QUATRIEME CONFÉRENCE : DU LIEU DE L'IMMORTALITÉ
OU DE L'ÉTAT DES CORPS GLORIEUX APRÈS LA RÉSURRECTION
Et dixit qui sedebat in throno : Ecce novo facio omnia.
Et Il dit, Celui qui étais assis sur le trône : Voilà que Je fais toutes choses nouvelles. (Apoc. XXI, 5.)
Ce soir-là, la nuit était calme, le ciel pur, l'air silencieux, et aux clartés de la lune et à la douce scintillation des étoiles, on voyait la mer étendre au loin à l'horizon l'azur argenté de ses flots.
Augustin et Monique cherchaient quelle serait la vie éternelle. Ils franchissent d'un seul bond de l'esprit les astres, le ciel et tous les espaces qu'habitent les corps.
Ils passent ensuite avec le même élan au-dessus des anges et des créatures spirituelles, ils se sentent transportés jusqu'au trône de la Sagesse éternelle, et ils ont comme une vision de Celui par lequel tous les êtres sont, et qui Lui-même est toujours, sans aucune différence de temps.
Combien de temps dura cette extase ? Elle leur sembla fugitive comme l'éclair, et ils se sentirent hors d'état d'en évaluer la durée. Revenus à eux-mêmes et obligés d'entendre de nouveau le bruit des voix humaines, Monique s'écria : «Pour ce qui me regarde, je n'ai plus aucun plaisir en cette vie, je ne sais ce que je fais encore ni pourquoi j'y demeure».
Cette scène est demeurée célèbre et populaire. De grands maîtres l'ont immortalisée par les chefs-d’œuvre de leur art. Les peintures et les représentations qu'ils en ont tracées ont été mille fois reproduites et ont laissé vivante et impérissable cette sublime page de la vie de Monique et d'Augustin.
Le lendemain de ce jour, Monique fut saisie par la maladie qui amena sa mort, et neuf jours après l'extase qui l'avait ravie et élevée au-dessus de ses sens, elle alla contempler face à face cette beauté souveraine dont, dès ici-bas, elle avait entrevu le rayonnement et l'image (Confessions de saint Augustin, liv. IX, X).
Dans ce séjour de la vie bienheureuse qu'entrevit sainte Monique, le Christ sera vraiment roi, non pas seulement en tant que Dieu, mais en tant qu'Il est visible, et s'est revêtu de notre nature humaine ; Il régnera éternellement sur la maison de Jacob (Luc, II).
La prise de possession de Son royaume ne sera définitive, et la gloire dont Il est investi à la droite de Son père, ne sera parfaite et consommée, que lorsqu'Il aura achevé de mettre Ses ennemis sous l'escabeau de Ses pieds (Ps. 109, 1).
Alors toutes choses Lui seront soumises et Lui-même sera soumis à Celui qui Lui a assujetti toute créature. Jusque-là, le Christ combat avec Son Église, occupé à conquérir Son royaume, soit en en éliminant les impies, soit en rappelant à Lui les justes, par les ineffables attraits de Sa Miséricorde.
Son royaume dans le Ciel sera reconstruit sur un ordre tout nouveau et sur un mode très différent de celui sur lequel il est établi ici-bas (Suarez, quæst. LIX, art. 7).
En cette vie nouvelle, Jésus-Christ ne sera plus représenté par une Église enseignante, les élus n'auront pas besoin d'être éclairés et assistés par les bons anges, ni de recourir pour leur sanctification aux sacrements.
Leur état sera une pure et perpétuelle contemplation de la divinité, où le Christ, tête de l'humanité, emportera avec Lui, dans le sein de Son Père, l'universalité de Ses membres, afin de les soumettre à Celui à qui Il est Lui-même soumis. Et tunc Filius erit subjectus Patri, ut sit Deus omnia in omnibus.
.Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde