Le Forum Catholique

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images/icones/1a.gif  ( 962292 )Comment vivre la liturgie selon le pape François ? par Balthazar (2023-03-19 13:41:55) 

Dans sa lettre apostolique Desiderio Desideravi, le pape François dit ceci :


La non-acceptation de la réforme, ainsi qu’une compréhension superficielle de celle-ci, nous détournent de la tâche de trouver les réponses à la question que je répète : comment pouvons-nous grandir dans la capacité de vivre pleinement l’action liturgique? Comment continuer à nous laisser surprendre par ce qui se passe dans la célébration sous nos yeux? Nous avons besoin d’une formation liturgique sérieuse et vitale.

(...)

45. Ainsi, la question que je veux poser est la suivante : comment pouvons-nous redevenir capables de symboles ? Comment pouvons-nous à nouveau savoir les lire et être capables de les vivre ? Nous savons bien que la célébration des sacrements, par la grâce de Dieu, est efficace en soi (ex opere operato), mais cela ne garantit pas le plein engagement des personnes sans une manière adéquate de se situer par rapport au langage de la célébration. Une « lecture » symbolique n’est pas une connaissance purement intellectuelle, ni l’acquisition de concepts, mais plutôt une expérience vitale.

(...)

48. L’ars celebrandi, l’art de célébrer, est certainement l’une des façons de prendre soin des symboles de la liturgie et de croître dans une compréhension vitale de ceux-ci. Cette expression est également sujette à différentes interprétations. Son sens devient clair si elle est comprise en référence au sens théologique de la Liturgie décrit dans Sacrosanctum Concilium au n° 7 et auquel j’ai déjà fait référence à plusieurs reprises. L’ars celebrandi ne peut être réduit à la simple observation d’un système de rubriques, et il faut encore moins le considérer comme une créativité de l’imagination – parfois sauvage – sans règles. Le rite est en soi une norme, et la norme n’est jamais une fin en soi, mais elle est toujours au service d’une réalité supérieure qu’elle entend protéger.

49. Comme dans tout art, l’ars celebrandi requiert différents types de connaissances.
Tout d’abord, il faut comprendre le dynamisme qui se déploie à travers la liturgie. L’action de la célébration est le lieu où, par le biais du mémorial, le mystère pascal est rendu présent afin que les baptisés, par leur participation, puissent en faire l’expérience dans leur propre vie. Sans cette compréhension, la célébration tombe facilement dans le souci de ce qui est extérieur (plus ou moins raffiné) ou dans le souci des seules rubriques (plus ou moins rigides).
Ensuite, il est nécessaire de savoir comment l’Esprit Saint agit dans chaque célébration. L’art de célébrer doit être en harmonie avec l’action de l’Esprit. C’est seulement ainsi qu’il sera libre des subjectivismes qui sont le fruit de la domination des goûts individuels. Ce n’est qu’ainsi qu’il sera libre de l’invasion d’éléments culturels assumés sans discernement et qui n’ont rien à voir avec une compréhension correcte de l’inculturation.
Enfin, il est nécessaire de comprendre la dynamique du langage symbolique, sa nature particulière, son efficacité.

50. Avec ces brèves indications, il devrait être clair que l’art de la célébration ne s’improvise pas. Comme tout art, il exige une application constante. Pour un artisan, la technique suffit. Mais pour un artiste, en plus des connaissances techniques, il faut aussi de l’inspiration, qui est une forme positive de possession. Le véritable artiste ne possède pas un art, mais il est possédé par lui. On n’apprend pas l’art de célébrer en fréquentant un cours d’art oratoire ou de techniques de communication persuasives. (Je ne juge pas les intentions, je ne fais qu’observer les effets). Tout outil peut être utile, mais il doit être au service de la nature de la liturgie et de l’action de l’Esprit Saint.



Comme vous l'avez compris, quand j'ai lu ce texte avec les connaissances dont j'ai entamé la présentation, j'ai été frappé du fait que le pape s'acharne sur ceux qui vivent de la liturgie permettant le mieux cette expression vitale. Car le rite tridentin, correctement dit, concerne tous les plans et aspects du prêtre et du fidèle, c'est assez impressionnant à constater lorsqu'on regarde cette question. D'autant, qu'en ces choses, même si l'automaticité du sacrement n'est bien évidemment pas contestée, la qualité du sacrement existe bel et bien : la messe du Padre Pio n'est pas la messe du jeune prêtre pressé pensant à autre chose. Si en théorie, on reçoit les mêmes grâces à l'une comme à l'autre messe, dans un cas, on a les chutes du Niagara, dans l'autre, on a un mince filet d'eau.

