Le Forum Catholique
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( 961599 )
Patrice pète un plomb(kett) par XA (2023-03-04 19:13:00)
Sur son blog :
Quasi-schisme US “de droite”, quasi-schisme allemand “de gauche”… Le pape tient la ligne de crête
Le pape vient de rappeler que la Congrégation du Culte divin a les pleins pouvoirs sur la “discipline des sacrements” : notamment sur les permis de célébrer selon le missel de 1962, dernière version de la “messe de saint Pie V”... Occasion pour les laïcs de constater la duplicité des influenceurs anti-François, qui prétendent défendre contre lui une liberté mais sont essentiellement des agitateurs ignorant la théologie de l’Eglise et des sacrements :
► Par le rescrit du 21 février, François confirme que les évêques ont besoin de l’accord du Saint-Siège avant d’autoriser : a) l’usage d’églises paroissiales par des groupes célébrant selon les formes d’avant 1962, b) la célébration selon le missel de 1962 par des prêtres ordonnés après 2021. Cette règle était déjà fixée par le Motu Proprio Traditionis Custodes de 2021 : mais un “front du refus” s’est cristallisé aux Etats-Unis autour de plusieurs évêques, avec échos proliférants dans les réseaux sociaux transatlantiques. Le refus de ce milieu ne s’adresse pas seulement au Motu Proprio mais à tout le contenu du pontificat ; et le vieux désir de brûler Vatican II, remâché depuis cinquante ans par le petit cercle FSSPX, commence à contaminer les plus larges milieux “cathos conservateurs”. Personne n’a lu les grands documents dogmatiques de ce concile, mais il est si facile de condamner ce qu’on ignore et d'en faire un bouc émissaire... Il y a donc contagion. Le pape doit faire une piqûre de rappel.
Le sujet a en effet une certaine importance. La fronde menée au nom de la messe prétendument “de toujours” est l’arme d’un mouvement plus large qui prétend ramener l’Eglise catholique à son état d’avant Vatican II ; faute de pouvoir réaliser cette utopie en s’emparant du prochain conclave, ce mouvement est prêt à s’organiser en marge de l’Eglise “officielle”. Plusieurs évêques US y oeuvrent déjà : tels NNSS Samuel Aquila de Denver (Colorado), Alexander Sample de Portland (Oregon), Thomas Olsted de Phoenix (Arizona) ou Thomas Paprocki de Springfield (Illinois) – ce dernier étant par ailleurs, ironie du sort, le prochain président de la commission des Affaires canoniques à la Conférence épiscopale US ! Ces quatre-là ont tourné le dos au droit canonique pour mettre au panier Traditionis Custodes et donner aux anti-Vatican II les paroisses qu’ils revendiquaient. Puis le site ultra The Pillar (un des canaux du courant anti-François) a lancé l’idée selon laquelle le cardinal britannique Arthur Roche, préfet de la congrégation du Culte divin, outrepasserait ses pouvoirs en contrôlant les permis de célébrer selon l’ancienne forme… Ce à quoi le cardinal a répliqué que le Pillar attaquait l’autorité pontificale : “étonnant acte d’hubris”, a-t-il indiqué non sans humour (de la part d’un Britannique parlant d’Américains). Enfin est venu le rescrit du pape rappelant que ces questions sont réglées depuis le Motu Proprio et les réponses du Saint-Siège aux Dubia des dissidents (4 décembre 2021)... et rappelant par la même occasion aux quatre évêques comment fonctionne l’Eglise catholique.
Les anti-François se calmeront-ils pour autant ? Peu probable. Car cette agitation autour d’une forme du rite n’est que la pointe apparente d’un ensemble idéologique très politisé : quoi qu’en disent leurs communicants, en réalité les fans du “St-Pie-V” se confondent aux Etats-Unis avec l’aile extrême du parti républicain, et en France avec une partie de ce qui vibrionne plus à droite que le RN. Ce ne sont pas des gens que l’on puisse ébranler en leur citant saint Paul, saint Jean et la lettre aux Hébreux ; leurs mobiles sont ailleurs. Leurs réactions sur la liturgie ne sont qu’une variante de leurs réactions dans tous les domaines. Comme le clamait en meeting un notable zemmourien : “Je suis blanc, je suis catholique, je mange de la viande, je me chauffe au fuel ! C’est mon identité et je n’en ai pas honte !” On est loin de saint Thomas d’Aquin.
Par ailleurs, comme l’écrit Michael Sean Winters dans le National Catholic Reporter (27/2), “la libéralisation de l’accès à l’ancienne forme du rite que le pape Benoît XVI avait accordée en 2007 était devenue un mouvement, voire une idéologie, qui remettait de plus en plus en cause la légitimité du IIe concile du Vatican… Bien que seule une frange du public catholique suive l’ancienne forme du rite (en dépit de toute l’encre dépensée sur ce sujet), ceux qui la suivent s’efforcent d’en recruter d’autres sur la base de modes de pensée quasi-schismatiques. C’est ce courant que le pape veut limiter.”
En d’autres termes, le pape veut que la “forme extraordinaire du rite” redevienne extraordinaire, c’est-à-dire exceptionnelle : c’est l’inverse de la lecture que les ultras faisaient du Motu Proprio de Benoît XVI, dans lequel ils voulaient voir une porte ouverte à la reconquête de l’Eglise d’abord par la forme ancienne du rite, et, ensuite, par tout ce qui – étant trop lié au XIXe siècle – fut décanté par l’Eglise à Vatican II.
