Ugo De Blasi, prêtre diocésain italien décédé en 1982;
Alessandro Woźny, prêtre diocésain polonais décédé en 1983 à Poznań;
Ignazio Posadzy, prêtre diocésain, cofondateur de la Société du Christ (...) décédé en 1984 à Puszczykowo en Pologne;
Martin Benedict, prêtre profès de l'Ordre des Frères Mineurs Conventuels, décédé en Roumanie en 1986;
Joseph Marco Figueroa, religieux profès de la Compagnie de Jésus, (...) décédé en Argentine dans les années 1940;
Miradio della Provvidenza di San Gaetano, fondatrice de la Congrégation des Filles Pauvres de Saint Antoine (...) décédée à Naples en 1926;
Maria Ignazia Isacchi, fondatrice de la Congrégation des Ursulines du Sacré-Cœur d'Asola, décédée à Seriate (Italie) en 1934;
Margherita Crispi, fondatrice de la Congrégation des Oblates au Divin Amour, décédée à Rome en 1974;
Margherita Maria Guaini, fondatrice de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Jésus le prêtre Éternel, décédée à Varallo Sesia en 1994;
Maddalena Aulina Saurina, fondatrice de l'Institut séculier des Señoritas Operarias Parroquiales, qui a vécu jusqu'à la moitié du siècle dernier en Espagne;
Teresa Veronesi, religieuse professe de la Congrégation des Sœurs Minimes de Notre-Dame des Douleurs, décédée en 1950 à Sant'Agata Bolognese, et
Luisa Guidotti Mistrali, laïque consacrée de l'Association des Femmes Médecins Missionnaires, décédée en 1979 au Zimbabwe.''
Normalement, ordinairement, les enfants morts sans baptême ne peuvent aller au ciel : voilà ce que nous connaissons par la Révélation. A cette loi générale, Dieu peut faire des exceptions
Quel est donc le sort des enfants qui, morts sans baptême, n’ont pas commis de péchés personnels et meurent avec le seul péché originel ? [6] Puisque ces âmes n’ont pu faire aucun acte volontaire, libre, en bien ou en mal, elles n’ont pu mériter ni le ciel ni l’enfer. Elles vont dans un autre lieu, qu’on appelle les limbes des petits enfants. Le mot a été utilisé à partir du XIIIe siècle, mais la doctrine se trouve dès le Ve siècle chez les Pères de l’Eglise
Les limbes sont un lieu où les petits enfants morts sans le baptême, ou bien les personnes qui n’ont jamais eu l’usage de la raison et n’ont pas été baptisées, demeurent à jamais. Ils sont un état éternel, comme le ciel et l’enfer (tandis que le purgatoire cessera à la fin du monde).
Ces âmes qui se trouvent dans les limbes ne possèdent pas la vue de Dieu « face à face », qu’on appelle la vision béatifique.
L’existence des limbes n’est pas un dogme, mais elle est proche de la foi [8] ; c’est ce qu’on appelle une conclusion théologique, déduite par la théologie de vérités révélées, ou une vérité révélée virtuellement. Celui qui la nierait ne serait pas hérétique mais téméraire. Le pape Pie VI a déclaré : « La doctrine qui rejette ce lieu des enfers (que les fidèles appellent communément les limbes des enfants) dans lequel les âmes de ceux qui sont morts avec la seule faute originelle sont punies de la peine du dam, sans la peine du feu, est fausse, téméraire, injurieuse pour les écoles [9] catholiques»
PS: il y a des saints martyrs qui n'ont jamais eu le baptême sacramentel, à commencer par les saints Innocents.
''Le pape Benoît XIV démontre, dans son traité de la Canonisation, que l'on ne doit point canoniser les enfants qui meurent après le baptême et avant l'âge de raison, quoiqu'ils soient saints, parce qu'ils n'ont point pratiqué des vertus dans le degré d'héroïsme requis pour la canonisation. Mais il faut excepter les enfants, même non baptisés, qui ont été massacrés en haine du nom de Jésus-Christ: tels sont les saints Innocents, que l'Église honore comme martyrs; tel est aussi saint Siméon, dont le nom figure dans le Martyrologe romain.''
