Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=956592
images/icones/1a.gif  ( 956592 )Colloque sur les jubés victimes des réformes tridentines par JVJ (2022-11-29 18:21:15) 

On louera ma captatio benevolentiae...

Chaque année, les tradis peuvent voir ce que la cathédrale de Chartres et sa clôture de choeur doivent à l'Etat. A condition qu'ils prennent le temps de s'y intéresser...
En certaines cathédrales comme à Vannes, le déambulatoire sert à imposer des panneaux d'exposition souvent atroces...

Seuls les médiévistes et quelques honnêtes modernistes comme Mathieu Lours, savent que l'Ancien Régime tridentin, bien avant le vandalisme révolutionnaire conceptualisé par l'abbé Grégoire, a détruit de nombreuses choses dans les églises, en particulier les cathédrales. Il fallait faire de la place et produire un nouvel espace sacré. Si si. C'était de la rupture, croyez-moi, avec de trop rares résistances internes...

Il fallait des murs blanchis, enlever les vitraux "gothiques" et les tombeaux au profit du vide et des vitraux blancs pour la lumière, refaire le sol avec un dallage unifié et... détruire les jubés médiévaux, pour voir la messe au maître-autel ! Ce qui n'avait aucun sens pour les cathédrales sans paroisse ou qui abritaient une paroisse sur un autel dans une chapelle.
Les modernistes répugnent à gloser sur ces destructions, certes compréhensibles, mais qui n'ont rien à envier à celles d'après Vatican II.

Trente n'a pas fait que des heureux du point de vue de l'art (et je ne parle pas de reconstructions, mais de réaménagements, comme on dit pudiquement, pour être au goût du jour. Si si).

Les retraités, les gens qui veulent se cultiver ou les oisifs pourront se connecter gratuitement et sans façon à ces journées. Je vous dirai si l'archevêque de Toulouse en fut, mais j'en doute fortement, car du passé et des stalles, faisons table rase.

Les Anglicans, eux, ont largement respecté les jubés et les clôtures de choeur.

De nos jours, des clercs (dont des évêques), des commissions diocésaines d'art sacré et des enragés laïcs (parfois même de pseudo-amis de la cathédrale !) essaient encore de mentir à l'Etat en lui demandant de détruire ou de déplacer maître-autel ou crucifix au nom de la perspective et pour faire de la place pour la messe chrismale et les ordinations ! Ce qui n'a aucun sens et qui est en outre mensonger : une ordination d'un prêtre tous les trois ou dix ans... Un tel veut que sa chaire soit face à la nef, pas perpendiculaire... Or il lui suffit de bouger son "trône", en laissant le dais et l'emplacement tranquille. Tel évêque très conservateur et chartiste voulut virer les stalles de sa cathédrale. Heureusement que l'Etat veilla au grain. Des évêques sont prêts à mettre 300 000 euros dans leur nouveau choeur afin qu'il se conforme à Vatican II (c'est écrit dans leur texte ! en 2000 ou en 2022 !!!), mais laissent s'écrouler d'autres églises, ou les vendent quand elles sont au diocèse... Je connais au moins un évêque qui a donné de sa poche pour la restauration d'une église non classée. Gloire à lui.

Vous noterez en particulier la conférence inaugurale d'un grand liturgiste. Ce sera brillant et enlevé.

On note que tout cela est organisé par les conservateurs des Monuments historiques de la république, et que je n'ai jamais vu de colloque d'Eglise en France aussi sûr et qui s'intéressât par ce que contiennent les églises.

programme

lien DRAC

Et si vous aimez Toulouse au XIVe s. et que vous passez à Paris, il y a l'exposition du Musée de Cluny, avec le catalogue. N'allez pas en ce moment au musée des Augustins, il est fermé depuis un certain temps.





Simple réflexion médiévale pour donner quelques vapeurs à ceux qui aiment les choses gravées dans le marbre (depuis le XVIe s. finissant) : Mgr Schneider propose le canon en silence et en latin pour la messe de Paul VI. Très bien, mais comme il dit, progressivement...
Je suggère aussi de revenir sur la réforme de Latran IV, qui avalisa la pratique novatrice (à l'époque où la liturgie n'était rien moins que standardisée à l'échelle de la chrétienté), de l'Elévation ! La clochette apparue au XIe s. ou le lever d'un cierge par le servant serait bien suffisant pour garder davantage encore de mystère. Les Chartreux n'ont pratiqué l'Elévation que vers les années 1300, en décidant d'ouvrir le guichet de leur barrière de choeur pour les convers qui en étaient évidemment exclus.