Le Saint-Siège face aux déviances de tout bord
Ceux qui fantasment une reconquête "traditionaliste” sont donc, en fait, au bord du schisme pratique. Une partie de l’Eglise allemande, “progressiste”, n’est-elle pas elle aussi au bord d’un schisme ? C’est bien le cas : mais cet autre schisme encense l’idéologie sociétale d’aujourd’hui – alors que le schisme “traditionaliste”, à l’opposé, exhume des idéologies d’avant-hier. Ce sont deux déviances symétriques inverses. En se situant au-dessus de ces déviances, et en affirmant la liberté fondamentale de l’Eglise par rapport aux idéologies, le pape “et les évêques unis au pape” (comme disaient les vieux catéchismes) se trouvent ainsi sur une ligne de crête. C’est un signe de justesse et de vérité : l’objectivité des principes catholiques, non les critères affectifs et subjectifs…
D’autres signes de vérité existent. Celui dont il faut parler ici a été exposé par le théologien dominicain Henry Donneau, de l’Institut catholique de Toulouse, dans un numéro de la Nouvelle Revue Théologique (janvier-mars 2022). Il explique : en publiant son Motu Proprio sur la célébration selon l’ancien missel, le pape François agit en garant et continuateur de la doctrine liturgique de saint Pie V ! Ce n’est un paradoxe qu’apparemment. En effet, le pape du XVIe siècle, metteur en œuvre des réformes du concile de Trente, avait imposé le nouveau missel de façon très autoritaire au détriment de formes rituelles pourtant anciennes et respectables – par exemple le missel curial de Nicolas III (1277) etc. Pie V déclare ceci dans sa bulle Quo primum (1570) :
“Afin que tous et partout adoptent et observent ce qui est transmis par la sainte Eglise romaine (…), et que (…) dans toutes les églises et chapelles de tout l’univers chrétien où (…) l’on célèbre selon le rite de l’Eglise romaine, on ne chante ou récite selon aucun autre formulaire que celui du missel publié par nous, (…) nous ordonnons à tous (…) que, abandonnant totalement (…) tous les autres règlements et rites connus dans les autres missels, quelque ancienne que soit la coutume de les utiliser, ils chantent et lisent la messe selon le rite, la manière et le mode transmis maintenant par nous dans ce missel, et que dans la célébration de la messe ils n’aient pas la présomption d’ajouter d’autres cérémonies et réciter d’autres prières que celles contenues dans ce missel…”
Ce n’est pas simplement une question de discipline collective. Il s’agit de l’unité liturgique, dont une réforme du rite est l’instrument ; ça engage la nature sacramentelle de l’Eglise ; et ça ne peut absolument pas être laissé en libre-service (le fidèle n’étant pas un consommateur). Le décret de saint Pie V tirait son autorité du fait que le missel de 1570 était pour la première fois édité et promulgué par un pape : ce qui en faisait la seule expression officielle du rite, un seul missel “unique expression normale et ordinaire du seul rite romain, garantissant l’unité de la communion ecclésiale dans l’unité de la foi” (H. Donneau o.p.). La même chose ou presque s’est produite avec le missel de saint Paul VI : il a très légitimement pris la place du missel de saint Pie V. “Lorsque la Congrégation pour le culte divin, lors de son entrée en vigueur effective à l’automne 1969, déclara que l’on devrait obligatoirement utiliser le nouvel 'Ordo missae' au plus tard deux ans après, elle n’entendait pas abroger l’ancien Ordo, mais simplement prendre acte du fait que la plus récente version du Missel romain devenait ipso facto la forme ordinaire ou normale du rite romain, celle qui exprime l’ordre ou la norme liturgique de l’Eglise romaine” (H.D.). Il en découle que Benoît XVI, très attaché à Vatican II et à l’Ordo de Paul VI, n’a jamais eu l’intention de laisser croire que la forme extraordinaire pourrait devenir une forme ordinaire bis – voire enterrer l’Ordo de Paul VI comme en rêvent certains : ce serait bafouer le principe doctrinal, posé par Pie V, d’unicité du missel romain. “Ce qui semble impossible à concevoir dans la doctrine liturgique catholique, c’est la pluralité de missels romains différents utilisés simultanément et ordinairement pour exprimer l’unique rite romain” (H. Donneau).
Benoît XVI l’avait clairement dit lors de sa rupture des pourparlers avec la FSSPX, rappelle le P. Donneau : “toute remise en cause (fût-ce tacite, implicite et pratique, à plus forte raison verbale, explicite et théorisée) de la qualité du missel de Paul VI comme unique expression ordinaire du rite romain, contreviendrait gravement à l’unité dans l’Eglise”. Il suffit de faire un tour sur Facebook pour constater que l'unité de l'Eglise est le dernier souci des ultras. Ennemis de François mais par parti-pris politique, contempteurs de Vatican II mais sans en avoir rien lu, partisans de la "messe-en-latin" mais pour des raisons non théologiques, ils sont du genre à raser la forêt pour se tailler une canne.
Patrice de Plunkett
PS : j'aime beaucoup la petite image en fin d'article, ahah :

