Le Forum Catholique
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( 962278 )
L’évangéliaire de Saint-Mihiel vendu au Getty Museum par la Catho de Lille par Vexilla Galliae (2023-03-19 08:48:13)
« Il aurait suffi d’un mot de celui qui était alors archevêque de Lille pour que la vente n’ait pas lieu. Comme pour la chapelle du collège, le profit a primé... [...] Le veau d’or est toujours debout ! »
Adrien Goetz
« Ce manuscrit, probablement du XIe siècle, avec ses quinze peintures en pleine page aux couleurs merveilleuses, est une Joconde. Il réunit peut-être les plus beaux feuillets enluminés de cette époque, un patrimoine universel. Il témoigne de la fin éclatante de l’enluminure ottonienne, dans cette « école de Reichenau » héritière de l’esthétique carolingienne, au moment où se fixent les canons de l’art roman. Une des pages montre saint Michel archange, une autre l’ascension du Christ porté par deux anges.
C’est le curé Charles Didiot qui, en le découvrant chez un libraire de Saint-Mihiel, dans la Meuse, vers 1830, l’attribua à l’abbaye bénédictine qui se trouvait là. Le nom lui est resté, mais il est possible que l’évangéliaire provienne plutôt du monastère de Saint-Mansuy [...] »
Lire Adrien Goetz : « Qui achètera l’évangéliaire de Saint-Mihiel ? » (réservé aux abonnés, malheureusement) :
https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/qui-achetera-l-evangeliaire-de-saint-mihiel-20200628

( 962281 )
Le J. Paul Getty Museum a annoncé avoir acquis “le codex d’Irmengard, par Gethsémani (2023-03-19 10:49:19)
[en réponse à 962278]
L’Institut “catholique” de Lille a vendu l’évangéliaire dit de Saint-Mihiel daté de 1040
L’évangéliaire dit de Saint-Mihiel – appelé aussi le Codex Irmengard, du nom de sa commanditaire – est l’est un des manuscrits médiévaux les plus importants au monde.
Il a été classé trésor national le 1er mars 2020 car selon l’avis de la Commission, il est « l’un des plus beaux témoins de l’ultime période de création de l’école de Reichenau », composé de 254 feuillets et de 15 peintures en pleine page.
C’est un trésor inestimable, inconnu du grand public, que recèle la bibliothèque de l’Institut catholique de Lille. Réalisé vers 1040, l’évangéliaire servait à la proclamation des quatre Evangiles lors des principales fêtes liturgiques et des messes de l’année. Il résidait dans les murs de la Catho depuis 1881. « C’est un chef-d’œuvre de l’enluminure », explique Éric Palazzo, professeur d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’université de Poitiers.
Intégralité de l'article

( 962291 )
Les philistins… par Nemo (2023-03-19 13:28:05)
[en réponse à 962278]
Non il ne faut pas s’en étonner.
Même si le dialogue était accepté par la hiérarchie catholique aujourd’hui, il ne mènerait plus nulle part.
Quand un Mgr de Kérimel, responsable de la commission liturgique au niveau européen, vous explique avec aplomb que Saint Pie V a réformé le missel, et qu’il est suivi par d’autres évêques et archevêques, on comprend que la discussion est impossible car ces gens, sans nier leurs mérites par ailleurs, sont incultes.
Alors qu’ils bradent sans état d’âme le patrimoine historique au plus offrant aujourd’hui n’est pas plus étonnant que le fait qu’ils veuillent tuer la liturgie multi-séculaire de l’Eglise et son patrimoine musical.
Franchement, comment ne pas être anti-clérical quand on voit ces ânes mitrés à la tête du troupeau ? Kyrie eleison.

( 962302 )
Réforme de saint Pie V par Roger (2023-03-19 14:48:22)
[en réponse à 962291]
Deux observations
St Pie V a autorisé sauf erreur de ma part la conservation des Missels vieux de plus de 200 ans - ce qui ne fut pas le cas de Paul VI.
C'est au xixe siècle que les ultramontains ont éradiqué les Missels anciens - dans le but louable d'assurer l'unité liturgique "sub Petro". Fut ce une erreur ?

