Le discours de 4 minutes qui a permis à Bergoglio d'être élu pape
3/13/2023
Dans les jours qui ont précédé le conclave qui l'a élu, le cardinal Bergoglio a prononcé un discours devant les cardinaux. Aujourd'hui, dix ans plus tard, il est plus qu'évident qu'il s'agissait en fait du programme du pape François. Voici le texte de ce bref discours.
L'évangélisation présuppose le feu apostolique.
1. Évangéliser présuppose que l'Église aspire à sortir d'elle-même. L'Église est appelée à sortir d'elle-même et à franchir ses frontières. Pas seulement des frontières géographiques, mais des frontières existentielles : le mystère du péché, de la douleur, de l'injustice, de l'ignorance et de l'indifférence à l'égard de la religion, et de toutes les misères.
2. Si l'Eglise ne sort pas pour évangéliser, elle commence à se référer à elle-même et devient malade (cf. la femme difforme de l'Evangile). Le mal qui se produit dans les institutions ecclésiastiques à travers le temps a sa racine dans cette référence à elle-même et dans une sorte de narcissisme théologique. Dans le livre de l'Apocalypse, Jésus dit qu'il se tient à la porte et qu'il frappe. Il est clair que le texte fait référence au fait qu'il frappe à l'extérieur pour pouvoir entrer. Mais je pense à ces moments où Jésus frappe de l'intérieur pour que nous le laissions sortir. Une Église qui se réfère à elle-même garde Jésus en son sein et ne le laisse pas sortir.
3. Quand l'Église se réfère à elle-même, elle commence inconsciemment à croire qu'elle est sa propre lumière ; elle cesse d'être le mysterium lunae (le mystère de la lune qui ne brille pas par elle-même mais reflète la lumière du soleil (note du traducteur)) et succombe à ce très mauvais mal qu'est la mondanité spirituelle (qui, selon Henri de Lubac sj, est le pire mal qui puisse arriver à l'Église). Elle ne vit alors que pour glorifier son propre cercle.
Pour simplifier, il y a deux images de l'Église : l'Église qui évangélise et vit en dehors d'elle-même, la Dei Verbum religiose audiens et fidente proclamans (écouter avec révérence la Parole de Dieu et la proclamer avec audace) ; et l'Église mondaine, qui vit en elle-même, hors d'elle-même, pour elle-même. Cela devrait nous éclairer sur les éventuels changements et réformes nécessaires pour sauver les âmes.
4. Quant au prochain pape, il devra être un homme qui, à partir de la contemplation et de l'adoration de Jésus-Christ, aide l'Église à sortir de ses limites existentielles, qui l'aide à être une mère féconde, dont la vie consiste en "la douce et consolante joie d'évangéliser".
Jorge Bergoglio sj
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Source: nikolaassintobin.blogspot.com (Nikolaas Sintobin, S.J., °1962; il se présente comme un "Amstellodamois flamand")