( 961606 )
[réponse] par Christiank (2023-03-04 20:06:33)
[en réponse à 961599]
Il y a quelques simplifications dans l'article. Les questions liturgiques ne se réduisent certes pas à des questions politiques ou sociétales. La messe western, par exemple, peut constituer une preuve irréfutable que le novus ordo valide est dangereux et que la forme extra est pkus sûre.
Ensuite la notion d'unité liturgique n'a de sens que si l'évolution du rite se fait en continuité comme le dit le concile, qui exige accessibilité (au minimum) du lAtin-grégorien . Si la discontinuité est trop forte, comme tend à le prouver la messe western, alors l'ancien rite demeure de facto légitime, il est constitutionnel.
La forme extra n'est pas plus problématique que la liturgie orientale.

( 961609 )
C'est presque risible par Cléopas (2023-03-04 20:39:39)
[en réponse à 961599]
Le décret de saint Pie V tirait son autorité du fait que le missel de 1570 était pour la première fois édité et promulgué par un pape...
Et ce genre de jugement de PdP tire son autorité sans doute du fait que son blog a été édité et promulgué via internet ?

( 961616 )
Omission volontaire ? par Meneau (2023-03-04 22:11:20)
[en réponse à 961599]
avait imposé le nouveau missel de façon très autoritaire au détriment de formes rituelles pourtant anciennes et respectables – par exemple le missel curial de Nicolas III (1277) etc.
Patrice de Plunkett omet de préciser que, si St Pie V a effectivement imposé son nouveau missel à curie romaine, il a cependant laissé subsister la majorité des rites de plus de 200 ans, et cette possibilité est écrite en toutes lettres dans Quo Primum.
Son parallèle est donc malhonnête.
Cordialement
Meneau

( 961617 )
Quelle dégringolade. .. par Rodolphe (2023-03-04 23:10:02)
[en réponse à 961616]
Patrice de Plunkett, véritable girouette intellectuelle, est effectivement devenu une épave haineuse et de mauvaise foi. Fort heureusement, son lectorat a fondu comme neige au soleil. C'est sa punition.

( 961627 )
Effectivement... par vistemboir2 (2023-03-05 09:19:39)
[en réponse à 961617]
De Sicard à l'AF en 1968 à PdP progresso-bergoglien en 2023, c'est d'une certaine manière un naufrage intellectuel, mais n'est-ce pas la pente fatale d'un orléaniste, complice de toutes les trahisons ?...

( 961661 )
Le prince Jean d'Orléans, chef de la Maison de France scolarise ses fils par Firminus (2023-03-05 14:26:26)
[en réponse à 961627]
Dans une école de la FSSPX à Montréal de l'Aude, ce qui est excellent pour la formation du dauphin Gaston d'Orléans. On est loin des divagations actuelles de l'ancien Patrice Sicard des années 1970...

( 961671 )
Si c'est éducatif par Christiank (2023-03-05 17:57:00)
[en réponse à 961661]
et non principalement politique, c'est intéressant. C'est par les écoles que la fsspx et la fssp vont "gagner" et servir le plus. Ce qui n'implique pas que des erreurs théologiques soient possibles à la fsspx.

( 961672 )
Pour arroser le marronnier... par Pétrarque (2023-03-05 18:14:53)
[en réponse à 961661]
Le prince Jean n'est pas le chef de la Maison de France, il est le chef de la Maison d'Orléans, branche cadette parmi les cadettes de la Maison de Bourbon, qui, seule, est la Maison de France, avec pour chef l'aîné des Capétiens dynastes, Louis, duc d'Anjou.
Un Roi de France ne peut être un cadet, ou alors il est "roi des Français".
L'ex-comte de Claremont, pardon de Clermont, avait, lui aussi, un peu de mal à comprendre les règles de succession de sa propre famille.
Le reste, c'est de la flûte.
Un arbre généalogique se lit de gauche à droite, et pas avec des lunettes passées à la bouillie d'Utrecht ou à la graisse de Poisson...
Un Bonaparte plutôt qu'un Orléans, oui... Un aigle aurait toujours plus de gueule qu'un coq gaulois...
Surtout pour avoir un roi constitutionnel et libéral appelé Gaston, merci bien, mieux vaut encore la gueuse.
Allez, une belle soirée.

( 961676 )
Je note que par Firminus (2023-03-05 18:52:10)
[en réponse à 961672]
vous préférez la gueuse malfaisante à un prince français et catholique, descendant de Louis XIII et plusieurs fois de Charles X par les femmes par les femmes...

( 961682 )
Voilà. par Pétrarque (2023-03-05 20:46:09)
[en réponse à 961676]
Vous avez effectivement bien noté.
Mais je ne vous ferai pas l'affront de vous dresser la liste des princes catholiques et français qui furent d'authentiques crétins, bien pires que la gueuse.
Un homme bon (car je sais que le prince Jean l'est) ne fait pas forcément un bon roi.
Surtout s'il n'est pas à sa place.
Descendrait-il par les femmes du comte de Chambord, si tant est que ce fut possible, il n'en demeurerait pas moins cadet.
CA-DET.
Dura lex, sed lex.

