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images/icones/marie.gif  ( 959895 )02/02 Purification de la T. Sainte Vierge (Présentation du Seigneur) par ami de la Miséricorde (2023-02-01 21:52:16) 



Guercino (1591-1666), Présentation de Jésus au temple

Purification de la T. Ste Vierge (Présentation du Seigneur)

Luc, II, 22-40. Présentation au Temple de Saint Ambroise de Milan

Qu'est-ce qu'être présenté à Jérusalem, au Seigneur, je le dirais si, dans mes commentaires sur Isaïe , je ne l'avais déjà dit. Circoncis des vices, II a été jugé digne du regard du Seigneur ; car « les yeux du Seigneur reposent sur les justes » (Ps. 33, 16).

Vous le voyez, tout l'ensemble de la Loi ancienne a été figure de l'avenir car la circoncision même figure la purification des péchés mais comme, inclinée par la convoitise au péché, la faiblesse humaine, corps et âme, est enlacée par les liens inextricables des vices, le huitième jour assigné pour la circoncision figurait que la purification de toutes fautes devait s'accomplir au temps de la Résurrection.

C'est le sens du texte « tout mâle qui le premier ouvre le sein (maternel) sera appelé saint pour le Seigneur » (Ex., XIII, 12) : ces paroles de la Loi promettaient le fruit de la Vierge, vraiment saint, parce que sans tache.

Au reste, qu'il soit bien Celui que la Loi désigne, la reprise par l'ange des mêmes expressions le manifeste : « L'enfant qui va naître, dit-il, sera appelé saint, Fils de Dieu » (Lc, I, 35). Car nul commerce humain n'a pénétré le mystère du sein virginal, mais une semence sans tache a été déposée dans ses entrailles immaculées par l'Esprit Saint. Le seul, en effet, des enfants de la femme qui soit parfaitement saint, c'est le Seigneur Jésus, à qui toute atteinte de la corruption terrestre a été épargnée par la nouveauté de son enfantement sans tache, écartée par sa majesté céleste.

En effet, à nous en tenir à la lettre, comment appeler saint tout enfant mâle, quand il est notoire que beaucoup furent de grands scélérats ? un saint, Achab ? des saints, les faux prophètes qu'à la prière d'Élie un feu vengeur de l'outrage fait au ciel a dévorés (I Rois, XVIII) ? Mais voici le Saint en qui va s'accomplir le mystère dont les, saintes prescriptions de la Loi divine dessinaient la figure, attendu que seul II devait donner à l'Église, sainte et Vierge, d'enfanter de son sein entrouvert, par une fécondité sans tache, le peuple de Dieu.

Seul donc II s'est ouvert le sein maternel ; et quoi d'étonnant ? Celui qui avait dit au prophète : « Avant de te former dans les entrailles de ta mère, je te connaissais, et dans son sein même je t'ai sanctifié » (Jér., I, 5), Celui donc qui sanctifia un autre sein pour que naquît le prophète, Celui-là aussi entrouvrit le sein de sa Mère pour en sortir sans tache.

« Et. voici qu'il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Et c'était un homme juste et craignant Dieu, qui attendait la consolation d'Israël. »

Non seulement les anges et les prophètes, les bergers et les parents, mais encore les vieillards et les justes apportent leur témoignage à la naissance du Seigneur. Tout âge, l'un et l'autre sexe, les événements miraculeux en font foi : une Vierge engendre, une stérile enfante, un muet parle, Elisabeth prophétise, le mage adore, l'enfant renfermé dans le sein tressaille, une veuve rend grâces, un juste est dans l'attente. C'était bien un juste, car il attendait non son profit mais celui du peuple, désirant pour son compte être délivré des liens de ce corps fragile, mais attendant de voir le (Messie) promis : car il savait le bonheur des yeux qui le verraient (Lc, X, 23).

« Maintenant, dit-il, laissez partir votre serviteur. » Vous voyez ce juste, enfermé, pour ainsi dire, dans la prison de ce corps pesant, souhaiter sa délivrance pour commencer d'être avec le Christ : car « être délivré et avec le Christ est bien préférable » (Phil., I, 23). Mais celui qui veut être libéré doit venir au temple, venir à Jérusalem, attendre l'Oint du Seigneur, recevoir dans ses mains la Parole de Dieu et comme l'étreindre dans les bras de sa foi. Alors il sera libéré et ne verra point la mort, ayant vu la vie.

Vous voyez quelle abondance de grâce a répandue sur tous la naissance du Seigneur, et comment la prophétie est refusée aux incroyants (cf. I Cor., XIV, 22), mais non pas aux justes. Voici qu'à son tour Siméon pro-phétise que Notre Seigneur Jésus-Christ est venu pour la ruine et la résurrection d'un grand nombre, pour faire entre justes et injustes le discernement des mérites et, selon la valeur de nos actes, nous décerner, en juge véridique et équitable, soit les supplices, soit les récompenses.

