Le Forum Catholique

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images/icones/mitre4.png  ( 960926 )Plusieurs évêques français dénoncent un « autoritarisme » de François par Goupillon (2023-02-21 23:41:52) 

Le pape François donne un nouveau tour de vis pour contenir les communautés traditionalistes

Face aux recours de diocèses pour défendre l'accès de fidèles à la messe selon l'ancien rite, le pape publie un rescrit retirant tout pouvoir aux évêques locaux sur ce dossier. Rome décidera seul désormais.

Le pape François resserre l'étau autour des traditionalistes. Lors d'une audience accordée ce lundi au cardinal anglais Arthur Roche, préfet du dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements, le pape a formellement validé un rescrit, sorte de décret juridique, retirant quasiment tout pouvoir de gestion du dossier traditionaliste aux évêques locaux, au profit du seul Vatican. Le texte a été publié ce mardi.

Rome devient ainsi le décideur ultime sur deux points précis. Le premier est l'autorisation éventuellement accordée à de jeunes prêtres ordonnés après le 16 juillet 2021 de célébrer la messe selon l'ancien missel de 1962, en vigueur avant le concile Vatican II, surnommée « messe en latin ». Le second est la possibilité d'utiliser une église paroissiale ou d'ériger une paroisse personnelle pour la célébration eucharistique selon l'ancien rituel. Sur ces deux points, l'évêque local ne pourra plus rien décider sans le feu vert romain.

C'est Benoît XVI qui avait permis en 2007 que la célébration de la messe selon l'ancien rituel catholique soit possible au titre d'un rite « extraordinaire » et dans un souci de « réconciliation ». À certaines conditions toutefois, dont l'existence d'une communauté de fidèles « stable » qui devait attendre l'autorisation de l'évêque local, alors chargé de ce discernement.

Mais le succès pastoral obtenu depuis par ces communautés traditionalistes, aux États-Unis et en France notamment (affluence, forte présence de jeunes et de familles, vocations sacerdotales et religieuses nombreuses), a conduit François à abroger juridiquement le 16 juillet 2021 cette libéralité pour éviter, disait-on à Rome, la constitution d'une Église catholique « parallèle » considérée très critique sur la réforme liturgique du concile Vatican II.

L'une des clés de cette reprise en main pour rétablir une « seule et unique » façon de célébrer la messe, le rite « ordinaire » issu du concile Vatican II (1962-1965), face au peuple et dans la langue parlée par les fidèles, fut la suppression de l'existence juridique de ce rite « extraordinaire » et d'enlever à l'évêque local tout pouvoir en la matière.

Aux États-Unis, plusieurs évêques favorables aux traditionalistes, dans les diocèses de Knoxville (Tennessee), Lake Charles (Louisiane), Portland (Oregon), Springfield, (Illinois) et Denver (Colorado) notamment, ont joué du droit canonique - le droit de l'Église et de son article 87 – pour contester la décision du pape François. Cet article stipule : « Chaque fois qu'il le jugera profitable à leur bien spirituel, l'évêque diocésain a le pouvoir de dispenser les fidèles des lois disciplinaires tant universelles que particulières portées par l'autorité suprême de l'Église pour son territoire ou ses sujets. » Sauf cependant pour les lois dont « la dispense est spécialement réservée au Siège apostolique ou à une autre autorité ».

C'est bien le point visé par la publication du rescrit du 20 février. Signé par le cardinal Roche et autorisé par François, il empêche le recours à cet article 87 car il réserve toute « dispense » en matière liturgique au seul Siège apostolique.

Autre consolidation : la forme juridique du rescrit, signé par un cardinal sous l'autorité du pape, le fait entrer désormais dans le domaine du « magistère pontifical ». On ne peut plus lui opposer la fantaisie éventuelle du cardinal signataire. Il a acquis l'autorité maximale.

