Le Forum Catholique

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images/icones/tele.gif  ( 959214 )Quel pontificat pour François après Benoît ? L'analyse du Club des Hommes en noir par Semper parati (2023-01-20 18:01:47) 

Nouveau club des hommes en noirs :



images/icones/fleche2.gif  ( 959233 )Un scaphandrier attaquera le fond de la piscine au marteau-piqueur par Scrutator Sapientiæ (2023-01-21 09:33:21) 
[en réponse à 959214]

Bonjour,

D'une part, il ne s'agit pas de "Benoît", mais de Benoît XVI, cette erreur d'appellation volontaire étant de plus en plus fréquente ou significative, de même que l'erreur d'appellation volontaire d'après laquelle Benoît XVI a prôné une "herméneutique de la continuité", alors qu'il a prôné une herméneutique du renouveau dans la continuité, ce qui n'est pas du tout la même chose.

D'autre part, faisons donc en sorte que les cardinaux électeurs du futur successeur de François prennent conscience de la chose suivante.

S'ils veulent élire un scaphandrier, c'est-à-dire un continuateur idéologique de François, qui aura été élu pour immerger (et non inhumer !) le périphérisme et la synodalité dans la profondeur de la vie de l'Eglise, afin de rendre toute l'Eglise périphériste et synodaliste, de la plus petite des paroisses au plus grand des diocèses, alors, ce scaphandrier attaquera le fond de la piscine au marteau-piqueur, dans le but d'abaisser le niveau de ce fond, et, ainsi, donnera tort ou réduira à l'impuissance tous ceux qui se disent que, avec Francois, on a atteint le fond de la piscine, au point de devoir, mais aussi de pouvoir, lentement, remonter.

En d'autres termes, il faut mettre ce "marché" entre les mains des cardinaux : vous voulez élire un continuateur idéologique de François ? Eh bien, faites-le, mais alors, qu'aucun homme d'Eglise ne se plaigne, par la suite, si le scaphandrier, une fois élu, fait descendre le périphérisme et la synodalité à l'intérieur du plus profond de la vie de l'Eglise, pour pouvoir attaquer le fond de la piscine au marteau-piqueur.

Et qu'est-ce qu'une piscine sans fond ?

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 959237 )Herméneutique par Candidus (2023-01-21 10:40:30) 
[en réponse à 959233]

Vous opposez très souvent les notions d'"herméneutique tout court" et d'"herméneutique du renouveau dans la continuité". La seule véritable herméneutique est la seconde, la première en est une caricature stérile qui relève du psittacisme.

L'herméneutique est la science de l'interprétation des textes. Comme toutes les sciences elle progresse et donc se renouvelle par l'apronfondissement de son objet au fur et à mesure que ses instruments d'investigation s'affinent, que de nouvelles sources apparaissent, et que les autres sciences lui offrent de nouvelles perspectives.

Si vous voulez un exemple de cette dynamique, lisez un commentaire biblique de la Genèse antérieur au XXème siècle. Le littéralisme qu'il affiche est assez consternant, mais on ne peut pas vraiment le condamner parce que l'herméneutique de cette époque était tributaire du degré d'avancement des autres sciences, et que l'Église a toujours considéré qu'aussi longtemps que la science ne remettait pas en question d'une manière crédible la littéralité du récit biblique, il fallait privilégier cette lecture.
images/icones/fleche2.gif  ( 959248 )La distinction est entre le discours de Benoît XVI et le sens qu'on lui donne par Scrutator Sapientiæ (2023-01-21 14:02:19) 
[en réponse à 959237]

Bonjour et merci, Candidus.

La distinction évoquée par vos soins, et dont, bien entendu, personne n'est propriétaire,

- n'est pas entre l'herméneutique tout court et l'herméneutique du renouveau dans la continuité,

mais

- est entre l'herméneutique du renouveau dans la continuité, telle qu'elle est mise en avant par Benoît XVI dans son discours du 22 décembre 2005, et la signification que beaucoup lui donnent, en parlant d'une prétendue ou soi-disant herméneutique de la continuité.

La précision qui précède ne m'empêche pas d'être d'accord avec vous sur ce que vous écrivez, une saine herméneutique devant pouvoir se tenir à distance d'au moins deux extrêmes, d'une part un genre de littéralisme, d'autre part une sorte d'herméneutiSME, qui découle d'une survalorisation philosophique de "l'âge de la raison herméneutique", cette survalorisation pouvant conduire jusqu'à l'assertion d'après laquelle, pour ainsi dire, il n'existe PAS de signification intrinsèque, mais il n'existe QUE des interprétations, plus ou moins relatives ou subjectives.

Bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 959236 )Quelle poursuite de la crise de la foi après François ? par Scrutator Sapientiæ (2023-01-21 10:26:11) 
[en réponse à 959214]

Rebonjour,

Complémentairement, la crise de l'Eglise étant avant tout une crise de la foi, qui a commencé au moins trente ans avant l'annonce du Concile par Jean XXIII, il est dès à présent possible de se poser la question de savoir quel sera le genre de concrétisation ou le type de manifestation de la poursuite de la crise de la foi qui sera, globalement, accepté, par la majorité des évêques, au minimum au sein du monde occidental, après la fin du pontificat de François.

La crise de la foi n'est pas seulement située à l'intérieur de celle de la lex orandi et de la lex credendi, mais est avant tout située à l'intérieur de celle du mode, ou des divers modes, de connaissance et de compréhension des fondements de la foi, dans la Parole de Dieu, du contenu de la foi, dans la doctrine de l'Eglise, et des débouchés de la foi, dans l'histoire des hommes.

Sous couvert d'adaptation, l'abandon ou le reniement des argumentaires et du vocabulaire traditionnels qui sont indispensables à la connaissance et à la compréhension catholiques de la foi catholique a amplement contribué à transformer les "Pierres vivantes" en pierres mourantes, ou en pierres qui contribuent, plus ou moins indirectement, à faire mourir, et non à faire se nourrir, la foi des catholiques.

Donc, ici aussi, il faut mettre le "marché" entre les mains des hommes d'Eglise : ils veulent remédier à la crise de la foi catholique, en renouant avec les argumentaires et le vocabulaire, contrariants et dissonants ad extra, qui sont indispensables à la connaissance, à la compréhension, à la préservation, à la propagation, à la réception et à la transmission de la foi catholique, ou ils veulent continuer à accompagner et à administrer l'aggravation périphériste, le cheminement désormais inclusif, ou l'évolution synodaliste de ce qu'est devenue, dans les faits, la foi des catholiques ?

Bonne journée.

Scrutator.