Source: Mgr Paul Guérin, Vie des saints pour tous les jours de l'année, réédition de l'ouvrage du XIXe siècle par les Éditions DFT en 2003, p. 180.
''(...) Les théologiens expriment cela en disant que le martyre sanctifie ex opere operato. Saint Thomas, ayant rappelé que le baptême d'eau agit ex opere operato, ajoute que le baptême de sang libère de toute faute précédente et de toute obligation à la peine. Il fait cela, précise-t-il, non pas seulement ex opere operantis, car il pourrait se faire qu'une charité même supérieure à celle du martyre soit insuffisante à le libérer de sa peine: ''Il fait cela par sa ressemblance à la passion du Christ, hoc habet ex imitatione passionis Christi... Aussi, même les petits enfants qui n'ont pas encore le libre arbitre, s'il arrive qu'ils soient tués pour le Christ, sont baptisés dans son sang et sauvés'' (voir références 1 et 2 ci-bas).
(...) La liturgie célèbre la Fête des Saints Innocents. On a vu tout à l'heure que saint Thomas étendait leur privilège à tous les enfants qui seraient tués pour le Christ. ''Aujourd'hui encore, reprend Billuart, les petits enfants non baptisés qui seraient occis en haine du Christ ou de la religion chrétienne seraient des martyrs.'' Cette grande perspective continue de demeurer ouverte.''
Source: Charles Journet, Oeuvres complètes, volume XIII: 1952-1954, ICI
''Aussi est-il dit des martyrs dans Ap 7, 14 : Ils ont lavé leurs tuniques dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi les enfants, bien qu’ils n’aient pas le libre arbitre, s’ils sont tués pour le Christ, sont sauvés en étant baptisés dans leur sang.'' (et ideo pueri quamvis liberum arbitrium non habeant, si occidantur pro Christo, in suo sanguine baptizati salvantur).
''La passion endurée pour le Christ, on l'a dit plus haut, a l'efficacité du baptême. Elle purifie de toute faute vénielle et mortelle, à moins qu'elle ne rencontre une volonté adhérant actuellement au péché.''
''(...) Le baptême de sang est le versement du sang de quelqu’un, à savoir la mort, offert pour la Foi ou pour une autre vertu chrétienne. Ainsi, ce baptême est comparable au vrai baptême car, comme le vrai baptême, il permet la rémission des péchés et des châtiments, comme ex opere operato. Je dis «comme», car le martyre n’agit pas comme une stricte causalité [non ita stricte] à la manière des sacrements, mais par un certain privilège, en vertu de sa ressemblance avec la Passion du Christ. Ainsi, le martyr concerne également les enfants, étant donné que l’Eglise vénère les Saints Innocents comme de vrais martyrs. C’est pourquoi Suarez enseigne à juste titre que l’argument contraire [c’est-à-dire, l’opinion selon laquelle les enfants ne peuvent bénéficier du baptême de sang, ndt] est téméraire, au minimum. Chez les adultes, toutefois, l’acceptation du martyr est requise, au moins habituellement, dans le cadre d’un motif surnaturel. (...)''
Source: Saint Alphonse de Liguori, Théologie Morale, Livre 6, n°95-97 ICI
CHAPITRE 6
Le baptême du sang et du feu
''La question qui se pose maintenant est la suivante : le baptême de l’eau peut-il être remplacé par le baptême du sang (le martyre) tant pour les adultes que pour les enfants. Et, chez les adultes, par une vraie conversion du cœur. Kemnitius (...) admet ces trois baptêmes, et dit que les anciens avaient finement distingué trois baptêmes : celui du sang, du feu et de l’eau. Mais, c’est dans l’explication qu’il en donne, qu’il s’éloigne des catholiques. Il ne veut pas que ce soit le martyre ou la pénitence qui remette les péchés comme le fait le baptême d’eau, mais seulement la foi, que, pendant le martyre et la pénitence, le Christ accueille. Car, c’est elle seule qui justifie.