Ce rescrit est la deuxième intervention magistérielle pour imposer le motu proprio du 16 juillet 2021, qui ne passe pas dans les milieux traditionalistes. Le 18 novembre 2021, un document technique, « Responsa ad dubia », avait déjà mis les points sur les i dans le même sens, mais sans parvenir à éteindre la fronde. D'où le recours à cette forme juridique. Il pourrait aussi annoncer un document encore plus contraignant contre les communautés traditionalistes au printemps prochain.

Une évolution qui inquiète plusieurs évêques français, pourtant modérés, qui voient réduite leur responsabilité par un « autoritarisme » pontifical affichant pourtant une ambition « synodale » de gouvernement partagé et non imposé « d'en haut ».

Source : Le Figaro
images/icones/1n.gif  ( 960927 )Ah bon ? par Justin Petipeu (2023-02-22 06:39:09) 
[en réponse à 960926]

On ne doit pas lire la même chose. Tout le monde file doux.
images/icones/fleche2.gif  ( 960941 )Mais si ! par Yves Daoudal (2023-02-22 10:58:46) 
[en réponse à 960927]

Ce sont des évêques anonymes qui dénoncent en silence. Ils ne peuvent pas l'extérioriser parce que ça ferait de la peine à leurs frères et au saint père, et surtout parce que ce serait très anti-synodal.
images/icones/1d.gif  ( 960947 )Excellent ! par Alexandre (2023-02-22 13:34:37) 
[en réponse à 960941]

Vous m'avez bien faire rire, merci.

Mieux vaut en rire, d'ailleurs...
images/icones/fleche2.gif  ( 960931 )Rappel : l'anti-traditionalisme est l'un des fruits effectifs du Concile par Scrutator Sapientiæ (2023-02-22 08:54:44) 
[en réponse à 960926]

Bonjour Goupillon,

Le pontificat de Jean-Paul II et, plus encore, celui de Benoît XVI, ont fait perdre de vue une donnée fondamentale : à cause d'une partie de la philosophie et de la théologie catholiques ante-conciliaires, d'une partie du Magistère intra-conciliaire, et d'une assez grande partie du Magistère et de la pastorale post-conciliaires, l'anti-traditionalisme se manifeste pour ce qu'il a toujours été : l'un des principaux fruits effectifs du Concile, ou l'un des principaux acquis mentaux du Concile, sur lequel il est communément considéré comme impossible, impensable, insensé et interdit de revenir.

Nul ne peut recevoir en plénitude le "beurre" du Renouveau conciliaire, tout en conservant en totalité "l'argent du beurre" qu'est la Tradition catholique, il est proprement étonnant que des sur-valorisateurs de l'herméneutique du renouveau dans la continuité aient pu s'imaginer puis donner à croire le contraire, et il est ou serait encore plus étonnant que l'on reproche au pape François d'être à la fois plus déterminé et moins ambivalent ou incohérent que son prédécesseur.

Plus brutalement : vous en connaissez beaucoup, vous, des évêques philo-rénovateurs qui sont ouvertement voire publiquement bienveillants, au contact d'une critique philo-traditionnelle de l'esprit du Concile, de l'esprit d'Assise, de l'esprit d'Abou Dhabi et de l'esprit du Synode ?

Encore une fois, ce pontificat est propice à une clarification de grande ampleur sur l'impossibilité de recevoir tout le "beurre" du Renouveau tout en conservant tout "l'argent du beurre" de la Tradition.

Certains futurs prêtres puis évêques n'auraient pas dû et n'avaient qu'à pas adhérer, plus ou moins, à un état d'esprit, notamment personnaliste, oecuméniste, inclusiviste et intégraliste, dans l'acception consensualiste fraternitaire de chacun de ces termes, alors que cet état d'esprit est

- non seulement aux antipodes d'un état d'esprit catholique traditionnel, potentiellement contrariant, dissonant, résistant et vigilant ad extra,

- mais aussi propice à la soumission ou au suivisme, en présence, respectivement, du subjectivisme, du confusionnisme inter-confessionnel, du consensualisme interreligieux et de l'immanentisme.

Bonne journée.

Scrutator.