( 961722 )
Qui sont, selon vous, les princes français et catholiques par Firminus (2023-03-06 15:31:57)
[en réponse à 961682]
qui furent des"authentiques crétins" ?

( 961728 )
Franchement... par abbé F.H. (2023-03-06 16:01:07)
[en réponse à 961722]
... pour simplifier et faire vite, je répondrai: Hugues Capet et tous ses successeurs!
Mais bon, je suis connu pour ma capétophobie primaire...

( 961729 )
Merci pour cet aveu de capetophobie ! par Firminus (2023-03-06 16:11:00)
[en réponse à 961728]
Tout est dans le titre.

( 961732 )
Vraiment ? par Regnum Galliae (2023-03-06 17:42:24)
[en réponse à 961728]
Y compris saint Louis?

( 961733 )
Pour moi... par Pétrarque (2023-03-06 17:43:22)
[en réponse à 961722]
Louis X le Hutin et Gaston d'Orléans sont deux beaux modèles, mais il y en a d'autres...

( 961686 )
je partage votre point de vue par olive (2023-03-05 21:52:52)
[en réponse à 961672]
Je suis heureux de savoir que les Orléans soient soucieux de l'éducation catholique de leurs enfants ; cela ne fera pas de moi pour autant un orléaniste. Dans tous les cas de figure les Orléans sont des cadets.
J'ajoute pour mettre du piment qu'il faudrait prouver que Louis Philippe fut bien un Orléans ... Ne serait il pas plutôt le fils de Chiappini dans le cadre d'un échange d'enfants ?
On en parle beaucoup en Italie ces derniers temps ...:
"Maria Stella e il Re di Francia – Il Baratto di Modigliana”.(Maria Stella et le Roi de France- L'échange de Modigliana ».
https://www.ritacharbonnier.it/2022/06/maria-stella-chiappini-joinville/
http://www.historiafaentina.it/Storia%20Attuale/baratto_modigliana.html

( 961675 )
Le dauphin ? par Adso (2023-03-05 18:44:16)
[en réponse à 961661]
Non rien …
Adso, mort de rire …

( 961667 )
la politique francaise par Christiank (2023-03-05 17:24:51)
[en réponse à 961627]
je trouve dommage et un peu dangereux de mêler la politique francaise partisane aux questions liturgiques.

( 961620 )
Ni pour la Tradition, ni contre le Synode, François est "donc" centriste par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 06:48:56)
[en réponse à 961599]
Bonjour XA,
La première erreur commise est celle de ceux qui considèrent que les catholiques qui criquitent les documents du Concile n'ont pas lu ces documents, ne les connaissent pas et ne les comprennent pas, et ont donc à leur égard des appréciations en surface sans analyse en profondeur, ou des préjugés d'excités sans jugements étayés.
Ici, on ne peut que renvoyer le catholique, wojtylien sous Jean-Paul II hier, et bergoglien sous Francois aujourd'hui, qui adhère à cette erreur,
a) aux quatre ouvrages publiés dans les années 2000, à la suite de quatre symposiums de théologie qui se sont déroulés à Paris, sous l'égide de la FSSPX, les deux premiers de ces ouvrages traitant respectivement
- de la religion de Vatican II
et
- de la conscience dans la religion de Vatican II ;
b) à quatre ouvrages publiés aux éditions du Courrier de Rome :
- Eglise et contre-Eglise au Concile Vatican II,
- La tentation de l'oecuménisme,
- La messe en question,
- Penser Vatican II quarante ans après.
La deuxième erreur commise est celle de ceux qui s'imaginent qu'il est illégitime de vouloir ramener l'Eglise à son état d'avant Vatican II, alors que, d'une manière ironique, il est possible de dire
- que des experts et des pères, parmi les plus influents, et présents au Concile, ont voulu, de leur côté, ramener l'Eglise à son état mental dit "patristique" d'avant le XIème siècle (mais il faut croire que tous ces clercs ont eu le droit de revenir en arrière, puisque c'était pour mieux aller de l'avant...),
- que le pape Jean-Paul II et le futur pape Benoît XVI ont voulu, pour leur part, ramener l'Eglise à son état mental orthodoxe et réaliste d'avant Vatican II, au moyen de Veritatis splendor et de Dominus Iesus (mais il faut croire que si ces papes ont eu raison de le faire, dans le contexte de leur pontificat, François n'a pas tort de donner à croire ou de laisser entendre qu'il est possible de le défaire, ou de le dépasser, d'une manière inclusive et synodale, dans le contexte du sien).
Enfin, une question : les bergogliens de stricte observance sont-ils plutôt pour ou plutôt contre la poursuite de l'auto-contournement et de l'auto-dépassement, voire de l'auto-dissolution et de l'auto-liquéfaction du christianisme catholique contemporain que nous subissons encore plus depuis mars 2013 que depuis octobre 1962 ?
S'ils sont plutôt pour, ils n'ont qu'à l'afficher, l'assumer, et en tirer les conclusions qui s'imposent, notamment au moyen d'un positionnement plus proche de celui de Francois ou de Hans Kung que de celui de Pie XII.
S'ils sont plutôt contre, ils n'ont qu'à l'afficher, l'assumer, et en tirer d'autres conclusions qui s'imposent, elles aussi, au moyen d'un positionnement plus proche de celui de Pie XII que de celui des philosophes et des théologiens qui ont inspiré le Concile Vatican II.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 961622 )
Le NOM N'EST PAS un facteur d'unité liturgique effective dans l'Eglise par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 07:29:41)
[en réponse à 961599]
Rebonjour,
Il n'y a pas,
- d'un côté, le NOM, qui constituerait un facteur d'unité liturgique effective, dans l'Eglise catholique,
et,
- de l'autre côté, le VOM, qui y constituerait un facteur de divisions liturgiques effectives,
notamment parce que, depuis le début de la mise en oeuvre du NOM, chacun peut observer, partout où c'est encore possible, que la mise en oeuvre effective du NOM est, presque partout, soumise à des adaptations locales, attentatoires à l'unité effective de la liturgie, qui ont d'ailleurs été souvent rendues possibles par le texte du NOM.
Et il n'est pas impossible ni interdit de rappeler que le NOM bugninio-montinien, en tant que résultat d'un dévoiement voire d'une trahison de Sacrosancto concilium, n'est en rien comparable au VOM et à ce que Saint Pie V en a fait, dans le sillage du Concile de Trente.
Ausdi, on se demande vraiment parfois si la polarisation sur la liturgie n'est pas un moyen, pour les rénovateurs et pour les traditionnels, de dissimuler fréquemment et de ne manifester que ponctuellement l'ampleur et la portée
- de la victoire (définitive ?) des rénovateurs, transformateurs de l'Eglise,
et
- de la défaite (provisoire ?) des traditionnels, traditionnels dans la foi,
dans d'autres domaines : l'anthropologie, la christologie, l'ecclésiologie, la missiologie, la pneumatologie, la politologie, voire l'eschatologie et ce que l'on appelle la ponérologie, à savoir la réflexion sur les origines, les composantes et les conséquences de la présence et de l'action de tel ou tel mal, dans la société, etc...
Bon dimanche.
Scrutator.

( 961623 )
Les protestants non libéraux anti-postmodernes auraient-il tort ? par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 08:19:32)
[en réponse à 961599]
Précision.
On rappellera ici qu'un chrétien philo-postmoderne est plus partisan qu'opposé à l'hégémonie cognitive et culturelle de certains concepts et de certaines valeurs, tous propices à un maximum de relativisme prétendu unificateur et à un maximum de subjectivisme soi-disant émancipateur, dans le monde contemporain.
Ainsi, l'égalitarisme interreligieux et le fraternitarisme interconvictionnel ont été rendus possibles par la postmodernité.
Parmi les protestants évangéliques, dont on peut dire qu'ils sont des protestants non libéraux, sur le plan théologique, certains critiquent clairement et fermement tous ceux qui, parmi les protestants libéraux, veulent subordonner le protestantisme à la postmodernité.
On peut s'en apercevoir en lisant des manuels et des sites de théologie biblique d'inspiration protestante évangélique, donc non philo-libérale ni philo-postmoderne.
Mais il faut croire que, dans l'esprit du pape François et de ses thuriféraires, les protestants évangéliques anti-postmodernes ont tort, ou sont dans l'erreur, de même que les catholiques, rondement conservateurs ou carrément traditionnels, qui critiquent tous ceux qui, parmi les catholiques inclusifs et synodale, veulent subordonner le catholicisme à la postmodernité.
Or, pourquoi ne pas le dire, clairement et fermement, depuis les hauteurs de Rome ?
Parce que ce serait une source de difficultés supplémentaires, dans le cadre du dialogue interconfessionnel oecuméniste ?
ou parce que cela permettrait aux protestants non libéraux et aux catholiques non inclusifs et non synodaux de comprendre que le néo-protestantisme a commencé à sévir avant le néo-catholicisme, et que l'évolution de l'un et de l'autre font qu'ils acquis un point commun à eux deux : la non vigilance et la non résistance, face à une assez grande partie des concepts et des valeurs postmodernes ?
ou encore parce que cela permettrait à certains protestants évangéliques et à certains catholiques traditionnels de prendre conscience du fait que, malgré leurs différences et même leurs divergences, ils ont bien compris la même dangerosité, située à l'intérieur de la dynamique de transformation du christianisme en une espèce de panchristisme, agostique et humaniste, post-confessionnel et secularisé ?
Scrutator.

( 961628 )
Aïe : gros problème par MG (2023-03-05 09:41:28)
[en réponse à 961623]
On rappellera ici qu'un chrétien philo-postmoderne est plus partisan qu'opposé à l'hégémonie cognitive et culturelle de certains concepts et de certaines valeurs, tous propices à un maximum de relativisme prétendu unificateur et à un maximum de subjectivisme soi-disant émancipateur, dans le monde contemporain.
Je cherche un traducteur ou un bon professeur : je n'ai rien compris !