Le pape évoque brièvement la question du rite tridentin dans un autre de ses textes, et on reconnaît là toute l’amitié qu’il a pour les tradis.


95. Cette obscure mondanité se manifeste par de nombreuses attitudes apparemment opposées mais avec la même prétention de “dominer l’espace de l’Église”. Dans certaines d’entre elles on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu et dans les besoins concrets de l’histoire ne les préoccupe. De cette façon la vie de l’Église se transforme en une pièce de musée, ou devient la propriété d’un petit nombre. Dans d’autres, la même mondanité spirituelle se cache derrière la fascination de pouvoir montrer des conquêtes sociales et politiques, ou dans une vaine gloire liée à la gestion d’affaires pratiques, ou dans une attraction vers les dynamiques d’auto-estime et de réalisation autoréférentielle. Elle peut aussi se traduire par diverses manières de se montrer soi-même engagé dans une intense vie sociale, remplie de voyages, de réunions, de dîners, de réceptions. Ou bien elle s’exerce par un fonctionnalisme de manager, chargé de statistiques, de planifications, d’évaluations, où le principal bénéficiaire n’est pas le Peuple de Dieu mais plutôt l’Église en tant qu’organisation. Dans tous les cas, elle est privée du sceau du Christ incarné, crucifié et ressuscité, elle se renferme en groupes d’élites, elle ne va pas réellement à la recherche de ceux qui sont loin, ni des immenses multitudes assoiffées du Christ. Il n’y a plus de ferveur évangélique, mais la fausse jouissance d’une autosatisfaction égocentrique.



Je note également, et ce n’est pas la moindre des ironies, que le pape utilise à foison la notion de symbole. Or les symboles ne sont pas là pour rien, ils sont là pour transmettre une qualité vibratoire particulière, une force, une ambiance spécifique et particulière cachée sous ce symbole. On n’est pas très loin du domaine de l’énergétique (ou tout autre nom que vous choisirez d’utiliser).

Extraits :

26. L’émerveillement est une partie essentielle de l’acte liturgique car c’est l’attitude de ceux qui se savent confrontés à la particularité des gestes symboliques ; c’est l’émerveillement de celui qui fait l’expérience de la . puissance du symbole. , qui ne consiste pas à se référer à un concept abstrait mais à contenir et à exprimer dans sa . concrétude même ce qu’il signifie. .

27. La question fondamentale est donc la suivante : comment retrouver la capacité de vivre pleinement l’action liturgique ? Tel était l’objectif de la réforme du Concile. Le défi est très exigeant car l’homme moderne – pas dans toutes les cultures au même degré – a perdu la capacité de s’engager dans l’action symbolique qui est une caractéristique essentielle de l’acte liturgique.



Alors, quand je lis « forme positive de possession », « puissance du symbole », « concrétude de ce qu’un symbole signifie », « action symbolique », il est compliqué pour moi de ne pas le comprendre sous les formes énergétiques et de leurs capacités à habiter une cérémonie. Une bénédiction dite machinalement n'est pas une bénédiction où un flux sort de la main du prêtre bénissant. Le pape, avec ses mots, dit la même chose, il faut être habité de la bonne vibration, celle qui correspond à ce moment de la messe.
Là où je diffère de lui est que le rite tridentin est beaucoup plus propice à cette "forme positive de possession" que le nouvel ordo et qu'une suggestion serait de le présenter ainsi au pape. L'ironie pontificale est donc de suggérer une manière liturgique on ne peut plus orthodoxe, "In Persona Christi" mais avec un rite dont l'efficacité sur les plans invisibles se discute assez largement quand on le compare au rite tridentin.

Je sais que Mgr Guardini n’est pas en odeur de sainteté ici, mais là, c’est difficile de ne pas lui donner raison.

