Le Forum Catholique

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images/icones/livre.gif  ( 960236 )Vatican II : fruits en germes ou fruits gâtés ? par Info Renaissance Catholique (2023-02-07 14:37:42) 

Chers amis,

je vous livre le dernier "billet" de Côme de Prévigny ( arboriculteur ?)

Bonne lecture :

Vatican II : fruits en germes ou fruits gâtés ?

Jean XXIII voulait « faire entrer un peu d’air frais dans l’Église » et, il y a soixante ans, les esprits les plus échauffés promettaient au monde catholique un véritable « printemps », un renouveau inespéré qui allait indubitablement redonner espérance et jeunesse à la vénérable institution. Les foules devaient investir les sanctuaires tandis que les ouvriers devaient retrouver, nous promettait-on, le chemin des baptistères. Évidemment, les décennies ont passé et les promesses n’ont pas été tenues. Dans les grandes nefs, on ne respire plus que les odeurs de fiente des pigeons et les moisissures des champignons favorisées par l’humidité. Les églises ont été désertées, les séminaires ont fermé et les rêves ont été déçus. Avec le temps, les prophètes de bonne aventure ont terriblement courbé le front et ils masquent leurs rides pour suggérer chaque jour d’attendre encore une année pour voir une aube nouvelle luire sur la Chrétienté. Il y a encore quelques temps, quelques observateurs bien avisés s’aventuraient à nous dire qu’il fallait bien cinquante ans pour escompter recevoir les fruits du fameux Concile. Désormais, il faudrait attendre cent ans. « Il est vrai qu’il faut un siècle pour qu’un Concile prenne racine. Nous avons encore quarante ans pour le faire prendre racine ! » prévenait sans se décourager le pape François[1]. Qu’en est-il vraiment ? Faut-il garder patience ou bien l’essentiel du message de l’aggiornamento a-t-il été reçu ?

La comparaison avec le Concile de Trente


Le grand argument invitant les chrétiens à la pondération en attendant le renouveau de l’Église après Vatican II consiste à recourir à l’histoire du concile de Trente qui s’est tenu pendant deux décennies, de 1545 à 1563, mobilisant l’énergie de cinq papes successifs. Répondant au grand bouleversement de la Réforme protestante, cet évènement majeur du monde catholique recentra le clergé sur sa mission, précisa la foi sur plusieurs points de la doctrine du salut et de la Sainte Eucharistie, produisit un catéchisme rénové et améliora considérablement la vie de l’Église. Les secousses qu’il produisit dans l’Institution furent telles que, à la fin du XVIIe siècle, les saints vivaient encore du souffle qu’avait lancé la Contre-Réforme pour revivifier le christianisme moderne. D’ailleurs, en France, le fameux Concile de Trente n’était-il pas encore appliqué en 1610 alors même que Louis XIII montait sur le trône ? Les premiers grands séminaires favorisés par les pères conciliaires n’ont-ils pas attendu de voir le jour des décennies plus tard, à la faveur des grandes intuitions de saint Vincent de Paul ou de Messieurs Ollier et Bourdoise ?

Voilà bien un raccourci. Sans doute n’avions-nous ni presse, ni radio, encore moins internet au XVIe siècle. Pour autant, les canons et décrets du Concile n’ont pas tardé à être mis en pratique. Il suffit de constater la fougue de saint Charles Borromée pour s’en persuader. Dès la clôture du Concile, il demanda à être déchargé de ses mandats romains pour être pleinement consacré à ses prêtres. Il regagna Milan pour multiplier les tournées diocésaines, y fonder un séminaire et combattre partout les dérives du clergé peu assidu. Une bonne partie des évêques de son temps imitèrent ce grand confesseur de la foi dès la fin du XVIe siècle. Non seulement aucun ne fit obstacle aux points doctrinaux qu’avaient précisés les Pères réunis à Trente mais ils en adoptèrent rapidement les recommandations pastorales pour solidifier la spiritualité catholique. L’un des modèles de cet épiscopat particulièrement entreprenant fut saint François de Sales qui sillonna la Savoie au cours des deux premières décennies du XVIIe siècle.

...

La suite ici : un clic suffit.



I R C
images/icones/fleche2.gif  ( 960364 )L'après-Concile n'est sûrement pas anti-traditionnel par accident par Scrutator Sapientiæ (2023-02-09 06:51:14) 
[en réponse à 960236]

Bonjour,

Ce pontificat, encore plus depuis l'été 2021 que depuis le printemps 2013, est l'occasion de re-découvrir que l'après-Concile, sinon le Concile lui-même, n'est sûrement pas anti-traditionnel pour des raisons culturelles accidentelles, pour des raisons historiques conjoncturelles, ou à cause d'une erreur d'interprétation du Concile qui aurait été spécifique aux années 1960-1970 et à laquelle Jean-Paul II puis Benoît XVI n'auraient pas eu la possibilité de remédier d'une manière suffisamment curative.

