Le Forum Catholique
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( 963420 )
Vatican II: Mgr Williamson évoque Mgr Viganò et le Pape Bergoglio par Chicoutimi (2023-04-21 04:21:35)
Voici le
Commentaire Eleison 815 de Mgr Williamson du 25 février 2023:
''Dans un nouveau texte remarquable du 21 janvier,
Mgr Viganò fustige, au nom du vrai Dieu, de la vraie Église et de la vraie Messe, la Nouvelle église de Vatican II et sa contrefaçon de «messe». (...)
Concile non dogmatique, Vatican II n’entendit définir aucune vérité doctrinale, et se limita à réaffirmer, souvent de façon obscure, des doctrines déjà définies clairement et sans équivoque par l’autorité du Magistère infaillible. Il a été considéré abusivement comme «le» Concile, le «super-dogme» de la nouvelle «église conciliaire», et imposé de force comme tel, au point que l’Église s’est redéfinie par rapport à cet événement.
Dans l’histoire de l’Église jusqu’à Vatican II, il n’était jamais arrivé qu’un concile pût, dans les faits, avoir plus d’autorité que vingt conciles dogmatiques. Pourtant, cela s’est produit, dans le silence majoritaire de l’épiscopat et avec l’approbation de cinq Pontifes romains, de Jean XXIII à Benoît XVI. Et durant ces cinquante années de révolution permanente, aucun de ces Papes n’a jamais remis en question le «magistère» de Vatican II, ni osé condamner ses thèses hérétiques ou clarifier son langage équivoque.
Au contraire, depuis Paul VI, tous les Papes ont fait de Vatican II et de sa mise en œuvre un élément central du programme de leur Pontificat, à tel point qu’ils ont subordonné et lié leur autorité de Pape à tous les oukases du Concile. Leur «magistère» commence avec Vatican II et s’y limite, et les papes qui se sont succédé ont canonisé leurs prédécesseurs immédiats pour le seul fait d’avoir convoqué, conclu ou appliqué le Concile. La langue théologique a également été adaptée aux équivoques des textes conciliaires, jusqu’à adopter comme doctrines définies des affirmations qui, avant le Concile, étaient considérées comme hérétiques, p. ex., la supériorité de l’État sur la Religion.
Pour une fois, le pape Bergoglio a parfaitement raison lorsqu’il affirme que la messe tridentine représente une menace intolérable contre Vatican II: car en effet, cette messe est tellement catholique qu’elle sape toute tentative de coexistence pacifique entre les deux «formes» du même rite romain. Il est en effet absurde de concevoir une «forme» montinienne ordinaire à côté d’une «forme» tridentine extraordinaire. Le Novus Ordo est l’expression cultuelle d’une religion toute différente – celle de l’«église conciliaire». Il s’agit d’un rite trompeur, équivoque, si «favorable à l’hérésie» qu’il ne mérite que d’être interdit et abrogé.
Je ne serais pas surpris si, dans un avenir très proche, ceux qui abusent de l’Autorité Apostolique pour démolir la Vraie Église ne se contentaient pas de limiter la célébration de l’antique Messe, mais l’interdisaient purement et simplement. Si Rome devait interdire la célébration de la Messe de toujours, les catholiques qui croient qu’ils peuvent servir deux maîtres – l’Église du Christ et l’église conciliaire – découvriront qu’ils ont été trompés. Ils devront choisir entre désobéir à un ordre illicite pour obéir à Dieu, ou bien courber la tête devant la volonté du tyran en trahissant leur devoir de serviteurs de Dieu.
Tout ceci n’est rien d’autre que la bataille entre le Christ et Satan. Une bataille pour la Messe qui est le cœur de notre Foi, le trône sur lequel descend le Divin Roi Eucharistique, le Calvaire sur lequel l’immolation de l’Agneau Immaculé se renouvelle sous une forme non sanglante. Cette bataille doit être menée au nom de la différence essentielle qui existe entre la vision centrée sur Dieu de la Messe de toujours et la vision centrée sur l’homme de sa contrefaçon conciliaire. Faisons en sorte que, aussi indignes que nous puissions être, nous méritions la future louange de l’Église, en nous préparant à ces épreuves dans lesquelles nous témoignerons que nous appartenons au Christ.''
(...)
Source

( 963423 )
Une erreur dans chacun des deux premiers paragraphes par Scrutator Sapientiæ (2023-04-21 08:04:01)
[en réponse à 963420]
Bonjour Chicoutimi,
Ce texte comporte au moins une erreur, non négligeable, dans chacun des deux premiers paragraphes.
D'une part, Vatican II ne comporte aucune définition dogmatique, mais cela ne signifie pas qu'il ne comporte aucune affirmation doctrinale, et les affirmations doctrinales qu'il comporte ont assurément été considérées comme porteuses de vérité par les clercs artisans et partisans du Concile.
D'autre part, si Vatican II s'est "limité à réaffirmer", etc., comment se fait-il que cela ait débouché sur des "thèses hérétiques" ?
En outre, dire qu'il n'y a eu aucune clarification magistérielle pontificale post-conciliaire est inexact, car Vatican II a été non seulement complété dans la clarté par Paul VI, dans Mystérium Fidei, dans Sacerdotalis coelibatus et dans Humanae vitae, mais aussi corrigé dans la clarté par Jean-Paul II, ou sous Jean-Paul II, dans Veritatis splendor et dans Dominus Iesus.
Enfin, quelles sont donc les "thèses hérétiques", au sens propre du terme, donc les thèses qui amputent, déforment, refusent partiellement ou rejettent totalement, d'une manière explicite et spécifique, telle ou telle définition dogmatique officielle de la foi catholique, dans les documents du Concile Vatican II ?
Ce Concile n'est pas avant tout hérétique, au sens propre du terme, mais est avant tout iréniste et utopiste, au moyen de certaines expressions et de certaines omissions, ce qui n'est pas tout à fait la même chose ou ce qui n'est pas tout à fait du même ordre.
Bonne journée.
Scrutator.

( 963425 )
L'Eglise du Concile fonctionne à l'extravagance et à l'oblitération par Scrutator Sapientiæ (2023-04-21 08:42:26)
[en réponse à 963420]
Rebonjour,
Ce qui suit n'est jamais qu'une proposition de formulation.
D'une part, l'Eglise du Concile et de l'après-Concile fonctionne à l'extravagance, ne serait-ce que parce que la "mystique" du dialogue, du dialogue interconfessionnel, du dialogue interconvictionnel et du dialogue interreligieux, y a pris des dimensions, une importance, une influence et des proportions absolument extravagantes.
D'autre part, l'Eglise du Concile et de l'après-Concile fonctionne à l'oblitération de la conception traditionnelle ou de la relation traditionnelle, ante-blondélienne, au contenu de la foi catholique.
Ce phénomène d'oblitération se manifeste avant tout sous l'angle de la dogmatique, et non seulement sur le plan liturgique.
Le même phénomène d'oblitération se traduit par l'actualisation et l'amplification d'une dynamique "pastorale" et, dorénavant, "synodale", qui est placée sous le signe de "l'auto-dépassement".
Disons-le autrement : si, ou plutôt puisque la stratégie d'inculturation pastorale et sociétale ad extra va aussi souvent de pair avec une volonté d'exculturation dogmatique et liturgique ad intra, c'est que nous sommes en présence d'un dérèglement gravissime.
Depuis que les ténèbres ont commencé à laisser la place aux lumières, dès juillet 1962, aux Pays-Bas, nous sommes en présence d'une PATHOLOGIE ECCLESIALE.
Bonne journée.
Scrutator.

( 963437 )
Le bon grain et l'ivraie ... par vistemboir2 (2023-04-21 15:49:10)
[en réponse à 963425]
Bonjour Scrutator,
Je ne peux m'empêcher de trouver cette parabole de Notre Seigneur prophétique et s'appliquant parfaitement à notre époque : elle annonce avec 2000 ans d’avance et d'une façon de plus en plus évidente ce qui s’est passé (et se passe encore aujourd'hui) dans l’Église (le champ) avec le bon grain (la Tradition) qu’il y a semé, et l’ivraie semée nuitamment (la révolution conciliaire) par ses ennemis.
Pour mémoire (Mt 13,24-30) :
"Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bon grain dans son champ.
Mais, pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie au milieu du froment, et s’en alla.
Quand l’herbe eut poussé et donné son fruit, alors apparut aussi l’ivraie.
Et les serviteurs du père de famille vinrent lui dire : Seigneur, n’avez-vous pas semé de bon grain dans votre champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ?
Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui dirent : Voulez-vous que nous allions la cueillir ?
Non, leur dit-il, de peur qu’avec l’ivraie vous n’arrachiez aussi le froment.
Laissez croître l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : Cueillez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, et amassez le froment dans mon grenier."