Guardini écrit : « C’est ainsi que s’ébauche la première tâche du travail de formation liturgique: l’homme doit retrouver sa puissance symbolique ». C’est une responsabilité pour tous, pour les ministres ordonnés comme pour les fidèles. La tâche n’est pas facile car l’homme moderne est devenu analphabète, il ne sait plus lire les symboles, il en soupçonne à peine l’existence. Cela se produit également avec le symbole de notre corps. Il est un symbole parce qu’il est une union intime de l’âme et du corps ; il est la visibilité de l’âme spirituelle dans l’ordre corporel ; et en cela consiste l’unicité humaine, la spécificité de la personne irréductible à toute autre forme d’être vivant. Notre ouverture au transcendant, à Dieu, est constitutive : ne pas la reconnaître nous conduit inévitablement non seulement à une méconnaissance de Dieu mais aussi à une méconnaissance de nous-mêmes. Il suffit de regarder la manière paradoxale dont le corps est traité, à un moment soigné de manière presque obsessionnelle, inspiré par le mythe de l’éternelle jeunesse, et à un autre moment réduisant le corps à une matérialité à laquelle on refuse toute dignité. Le fait est que l’on ne peut pas donner de valeur au corps en partant uniquement du corps lui-même. Tout symbole est à la fois puissant et fragile. S’il n’est pas respecté, s’il n’est pas traité pour ce qu’il est, il se brise, perd sa force, devient insignifiant.

Nous n’avons plus le regard de saint François qui regardait le soleil – qu’il appelait frère parce qu’il le sentait ainsi – le voyait bellu e radiante cum grande splendore, et, émerveillé, chantait : de te Altissimu, porta significatione. Le fait d’avoir perdu la capacité de saisir la valeur symbolique du corps et de toute créature rend le langage symbolique de la liturgie presque inaccessible à la mentalité moderne. Et pourtant, il ne peut être question de renoncer à ce langage. On ne peut y renoncer parce que c’est ainsi que la Sainte Trinité a choisi de nous atteindre à travers la chair du Verbe. Il s’agit plutôt de retrouver la capacité d’utiliser et de comprendre les symboles de la liturgie. Nous ne devons pas perdre espoir car cette dimension en nous, comme je viens de le dire, est constitutive ; et malgré les méfaits du matérialisme et du spiritualisme – tous deux négateurs de l’unité de l’âme et du corps – elle est toujours prête à resurgir, comme toute vérité.

(…)

Aussi l’agenouillement doit être fait avec art, c’est-à-dire avec une pleine conscience de son sens symbolique et du besoin que nous avons de ce geste pour exprimer notre manière d’être en présence du Seigneur. Et si tout cela est vrai pour ce simple geste, combien plus le sera-t-il pour la célébration de la Parole ?



Avec ce type de discours, reprenant la puissance du symbole, St François et son frère Soleil, le pape est à deux doigts de reprendre les énergies à son compte. Je suggère que les tradis s’adaptent, reprennent ce discours symbolique et énergétique, mais au service du rite tridentin.
images/icones/fleche2.gif  ( 962298 )Le prêtre Romano Guardini (1885-1968/ par AVV-VVK (2023-03-19 14:13:18) 
[en réponse à 962292]

fut-il un Monseigneur ? J' en doute.
images/icones/fleche2.gif  ( 962408 )Le titre de Monseigneur... par Chicoutimi (2023-03-21 16:27:52) 
[en réponse à 962298]

semble avoir été accordé au prêtre Romano Guardini comme on le voit sur plusieurs site internet (surtout en anglais), entre autre cet article ICI.

images/icones/neutre.gif  ( 962310 )excellent par Christiank (2023-03-19 17:34:19) 
[en réponse à 962292]

Cet excellent texte recoupe ma perception. On aurait pu ajouter les passages rituels qui reviennent depuis 50 ans contre les abus,alors que les abus recommencent sans cesse: c'est que ces avertissements ne valent rien avec un ordo qui empêche l'identification précise de ce qu'est un abus. C'est pourquoi les évêques ne percoivent même pas qu'il y a un problème gravissime à la messe western. UNe sorte d'inconscience, pas de malice , s'installe.
2e point, lié, et très délicat je m'en excuse mille fois: Francois n'est pas malicieux, il souffre d'une maladie dont il n'est pas responsable, la maladie mentale postconciliaire locale, un peu l'équivalent du 68ardisme, lui-aussi pathologique.
images/icones/fleche2.gif  ( 962375 )Nul n'adhère sans conséquences au soixante-deuxardisme. par Scrutator Sapientiæ (2023-03-20 22:30:24) 
[en réponse à 962310]

Bonsoir Christiank,

Le printemps 1968 de l'Eglise catholique a commencé dès l'automne 1962, et nul n'adhère sans conséquences, sans conséquences préjudiciables à son sens de l'orthodoxie et du réalisme, au soixante-deuxardisme.

Que ce soit en économie, en philosophie, en politique ou en religion, on n'adhère pas impunément ni innocemment à un ensemble de chimères.

Or le Concile Vatican II, en ce qu'il a de plus disruptif, innovant, original ou particulier, se déploie comme un ensemble globalement chimérique, et non, bien sûr, comme un ensemble totalement hérétique.

Et c'est la moindre des choses que ce Concile chimérique ait débouché sur un après-Concile erratique, malgré les efforts de stabilisation du dispositif qui ont été ceux de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Ainsi, il n'est pas anodin que des évêques qui ont fréquemment le mot dialogue à la bouche refusent de dialoguer avec des clercs et avec des laïcs sur l'échec du Concile, sur la faillite de l'après-Concile, sur la nécessité de remédier à celle-ci et à celui-là, et sur les moyens à mettre en oeuvre pour commencer ou pour continuer pleinement à le faire !

En ce sens et sous cet angle, oui, nous sommes en présence d'une pathologie, tout à fait comparable, toutes proportions gardées, à celle de ceux qui sont restés communistes après l'effondrement du communisme soviétique.

La pathologie dont il est question ici peut même déboucher sur de la dysphorie (et non bien sûr, a priori et le plus souvent, sur de la "dysphorie de genre").

En tout cas, cela peut aller jusqu'à poser des problèmes d'équilibre intérieur, des problèmes personnels ou collectifs, d'où l'atmosphère très particulière, plus sentimentale que théologale, de certaines cérémonies ou de certains rassemblements.

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 962420 )Chimères bien intentionnées par Christiank (2023-03-21 18:47:29) 
[en réponse à 962375]

ON peut ajouter parmi les hypothèses, car c'est une question très complexe, que les pathologies peuvent avoir pour cause une simple naiveté optimiste bien intentionée, ce qui n'est pas en soi maladif. Les pathologies ne seraient donc pas strictement conciliaires, mais bien postconciliaires et surtout locales, si on veut être précis.
Et elles doivent être rigouresement testées à partir de faits observables, comme quand on entend qu'il n'y a pas décadence quand les séminaires sont vides, ou que l'enfer, le purgatoire ou le dogme sont trop prêchés depuis 50 ans, ou que la catéchèse est trop doctrinale-dogmatique; car dans ces derniers cas il ne s'agit même plus d'orthodoxie, mais de simple perception du réel empirique (des historiens, des sociologues voient très bien ce que les théologiens ne voient pas...). On peut ajouter le sentiment diffus chez Francois que l'Eglise est trop rigide depuis le concile!!!.
images/icones/fleche2.gif  ( 962378 )La dimension onirique du Concile est à analyser par Scrutator Sapientiæ (2023-03-20 23:36:01) 
[en réponse à 962310]

Rebonjour,

Chacun aura compris que l'Eglise du Concile fonctionne à l'irénisme et à l'utopisme, mais la dimension onirique du Concile ou, si l'on préfère, le déroulement du Concile en tant que cheminement onirique, est à analyser en tant que tel.

Il est proprement incroyable que des cardinaux et des periti aient entendu prendre leurs désirs pour des réalités, puis imposer cette attitude aux autres cardinaux, aux autre periti, à l'ensemble des évêques et à l'ensemble des fidèles, non seulement pendant la "décennie Vatican II", mais aussi pendant les décennies qui ont suivi.

Cette composante ou cette dimension onirique du néo-catholicisme n'a pas été assez étudiée, alors que cette composante a constitué la pathologie, et contribue, encore aujourd'hui, à l'inscription de cette pathologie, désormais inclusive et synodale, dans la longue durée.

En tout cas, il est certain que la question de la part de responsabilité individuelle de séminaristes, de prêtres, d'évêques et de cardinaux qui n'ont jamais connu autre chose que cette ambiance et cette praxis et, à la limite, les trouvent "normales", mérite d'être posée avec une acuité particulière.