Pourquoi "voir" ? Il fut une époque où les tombeaux de saints étaient ensevelis, ne laissant au mieux qu'un inscription émerger. Quand on se trouve à la messe derrière une barrière de fessiers ou un pilier, on n'en est pas moins à la messe. Sauf quand il n'y a pas de clochette...
Ceux qui veulent voir tout et tout le temps, jusqu'à des hosties sanglantes ou un suaire, sont des disciples impénitents de st Thomas malgré la leçon qu'il reçut...

images/icones/bravo.gif  ( 956593 )Intéressant sujet… par Luc de Montalte (2022-11-29 18:32:39) 
[en réponse à 956592]

… merci. Dommage qu'ils ne prévoient pas de retransmission.
images/icones/1b.gif  ( 956594 )Si vous lisiez ! Le lien est indiqué au bas du programme par JVJ (2022-11-29 20:24:08) 
[en réponse à 956593]

C'est gratuit et libre.

Tolle et lege.

Très beau livre reposant sur des sources et des dossiers, pas sur le doigt mouillé.

Et M. Lours connaît la liturgie.

Trente a dégagé beaucoup de choses, dont mes chers jubés et autres clôtures de choeur... Et les tombeaux dans les choeurs ! Et les anciens autels ! Le goût du jour selon les Tridentins.
On aura du mal à faire de Trente et de ce qui s'en suivra, un concile "restaurateur" ou "conservateur" dans les églises...

J'exagère à peine.

Au nom du concile (Trente/Vatican II), que n'a-t-on fait dans les églises !...

Mes remarques un rien provocatrices mais parfaitement partagées par la dizaine des intervenants que je connais, ne valent que pour ceux qui ne font pas commencer la liturgie et la théologie au XVIe s.

Cum grano salis.



Au sujet du pavement des choeurs modernes, cette photo qui m'a procuré des semaines de joie. Comprenne qui pourra.

Pavement impensable jusqu'à la Renaissance.

Légende de la photo : la reine peut bouger dans tous les sens.



Je livre cet article de l'universitaire qui ouvrira le colloque. Je ne pourrai pas le suivre en direct, mais on me l'enregistrera loco citato.
Admirez le dédicataire de l'article, ce qui est parfaitement possible dans un ouvrage universitaire laïc. Pour un bouquin publié par la catho de Lille ou de Paris, on aurait tiqué...

A titre personnel, je déteste ces travaux mis en ligne : cela tue le livre et accessoirement les bibliothèques. Cela laisse aussi entendre que tout est sur internet, avec wikipedia en premier, référence incontournable du savoir anonyme participatif.
J'utilise articles et imprimés numérisés, mais je jouis de la prélature nullius in partibus infidelium.

L'orientation des autels : un problème mal posé
images/icones/fleche2.gif  ( 956596 )Malheureusement non par Luc de Montalte (2022-11-29 21:56:47) 
[en réponse à 956594]

Les communications seront diffusées en direct mais il n’est pas prévu de captations pour rediffusion. Le lien de connexion sera diffusé prochainement sur Calenda.



Quant à détester les travaux mis en ligne, je ne vois pas trop pourquoi. M'occupant moi-même de sciences « dures », je n'ai de cesse de me réjouir d'avoir accès à la quasi-totalité de la production scientifique depuis cinquante ans (et même plus ; quand on sait chercher, il est bien rare d'avoir à aller en bibliothèque pour trouver des références plus anciennes) d'un simple clic plutôt que d'avoir à attendre des semaines avant de pouvoir lire tel ouvrage indisponible dans telle bibliothèque. Ouvrage dans lequel généralement seules trois lignes vous intéressent.
images/icones/1d.gif  ( 956604 )Ne vous inquiétez pas pour le livre par Vox clamantis (2022-11-30 07:49:50) 
[en réponse à 956594]

Ce qui est massivement mis en ligne gratuitement, sauf exception (les PUR, par exemple), ce sont des revues. Cela augmente considérablement la diffusion des articles.

La mise en ligne gratuite est d'ailleurs très largement encouragée par les bibliothèques qui ont souvent des personnels pour travailler sur les questions de science ouverte - qui aujourd'hui vont bien plus loin que la seule mise en ligne gratuite d'articles.

