Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=959709
images/icones/FleurDeLys.png  ( 959709 )Question sur la mention du roi de France dans le canon romain par worou-kenou (2023-01-29 15:16:05) 

Bonjour à tous,

Je viens de lire l'ouvrage du P.Lebrun sur la messe et sa signification.
Il fait mention de la prière au roi dans le canon romain , juste après le pape, si je me rappelle bien; l'édition qu'il commente semble bien être un livre gallican. Est-ce exact?
Est-ce qu'un liseur pourrait m'en dire plus sur cette prière? A quelle époque a-t-elle été ajoutée? Par qui?Quelle a-t-été la réaction de Rome?Quand a-t-elle pris fin?Est-ce que d'autres modifications ont été faites en d'autres royaumes?
Merci à tous.
images/icones/livre.gif  ( 959711 )Le privilège de la mention du prince au Canon de la messe... par Chicoutimi (2023-01-29 17:28:47) 
[en réponse à 959709]

expliqué par le chanoine Croegaert:


''(...) Depuis le Xe siècle, on prononçait à cet endroit du Canon après la mention de l'Évêque - parfois avant - le nom du prince (empereur ou roi). Par l'onction de son sacre (Pontifical Romain) la personne de l'empereur ou du roi revêtait un caractère sacré.

Le Pape Innocent III décréta que le nom du prince serait régulièrement cité. Plus tard cependant, surtout après la Réforme, on ne prononça plus le nom du souverain. L'expression ''et Rege nostro N.'' fut supprimé dans le Missel romain (1570) de S. Pie V.

Néanmoins, par privilège spécial, l'Espagne put citer Philippe II au Canon de la messe. Grâce aux instances de Marie-Thérèse, Clément XIII (1769) accorda à l'Autriche et la Hongrie que les souverains fussent cités au Canon de la messe, à condition qu'ils aient reçu le sacre royal.

Au XIXe siècle, le privilège ne fut accordé que très rarement: notamment à l'empereur d'Autriche François-Joseph en 1848 et à l'empereur Napoléon III en 1855.

Au XXe siècle, feu le roi Albert fut un des rares souverains honorés à titre personnel de ce privilège.

Par indult apostolique en date du 27 septembre 1934, le Pape Pie XI a accordé que le nom de Sa Majesté le Roi Léopold III soit prononcé au Canon de la Messe par tous les prêtres célébrant dans le royaume.

Après le concordat de 1801 entre Pie VII et Napoléon I, la prière pour le Roi fut transférée après la messe. (...)''



Source: CROEGAERT Aug. (Chanoine),‎ ‎Les rites et les prières du Saint Sacrifice de la Messe, tome III, Bonne Presse - Averbode / Maison Casterman - Paris, 1939, page 109.
images/icones/livre.gif  ( 959712 )Una cum rege nostro par Luc de Montalte (2023-01-29 17:50:39) 
[en réponse à 959709]

Il s'agit d'un usage antique. D'après Mgr de Ségur, dans une note des Saints Mystères, pour ce qui est de l’ajout du « pro » :


En France et en quelques autres pays, on ajoute, par concession expresse du Saint-Siège, le nom du Souverain, après celui de l’Evêque. Mais il faut noter ici une observation importante. Jadis, quand la société était constituée régulièrement et catholiquement, le roi chrétien faisait officiellement partie de l’Église, à titre « d’Évêque du dehors, » de bras droit, de défenseur-né et de fils aîné de l’Église dans son royaume ! A cause de cela, ou disait et on devait dire : « Una cum Papa nostro N. et Antistite nostro N. et rege (ou imperatore) nostro N. et omnibus catholicæ et apostolicæ fidei cultoribus. » Maintenant que l’ordre providentiel de la société est bouleversé, le Souverain ne fait plus partie officielle de l’Église qu’à titre de simple baptisé, et non plus à titre de hiérarque, surtout lorsqu’il n’est point sacré. Aussi, dans la concession Apostolique est-il ordonné d’ajouter avant le nom du Souverain une parole qui semble insignifiante à première vue, mais qui exprime parfaitement le changement de situation que nous venons de signaler. On doit dire « et pro rege (ou imperatore) N.… » Ce pro suffit pour séparer le nom du Souverain moderne du nom du Pape et de l’Évêque, désormais seuls, hiérarques ou chefs ecclésiastiques ; le pauvre Souverain, déchu de son antique et sublime privilège, n’est plus considéré officiellement par l’Église que comme un simple chrétien, pour lequel il est expédient de prier nominativement, à cause de l’immense influence qu’il peut avoir pour le bien comme pour le mal dans les affaires de l’Église. Il est donc ordonné de dire à cet endroit du Canon : « Una cum Papa nostro N. et Antistite nostro N. et pro imperatore ou rege nostro N., et omnibus, etc. » Cette formule est obligatoire. Elle a été décrétée par la Congrégation des Rites. 



Voir cet article intéressant pour ce qui est de la suppression, logique puisque le pro rege implique encore que le souverain soit en communion avec l’Église, à l'inverse du Domine salvum fac. Cela dit fin XIXe - début XXe siècle on transformera plutôt en Domine salvum fac Galliam ou gentem Francorum qui est encore parfois chanté à la messe chantée ici ou là.

À l'inverse, les Anglicans lors de leur schisme supprimèrent le pape de la formule en passant Lors de leur schisme, les anglicans changèrent de « una cum papa nostro N. et rege nostro N. » à « una cum rege nostro henrico octavo supremo ». Voir cet article.
images/icones/1q.gif  ( 960396 )Après avoir.... par Luc de Montalte (2023-02-09 20:36:12) 
[en réponse à 959709]

... reçu la réponse à une question, l'usage est de remercier. Simple politesse.