Combien de clercs ont-ils fait la grimace, au moment de la béatification puis de la canonisation du pape qui a causé le plus de dégâts à l'Eglise, aux fidèles et à la foi catholiques, depuis le premier tiers du XVIème siècle ? Un dizieme ou un centième de ces clercs ?

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 962421 )Génération? par Christiank (2023-03-21 19:00:35) 
[en réponse à 962378]

Absolument. Onirique au sens de naiveté pratique (donc pastorale).
C'est pourquoi à mon avis il faut commencer per chercher à comprendre d'abord plutôt que blâmer trop vite et remonter à Satan ou à la FM. Et pour comprendre il faut essayer de se placer à la place de ceux qui commirent les naivetés, p.ex. sur la participation active à la messe, et ensuite seulement passez à l'analyse du désastre, p.ex.au moyen de la messe western planifiée par les dirty boots country dancers ou d'autres équipes de laics bien intentionnés.
Dans la ligne de la compréhension les années 60 peuvent constituer une clef (Louis Rade, Eglise conciliaire et années 60, 2012), et alors il est possible que l'élimination finale des cohortes 1940-1955 (F. Ricard, La génération lyrique, 1992) soit le grand facteur à considérer pour l'avenir.
N'y a -t-il pas un parallèle entre les équipes liturgiques laiques locales et l'attribution des diplômes universitaires "par le peuple" de mai 68?
Et si c'est le cas, la période 2035-2060 ne nous réserverait-elle pas une spectaculaire renaissance de la forme extra, une réhabilitation partielle de Mgr Lefebvre etc?

Dans cette ligne il est peut-être mieux de cibler le postconcile que le concile lui-même, en priorité.
images/icones/neutre.gif  ( 962428 )J'allais oublier par Christiank (2023-03-21 21:23:22) 
[en réponse à 962421]

La grande force d'evolution historique de notre siècle: la sous fécondité (et sa cause la sous nuptialite). Les religions/pastorales liées à ces phenomenes n'ont aucune importance, elles ne peuvent pad ne pas perdre.
images/icones/fleche2.gif  ( 962431 )Relisez notamment le Journal du Concile de Fesquet par Scrutator Sapientiæ (2023-03-21 22:35:52) 
[en réponse à 962421]

Bonsoir Christiank,

Lisez ou relisez, notamment, le Journal du Concile d'Henri Fesquet.

Vous comprendrez encore mieux quel est le contenu de la dimension onirique du Concile Vatican II.

Quel évêque d'aujourd'hui peut dire qu'il est en mesure d'être et de rester, sans conséquences dommageables, l'un des continuateurs, certes indirects, des évêques qui, pendant quatre automnes consécutifs, ont rêvé entre eux, en vue du dépassement ou de la destitution du catholicisme d'hier et en vue de l'engendrement ou de l'instauration du catholicisme de demain ?

Certains ont déjà eu l'occasion de faire remarquer que le Concile Vatican II a été le Concile des Trente glorieuses, non seulement pour des raisons chronologiques, mais aussi pour des raisons axiologiques et psychologiques.

Une fois que l'on a compris cela, pourquoi et comment ne pas analyser avec sévérité le fait que des clercs, aujourd'hui encore, persistent à refuser que les fidèles sortent enfin de la chapelle Sixties qu'est l'Eglise du Concile, le processus synodal étant, sous cet angle, une formidable tentative d'actualisation d'un véritable fantasme collectif ?

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 962434 )postconcile par Christiank (2023-03-22 00:48:50) 
[en réponse à 962431]

Justement, il est probable que Fesquet se situait déjà dans le postconcile problématique au moment même du concile, et il est possible que le texte du concile ait été équilibré, ou au moins modéré, alors que le postconcile allait dériver, notamment avec la réforme liturgique, et prendre le train mondain des ans 60-70. Avec l'élimination d'un certain clergé d'un certain âge il n'est pas impossible de corriger le tir en poussant le concile dans un autre sens, car le concile exige latin et grégorien, parle de sacrifice propitiatoire, de vengeance divine, de défense de la doctrine, de possession de la vérité etc etc etc. Mais dans un style de langage mou il est vrai, peu clair et peu juridique (c'était voulu il semble bien).
En résumé, dans quelle mesure et à quel point de vue le concile est -il cause du désastre, et comment cette causalité fonctionne-t-elle? Je penche pour la cause permissive indirecte, comme le novus ordo "cause" la messe western dont le déroulement est confiée aux cowboys fringants (si je me souviens, je peux vérifier), avec un ptre qui suit (peut-être déboussollé ou découragé, voyant la mort inévitable qui s'en vient)
images/icones/fleche2.gif  ( 962437 )Pas de post-concile sans concile... par Pétrarque (2023-03-22 08:04:53) 
[en réponse à 962434]

Le post-concile n'a "dérivé" que parce que le concile lui-même, dès le 13 octobre 1962, a pris un tour proprement révolutionnaire, piloté par un groupe novateur, autour duquel la dynamique de rupture s'est assez rapidement structurée.

