, avait demandé à Hitler, début 44, l'autorisation de se battre en duel contre lui, Guderian.

Hitler a bien entendu refusé, ne serait-ce que parce que ça aurait fait très mauvais effet, en pleine guerre, d'apprendre que deux généraux allemands, de surcroît de premier plan et donc très connus à l'étranger, se battent en duel. Les Alliés en auraient fait des gorges chaudes.

Enfin, je ne dis pas qu'un prêtre ne doit pas faire de sport. Je me demande s'il est opportun pour lui de participer à des compétitions sportives.
images/icones/tele.gif  ( 964587 )Le dernier duel par Semper parati (2023-05-18 09:21:41) 
[en réponse à 964570]

cher Maitre, en vidéo ( et c'est Gastounet qui versa le premier sang et l'emporta)



SP