( 961629 )
Me voici définitivement rassuré. par Pierre Marciani (2023-03-05 09:45:17)
[en réponse à 961628]
Nous sommes donc au moins deux. Pierre

( 961632 )
Je viens d'essayer d'apporter quelques exemples très concrets par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 10:38:32)
[en réponse à 961629]
Bonjour Pierre Marciani,
Je viens d'essayer d'apporter quelques exemples très concrets, et je me permets de vous y renvoyer.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour mon jargon.
Une grande partie de la crise de l'Eglise découle du fait que les clercs ne veulent plus distinguer, d'une manière éclairante et exigeante,
- entre la conception catholique du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, de la vérité objective et des vertus cardinales,
- et telle conception, conquérante ou dominante, de l'intérêt général, des droits de l'homme, de l'individu contemporain, du consensus sociétal et des valeurs culturelles.
Du coup, l'Eglise catholique n'est plus enseignante et missionnaire, mais écoutante et partenaire, et le pape François est un extraordinaire clarificateur sur les potentialités et sur la signification de cette mutation.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 961630 )
pas de souci.. par jejomau (2023-03-05 10:06:44)
[en réponse à 961628]
Traduction :
"Un moderno plane dans des sphères intello déconnecté du réel et par conséquent loin de toute objectivité ancrée dans le bon sens"
Ceci dit, si je l'avais écrit, j'aurais eu affaire à une volée de bois vert ...

( 961633 )
Le verbiage inclusif et synodal nous bat tous largement par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 11:02:36)
[en réponse à 961630]
Bonjour jejomau,
Les liseurs du FC qui recourent à du jargon, non dans l'espoir de passer pour plus intellectuels ou intelligents que les autres, mais dans celui de recourir aux expressions les plus appropriées, aussi inhabituelles soient-elles, seront toujours battus à plates coutures par le verbiage inclusif et synodal.
Je demande donc la mise en place d'un pipotron inclusif et synodal, la phraséologie qui est à l'oeuvre n'étant jamais que la manifestation de l'idéologie qui l'inspire, comme on peut en prendre la mesure ici :
Ici.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 961737 )
mais aussi un jeu malsain avec les Écritures par Luc Perrin (2023-03-06 19:07:05)
[en réponse à 961633]
Au point 11, sur "élargis ta tente" ...
"L’écoute comme ouverture à l’accueil à partir d’un désir d’inclusion radicale - personne n’est exclu ! - à comprendre dans une perspective de communion avec les sœurs et frères et avec le Père commun. L’écoute apparaît ici non pas comme une action instrumentale, mais comme la reprise de l’attitude fondamentale d’un Dieu à l’écoute de son Peuple, et la suite d’un Seigneur que les Évangiles nous présentent constamment à l’écoute des personnes qui le rencontrent sur les routes de la Terre Sainte ; en ce sens, l’écoute est déjà mission et annonce ;"
Pas trop de jargon complexe ici, chacun comprend à travers les lignes et directement :
1) faire apparaître une expression-clef de l'agenda 2023 et de l'idéologie woke "inclusion radicale", qui, comme toujours avec les néo-modernistes, a une lecture orthodoxe possible et une lecture hétérodoxe encouragée via les clins d'oeil.
Oui Dieu appelle tous à suivre ses Commandements et l'enseignement du Christ mais là s'arrête l'inclusion biblique. Celles et ceux qui se détournent de Dieu feront face au Jugement qui n'a rien d'inclusif si ce n'est la damnation éternelle. Parfois le châtiment divin pour les pécheurs endurcis et les faux prophètes est rapide comme ce prophète Hanania cité en Jérémie 28 dont Dieu prononce la peine de mort dans les 9 mois. Dieu est sûrement "à l'écoute" mais il attend d'abord et avant tout que son peuple L'écoute Lui et Lui obéisse.
La lecture hétérodoxe est "viens et fais ce qu'il te plaît". Là est le clin d'oeil à l'hyper-libéralisme totalitaire. Cette lecture reprend le discours des radicaux woke américains qui traquent le langage et toute expression qui ne soit pas "inclusive". Pour rappel cette idée hétérodoxe de l'inclusivisme s'est déployé dans la liturgie dans les années 1980-1990 et fut très constamment combattue par le Magistère romain insistant sur l'identité des personnes divines Jésus est homme pas fluide, qu'il était essentiel de respecter le masculin et le féminin dans les traductions. Elle resurgit ici.
2) Dieu à l'écoute de son peuple.
Lecture orthodoxe : oui les exemples abondent dans l'A.T. et le Nouveau des prières qui montent vers Dieu ou le Christ et auxquelles il est répondu : parfois avec une condamnation comme l'exil à Babylone. Mais la Bible est surtout pleine des injonctions divines : suivre les commandements, se détourner des idoles absolument, respect du sabbat etc. En d'autres termes 80% des Ecritures sont un enseignement de haut (Dieu, le Christ) en bas (le peuple, les nations hors Israël, le publicain...).
Lecture hétérodoxe : Dieu suit ce que le peuple lui demande, souveraineté populaire et un Dieu "ministre" en somme sur base démocratique. Clin d'oeil au principe de la Modernité libérale, l'horizontal supplante le transcendant. Comme le disait Poulat, "la transcendance devient contractuelle".
Oh certes Dieu a conclu l'Alliance, un contrat, avec son peuple mais Lui seul en a défini les termes.

