DEUXIEME CONFÉRENCE
DE LA PERSÉCUTION DE L’ANTÉCHRIST ET DE LA CONVERSION DES JUIFS
Et tunc revelabitur ille iniquus, quem Dominus Jesus interficiet spiritu oris sui, et destruet illustratione adventus sui.
C'est par le corps, en effet, que l'esprit manifeste sa puissance et exerce sa royauté. C'est le corps, dit Tertullien, qui est l'organe de la vie divine et des sacrements. C'est le corps qui est lavé par l'onde baptismale, afin que l'âme reçoive sa blancheur et sa netteté.
C'est le corps qui est oint par l'huile et l'onction de l'Esprit Saint afin que l'âme soit consacrée. C'est le corps qui reçoit l'imposition des mains, afin que l'âme soit illuminée et puisse répandre les bénédictions. C'est le corps qui reçoit l'Eucharistie et qui s'abreuve d'un sang divin, afin que l'homme, devenu un avec le Christ et ayant avec lui une même vie, puisse subsister éternellement (Tert. De rester. carnis, c. 8).
C'est encore le corps qui croise les mains pour la prière et qui se courbe pour l'adoration. C'est le corps qui s'exténue par les jeûnes et dans les macérations, qui s'offre en holocauste sur les échafauds et les bûchers, qui se consume par le martyre et offre à Dieu ce témoignage de l'amour, lequel n'est absolu et irrévocable que lorsqu'il est scellé par la mort et exprimé par le sang.
Et le corps de l'homme, instrument des plus héroïques travaux, canal de toutes les bénédictions et de toutes les grâces, soldat du témoignage, prêtre et autel du Sacrifice, épouse virginale du Christ, serait semblable à l'herbe des champs, il n'aurait un instant d'éclat et de vie que pour être changé en une poignée de cendres, devenir la proie des vers et l'hôte éternel du trépas ?
Ce serait un blasphème contre la Providence et un outrage à son infinie bonté. Le dogme de la résurrection des corps ressort des notions que nous donne la philosophie chrétienne sur Dieu ; il ressort, secondement, des notions qu'elle nous donne sur la nature de l'homme.
L'homme, en effet, se compose de deux substances : l'esprit et le corps. Et ces deux principes sont unis par des liens si intimes et si profonds, il y a entre eux une réciprocité et une corrélation si étroite, que, sans l'intermédiaire du corps, l’esprit, par sa propre nature, est inhabile à exercer aucune de ses opérations.
Il est semblable à un souffle qui, faute d'organe, ne pourrait résonner, à une lyre dont les cordes détendues et brisées cesseraient d'ébranler l'air et demeureraient sans accent et sans écho.
Ainsi, l'âme sans le corps ne peut entrer en relation avec le monde extérieur et sensible ; elle n'a ni l'usage de la vue, ni l'usage de l'ouïe ; elle ne peut exercer son action et sa souveraineté sur la matière, ni maîtriser les éléments, ni savourer les fruits, ni respirer l'odeur des parfums.
Et la bouche elle-même, cette bouche qui peut-être a fait entendre des accents d'or, qui s'est si souvent dénouée pour l'enseignement ou la louange, n'est plus qu'un membre desséché et aride, dont l'âme ne peut plus se servir pour émouvoir les cœurs et éclairer les esprits.
Sans doute, ainsi que l'enseigne saint Thomas, Dieu, après la mort, conférera aux âmes séparées un mode d'existence qui leur permettra de se connaître, de s'entretenir, de communiquer entre elles, sans le secours des organes corporels, dont elles auront été dépouillées. Mais ce sera là un mode merveilleux, exceptionnel, en dehors des conditions et des lois normales de l'être humain.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde