Ici
Hier en entrant à midi dans une église à Mons (Bergen) pour consommer inaperçu deux sandwiches et boire une petite cannette de bière (mauvais temps dehors; les cafés, les tearooms, etc. évidemment implacablement fermés), je m' assis sur un banc au fond de l'église. Et je songeais à... Mt.12, 3-4 concernant le sabbat.
L' église etait vide (et plutôt froide) et en observant le maître-autel délaissé je ressentais l' église encore plus vide.
A la fin une personne est entrée.
Atmosphère simenonienne par Candidus.
Je suis sensible à l'atmosphère de votre post avec la pluie qui tombe, la froideur de l'église, cette nourriture rustique qui accentue le prosaïsme de la scène, puis l'irruption soudaine de l'ambiguïté et du mystère avec cette chute sublime : "A la fin une personne est entrée"...
On ne sait pas si c'est l'arrivée d'une personne physique, l'allusion à une expérience mystique (notre foi est la rencontre avec une Personne).
Déréliction de l'homme aux prises avec la modernité sociétale par Candidus 2021-01-29 23:17:22
Vous noterez aussi le thème de la vacuité. Le mot "vide" revient à deux reprises et la seconde fois avec emphase : "encore plus vide".
Le délaissement du maître-autel accroît le sentiment angoissant de l'absence. Absence de sens, d'espoir, agression du froid (métaphore de la solitude), de la pluie, un monde extérieur hostile, "fermé", confiné et confinant.
La modernité oppressante exprimée par l'anglicisme "tearooms" nous oblige à chercher refuge dans cette église assiégée, jusqu'à ce que jaillisse l'espérance de la "personne qui est entrée".
Notez que la personne n'entre pas, elle "est entrée", il n'y avait rien, et soudain la "personne" est là, et nous la découvrons seulement "à la fin".
C'est tout le drame de notre humanité angoissée par le vide postmoderniste, assoifée de sens et de présence, qui est résumé dans cette chute.