( 963443 )
[réponse] par Marco Antonio (2023-04-21 23:35:43)
[en réponse à 963437]
Bonjour Scrutator,
Je ne peux m'empêcher de trouver cette parabole de Notre Seigneur prophétique et s'appliquant parfaitement à notre époque : elle annonce avec 2000 ans d’avance et d'une façon de plus en plus évidente ce qui s’est passé (et se passe encore aujourd'hui) dans l’Église (le champ) avec le bon grain (la Tradition) qu’il y a semé, et l’ivraie semée nuitamment (la révolution conciliaire) par ses ennemis.
Pour mémoire (Mt 13,24-30):
La parabole qui vous est venue à l'esprit, Monsieur, ne peut que me rappeler l'allusion qui y est faite par les paroles suivantes de Saint Augustin:
"
Ecclesia Dei inter multam paleam multaque zizania constituta, multa tolerat, et tamen quae sunt contra fidem vel bonam vitam non approbat, nec tacet, nec facit" (cfr. Ep. 55 Ad inquisitiones Ianuarii Liber II).
Des mots qui montrent à quel point Mgr. Williamson et Mgr. Viganò (avec Mgr Lefebvre) se trompent en attribuant à l'autorité de l'Église le mal constitué par le
Novus Ordo missae et les doctrines erronées de Vatican II.

( 963451 )
Je serais bien moins affirmatif... par vistemboir2 (2023-04-22 09:31:08)
[en réponse à 963443]
à dire :
Mgr. Williamson et Mgr. Viganò (avec Mgr Lefebvre) se trompent en attribuant à l'autorité de l'Église le mal constitué par le Novus Ordo missae et les doctrines erronées de Vatican II.
L'autorité de l’Église, c'était Paul VI et c'est aujourd'hui François, avec les évêques.
Et ces papes ont bien couvert de leur autorité l'application de Vatican II et du
Novus Ordo jusqu'à restreindre voire interdire la célébration de la messe traditionnelle.
On ne peut donc exonérer les papes en question ni les évêques qui leur ont obéi de toute responsabilité dans les conséquences désastreuses du Concile et du
Novus Ordo... à moins d'être sédévacantiste !

( 963459 )
C'est bien parce que... par Marco Antonio (2023-04-22 14:11:44)
[en réponse à 963451]
C'est bien parce que Paul VI et François ont imposé Vatican II et le Novus Ordo que je suis si affirmatif.
Monseigneurs Williamson, Viganò et Lefebvre croient que Paul VI et François sont l'autorité.

( 963460 )
Vous êtes donc sédévacantiste !... par vistemboir2 (2023-04-22 14:32:24)
[en réponse à 963459]
puisque, selon vous, Paul VI et François n'ont pas d'autorité dans l'Église, le Siège sous leur pontificat étant donc vacant...

( 963464 )
Ce que je suis n'a pas d'importance... par Marco Antonio (2023-04-22 18:18:47)
[en réponse à 963460]
Ce que je suis n'a pas d'importance. Je ne fais que souligner l'incompatibilité entre les paroles de Saint Augustin et les idées des Mgrs Williamson, Viganò et Lefebvre.

( 963468 )
Ou si vous préférez... par vistemboir2 (2023-04-22 19:07:45)
[en réponse à 963464]
vous nous ressortez une thèse sédévacantiste ! Mais vous répondez par une pirouette, sans pour autant récuser le terme...
De deux choses, l'une :
- ou vous êtes bien sédévacantiste (mais sans l'avouer), et on comprend la logique de votre critique à l'égard de la position de Mgrs Williamson et Viganò,
- ou vous ne l'êtes pas mais, dans ce cas, comment pouvez-vous soutenir que les papes Paul VI et François ne sont pas l'autorité de l'Église, et donc qu'ils n'ont aucune responsabilité dans les "doctrines erronées" introduites par Vatican II, auxquelles ils nous demandent pourtant d'adhérer ?