( 961631 )
Quelques exemples on ne peut plus concrets par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 10:23:24)
[en réponse à 961628]
Bonjour MG,
Un chrétien philo-postmoderne fonctionne bien plus à la conciliation voire à la conformation qu'à la confrontation, en présence de l'écolo-gauchisme, de l'égalitarisme interreligieux, de l'homosexualisme et de l'immigrationnisme.
Et, s'il est catholique, depuis mars 2013, il peut le faire en prenant plus ou moins appui sur une conception du discernement évangélique, de la miséricorde et de l'ouverture sur les périphéries dont il n'a jamais été question, non seulement jusqu'à Pie XII, mais aussi, notamment, dans la lettre encyclique Veritatis splendor de Jean-Paul II et dans les documents de la CDF sur la question homosexuelle publiés du temps du futur Benoît XVI.
Il y a une autre conception qui est présente dans l'air du temps : c'est la conception d'après laquelle le catholicisme, même rénové par le Concile, est, encore aujourd'hui, beaucoup trop porteur de stéréotypes, eux-mêmes générateurs de discriminations, entre les clercs et les laïcs, les femmes et les hommes, les hétérosexuels et les homosexuels, etc.
Eh bien, voyez-vous, le processus synodal actuellement en cours constitue une merveilleuse opportunité pour déconstruire ces stéréotypes générateurs d'asservissement, pour passer de l'asservissement d'aujourd'hui à l'émancipation de demain, et pour que cette émancipation soit unificatrice, quitte à ce que le même processus débouche sur le fait d'avoir, juste après 2030, plusieurs évêques ouvertement homosexuels, mariés, avec ou sans enfants...
Je vous prie de bien vouloir m'exuser pour mon jargon, vous renvoie au caractère concret et précis des paragraphes qui précèdent, et je vous souhaite un bon dimanche.
Scrutator.

( 961641 )
Très bonnes remarques M.Scrutator Sapientiæ par Rex Vaincra (2023-03-05 12:57:05)
[en réponse à 961631]
Attention : ce texte argumenté de monsieur de Patrice de Plunkett, même si nous le jugeons depuis notre Forum, est comme une musique qui monte dans une certaine presse et autres radios catholique : problème américain, François a eu raison, tout va bien grâce au synode sur la synodalité,...
Soyez sûr que cela va être cet axe de vue, qui servira d'explications pour beaucoup de nos mitres molles française dans leurs refus des mariages, baptêmes et autres cérémonies dans l'ancien ordo.
RV, Merci qui ? Merci François.

( 961691 )
très juste avec une nuance chronologique par Luc Perrin (2023-03-05 23:21:17)
[en réponse à 961631]
Le premier phénomène, le "discernement" qui perd de vue les Dix Commandements et l'Écriture, a une plus longue histoire. La casuistique jésuite - ce n'est pas ma faute si cette Société s'est illustré là-dessus au point qu'on parle de "jésuitisme" dans la français courant - remonte au XVII-XVIIIe. Cela a été revu avec des approches plus récentes mais le fond du raisonnement est le même. Pascal et bien d'autres se sont moqués des casuistes à juste titre, tout en acceptant que le discernement spirituel existe bel et bien. Poussé à l'extrême, il permet d'effacer le texte biblique et toute la Tradition.
L'autre phénomène découle du modernisme (Loisysme) par le biais de l'historicisme. Oh certes il y a Veritatis splendor mais c'était pour le XXe siècle et nous sommes au XXIe ... c'est très exactement ce qu'avait déclaré le cardinal Kasper lors du premier synode bergoglien en 2014. Il était question d'actualiser Humanae vitae etc. C'est le principe loisyste que les dogmes sont des données évolutives à l'infini et ad libitum.
Jean Paul II avec Fides et ratio (1998) avait renvoyé à Pie XII Humani generis pour dénoncer cet historicisme mal venu qui est autre chose que d'éclairer un fait par son contexte et ses acteurs. Ratzinger encore doyen du Sacré Collège en 2005 avait abordé la question du relativisme dans son fameux discours.
Le néo-catholicisme californien s'appuie sur ces deux méchantes béquilles pour avancer sur son chemin de perdition.

( 961645 )
Le temps passe... par Balthazar (2023-03-05 13:23:09)
[en réponse à 961599]
... mais les positions des tradis et de Patrice, ainsi que leur hostilité réciproque ne changent pas. C'est bien d'avoir des permanences comme ça, ça donne des repères.

( 961659 )
Nous pourrions tous être d'accord sur au moins un point par Scrutator Sapientiæ (2023-03-05 14:16:53)
[en réponse à 961645]
Bonjour Balthazar,
Nous pourrions tous être d'accord sur au moins un point : en un peu moins d'un demi-siècle, nous sommes passés,
- de l'automne 1965, et du début des conséquences d'un véritable pari sur l'avenir, impulsé et incarné par le Concile Vatican II,
- au printemps 2013, et au début du déroulement de ce qui s'apparente de plus en plus à une véritable fuite en avant doctrinale et pastorale.
Or, il se trouve que, dans le même temps, un problème d'une extrême gravité, le problème de la connaissance, de la compréhension, de la préservation, de la propagation, de la réception et de la transmission du contenu de la foi catholique, en ce qu'il est distinctif ad extra et normatif ad intra, n'a pas encore donné lieu à une remédiation effective, pleinement satisfaisante, de la part des clercs et des laïcs !
A quoi sert le Catéchisme de l'Eglise catholique, ou à quoi sert le triptyque formé par les trois documents suivants : Dominus Iesus (2000), le Compendium du Catéchisme (2005) et Verbum domini (2010) ?
Quand va-t-on déprioriser la distinction abrahimiste, "évangélique", iréniste, oecuméniste et utopiste, entre les divisions et "l'unité", distinction manipulatoire et neutralisatrice s'il en est, et quand va-t-on reprioriser la distinction, orthodoxe et réaliste s'il en est, entre les erreurs et la vérité ?
Le moins que l'on puisse dire est que François n'en prend pas le chemin...
Bon après-midi.
Scrutator.

( 961743 )
Le rossignol du carnage par Justin Petipeu (2023-03-06 20:46:52)
[en réponse à 961599]
D'après Plunkett, qui est la voix de son maître, donc une bouche d'égout, les grands malheurs de l'Eglise viennent des tradis qui n'ont pas lu Vatican II. Il faut donc leur vomir dessus car ils ont des vocations et ont gardé la Foi qu'a perdue Bergoglio et que Plunkett croit avoir.
Il serait bon que Plunkett, au lieu de jouer les porte-flingues et les seconds couteaux, nous montre à nous, pauvres ignorants, les fruits de ceux qui ont lu Vatican II, s'il y en a. Où sont les vocations ? Où est l'évangélisation ? Où sont les églises pleines ? Où sont les pays catholiques florissants ? Qu'est devenue la liturgie ?
A part la promotion de l'homosexualité, l'engloutissement de la vieille Europe chrétienne sous un torrent de migrants islamisés, l'imposture soit-disant environnementale, le communisme à 2 balles mâtiné de tiers-mondisme seventies, et le syncrétisme en turban d'Abu Dabi, on ne voit pas grand'chose du pontificat de Jorge.
En ce qui concerne Plunkett, ce n'est pas grave. Il croit être catholique mais ne l'a jamais été. Il pourra compter sur la miséricorde divine (mais il ne faut pas abuser non plus...) En ce qui concerne François, c'est plus inquiétant.

( 961753 )
Les papes, eux-aussi, ont compromis la fructuosité du Concile par Scrutator Sapientiæ (2023-03-06 23:01:20)
[en réponse à 961743]
Bonsoir Justin Petipeu,
Les papolâtres post-conciliaires ont souvent une conception d'après laquelle, de Paul VI à Francois inclus, tous les papes post-conciliaires ont été "centristes", ont marché sur une ligne de crête, et ont subi des difficultés qui ont compromis, fait obstacle ou porté atteinte à la fructuosité du Concile, essentiellement à cause de l'intégrisme, localisé à droite, et qui veut restaurer le passé ou revenir en arrière, et du progressisme, positionné à gauche, qui veut aller ad extra le plus loin et le plus vite possible, quitte à ce que cela nécessite non seulement une détridentinisation, mais aussi une décatholicisation.
Mais il se trouve que ces papolâtres post-conciliaires ne parlent presque jamais du fait que Paul VI et Jean-Paul II ont, eux-mêmes, joué à un jeu très dangereux, qui a amplement compromis la fructuosité du Concile, et qui a consisté à outrepasser le contenu de plusieurs documents de Vatican II.
Ainsi, Paul VI a pris la responsabilité d'outrepasser le contenu de la constitution liturgique SC, au moyen du NOM de 1969, et Jean-Paul II a pris celle d'outrepasser le contenu du décret UR et celui de la déclaration NA, en outrepassant non seulement le contenu de ces deux documents, mais aussi le Magistère et surtout la pastorale de Paul VI, dans le domaine du dialogue interconfessionnel oecuméniste et surtout dans celui du dialogue interreligieux inclusiviste.
Or, les papolâtres post-conciliaires évoquent rarement ce qui suit : le fait que le contenu d'au moins trois documents du Concile, et non des moindres, nous semble-t-il, ait été amplement et gravement outrepassé par deux papes, presque consécutifs, de fin 1969 à début 2005, a, lui aussi, été particulièrement préjudiciable à la fructuosité du Concile Vatican II.
Nous sommes ici en présence de deux papes post-conciliaires qui, en fonctionnant comme ils l'ont fait, dans les trois domaines évoqués ci-dessus, ont donné à croire que l'auto-dépassement indéfini peut et doit constituer une caractéristique fondamentale de l'Eglise du Concile et de l'après-Concile.
Pour cette raison, il ne faut pas s'étonner du fait que cette vision des choses, plus présente chez Jean-Paul II que chez Paul VI, a "donné raison", dans une certaine mesure, aux intégristes ET aux progressistes.
En d'autres termes, on ne saura jamais ce que la fécondité du Concile et la fidélité au Concile auraient pu générer dans l'Eglise, non seulement à cause ou du fait de l'intégrisme et du progressisme, mais aussi à cause de bien des impatiences et des imprudences pontificales post-conciliaires, sur lesquelles presque personne n'a jamais osé revenir, alors que ces impatiences et ces imprudences n'ont jamais été explicitement et officiellement permises, prescrite, prévues ou voulues, dans au moins trois documents du Concile.
Sauf erreur, cet aspect des choses est ahurissant ou vertigineux, pour qui veut bien y réfléchir de la manière la plus objective ou réaliste possible.
Bonne nuit.
Scrutator.