Ce qui asphyxie les bibliothèques c'est justement l'article payant vendu au sein d'un bouquet par une grande entreprise qui fait ses profits à ne rémunérer ni les auteurs ni les relecteurs - payés en général avec vos impôts, et les miens avec. Bref, à saigner trois fois le contribuable : les contenus sont produits aux frais du contribuable qui paie les chercheurs, relus par des pairs payés par le contribuable, et achetés très cher par les bibliothèques des universités avec l'argent du contribuable..

J'ajoute que la science ouverte est aussi un enjeu démocratique, mais ça je comprends à vous lire que vous êtes contre, par principe aristocratique.
images/icones/neutre.gif  ( 956606 )Jvj est romantique par Roger (2022-11-30 08:55:51) 
[en réponse à 956604]

Je ne crois pas que ce soir par esprit aristocratique que JVJ défende le libre mais plutôt par esprit romantique.

Il md semble aimer défendre les causes perdues et encore plus être dans la minorité incomprise et persécutée.

Je n'oserais pas dire que son parcours universitaire qui ne l a pas mené à une chaire en Sorbonne (du moins pas encore) pourrait aussi expliquer sa psychologie (et son culte des phrases pour initié...)
images/icones/1g.gif  ( 956612 )Vox devenu démocratique ! par JVJ (2022-11-30 14:09:53) 
[en réponse à 956604]

Dites-donc !
Quand on a fait prépa (pas moi), puis un concours hyper-sélectif pour devenir fonctionnaire élève payé par mes impôts pour une Ecole (que je vénère et que je connais bien comme vous savez, moi abonné à la BEC dès 1997 et contributeur pour les cr...), puis un concours moins sélectif que l'INP, mais tout de même !

Et on me donne des leçons de démocratie du savoir digne d'une socialiste ?!

J'ai suffisamment d'amis conservateurs du patrimoine, notamment en bibliothèque, pour savoir que c'est une planque redoutable, en dehors de la rue de Richelieu.
Mickael G. est un excellent ami (et ancien séminariste), pour vous prouver que je me démocratise en parlant avec des personnes qui ne sont pas passées par les grandes zécoles.

Je suis un produit démocratique de la vraie école communale classe unique du CP au CM2, du vrai collège d'une ville ouvrière de gauche, d'un vrai lycée Diderot public très exigeant et de la vraie université de masse.
Et j'ai enseigné dans des lieux où personne ne veut enseigner, sans quoi les vieux syndiqués hors classe y demanderaient leur mutation.

Le parrain de ma fille dirige dans une ville rose la BU de sciences. Quelle planque ennuyante !
Je ne confonds pas les odieuses médiathèques (sic) avec les ordinateurs et les journaux pour les vieux, des vraies bibliothèques ou des sections de livres anciens et imprimés de BU.

Etre conservateur à la Mazarine ou aux manuscrits est plus enviable que d'être ailleurs dans le cursus honorum me semble-t-il. Ou même au Saulchoir.
Diriger un service d'archives départementales n'a plus rien à voir avec la recherche depuis très longtemps. Je ne crois pas que cela se sait en dehors du sérail et des amis du sérail.

Le contribuable que je suis se demande pourquoi il y a trois conservateurs de bibliothèques dans une BU ou une BM. N'importe qui pourrait faire leur travail, avec un DESS. Ou un attaché de conservation.
Tant mieux s'il y a des postes ouverts.
Il est triste d'être chartiste, comme j'en connais, sans concours et donc sans métier.

La démocratie, vous en parlerez à mes amis haut-marnais qui n'ont pas d'internet, pas de livres et qui n'auraient jamais idée d'aller à la BM de Langres qui, sans les journaux locaux et les ordinateurs n'auraient aucun lecteur.

Un tradi ou philo-tradi s'estime aussi l'aristocrate par rapport à la plèbe du NOM.

A un colloque, en général, on fait intervenir ceux qui ont été demandés ou cooptés, pas le premier qui vient en passant par la rue. Et les revues à comité de lecture, c'est la même chose.

Les BU sont devenus des baisodromes (comme l'ancienne salle du fer à cheval vers la fin, vu de mes yeux) et des lieux où des paumés mettent leurs chaussettes sur des chaises longues, des endroits où sont rechargés des portables et des ordinateurs, des lieux où l'on parle fort, où l'on écoute de la musique, où les livres sont sortis et replacés dans le mauvais endroit, où les bouquins des années 70 ne sont toujours pas remplacés en Histoire...
Les conservateurs sont dans leur bureau ou président à l'occasion en BM... Mais ils font les affairés...