( 963469 )
Je ne peux que vous inviter par XA (2023-04-22 19:10:02)
[en réponse à 963468]
à relire d'autres messages de Marco Antonio pour vous faire une idée plus précise. Il écrit sans cagoule ni masque.
XA

( 963493 )
Cela rappelle une remarque pertinente de Jean Borella par Scrutator Sapientiæ (2023-04-23 14:50:13)
[en réponse à 963437]
Bonjour vistemboir2,
Ce que vous écrivez rappelle, indirectement, une remarque pertinente de Jean Borella.
Dans un livre dans lequel on ne s'attend pas à trouver cela, Jean Borella remarque en effet que la "pente" de l'oecuménisme conciliaire est certainement une pente descendante, et n'est certainement pas une pente remontante.
D'après lui, en effet, la conséquence la plus probable de la soumission à cette "pente" est que les catholiques "descendent" et deviennent des protestants, et n'est pas que les protestants "remontent" et redeviennent des catholiques, tous les pères fondateurs du protestantisme ayant été, à l'origine, des catholiques.
A-t-on jamais vu un fleuve remonter de lui-même jusqu'à sa source ?
Ne devient-il pas urgent, et vital, de poser le problème de l'infécondité spirituelle et de l'infidélité doctrinale du Concile et de l'après-Concile sous cet angle-là, et d'une manière aussi claire et nette que cela ?
Jean Borella, Le sens du surnaturel suivi de Symbolisme et réalité, chapitre deuxième, dans la collection Theoria, aux éditions de L'Harmattan.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 963528 )
oui et non je serai plus nuancé et surtout ce n'est pas vraiment la question par Luc Perrin (2023-04-24 12:31:41)
[en réponse à 963493]
N'y-a-t-il eu aucun passage du protestantisme au catholicisme depuis Vatican II ? Oh que non il y en a eu un nombre non négligeable, la formule de Jean Borella est pittoresque mais ... fausse.
Sans détailler juste pour illustrer, le pasteur luthérien Viot, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, les Anglicans-épiscopaliens ayant rallié Rome à la suite d'Anglicanorum coetibus (2009) ...
Mais je pense qu'on fait fausse route aujourd'hui à regarder 2023 avec des lunettes conçues en 1563. La dispute dans une Europe chrétienne entre la Réformation et Rome est dépassée socialement et culturellement, non pas évidemment théologiquement et doctrinalement.
- l'Europe n'est plus chrétienne mais sécularisée et "schwabisée" (Davos)
- il y a des protestants qui ont plus de foi que nombre de "catholiques" in name only CINO comme certains disent aux USA. Il me semble qu'il y a bien des Loménie de Brienne (archevêque athée du XVIIIe) dans la hiérarchie actuelle au plan mondial : il suffit de se pencher sur McCarrick et sa large tribu, sur les scandales du Vatican à répétition et dans les différentes Églises locales.
La vraie question n'est pas tant du protestantisme des Réformateurs, hérésiarques sans nul doute mais profondément croyants, que du néo-modernisme et néo-libéralisme, la maladie mortelle du christianisme diagnostiquée par Pie IX et Pie X, cancer qui ronge de l'intérieur toutes les Églises chrétiennes "établies" ou "mainstream".
Le christianisme éviscéré de Loisy et des protestants libéraux du XIXe conduit lui à une descente inéluctable. Tony Blair, l'homme de Davos, du totalitarisme sanitaire et woke avoué, celui qui a largement lancé son pays dans l'auto-destruction qui est la sienne aujourd'hui - à tous niveaux y compris moral - est un "converti" de l'anglicanisme néo-moderniste et néo-libéral à un catholicisme lui-même gangrené par le néo-modernisme et le néo-libéralisme (de plus en plus totalitaire).
L'exemple des échecs de Boquen et Maredsous sont de bonnes illustrations évoquées dans un autre fil et nous en connaissons tous des centaines.

( 963439 )
Miracle ! par StGrégoire (2023-04-21 16:39:03)
[en réponse à 963420]

( 963440 )
C'est ironique par StGrégoire (2023-04-21 16:49:30)
[en réponse à 963439]
il ne fait bien sûr que ça dans cet entretien, mais le texte publié par Chicoutimi est d'une autre nature, c'est intéressant.