( 962304 )
Je ne comprends pas votre commentaire par Nemo (2023-03-19 15:19:44)
[en réponse à 962302]
Que Saint Pie V ait voulu restaurer le missel traditionnel et en imposer une version critique on dirait aujourd'hui, c'est factuel. Entre le missel de la curie romaine de 1474 qui fut pris pour base et le missel de 1570, il n'y a que des corrections tout à fait minimes, imperceptibles. Ce qui montre que Saint Pie V n'est pas l'uteur d'un missel. Missel de Saint Pie V est même une appellation impropre de ce fait : il n'a rien inventé. C'est comme si en parlant de Notre-Dame de Paris, on disait la cathédrale de Violet-le-Duc. Et pourtant Violet-le-Duc a plus modifié la cathédrale que Saint Pie V le missel. On devrait parler de missel traditionnel.
En revanche le missel de Paul VI est bien une création du temps de son pontificat. Il n'était nullement question de restaurer. Il suffit de regarder le nouveau calendrier avec ses suppressions de la septuagésime, de l'octave de la Pentecôte, de la valse des saints, le nouveau lectionnaire baclé, les nouveaux canons fabriqués, l'offertoire massacré, le canon à voix haute etc.
Et les fruits de ce missel qui n'est même plus respecté par les progressistes qui inventent sans arrêt.
Saint Pie V a en effet voulu préserver les anciennes liturgies qui pouvaient prouver leur existence depuis plus de deux-cents ans ((comme le missel de la curie romaine). C'était un coup d'arrêt aux innovations.
C'est au xixe siècle que les ultramontains ont éradiqué les Missels anciens - dans le but louable d'assurer l'unité liturgique "sub Petro". Fut ce une erreur ?
Que voulez-vous dire par cette phrase ambiguë ? Il ne s'agit pas d'ultramontains mais des évêques de France. Le retour à la liturgie romaine fut voulu par les évêques de France de la même façon que Saint Pie V supprima les usages qui avaient moisn de deux siècles d'existence. Les missels que vous appelez anciens ne l'étaient pas. Ils avaient été conçus au 17e siècle par des liturgistes français de talent. Il faut dire aussi que ces missels conservaient intégralement l'ordinaire de la messe, l'antique canon romain. Les seules modifications concernaient les chants du propre, le choix des oraisons et des lectures et quelques préfaces nouvelles (du reste conservées dans le missel romain et ratifiées par Ecclesia Dei récemment). En gros ils étaient très proches du missel traditionnel et généralement bien conçus, très orthodoxes. Mais le retour au romain était en effet une bonne chose au niveau de l'unité. Ces missels neo gallicans étaient beaucoup plus traditionnels et acceptables que le désastreux missel de Paul VI.

( 962316 )
Il est intéressant par Halbie (2023-03-19 18:41:51)
[en réponse à 962304]
De constater qu'une bonne partie de ce que Dom Guéranger critiquait dans ces missels/bréviaires a été repris par les papes à partir de saint Pie X : nouveau psautier, psaumes de la férie aux fêtes des saints, prééminence du temporal etc.

( 962321 )
C'est pourtant simple me semble-t-il par Roger (2023-03-19 19:50:18)
[en réponse à 962304]
Pardonnez moi si je m exprime mal mais je suis entièrement d'accord avec vous sur le premier point. Le travail de St Pie V fut très respectueux de l'esprit de la Tradition.
Sur le second point je differe de votre analyse. La vraie Tradition selon ce que j'en sais a toujours (ou presque) fait coexister l'autorité romaine avec de vraies libertés locales (sans parler des Églises orientales). L'esprit jacobin (dirait Me Parfu) du XIXe siècle ne pouvait le comprendre et assimlait la loyauté à l'égard du pape avec l'uniformité des rites (et même du vêtement !) .
Paul VI comme Mgr Roche sont imprégnés de cet esprit d uniformité...
En bon bavarois Benoît XVI était plus ouvert à la différence...
Bon ce ne sont que des réflexions personnelles...

( 962333 )
Livres néo gallicans par Nemo (2023-03-19 22:42:26)
[en réponse à 962321]
Je ne vois pas en quoi nos opinions diffèrent. Ce n’est pas tant pour des raisons d’unité qu’au 19e on a voulu abandonner les livres néo-gallicans mais surtout parce qu’ils étaient une fabrication (de qualité) d’experts comme le nouveau rite est une fabrication (médiocre) d’experts.
On a voulu retourner à la tradition. Ces missels n’avaient certes pas les 200 ans d’ancienneté que demandait Saint Pie V. En revanche on a voulu aussi restaurer le rite lyonnais (qui avait laissé sa place à un néo-parisien) et non aller vers le rite romain, ce qui prouve bien que ce n’était pas l’uniformité qui était recherchée.
Et même à Paris, par exemple, ont été autorisées certaines particularités gallicanes très anciennes que l’on trouve aussi en usage dans les abbayes bénédictines de la congrégation de Solesmes.