« Et votre âme à vous, dit-il, sera traversée d'un glaive. » Ni l'Écriture ni l'histoire ne nous apprend que Marie ait quitté cette vie en subissant le martyre dans son corps ; or, ce n'est pas l'âme, mais le corps, qu'un glaive matériel peut transpercer. Ceci nous montre donc la sagesse de Marie, qui n'ignore pas le mystère céleste ; car « la parole de Dieu est vivante, puissante, plus aiguë que le glaive le mieux aiguisé, pénétrante jusqu'à diviser l'âme et l'esprit, les jointures et les moelles ; elle sonde les pensées du coeur et les secrets des âmes » (Héb., IV, 12) : car tout dans les âmes est à nu, à découvert devant le Fils, auquel les replis de la conscience n'échappent point.

Ainsi donc Siméon a prophétisé, une femme mariée avait prophétisé, une vierge avait prophétisé ; il fallait encore une veuve pour qu'il n'y manquât aucun genre de vie, aucun sexe. C'est pourquoi Anne nous est présentée : les mérites de son veuvage et sa conduite obligent à la juger tout à fait digne d'annoncer la venue du Rédempteur de tous. Ayant détaillé ses mérites en un autre endroit, dans notre Exhortation aux veuves, nous ne croyons pas devoir les reprendre ici, pressés que nous sommes d'abor-der un autre sujet. Pourtant ce n'est pas sans intention qu'ont été mentionnés les quatre-vingt-quatre ans atteints dans son veuvage ; car ces sept douzaines et ces deux quarantaines semblent indiquer un nombre sacré.

Source : livres-mystiques.com
images/icones/marie.gif  ( 959896 )Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde (2023-02-01 21:56:44) 
[en réponse à 959895]



LIVRE QUATRIÈME

CHAPITRE III

Des ennemis de la croix, et des ruses dont l'amour-propre
et la prudence de la chair se servent pour se tirer de ses voies


Or, si Dieu s'est servi de ces moyens pour l'établissement de ses divins intérêts, ses disciples pourront-ils bien imaginer devoir prendre d'autres voies, comme s'ils avaient plus de sagesse en leur conduite ? Mais à quoi pensons-nous ? Que l'on regarde tout ce qui s'est passé depuis la publication de l'Évangile, et l'on verra clairement que l'esprit de Dieu, qui est toujours le même, n'a fait réussir ses plus grands desseins que par les croix.

Qu'on lise toutes les Vies des saints, et l'on verra s'il s'est servi d'autres moyens pour les élever à l'éminente perfection où ils sont arrivés. L'Évangile s'est-il établi par d'autres voies dans tous les lieux où il a été prêché, ou la discipline ecclésiastique dans les diocèses, ou les réformes dans les ordres réguliers ? Nous en avons apporté quantité d'exemples très touchants dans notre livre Du saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu.

Enfin, l'Apôtre dit aux Thessaloniciens (Epist. I, c. i, v. 2) : Vous savez, mes frères, que notre entrée n'a pas été inutile parmi vous, mais que nous avons auparavant beaucoup souffert, et qu'on nous a chargé d'opprobres et d'injures.

N'admirez-vous point, dit saint Grégoire le Grand, que l'Apôtre parle comme s'il eût cru que son entrée eût été inutile, si elle n'eût été accompagnée d'afflictions et d'outrages ?

Le P. Balthazar Alvarez était bien de ce sentiment, lorsqu'écrivant à sainte Thérèse, il lui dit : J'éloigne de ma pensée que votre révérence se puisse glorifier en d'autres choses que dans les croix.

Vos angoisses ne m'ont point étonné ; car je sais en quelle liberté vivent au milieu d'elles ceux qui aiment Dieu ; et j'ai eu de meilleurs succès ès affaires de votre révérence par ces moyens, que par ceux que l'on espère être plus favorables.

Il faudrait savoir ce que c'est que le paradis, ce que c'est qu'une éternité de gloire, en un mot, ce que c'est que Dieu même, pour prendre une juste estime de la croix, puisqu'en nous séparant de la terre, en nous détachant des créatures, en nous faisant renoncer à nous-mêmes, elle nous introduit avantageusement dans l'éternité glorieuse et nous met dans la jouissance d'un Dieu.

Après cela nous avons beau faire, jamais nous ne pouvons estimer nos croix autant qu'elles méritent. Sainte Thérèse assure, dans le livre Du chemin de la perfection, que les contemplatifs estiment les travaux comme les autres l'or et les pierreries.

Il est certain qu'une âme véritablement éclairée fera plus d'état d'une bonne croix que de toutes les richesses de la terre, d'un bon affront que de tous les honneurs du monde. Elle donnerait tout ce qu'il y a de plus précieux sur la terre, toutes les couronnes, si elle les avait, pour les plus honteuses humiliations.

Les ignominies et les confusions lui sont plus chères que tous les applaudissements des hommes : elle aimerait mieux être chargée d'opprobres, et qu'on lui jetât de la boue partout où elle passe, que de se voir caressée et dans une estime glorieuse.

J'ai dit autre part qu'une personne d'une éminente piété, pénétrée de ses vues, protestait qu'elle aurait de la peine à se défendre de l'amour-propre si on la prenait pour la faire mourir sur une potence en Grève. Voilà un étrange goût, diront les sages de la terre, les philosophes ; mais il est vrai que ç'a été le grand goût d'un Dieu-Homme, qui n'a vécu que pour mourir sur un gibet.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde