Le Forum Catholique

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images/icones/fleche2.gif  ( 957306 )L'ancien jubé de Notre Dame de Paris par Rex Vaincra (2022-12-14 13:59:08) 

Les découvertes avaient été évoquées en avril.

Notre-Dame : les fouilles archéologiques révèlent la présence d'un jubé du XIIIe siècle
Mardi 13 décembre 2022, France Culture.
Entretien avec Christophe Besnier, archéologue à l’Inrap et responsable du chantier de fouilles de Notre Dame.
Entretien

La reconstruction de la cathédrale a permis à de nombreuses équipes de recherche de pénétrer au sein de l’édifice, notamment pour faire l’archéologie dite préventive. C'est en effet la mission première de l’INRAP : prévenir toute altération ou destruction de vestiges archéologiques lors de constructions ou de reconstructions.
Ces chercheurs ont pu intervenir car la maîtrise d'œuvre avait besoin de placer un échafaudage de 700 tonnes pour la restauration de la voûte et de la flèche, ce qui nécessitait une décaissement du sol, au niveau de la croisée du transept, qui forme la croix des églises.On soupçonnait bien sûr la présence de vestiges. Mais il faut se rendre compte que ces équipes n’ont pu fouiller que dans la profondeur nécessaire au décaissement, donc seulement à 40 cm de profondeur, ce qui est peu pour des fouilles archéologiques. C'est pourquoi ces scientifiques ne s’attendaient pas à faire autant de découvertes.
Parmi elles : deux cercueils en plomb ce qui n’est pas une grosse surprise car on sait que les cathédrales et surtout les croisées de transept sont des lieux d’inhumation particulièrement recherchés par les hauts dignitaires de l’Eglise. L’un des sarcophages appartient par exemple à Antoine de la Porte, un chanoine. L’autre en revanche est plus ancien, mais demeure inconnu. Les premières analyses montrent qu’il a subi une trépanation post-mortem, preuve potentielle d’un embaumement.
Mais la véritable surprise est la découverte d’un jubé c'est-à-dire d'un mur richement décoré qui séparait le chœur et la croisée du transept. On savait que ce mur avait été détruit au début du XVIIIème siècle, puisqu’on disposait de huit morceaux de cette fresque. Mais ici, ce sont plus de 1000 fragments qui sont révélés au grand jour et qui permettent de reconstituer les œuvres présentes sur le jubé.
images/icones/1d.gif  ( 957307 )Encore une attaque anti-tridentine ! par JVJ (2022-12-14 15:03:20) 
[en réponse à 957306]

Les jubés ont été détruits pour complaire aux clercs qui voulaient dégager la vue et montrer le maître-autel.

L'esprit tridentin exista, bien avant l'esprit du concile Vatican II ! Et pas pour le bonheur des pierres tombales, des gisants, des jubés, des dallages médiévaux et des vitraux !

Ce vandalisme avant la lettre n'est pas celui de la Révolution, mais bien des chanoines des XVIIe-XVIIIe s., comme on sait depuis longtemps, même si les modernistes appellent cela "un réaménagement", "une adaptation liturgique".

Toute ressemblance avec d'autres époques est pur hasard...

Quand le chapitre et Maurice de Sully ont décidé de tout reconstruire a fundamentis, ils réutilisèrent du métal, des pierres et le portail Ste-Anne. Mais de fait, toute la statuaire restante fut détruite.

Adhérez aux amis de Notre-Dame de Paris, reconnue d'utilité publique (déductible des impôts), pour prouver que vous vous intéressez au patrimoine et à l'histoire de ce lieu, pour bénéficier de conférences choisies à Paris derrière le jardin du Luxembourg, pour suivre la restauration de tableaux et d'archives propriétés de ladite société.
Indépendance de l'Eglise garantie, alors qu'en d'autres cathédrales, cela sent plus que la connivence et très peu l'Histoire.

Le site est en ligne.

Sur les jubés, j'ai cité le colloque récent de Toulouse.

Pour ND de Paris, voici ce qu'il y a de plus récent, très bien illustré et dont la dernière partie par Guillaume Cuchet est délicieuse (la photo du cardinal disant la première messe de Noël télévisée est cruelle quand on la compare avec la liturgie post-conciliaire sous Marty et quelques autres...).

Sous l'Ancien Régime, les statues et la statuaire brisée (volontairement ou non) étaient enterrés, comme on doit faire. Non pas vendue plus ou moins légalement, ou détruite comme cela se fait depuis soixante ans... Combien de tables de communion n'ont-elles pas été détruites, vendues ou déposées dans les sous-sols du presbytère ?! Par le clergé et avec la complaisance des catholiques, l'enfumage de la municipalité.



Lisez aussi Mathieu Lours pour comprendre les destructions immenses d'après Trente. Les Huguenots, parfois, n'avaient plus grand'chose à faire... Et eux, respectaient par exemple les gisants et les armoiries. Il suffit de se balader dans les cathédrales luthériennes de Bâle et de Lausanne (et d'apprécier la propreté des lieux).

Je sais qu'associer Trente à la destruction pourra heurter la sensibilité des apologètes... mais ceux-ci ne connaissent pas bien les églises au profit d'un discours politique.



Petite provocation du jour : pourquoi donc à Chartres le prêtre ne dirait-il pas la messe au maître-autel dans le choeur ? Cela lui serait accordé sans problème et depuis que l'Etat a rénové ce magnifique choeur... On se moque un peu de savoir que les pèlerins de la nef, du transept ou du dehors ne "voient" rien ! Et s'il vous plaît : pas de laïcs dans les stalles (et je vois souvent des laïcs dans les choeurs aux grandes occasions traditionnelles, sans qu'ils n'appartiennent à la chorale. Ce fut aussi mon cas pour des bancs dans un choeur lors d'une messe traditionnelle à 8 h du matin un samedi du printemps dernier...).

Cette grille, qui laisse "voir" à la différence du jubé de pierre, est là où vous savez, à Chartres.

images/icones/1e.gif  ( 957314 )Une attaque basse en effet. par Rex Vaincra (2022-12-14 17:37:27) 
[en réponse à 957307]

Merci pour votre message et les sources.

Comme quoi, l'art religieux, l'architecture des lieux de cultes et de leurs organisations sont évoluant et non figés.
Comme l'arrivée des orgues, de l'éclairage, des modifications de la liturgie qui ont modifié les églises petite et grandes.
Un débat sans fin...
RV, amoureux des églises romanes.
images/icones/1b.gif  ( 957315 )En effet, le concile de Trente... par Pétrarque (2022-12-14 18:00:43) 
[en réponse à 957307]

...et, avant lui, la réforme grégorienne ont amené des changements profonds que l'on pourrait comparer à certains (je dis bien à certains) de ceux qui ont suivi Vatican II, mais, les moyens de communication et leur rapidité n'étant pas les mêmes dans ces époques, ils se sont étalés sur un temps bien plus long et n'ont pas généré de bouleversements aussi spectaculaires pour les générations de fidèles qui les ont vécus.

Mais si on compare l'Église du Xe siècle et celle du XIVe, les différences sont nombreuses, et, parfois... spectaculaires.
images/icones/tao.gif  ( 957319 )Ne faites pas de moi un défenseur des saccages conciliaires par JVJ (2022-12-14 18:47:55) 
[en réponse à 957315]

je travaille même en équipe pour en faire un livre sérieux dans dix ou quinze ans... pour faire la suite du petit chapitre de l'Histoire du vandalisme.

Mais ce n'est pas la première fois qu'au nom d'un esprit du dernier concile, qu'on supprime tantôt un jubé, tantôt un autel...

Et Trente n'est pas l'ami des médiévistes, du point de vue patrimonial, même si la chose est anachronique à l'époque.

Il est miraculeux que les vitraux de Chartres soient restés ce qu'ils sont. Au XVIIIe s., beaucoup de clercs voulaient de la lumière et des vitraux blancs.

Grossièrement, disons que le maître-autel des cathédrales n'était qu'à l'usage du chapitre et de son bas choeur. Très peu de monde pouvait y dire la messe. On se f... totalement de la présence de laïcs. Et il y avait les jubés et les clôtures de choeur pour s'isoler de la piétaille, des vendeurs de cierges et des bavards.

Trente a pris son temps, en effet, pour infuser et pour se faire accepter. Je voudrais que tout le monde soit bien conscient que les participants français à ce concile tiennent sur les doigts de mes mains. Il n'empêche qu'en Italie, en Espagne ou au Portugal, on ne voit pas les mêmes saccages qu'en France ou en Belgique après Vatican II. Aucune église romaine ne ressemble à certains de nos taudis ou halls de gare.

Le curé le plus tradi de mon diocèse natal, de bien aimée mémoire, qui envoyait les jeunes se faire confirmer au prieuré de Dijon et qui a tout fait pour que Fontgombault s'installe à Auberive, qui lisait son bréviaire en latin jusqu'à sa mort, qui était de l'opus sacerdotale et qui abonnait des fidèles aux associations Noël Pinot et cie... est aussi le curé, dans le village de son presbytère près du mien, qui a détruit les autels latéraux et la chaire dans les années 70.
Allez comprendre.

Je pense au rocher immonde servant d'autel dans la cathédrale de Tours, encensé et consacré par un archevêque... puis viré par son successeur pour le reléguer dans une église...
Quand l'archi-nul Fiori bêle lors d'une nuit des cathédrales, le spectacle a besoin de virer l'autel conciliaire du choeur et monte en chaire sous des effets spéciaux.
Très révélateur de ce que le "mobilier" liturgique est, dans l'esprit de bien des évêques. Et a fortiori des catholiques post-conciliaires qui ne sont pas mes amis quand ils mutilent, vendent et remplacent par la laideur.

Combien ici ont réveillé un évêque à minuit après s'être aperçu, en allant dire une petite prière vers les 21 h, que le curé avait vendu illégalement le maître-autel de son village ?! Et qui a porté plainte contre le curé et le maire pour cela dans la foulée ? A ceci près que le maire était le père de celui qui portait plainte...

