Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 958780 )Question pour un prêtre : validité d'une absolution par Candidus (2023-01-12 01:42:50) 

Je me suis confessé à un prêtre grec-catholique roumain qui m'a donné l'absolution en français ; voici la forme qu'il a utilisée :

"Dieu vous pardonne vos péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit".

Première remarque : il n'est pas clair à quel mode le verbe "pardonne" est ici utilisé : indicatif ou subjonctif ?

Deuxième remarque : j'ai toujours pensé que la forme valide de l'absolution était : "Je vous pardonne tous vos péchés, au nom du Père, etc."

J'ai tout d'abord pensé que le prêtre avait traduit littéralement la forme Grecque-Catholique de l'absolution, mais j'ai fait une recherche et j'ai trouvé que la forme utilisée par les Grecs-Catholiques ukrainiens était :

"Que le Seigneur et Dieu Jésus Christ, par la grâce et la miséricorde de Son amour pour nous, vous pardonne, mon enfant, N., toutes vos fautes, et moi, prêtre indigne, par l'autorité qu'Il m'a accordée, je vous pardonne et vous absous de tous vos péchés, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen."

Je ne connais pas la forme utilisée par les Grecs-Catholiques roumains, et je me pose la question de la validité de cette absolution ; qu'en pensez-vous ? Merci.
images/icones/hum2.gif  ( 958781 )Formule invalide... par Chicoutimi (2023-01-12 03:21:04) 
[en réponse à 958780]

ou, à tout le moins, douteuse quant à sa validité.

Je ne suis pas prêtre mais j'ai déjà vécu la même chose que vous. J'avais par la suite dit cela à un autre prêtre qui m'avait alors dit que c'était invalide. J'en ai parlé ICI.

Le ''Je'' est important puisque le prêtre agit ''in persona Christi''. Dans le sacrement de pénitence, le prêtre ne fait pas que déclarer que les péchés sont pardonnés, mais il pardonne vraiment, ou plutôt c'est le Christ lui-même qui, par le prêtre, pardonne les péchés.

images/icones/fleche2.gif  ( 958782 )En sens contraire... par Chicoutimi (2023-01-12 04:20:49) 
[en réponse à 958781]

et pour alimenter la réflexion, il est possible que la formule déprécative soit utilisée chez les catholiques orientaux (cela est le cas chez les Orthodoxes) pour l'absolution.

Voici trois éléments à prendre en considération pour poursuivre la réflexion:

1- Chez les catholiques orientaux, la formule du baptême n'utilise pas le ''Je'':


''Dans les liturgies orientales, le catéchumène étant tourné vers l’Orient, le prêtre dit : " Le serviteur de Dieu, N., est baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ". Et à l’invocation de chaque personne de la Très Sainte Trinité, il le plonge dans l’eau et le relève.'' (Catéchisme de l'Église catholique, n. 1240 ICI).



2- Chez les Orthodoxes, il y a des formules déprécatives, et aussi indicatives, pour l'absolution:


''Quelle prière « d'absolution » utiliser? L'Euchologe byzantin en contient un grand nombre. Certains utilisent une formule déprécative (« Que Dieu te pardonne... »), alors que d'autres emploient une formule indicative « Je te pardonne et t'absous »), comme celle que l'on trouve dans le Trebnik de Pierre Moghila.'' (La confession et la direction spirituelle dans l'Église orthodoxe, par l’archimandrite Job Getcha ICI).



3- Chez les Latins, l'Extrême-Onction est donnée suivant une formule déprécative. C'est, je crois, le seul sacrement à utiliser une telle formule. Quant aux absolutions données sous la forme déprécative, chez les Latins, elles ne sont pas sacramentelles mais entrent dans la catégorie des sacramentaux.

Ceci étant dit, il y a peut-être quelques éléments favorables à la validité de l'absolution donnée sous la forme déprécative. Mais je pense qu'un doute subsiste. D'autant plus que bien d'autres éléments vont dans le sens contraire. C'est pourquoi, concrètement, le mieux est de se confesser de nouveau à un autre prêtre pour avoir la conscience en paix (il s'agit là de mon opinion personnelle que je vous partage).
images/icones/idee.gif  ( 958802 )Confirmation de l'invalidité par Candidus (2023-01-12 17:26:37) 
[en réponse à 958781]

Le chancelier du diocèse de Chisinau m'indique qu'il convient que je renouvelle ma confession parce que l'absolution reçue était certainement invalide et qu'elle ne peut pas bénéficier d'une suppléance de l'Église puisque "Ecclesia non supplet ignorantia".