A un moment donné, il faut se poser la question de savoir ce que les clercs qui s'en remettent à ce triptyque : l'avenir, l'inclusion, l'unité, ont vraiment en tête, celle de savoir depuis quand, c'est-à-dire depuis quels auteurs, porteurs de quelles idées, ils l'ont en tête, il faut recueillir les éléments de réponse à ces deux questions, et il faut en tirer les conclusions qui s'imposent sur le fait suivant.

Si ces clercs considèrent que les fidèles catholiques traditionnels n'ont plus droit à la moindre place, dans l'Eglise catholique, c'est aussi parce qu'ils considèrent que la foi catholique traditionnelle n'a pas davantage droit à une place dans l'Eglise catholique.

Or, en un sens, la foi catholique traditionnelle n'existe pas ; ce qui existe, c'est la foi catholique.

Conclusion provisoire : la conception communément accréditée, à tout le moins dans la pastorale, d'après laquelle, depuis le début des années 1960 et du Concile, l'adhésion à la foi catholique est facultative et le contenu de la foi catholique est escamotable, au sein-même de "l'Eglise du Concile", est consubstantielle à l'être et au devenir de cette Eglise.

A partir de là, c'est la moindre des choses que la dynamique de l'inclusion soit clairement et fermement excluante, au préjudice du maintien dans l'Eglise de tout ce qui peut et de tous ceux qui peuvent lui faire obstacle.

Après tout, dès églises effectivement vides, puis fermées et vendues, ne font nullement obstacle à ce que l'Eglise du Concile, devenue l'Eglise de François, soit, elle, officiellement pleine, pleine d'amour, pleine damour pour une conception mondialistement ou onusiennement correcte de l'écologie, de l'égalité entre les religions, de l'immigration et de la sexualité...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 960390 )Pas faux mais il faut sans doute nuancer par Roger (2023-02-09 16:27:56) 
[en réponse à 960364]

Je propose quelques compléments

Avant le Concile la cause de la Foi traditionnelle était déjà fragilisée par des considérations de forme ( état d'esprit scolaire , tatillon...) et de fond (éloignement des préoccupations des contemporains, politisation). Et ce d'autant plus qu'en 1960 ce qui était ancien était discrédité...et ce qui était révolutionnaire était en général apprécié...

Après le concile plusieurs écoles se sont constituées...certains ont voulu aller plus loin (surtout en France) , d'autres étaient plus pondérés...

En France nous avons été victimes de
- la puissance des réformateurs radicaux ( qui tenaient l'épiscopat, les séminaires, la presse...)
- la marginalité de leurs opposants - dont Mgr Lefebvre dont on ignore aujourd'hui à quel point il était discrédité dans le milieu ecclésiastique(en 1972 on a refusé de l'inviter à la plénière de la CEF).

N'oubliez pas que dans les années 1970, le dialogue inter religieux était inexistant- la mode était au marxisme, à la psychanalyse, à la sociologie...
images/icones/fleche2.gif  ( 960481 )L'opposition à Humani generis ne découle pas d'une divergence conjoncturelle par Scrutator Sapientiæ (2023-02-11 15:52:37) 
[en réponse à 960390]

Bonjour Roger,

L'opposition, certes plus théologienne qu'épiscopale, au contenu de la lettre encyclique anti-moderniste Humani generis de Pie XII, et aux décisions qui ont suivi sa publication, en 1950, n'a certainement pas été la conséquence d'une pure et simple divergence conjoncturelle.

Tout ce dont nous parlons n'est pas plus compliqué que ce qui suit : encore plus depuis 1960 que depuis 1945, nous sommes en présence de clercs qui ne veulent pas, ou qui ne veulent plus que la réception, la prise en compte et la transmission catholiques de la révélation chrétienne soient structurées et tonifiées par la "philosophia perennis" aristotélicienne.

D'où le rejet des schémas pre-conciliaires, dès le début de la première session du Concile...

Bonne journée .

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 960485 )En effet par Roger (2023-02-11 16:03:55) 
[en réponse à 960481]

Cher Scrutator

Il n'y a rien de conjoncturel ...mais une montée en puissance multiforme d'une volonté de changement (doctrinal et pastoral) facilitée par la faiblesse du discours contraire...

Mais cette aspiration à la nouveauté n'était pas forcément homogène et pas du tout en lien avec les réformateurs du XXIe siècle...qui ne veulent évangéliser personne...et n'ont plus rien à faire de Marx de Freud ou de la classe ouvrière..
images/icones/fleche2.gif  ( 960489 )Vous avez particulièrement raison sur un point par Scrutator Sapientiæ (2023-02-11 16:52:17) 
[en réponse à 960485]

Rebonjour,

Vous avez particulièrement raison sur au moins un point : nous n'en sommes plus, au moins depuis le début des années 1990, au néo-catholicisme marxisant et teilhardien qui a sévi entre 1945 et les années 1980.

Et nous n'en sommes plus non plus aux tentatives de rapprochement entre le néo-catholicisme et la psychanalyse ou le structuralisme.

A la vérité, nous sommes avant tout en présence d'un phénomène de suivisme, avec plus de contenant pastoral dynamique que de contenu doctrinal statique, ce suivisme étant presque chimiquement pur.

Appelons cela un genre de "modernisme d'atmosphère", ou une sorte de "mouvement des bien alignés", bien alignés sur les concepts et les valeurs non catholiques, voire non chrétiens, plus ou moins à la mode au moment où l'on parle.

Bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 960493 )Et surtout la conversion par Roger (2023-02-11 17:42:00) 
[en réponse à 960489]

Je pense que si bien des clercs des années 1950 ou 60 disaient ou faisaient n importe quoi c'était souvent dans l'idée d évangéliser.

On regardait Freud ou Marx comme, croyait on, Saint Thomas avait utilisé Aristote.

On croyait pouvoir convertir le monde en s adaptant à ses formes.

images/icones/carnet.gif  ( 960431 )Comprendre ce clergé-là par Eucher (2023-02-10 16:07:50) 
[en réponse à 960364]

Cher Scrutator,

Vous présentez un problème qui me taraude depuis trente ans : à quoi pensaient-ils ?
Évidemment c'est surtout le problème liturgique qui m'a intéressé : Botte, Gy, Bouyer, Martimort, Bugnini, Montini/Paul VI puis surtout le CNPL, La Maison-Dieu (accessible chez Gallica) etc.
Mais le problème liturgique n'est qu'un élément de tout un Kirchanschauung (pour ainsi dire) qui a prévalu dans le clergé « boomer » et y prévaut encore.
A quoi pensent-ils ?
Il serait bon de découvrir concrètement la réponse que cette école de pensée, au delà des bons sentiments et de la rhétorique optimiste, donnerait à la question : « Quel futur désirez-vous pour l'Église catholique ? ».
Bien vôtre,
-Eucher
images/icones/fleche2.gif  ( 960475 )Quelques clés de compréhension de cette grande illusion par Scrutator Sapientiæ (2023-02-11 15:12:36) 
[en réponse à 960431]

Bonjour Eucher,

D'une part, nous sommes en présence de clercs qui sont globalement persuadés que la modernité est globalement d'inspiration humaniste, voire chrétienne, même s'il s'agit d'une inspiration incomplètement et indirectement chrétienne, ou d'une inspiration chrétienne sécularisée, le christianisme catholique contemporain devant et pouvant être d'autant plus humainement et chrétiennement légitime qu'il est le "compagnon de route" de la modernité, ou, dorénavant, de la post-modernité.

D'autre part, nous sommes aussi en présence de clercs qui sont massivement convaincus que la composante tridentine de la Tradition s'est déployée d'une manière coupablement intransigeante et orthodoxiste qui a fait que de plus en plus d'êtres humains se sont éloignés du Christ et de l'Eglise.

C'est un peu comme si tous les papes, de Pie VI à Pie XII, étaient au moins aussi responsables de la dechristianisation du monde occidental que les intellectuels et les gouvernements qui ont été les artisans, les concepteurs, les partisans et les promoteurs de cette dechristianisation...