Illyricus aussi (...), dit que «contre la parole de Dieu, et en injuriant le baptême, Prosper a égalé le martyre au baptême.» Mais il n’apporte aucun argument. Kemnitius donne comme preuve que le martyre et la pénitence sont nos œuvres. «Il est donc absurde et impie d’accorder à nos œuvres une valeur égale au sang du Christ et à la vertu du baptême.»
Il le confirme par un passage tiré de saint Augustin (livre 4, chapitre 22, contre les donatistes) qui dit que ce n’est pas par sa passion que le bon larron a obtenu la rémission de ses péchés, mais par sa foi dans le Christ. Corrigeant ainsi saint Cyprien, qui avait enseigné le contraire. Je réponds que la sentence de Kemnitius est non seulement fausse, mais milite contre elle-même, et n’est pas dénuée de mensonges. Car, comme le même Kemnitius enseigne souvent, comme son maître Luther, que dans le baptême d’eau seule la foi justifie, ne se contredit-il pas quand il dit que le martyre et la pénitence ne remettent pas comme le baptême, puisque, en eux, seule la foi justifie?
De plus, on trouve deux mensonges dans sa sentence. Le premier. Quand il prétend que saint Augustin enseigne que le bon larron a été justifié par la seule foi. Car, ce n’est pas ce que dit saint Augustin. Il dit plutôt que le bon larron a été justifié «par la foi et la conversion du cœur.» Le deuxième mensonge. Quand il prétend que Saint Augustin a réfuté saint Cyprien qui a enseigné que le martyre justifie comme le baptême. Car cela est un impudent mensonge. Car, non seulement saint Augustin ne réfute pas saint Cyprien, mais il le loue dans ces termes : «La passion peut parfois produire l’effet du baptême, dit-on, du bon larron, qui n’avait pas été baptisé. Ce n’est pas une faible preuve que nous présente saint Cyprien : «aujourd’hui même tu seras avec moi dans le paradis.»
Il enseigne ensuite, un peu plus bas, qu’on ne peut pas dire que le bon larron a été un martyr, ni qu’il a été sauvé par le baptême du sang, mais par le baptême du feu. Mais, il dit cela pour confirmer la sentence de saint Cyprien. Car si le baptême du feu justifie, le baptême du sang justifiera bien plus, comme saint Cyprien l’avait dit. Et, pour donner une explication complète, j’énonce trois propositions.
La première. On dit avec raison que le martyre est un baptême. On prouve cette assertion par deux raisons. L’Écriture et les saints pères ont coutume de donner le nom de baptême au martyre. Marc X : «Pourrez-vous boire au calice que je boirai, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé?» C’est ce que les pères enseignent souvent. Tertullien (dans son livre sur le baptême), dit, en parlant du martyre : «Voici le baptême que le bain de la régénération n’apporte pas ou n’annule pas.» Et Prosper dans ses épigrammes : «Et tout ce qu’apporte la forme mystique du lavement sacré, la gloire du martyre le fournit au complet.» Dans sa préface sur l’exhortation au martyre, saint Cyprien dit que le martyre est un baptême, et même «un plus grand que le baptême d’eau.» Saint Ambroise (dans le psaume 118, sermon 3), distingue trois baptêmes : un d’eau, un du sang, et l’autre du purgatoire dans l’autre vie.
Saint Jérôme (chapitre 4, aux Éphpsiens, sur les mots : «un seul baptême»), distingue le baptême d’eau du baptême du martyre. Saint Augustin (livre 13, chapitre 7, de la cité de Dieu, et épitre 168 à Séleucien, livre 1, chapitre 9, sur l’origine de l’âme), et livre 4 sur le baptême, chapitre 21 et 22), saint Cyrille de Jérusalem (catéchèse 3) parlent de ces deux baptêmes, comme le font aussi saint Grégoire de Naziance (dans son sermon sur les saintes lumières), saint Jean Damascène (livre 4, chapitre 10), saint Bernard (épitre 77), Hugues de Saint Victor (livre 2, par 6, chapitre 7 sur les sacrements).