J'ai lu qu'au XIème siècle, des prêtres des campagnes étaient souvent incultes au point de ne pas pouvoir prononcer validement la formule du baptême et de l'absolution. Au moins avaient-ils l'excuse de l'ignorance, tandis que le prêtre mis en cause détient un doctorat de l'Institut Catholique de Paris.

Peut-être d'ailleurs que c'est là l'explication du problème...
images/icones/livre.gif  ( 958815 )Un problème demeure... par Chicoutimi (2023-01-12 19:57:58) 
[en réponse à 958802]

Car si d'un point de vue latin, l'absolution donnée sous la forme ''Que Dieu vous pardonne'' est certainement invalide, pourquoi alors la forme déprécative de l'absolution donnée chez les catholiques orientaux est-elle reconnue comme étant valide?

Le Catéchisme de l'Église catholique affirme ceci:


''La liturgie byzantine connaît plusieurs formules d’absolution, de forme déprécative, qui expriment admirablement le mystère du pardon : " Que le Dieu, qui par le prophète Nathan, a pardonné à David lorsqu’il eut confessé ses propres péchés, et à Pierre lorsqu’il eut pleuré amèrement, et à la courtisane lorsqu’elle eut répandu ses larmes sur ses pieds, et au pharisien, et au prodigue, que ce même Dieu vous pardonne, par moi, pécheur, en cette vie et dans l’autre et qu’Il vous fasse comparaître sans vous condamner à son redoutable tribunal, Lui qui est béni dans les siècles des siècles. Amen. " (Catéchisme de l'Église catholique, n. 1481 ICI).

images/icones/neutre.gif  ( 958816 )"Par" par Meneau (2023-01-12 20:07:26) 
[en réponse à 958815]


Que le Dieu, qui par le prophète Nathan, a pardonné à David lorsqu’il eut confessé ses propres péchés, et à Pierre lorsqu’il eut pleuré amèrement, et à la courtisane lorsqu’elle eut répandu ses larmes sur ses pieds, et au pharisien, et au prodigue, que ce même Dieu vous pardonne, par moi, pécheur, en cette vie et dans l’autre et qu’Il vous fasse comparaître sans vous condamner à son redoutable tribunal, Lui qui est béni dans les siècles des siècles. Amen.



La sentence judiciaire est opérée par le prêtre, même dans cette formule.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 958807 )J'ai du mal à comprendre par Paxtecum (2023-01-12 18:42:12) 
[en réponse à 958780]

dans ce cas ce fixisme sur les mots.

Pensez-vous vraiment que le canal privilégié de la Miséricorde Divine est enfermé par une phrase à la composition stricte à la lettre près.

Vous êtes un pénitent sincère, votre confession est faite avec la meilleure volonté, le prêtre a les pouvoirs valides de confesser, vous avez fait ce que l’Église demande. Dieu vous a vu et entendu, n'est ce pas le principal.

Même s'il est regrettable que la formulation ne soit pas parfaitement exacte. Il n'en est pas de même pour la consécration.

Si faute il y a le responsable c'est le prêtre et non le pénitent. Pour moi cela devient du scrupule.
images/icones/fleche2.gif  ( 958808 )Et pourtant... par Chicoutimi (2023-01-12 18:56:47) 
[en réponse à 958807]

l'Église enseigne qu'un sacrement peut être invalide en raison d'un défaut de forme, ou par un défaut de matière, ou encore par un défaut d'intention, ou même par défaut de ministre validement ordonné, ou enfin par un défaut de juridiction.

La disposition du pénitent est certes essentielle, mais la part qui revient au prêtre l'est également.

images/icones/neutre.gif  ( 958811 )Je constate parfois que des prêtres par AVV-VVK (2023-01-12 19:26:44) 
[en réponse à 958808]

ne respectent pas toutes les formules officielles. Une particularité de la pastorale contemporaine ?
images/icones/neutre.gif  ( 958810 )Il s'agit de respecter la "procédure" fixée par Dieu par Candidus (2023-01-12 19:26:26) 
[en réponse à 958807]

Lorsque Jésus guérit les lépreux, il leur commande d'aller faire avaliser leur guérison par un prêtre. Pourquoi ?