Enfin, si cela continue comme depuis l'élection de Francois, peu de temps après le début de la prochaine décennie, sinon avant, nous aurons des évêques, officiellement catholiques, qui seront ouvertement homosexuels et qui vivront tout aussi ouvertement en couple, voire en couple avec enfants, et personne ne sera autorisé à s'y opposer, compte tenu de la conception, désormais dominante, du discernement évangélique dans la miséricorde et dans l'ouverture sur les périphéries.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/1a.gif  ( 960480 )Merci par Eucher (2023-02-11 15:49:15) 
[en réponse à 960475]

Certes, cher Scrutator, c'est bien ce que nous percevons, et votre reductio ad absurdum est hélas bien dans la logique des choses, donc loin d'être absurde comme analyse.
Nos progressistes en revanche ne voient pas (ou feignent de ne pas voir) où mènent leurs idées.
Il me semble donc que pour pouvoir dialoguer avec eux, ou si l'on est moins optimiste pour débattre avec eux, il faudrait avoir devant soi par écrit leur programme, avec fins escomptées et moyens envisagés écrits noir sur blanc.
Il n'y a rien à espérer des tireurs de ficelles qui visent au mal.
Quant aux carriéristes et veules, la conversion proviendra de la grâce.
Mais je garde l'espoir de soutirer les dupes à leur influence. C'est là l'intérêt du travail sérieux sur (là encore) la soi-disant réforme de la liturgie, de la vie religieuse, etc.
Bien vôtre,
-Eucher

images/icones/neutre.gif  ( 960484 )Une hypothèse cher Eucher par Roger (2023-02-11 15:57:57) 
[en réponse à 960480]

Il est possible que les progressistes soient de moins en moins spirituels et de plus en plus temporels.

J'ai le sentiment que ils sont peu concernés aujourd'hui par la Résurrection , l Eucharistie ou même l Évangélisation...

Mais en revanche très engagés dans la lutte pour la "justice sociale "....

bref le salut de nos âmes serait à leurs yeux subordonné à la réussite d'un projet politique, culturel et social...






images/icones/fleche2.gif  ( 960492 )Les évêques incitent-ils à lire le Compendium du Catéchisme de 2005 ? par Scrutator Sapientiæ (2023-02-11 17:37:59) 
[en réponse à 960484]

Rebonjour,

Le problème que vous soulevez est situé au-delà des priorités, effectives ou éventuelles, des clercs immanentistes, ou qui ne connaissent du Concile que Gaudium et spes.

Ainsi, les évêques incitent-ils fréquemment les fidèles à lire le Compendium du Catéchisme de l'Eglise catholique, qui date de 2005, et que nous devons à Benoît XVI ?

De même, les évêques incitent-ils fréquemment les prêtres à utiliser le Directoire sur l'homélie, qui date de 2014, et que nous devons également, même si c'est d'une manière indirecte, à Benoît XVI ?

La mobilisation de la pastorale, au service de la consolidation de l'adhésion des fidèles catholiques au contenu de la foi catholique, constitue-t-elle "la priorité des priorités" ?

Bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 960487 )Demandez le programme à Hans Kung et au cardinal Martini ! par Scrutator Sapientiæ (2023-02-11 16:29:45) 
[en réponse à 960480]

Rebonjour,

Vous voulez savoir ce que ces gens-là ont en tête ?

Vous n'avez qu'à demander le programme à Hans Kung et au cardinal Martini !

Je vous renvoie donc à ce livre de Hans Kung : "Une théologie pour le troisième millénaire", paru en France en 1989, et à ce livre du cardinal Martini : "Le rêve de Jérusalem", paru en France en 2009.

Je vous rappelle que l'équivalent de ce que l'on trouve dans Amoris laetitia (2016), a été refusé, au milieu des années 1990, aux cardinaux Kasper et Lehmann, par le cardinal Ratzinger.

En réalité, ces gens là veulent que l'Eglise catholique deviennent l'équivalent d'une Eglise "anglicano-épiscopale" qui s'éloignerait, "oups" : qui s'éloigne déjà de ce qui figure dans Veritatis splendor, Evangelium vitae, Fides et ratio, Dominus Iesus...

Lisez des auteurs aussi intéressants que Claude Geffré et Joseph Moingt, et vous aurez connaissance de quelques analyses et de quelques appréciations susceptibles d'acquérir un caractère programmatique...

L'Eglise annonçante, confessante, enseignante, conversive, c'est l'Eglise du passé, une Eglise coupablement porteuse d'un régime carencé en amour des conceptions et des conduites les plus éloignées, voire les plus opposées à la conception aristotélico-thomiste du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine, de la vérité et des vertus, et coupablement porteuse d'un déficit de conformation à l'évolution des mentalités et à l'orientation de la moralité.

Et l'Eglise approuvante, dialoguante, écoutante, inclusive, c'est l'Eglise du présent tournée vers l'avenir...

Encore une fois, le programme de ces gens-là existe, et vous pouvez même demander au pape François de vous en communiquer la présentation qui est, précisément, la plus présentable...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 960482 )Tout à fait d'accord cher Scrutator par Roger (2023-02-11 15:52:40) 
[en réponse à 960475]

Avec votre analyse