L’autre raison est que le martyre ressemble au baptême d’eau par trois effets. Il configure l’homme à la passion et à la mort du Christ, il remet le péché originel et les autres péchés. Il remet aussi toute peine due aux péchés, autant éternelle que temporelle. Ce qui, parmi les sacrements, n’est propre qu’au baptême. Il faut également observer que ces choses ne sont pas toutes également certaines. Il est certain que le martyre soit une configuration à la mort du Seigneur, et une configuration plus noble que celle du baptême d’eau; parce que l’une est réelle, l’autre sacramentelle. Il est aussi certain pour tous qu’il remet toute peine, de façon à ce que les martyrs entrent directement dans le ciel. On le déduit cela de ce que l’Église ne prie jamais pour le repos de l’âme des martyrs, mais se recommande à eux. Comme le dit saint Augustin dans son sermon 17 sur les paroles des apôtres, et saint Innocent (dans le chapitre cum Marthae, sur la célébration de la messe) : «Celui qui prie pour le martyr fait une injure au martyre.»
Voilà pourquoi saint Cyprien (livre 4, épitre 2 à Antonianus) dit, en comparant la mort des martyrs avec celle des autres chrétiens : «Autre est d’obtenir le pardon, autre est de parvenir à la gloire; autre est d’être envoyé en prison et ne pas en sortir tant qu’on n’aura pas payé le dernier centime, autre est de recevoir immédiatement la récompense de la foi et de la vertu; autre est d’être purifié de ses péchés par des tourments et de grandes souffrances, et d’être purgés longtemps dans le feu, autre est de purger tous ses péchés par le martyre; autre est de dépendre de la sentence du Seigneur au jour du jugement, autre est d’être couronné tout de suite par le Seigneur.»
Le second effet présente une plus grande difficulté. Car, ne manquent pas les théologiens, comme Dominique a Soto et Martin Ledesmius (1V, dist 3, question 1, art 11) qui enseignent le martyre ne produit pas une grâce par l’œuvre opérée, mais seulement par l’œuvre de l’opérant, et que ce degré de grâce correspond au mérite de charité du martyr. Car un martyre soutenu sans charité n’est d’aucun profit. Voilà pourquoi nous croyons que tous les vrais martyrs ont eu la charité véritable et même parfois, la plus grande, avant même qu’ils subissent le martyre. Saint Jean XV : «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.»
Mais la sentence la plus probable est que le martyre confère la première grâce par l’œuvre opérée (l’opération de l’œuvre), de telle sorte que si quelqu’un se présente au martyre en état de péchés, avec une foi et une charité de commençants, et une pénitence imparfaite, il faut que, avant le baptême d’eau, il soit justifié et sauvé dans la vertu du martyre, par l’œuvre opérée. C’est ce qu’enseigne expressément saint Thomas ( 4 dist 4.question 3, art 3, a 1, et toute la question 4), Jean le majeur, Gabriel et d’autres (même dist livre 4.)
Et on le prouve d’abord, par le martyre des enfants. Il est établi que les enfants tués pour le Christ ne sont pas seulement sauvés, mais placés par l’Église au rang des martyrs, comme nous le montre la fête des saints Innocents, dont parle saint Bernard (dans son sermon sur les innocents, et avant lui saint Augustin (livre 3, chapitre 23 du libre arbitre, et l’épitre aux tibaritains. Or, les enfants ne peuvent rien faire, et ils sont pécheurs avant d’avoir été baptisés par l’eau ou le sang.
Ils répondent que les saints innocents avaient été circoncis, et donc justifiés avant le martyre. Mais cette réponse ne vaut rien. D’abord, nous ne savons pas vraiment s’ils ont été circoncis. Il est même probable, pour ne pas dire à peu près certain qu’ils n’ont pas tout été circoncis. Car, Hérode tua tous les enfants qui étaient à Bethléem et dans les parages. Et il ne commanda pas que seuls les enfants Juifs soient tués mais, tous les enfants. Il est fort probable qu’il y ait eu quelques Gentils parmi eux. De plus, il ordonna de tuer tous les enfants de deux ans en baissant. Ont donc pu être tués aussi des enfants qui n’étaient pas encore parvenus au huitième jour.