Tout cela s'est fait dans la plus complète irrégularité, d'ailleurs assez cyniquement bénie et encouragée par Jean XXIII.

Toute cette clique attendait patiemment son heure, et, encore un peu bridée sous Pie XII et réduite à une relative clandestinité, elle s'est sentie pousser des ailes avec ses successeurs et s'est bientôt retrouvée aux commandes de l'Eglise.

Paul VI, lui, a soigneusement poursuivi la manoeuvre, en alternant chèques en blanc et chougnasseries, au gré des circonstances.

Jean-Paul II et Benoît XVI, conscients du désastre, mais eux aussi empêtrés dans la conciliolâtrie, ont certes pris quelques initiatives pour limiter le gros de la casse, mais sans grands résultats, et en soufflant régulièrement le chaud et le froid.

Bergoglio, quant à lui, est en train d'achever méthodiquement la destruction, avec l'énergie du désespoir.

On ne peut pas dissocier les erreurs conciliaires et la révolution qui s'en est suivie de ce vice de rupture intrinsèque qu'a été Vatican II dès son commencement.
images/icones/bravo.gif  ( 962447 )Merci Pétrarque ! par Jean-Paul PARFU (2023-03-22 10:07:57) 
[en réponse à 962437]

Et bravo pour vos posts !
images/icones/neutre.gif  ( 962474 )En un sens seulement par Christiank (2023-03-22 16:25:48) 
[en réponse à 962437]

Bien sûr, pas de postconcile sans le concile. Et oui le déroulement fut fort suspect. Mais il est soutenable que le résultat final , les textes, eurent un certain équilibre grâce à la minorité.
Donc on est dans une zone grise. Beaucoup disent que la différence essentielle tient en ce que certains virent le concile comme un point de départ et d'autres commme un point d'arrivée, et on voit que dans ce scénario le concile tout seul ne peut pas être le seul coupable.
Faut examiner soigneusement toutes les possibilités le plus rigoureusement possible.
images/icones/fleche2.gif  ( 962651 )Ils ne veulent pas que les cathos soient courageux et fidèles par Scrutator Sapientiæ (2023-03-27 23:03:02) 
[en réponse à 962437]

Bonsoir et merci Petrarque,

Peut-être ce qui suit n'a-t-il pas été suffisamment évoqué en ces termes : nous sommes en présence de clercs QUI NE VEULENT PAS que les catholiques soient à la fois, et avant tout, clairement et fermement courageux face aux erreurs dans le domaine de la religion et fidèles à la vérité en matière religieuse.

En ce sens et sous cet angle, Vatican II a été un Concile de "ringardisation" de la fidélité in Christo en tant qu'inspiratrice de la ténacité ad extra, ou de "ringardisation" de celle-ci en tant que conséquence nécessaire et légitime de celle-là.

C'est la raison pour laquelle la mièvrerie, sinon la niaiserie, est devenue une valeur "évangélique"...

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 962653 )Le "rêvolutionnisme" de Teilhard est l'un des inspirateurs de cet onirisme par Scrutator Sapientiæ (2023-03-27 23:36:08) 
[en réponse à 962421]

Bonsoir ChristianK,

Je ne saurais trop vous recommander d'analyser le "rêvolutionnisme" en tant que présent dans les idées et l'oeuvre de Teilhard de Chardin, ou si vous préférez, les conceptions et les expressions de Teilhard de Chardin, en tant que porteuses d'un véritable "rêvolutionnisme".

Compte tenu de l'influence de cet auteur au moment décisif, dans les années 1950-1960, on est en droit de se dire que la dimension onirique du Magistère et surtout de la mentalité conciliaires lui doit vraiment beaucoup.

Bonne soirée.

Scrutator.