Je me souviens fort bien à Orléans avoir demandé (exigé) de parler au conservateur chargé des achats et des emprunts. J'ai eu toutes les peines du monde à lui expliquer que les Cahiers de Fanjeaux n'étaient pas une revue, et que je pouvais donc les emprunter ! Il fallut que le directeur du département d'histoire intervienne posément. Idem pour lui faire comprendre que la BEC, conservée en bibliothèque de droit, serait mieux en bibliothèque de Lettres ! Le droit ayant précédé les Lettres à Orléans pour les bâtiments en dur. Mais de cela, il s'en foutait, puisque je le dérangeais.
Les fonctionnaires sont au service des lecteurs (et enseignants), non l'inverse. Ils sont payés par mes impôts. Puisque vous parliez de contribuables...

Ce n'est parce que deux lecteurs liraient un volume chez Brepols qu'il faudrait ne plus l'acheter si cela concerne l'histoire d'un lieu près d'une BU ou d'une BM, au profit d'un bouquin affligeant d'un érudit local sur les crimes du département d'après la presse, que tous les vieux oisifs de la société feront semblant de lire le samedi matin.

Si les élus savaient qui lit vraiment des livres dans leurs BM dans les villes non-universitaires (et encore...), ils fusionneraient leurs différentes bibliothèques de quartiers pour transférer la moitié du budget dans les trottinettes et les ateliers de théâtre...

L'élitisme républicain n'est pas un gros mot, et les bons profs ne font pas des cours pour les nuls, mais pour élever le niveau qui n'est pas fameux.
Pourquoi tant de gens mettent leurs enfants dans le privé ? Pas seulement à cause des grèves (sur-représentées aux informations d'ailleurs).
En 1990, un seconde du lycée Diderot de Langres était capable d'apprendre quatre pages d'allemand chaque dimanche et travaillait le samedi au retour de l'internat. De nos jours, les germanistes n'apprennent pas plus de déclinaison que les latinistes, dans le public.

J'ai eu aussi de charmants conservateurs qui daignaient parler à des étudiants ou à des chercheurs, une fois dans leur journée, je précise. J'ai hérité de la BEC de Pierre Gasnault, mais il fallut la chercher en valise dans les rues de Paris. Persée ? M'en fiche, sauf pour faire des recherches rapides. On ne lit pas sur écran un article de trente pages avec des notes.
Quand plus personne ne s'abonnera aux revues, celles-ci auront l'air fine...




images/icones/neutre.gif  ( 956600 )Merci pour l'info ! par Sic transit (2022-11-29 22:28:52) 
[en réponse à 956592]

Malheureusement je ne serai pas chez moi jeudi matin...

Je me rattraperai vendredi avec la communication sur l'église de Gisors, que j'ai visitée il y a quelques semaines; et celle sur Saint-Étienne du Mont.
images/icones/hein.gif  ( 956601 )Merci beaucoup pour cette annonce par Vassilissa (2022-11-30 00:02:26) 
[en réponse à 956592]

Que représente la première image que vous donnez ?
images/icones/iphone.jpg  ( 956608 )Jubé de la cathédrale d’Albi par Hyacinthe (2022-11-30 10:01:43) 
[en réponse à 956601]

il me semble.
images/icones/fleur.gif  ( 956614 )Je vous en prie : oui Albi ! par JVJ (2022-11-30 14:47:52) 
[en réponse à 956601]

Je plussoie Hyacinthe et je vous réponds poliment.

Ledit colloque ira visiter Albi.

Vous pouvez lire sur Louis d'Amboise qui a embelli de peintures magnifiques cette cathédrale à la Renaissance (de la grande famille ligérienne qui donna deux archevêques cardinaux de Rouen, deux évêques de Langres, un abbé de Cluny et évêque de Clermont dont vous voyez les armes et la chapelle au musée... de Cluny).

Caroline de Barreau (maître de conférence à Perpignan) a aussi beaucoup travaillé sur cette cathédrale.

Christian de Mérindol, Le programme héraldique du décor peint de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, Revue française d'héraldique et de sigillographie, t. 65, 1995, p. 121-147.