Cela peut sembler une sorte de formalisme inutile, mais Jésus insiste pour que la "procédure" établie par la Tradition soit respectée : en cas de guérison, aussi longtemps que celle-ci n'est pas constatée par un prêtre, le malade est réputé contagieux et doit être évité.

Serait-ce que les prêtres recevaient une formation particulière qui leur permettait d'établir un diagnostic médical pertinent concernant la présence du bacille Mycobacterium leprae ?

Non bien sûr, la raison était simplement que Dieu aime utiliser des intermédiaires, des causes secondes ; peut-être pour favoriser notre humilité ; nous tendons naturellement à revendiquer notre autonomie, nous sommes attachés à notre jugement propre, pourquoi devrions-nous requérir un certificat de bonne santé d'un homme moins bien placé que nous pour en juger ?

Où veux-je en venir ? Dieu a aussi établi une "procédure" pour le pardon des péchés :

"Ceux à qui VOUS pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui VOUS les retiendrez, ils leur seront retenus." Jean 20:23

Jésus indique ici clairement que c'est le prêtre qui pardonne les péchés, même s'il le fait en Son nom.

Le prêtre n'a donc pas la liberté de modifier de son propre chef l'ordre fixé par Dieu ; s'il le fait, nous sortons du cadre du sacrement de pénitence.

De même que si le prêtre durant la consécration dit "Ceci est son corps" au lieu de "Ceci est mon corps", la transubstantiation ne se réalise pas, quelle que soit la foi que les fidèles ont dans le sacrement de l'Eucharistie.
images/icones/neutre.gif  ( 958814 )Absolvo te par Meneau (2023-01-12 19:57:53) 
[en réponse à 958807]

(en latin, le sujet est inclus dans la conjugaison du verbe)

Ces deux mots (donc trois en français avec le sujet) ou synonymes sont indispensables à la validité de la consécration.

Voici ce qu'en dit le DTC (Vacant)

La forme d'un sacrement pour avoir sa signification propre, doit nécessairement indiquer l'action du ministre, le sujet du sacrement et la grâce produite. D'où il faut de toute nécessité au moins ces deux mots : Absolvo te; le premier signifiant à la fois l'action du ministre, sentence d'absolution, et l'effet du sacrement, rémission des pécbés; le second, désignant le sujet auquel est conférée actuellement la grâce du sacrement.
(...)
Toutefois les auteurs sont d'accord pour dire qu'au point de vue de la validité, ces deux mots pourraient être remplacés par des équivalents, par exemple ces propositions synonymes : Condono ou Rem illu tibi peccata tua, ou ces formules de déférence : Absolvo Dominationem, Excellentiam vestram, et autres semblables.
Il reste entendu que de telles variantes seraient illicites.
Suarez, De psenitentix sacramento, disp. XIX, sect. i, n. 24, Opéra omnia, Paris, 1861, t. xxn, p. 408; De
Lugo, De sacram. psenit., disp. XIII, sect. I, n. 17, 18, Disputationes scltolaslicx et morales, Paris, 18G9, t. iv, p. 570.

Le pronom ego n'est pas essentiel, puisque la personne du ministre est suffisamment désignée par le verbe indicatif absolvo.

Les mots a peccatis seraient nécessaires à la validité, d'après Lacroix (...) et quelques autres théologiens (...). Mais c'est l'avis du plus grand nombre, que les mots absolvo te sont suffisants pour exprimer l'action et l'efficacité propre du sacrement de pénitence et par conséquent seuls essentiels. Ces mots en effet sont prononcés par le prêtre comme la conclusion d'une procédure judiciaire dont les préludes furent les actes du pénitent et particulièrement la confession des péchés. C'est après l'aveu de ces péchés et sur cette matière déterminée que le confesseur dit : absolvo te.



La conclusion de cette procédure judiciaire par le prêtre est essentielle. Il exerce là le pouvoir des clés, et c'est bel et bien lui qui l'exerce. Même dans les formules orientales déprécatoires, cela apparaît ou en tout cas n'est pas explicitement exclu.

Cordialement
Meneau
images/icones/computer.gif  ( 958820 )OCR défaillante par John DALY (2023-01-12 21:02:13) 
[en réponse à 958814]

Au lieu de "Rem illu" il faut sans doute lire "remitto".
images/icones/1b.gif  ( 958821 )Oui, merci par Meneau (2023-01-12 21:12:10) 
[en réponse à 958820]

J'ai en corrigé pas mal, mais là c'était tellement défaillant que je n'ai pas su quoi mettre

Merci pour la correction donc.

Cordialement
Meneau
images/icones/1b.gif  ( 958824 )Il y a aussi ... par Lycobates (2023-01-12 22:40:55) 
[en réponse à 958814]

(John Daly m'ayant devancé pour remitto, et je lui en sais gré de nous faire le plaisir de le relire ici)
... les deux mots gaulois psenitentix et scltolaslicx qui se lisent mieux en latin comme paenitentiae et scholasticae ...
images/icones/neutre.gif  ( 958837 )si tu pardonnes ... par fils du vent (2023-01-13 11:46:52) 
[en réponse à 958780]


sincèrement à ceux qui t'ont fait du mal, mais vraiment mal alors Dieu te pardonne tes péchés. Je ne dis pas que le sacrement est inutile car je me confesse plusieurs fois par an mais je me dis que la puissance de miséricorde se déploît dans un coeur qui fait miséricorde.
images/icones/neutre.gif  ( 958839 )Euh... oui, sous certaines conditions par Meneau (2023-01-13 12:39:35) 
[en réponse à 958837]

En dehors du sacrement de Pénitence, seul un acte de charité parfaite (ou de contrition parfaite), à distinguer de la seule attrition, est susceptible de redonner la grâce sanctifiante à celui qui a commis un péché mortel.

Pour expliquer vu d'avion la différence : l'acte de contrition parfaite est fait par amour de Dieu, il est désintéressé, il est un acte d'amour qui déteste ce qui fait offense à Dieu, tandis que l'acte de contrition imparfaite est fait pour d'autres raisons, comme par exemple la peur de l'enfer ou des châtiments

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche3.gif  ( 958841 )Contrition parfaite par Quodvultdeus (2023-01-13 13:14:34) 
[en réponse à 958839]

Il faut quand même préciser un point important :

Même si la contrition parfaite peut effacer les péchés mortels en cas d'impossibilité de se confesser, elle ne dispense pas de la confession sacramentelle (des péchés ainsi remis) dès que celle-ci redevient possible.

Il faut savoir aussi que, étant donnée la faiblesse humaine, la contrition dite parfaite n'est jamais, hélas, totalement parfaite, même si elle y tend.



images/icones/fleche2.gif  ( 958842 )Et j'ajoute ... par Lycobates (2023-01-13 13:20:00) 
[en réponse à 958841]

... que personne ne peut être sûr d'être parfaitement contrit, alors que le pénitent qui se confesse correctement, même avec une attrition plus qu'imparfaite, est infailliblement certain qu'après l'absolution ses péchés sont remis.
images/icones/neutre.gif  ( 958844 )Oui, merci ! par Meneau (2023-01-13 13:32:42) 
[en réponse à 958841]

Merci à vous et à Lycobates pour ces ajouts.

L'acte de contrition parfaite suppose/implique naturellement la volonté de se confesser sacramentellement dès que possible.

J'imaginais, dans le cadre de ce fil, le cas du pénitent animé d'une contrition parfaite qui recevrait une absolution invalide. S'il a des doutes sur la validité, il doit bien-entendu réitérer la confession mais s'il meurt entre-temps, son acte de contrition parfaite serait suffisant. Si toutefois l'acte était effectivement "parfait" dans le sens envisagé, ce dont personne ne peut être sûr, et ce qui devrait conduire le pénitent aussi tôt que possible à une nouvelle confession.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 958840 )Je plussoie par Justin Petipeu (2023-01-13 12:52:44) 
[en réponse à 958780]

Cette formule "Dieu te pardonne " est parfaitement désagréable car le prêtre au confessionnal est aussi juge. Ensuite, il agit comme vous le dites in persona Christi. Et enfin, la formule d'absolution est celle du sacrement. Elle ne souffre pas d'être modifiée sous prétexte que...

Tout cela est très malaisant, comme disent nos modernes...

Après, vu la situation clochardesque de l'Eglise bergoglienne, il y aura je pense beaucoup de miséricorde Là-Haut.