De plus, ce n’est pas de foi que la circoncision justifiait. Et pourtant l’Église croit, en toute sureté, que tous ces enfants sont sauvés. Et elle les honore comme martyrs. On peut donc en conclure que la passion qu’ils ont subie pour le Christ leur a conféré cela par l’œuvre opérée. Sotus répond que ce fut un privilège d’enfants. Mais il l’affirme cela sans aucun fondement. Or, si le martyre confère quelque chose aux enfants par l’œuvre opérée, pourquoi pas aux adultes aussi? Le martyre des adultes n’est certes pas moins grand et moins efficace que celui des enfants. Au contraire, il est plus noble et plus efficace.
On le prouve ensuite par la raison de saint Thomas. Car, la grâce de rémission de tous les péchés qui est donnée aux martyrs ne peut pas l’être par l’œuvre de l’opérant, car cela viendrait ou de la tolérance de la peine, ou de la ferveur de la charité. Non de la tolérance de la peine, car plusieurs martyrs furent autrefois de grands criminels qui avaient mérité mille fois la mort, et une mort légère comme la décapitation n’était certainement pas une peine suffisante. Et cependant, s’ils ont été de vrais martyrs, toutes les peines leurs ont été remises. Cela n’a pas pu se faire non plus par le mérite de la charité. Car, il y a eu beaucoup de confesseurs qui ont eu une charité plus grande que les martyrs. Et pourtant, ils n’ont pas eu la rémission de toutes les peines dues au péché. Il faut donc reconnaitre que le martyre confère la grâce par l’œuvre opérée, c’est-à-dire de par le pacte et l’institution du Christ. Or, si le martyre confère la grâce par l’œuvre opérée, il pourra certes procurer la première grâce.
Troisièmement. Quand l’Église veut vénérer quelqu’un comme martyr, elle ne se demande jamais s’il était en état de grâce, mais honore tous indifféremment ceux qui, après enquête, sont déclarés avoir été tués pour le Christ, en haine de la foi. Car, les hérétiques et les schismatiques ne peuvent pas être des martyrs, puisqu’ils font obstacle à la grâce de Dieu par le péché d’infidélité et de schisme, dans lequel ils persévèrent en acte.
Quatrièmement. Si le martyre ne conférait pas la première grâce par l’œuvre opérée, mais seulement par la ferveur de la charité, le baptême du sang ne se distinguerait pas suffisamment du baptême de pénitence, puisque les deux consisteraient dans une conversion interne, et une motion de l’âme en Dieu, car l’un et l’autre seraient un baptême de conversion et dans un mouvement de l’âme vers Dieu. Et pourtant, le baptême du sang se distingue du baptême de feu, par l’effusion elle-même du sang qui, dans le martyre, supplée au baptême d’eau. Dans le baptême de feu, seule compte la conversion interne et l’aspiration du Saint-Esprit. (...)''
Le second effet présente une plus grande difficulté. Car, ne manquent pas les théologiens, comme Dominique a Soto et Martin Ledesmius (1V, dist 3, question 1, art 11) qui enseignent le martyre ne produit pas une grâce par l’œuvre opérée, mais seulement par l’œuvre de l’opérant, et que ce degré de grâce correspond au mérite de charité du martyr. Car un martyre soutenu sans charité n’est d’aucun profit [Saint Thomas le dit aussi explicitement dans III, q. 66, art. 12, ad 2 et II-IIae q. 124, art. 2 ad 2 !]. Voilà pourquoi nous croyons que tous les vrais martyrs ont eu la charité véritable et même parfois, la plus grande, avant même qu’ils subissent le martyre. Saint Jean XV : «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.» Mais la sentence la plus probable est que le martyre confère la première grâce par l’œuvre opérée (l’opération de l’œuvre), de telle sorte que si quelqu’un se présente au martyre en état de péchés, avec une foi et une charité de commençants, et une pénitence imparfaite, il faut que, avant le baptême d’eau, il soit justifié et sauvé dans la vertu du martyre, par l’œuvre opérée. C’est ce qu’enseigne expressément saint Thomas ( 4 dist 4.question 3, art 3, a 1, et toute la question 4 [mais pas dans la Somme !]), Jean le majeur, Gabriel et d’autres (même dist livre 4.)