Lien pour le choeur des chanoines vers le site diocésain, pour une fois que les catholiques ne racontent pas d'âneries ou ne mettent pas en valeur un arbre sec synodal...

clic

Par ces peintures magnifiques, on sait qu'en enfer seront quelques cardinaux et évêques (ils sont nus mais en mitre ou chapeau rouge... impensable avant le XIe s. pour les premiers, et 1245 pour les seconds...). On s'extasie devant elles à juste titre, mais il suffit d'aller en Italie pour avoir cela tous les deux cents mètres... et non toutes les trois cathédrales.









Vos tridentins auraient, les mains libres, détruits ou déplacés le jubé pour la perspective et mettre en valeur le maître-autel... On voit la catastrophe du dallage... (pour un médiéviste !).

Songeons que ces stalles sont désormais vides.
Quelle misère.
Et au XIXe s. au mieux occupées par une dizaine de chanoines, et encore. Il faudrait qu'on me dise...

Pour Noël, offrez-vous cela ! Très sérieux et "beau livre". Demandez à un contributeur pour avoir une réduction.



Je préfère avoir la collection sur mes rayons (avoir des rayons bien solides...), que de les consulter en ligne. Pouah !
En général, seuls les chapitres sur la cathédrale après concile ne sont pas sérieux (il faudrait faire un article là-dessus !), car c'est confié à un prêtre ou à un diacre local, qui a pour mission de défendre la boutique. Ces gens prennent vraiment les lecteurs pour des abrutis, les volumes étant dirigés nominalement par les évêques du lieu quand ils sont monographiques...
Je parodie à peine :
Depuis les réformes du concile oecuménique Vatican II, la cité a adopté une nouvelle géographie paroissiale pour le bien de tous et pour s'adapter aux exigences de la vie moderne. De douze paroisses avec six curés et treize vicaires dans les années 50, une restructuration respectueuse des hommes de ce temps a mis en place une seule paroisse en 1987 avec un curé modérateur et trois prêtres coopérateurs, dont un qui était aux études avant de disparaître de l'ordo. La cathédrale est devenue la mère de toutes les églises de la cité et de la banlieue comme aux premiers temps du christianisme, dans un souci évangélique. Le père-évêque dit la messe de Noël à la prison puis dans sa cathédrale. Si la maîtrise ne fait plus résonner ses voix sous les voûtes de la cathédrale dans un latin que personne ne comprenait, l'évêque ordonne encore des clercs et des diacres. Il y réunit des réunions. Les confessions ont été supprimées, en même temps que les confessions qui gênaient les chaises pour les concerts de Patrick Fiori et de Gospel cher à Luc Perrin. D'église des chanoines fermée au monde, la cathédrale est devenue l'église de tous les habitants, quelles que soient leurs convictions. France 2 y a retransmis le téléthon en 2012 et la cathédrale accueille chaque semaine des milliers de visiteurs venus de tous les horizons. Le père-évêque parti en retraite en 2015 a dit pour conclure le 5e point de son homélie : ô cathédrale de pierre, qui a connu tant de mes prédécesseurs imbus de leur statut social, ô cathédrale d'or et d'orgueil, tu es d'abord faite pour les hommes et les femmes de notre temps, pour les corneilles et les chauve-souris, tu me manqueras beaucoup. Tu me manques déjà.

Et en note en tout petit à la fin du volume (qui a ce genre de volumes sur le FC ?) : Le chapitre a été supprimé en 1998. Depuis 2000, le curé et son conseil pastoral ont décidé de ne plus dire la messe en semaine, et plus du tout le dimanche de la Toussaint à Pâques. La dernière ordination sacerdotale remonte à 2001, mais depuis, l'évêque a ordonné douze diacres permanents).

Et je n'ai pas ces volumes pour faire joli ou pour faire plaisir à l'archevêque émérite subclaquant. Ils sont même pour partie dans ma chambre, que l'on visite fort peu (même mes amis prêtres !).
Le vicaire de Paris nous a même dit de n'y entrer que lumières et phares éteints... Je cite même de mémoire : "le catéchisme vous ordonne de dévisser les ampoules à vos lampes des candélabres et du chevet pour ne pas entrer en tentation. Vous mettrez aussi une pile de livres avec imprimatur d'avant le concile entre vos deux lits, pile qui ira usque ad celum. Amen."
images/icones/fleche2.gif  ( 956645 )Merci pour Albi et ces belles photos. par Vassilissa (2022-11-30 23:11:08) 
[en réponse à 956614]

J'ai plusieurs volumes de la collection strasbourgeoise, mais pas celui-là !