Il se peut aussi que des clercs tradis ne prennent pas soin des églises dont ils sont les affectataires, même quand elles sont classées ou inscrites. Or les services de l'Etat n'aiment rien plus que des clercs qui vivent dans leurs églises ! Mais comme certains esprits pensent par principe que fonctionnaires compétents (à tous les sens du terme) = méchants = athées = Combes redivivus...



Je ne vous rappelle non plus que Barrès se lamentait aussi sur l'abandon des églises en bien des endroits. Bien avant Vatican II.



A Orléans, c'est l'Etat qui met en valeur les tableaux (dont les catholiques se f...), qui posent de nouvelles lumières, qui a rétabli des plumes d'autruche sur le dais (qui ne sert plus depuis longtemps !)...
Les panneaux crasseux, eux, les revues sans intérêt, les cimaises avec des objets atroces exposés ou les bénitiers vides sont bien catholiques. C'est encore l'Etat qui avait restauré et financé, en vertu de la loi, les magnifiques bénitiers en marbre et qui avait fait la poussière et la restauration des deux immenses autels du transept (totalement abandonnés par la messe...). Un synode aurait pu décider, s'il en avait eu le pouvoir, de virer tout cela pour mettre un écran...
Vive la loi de 1905 ! (et à titre personnel, je ne peux financer les millions mis par l'Etat dans les cathédrales, dans la réfection d'orgues et je ne vais pas m'endetter pour cela, sans devoir m'en confesser)

Autel immonde de St-Gatien de Tours, très Laudato si.
Avant et après : faudrait savoir !
Le bloc de pierre et sa dalle pourtant consacrée : refourgué à une église St-Pie-X ! Cela ne s'invente pas.

clic

Quand on supporte ça...



Il y a une église du côté de chez Ségolène Royal qui est aussi une monstruosité, mais que l'on doit montrer en exemple pour les intellos des Etudes ou de l'Institut d'art sacré de l'ICP...
J'espère que certaines sémaphores se ramassent en franchissant les "marches".



Et les derniers moines de Cîteaux... Autant prier dans une caravane.

images/icones/1a.gif  ( 957357 )La coupure révolutionnaire a aussi une part important dans la disparition des jubés par Mandrier (2022-12-15 17:31:44) 
[en réponse à 957307]

Vous avez bien raison sur la destruction des jubés, ceci dit ce fut parfois plus compliqué qu'une simple application du Concile ou même d'une simple volonté des clercs de ménager une visibilité. Jusqu'au milieu du XVIIIe il me semble qu'il y a peu de destruction, c'est l'influence sulpicienne du clergé à partir de 1750 qui accéléra la chute des jubés, mais même alors tenta-t-on de ménager la chèvre et le chou en conciliant tradition de l'aménagement liturgique pré-conciliaire et impératif de visibilité. En témoigne les travaux de Chartres en 1767 où furent me semble-t-il conservés cloture et jubé. De même, le très beau décor de Michel-Ange Slodtz de la cathédrale de Soissons à la même date présente un jubé ouvert par une grille. C'est finalement la Révolution et le concordat du XIXe qui accomplirent pleinement la réorganisation tridentine du choeur et l'oeuvre de destruction des jubés.

jean-Michel Leniaud dans "Les cathédrales au XIXe siècle" montre que dans l'immédiat après-concordat les architectes considèrent les jubés restant comme des verrues à abattre.

De même Mathieu Lours que vous citez montre également qu'au XVIIIe il y eut de grands débats parfois très virulent au sein des chapitres et qu'une part non négligeable du clergé aux influences gallicanes qui reprenant le mot de Tertulien condamnent "le désir de voir et d'être vu". Pour M Lours, le destin des jubés est vraiment définitivement scellé à la révolution lorsqu'en 1791 les cathédrales deviennent paroisses et que les fidèles par l'entremise des fabriques ont leur mot à dire sur l'aménagement de l'édifice, ex. Orléans où le jubé est abattu dès 1791.
images/icones/rose.gif  ( 957366 )selon un auteur, 3 causes convergentes par Luc Perrin (2022-12-15 19:43:18) 
[en réponse à 957307]

- la destruction systématique par les huguenots en France du moins
- le désir exprimé à Trente d'une visibilité de l'eucharistie
- l'évolution du goût artistique qui rompt avec l'art médiéval.

Il indique aussi plusieurs phases dans leur destruction dont le XVIII-XIXe.

J'avais lu autrefois qu'en Angleterre, au XIXe, il y avait eu dans les églises anglicanes de tendance Haute Église de vrais faux jubés reconstitués.
Le goût pour un art médiéval réinventé étant revenu en force sous Victoria comme dans l'Europe continentale.

A noter toutefois que le désir de voir le Saint-Sacrement est tout autant médiéval que tridentin. Outre les pnyx répandues en Angleterre, Eamon Duffy rapporte que les chapelles privées des églises rurales notamment qui étaient fermées par des parois de bois avaient des petites ouvertures pour que les fidèles, non membres de la confrérie ou étrangers à la parentèle du seigneur ayant édifié la chapelle, puissent accourir contempler et adorer l'eucharistie lors de l'élévation.