Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=956283
images/icones/neutre.gif  ( 956283 )R.I.P.... par Pol (2022-11-22 20:00:01) 

....J. F. K. en 1963.
images/icones/croix.gif  ( 956285 )Et le même jour... par John DALY (2022-11-22 20:21:30) 
[en réponse à 956283]

...deux grands hommes de lettres :

C. S. Lewis
Aldous Huxley

Si j'avais pu procurer dix ans de vie en plus à l'un des trois c'est sans doute à Lewis que les aurais attribuées.
images/icones/neutre.gif  ( 956292 )Puisque vous avez... par Marco Antonio (2022-11-22 22:53:02) 
[en réponse à 956285]

Puisque vous avez mentionné ces hommes de lettres, Monsieur, je me permets de vous demander quelle est, en deux lignes, votre opinion sur G.K. Chesterton.
images/icones/neutre.gif  ( 956307 )Je crois par Lenormand (2022-11-23 11:05:55) 
[en réponse à 956292]

que Chesterton est mort le 14 juin 1936 et nous sommes le 22 novembre ! Lui-même un converti il contribua à la conversion de C.S. Lewis.

J'aime bien l'humour de Chesterton et ses écrits, dans ses Nouvelles, Les Enquêtes du Père Brown, par exemple ! Mais il y plus sérieux bien sûr...

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 956321 )Plus sérieux ? par John DALY (2022-11-23 13:56:50) 
[en réponse à 956307]

Vous voulez dire qu'il y a des écrits de Chesterton plus sérieux que ceux que vous citez ou des écrivains plus sérieux que Chesterton? Si votre pensée est cette dernière je ne la partage guère : Chesterton est un penseur profond et brillant et il ne faut pas que son ton de badinage donne l'impression contraire.
images/icones/livre.gif  ( 956322 )Lewis sur Chesterton par John DALY (2022-11-23 14:05:48) 
[en réponse à 956292]

Cher Marco Antonio,
La lecture de The Everlasting Man, acheté fortuitement en kiosque de gare en 1981 et lu dans le train, marque un grand tournant dans ma vie. Je ne trouverai jamais assez de bien à dire de Chesterton et les quelques désaccords avec lui que je peux avoir sur des sujets secondaires ne diminuent pas mon enthousiasme.
Il y a si peu de distance entre le bon sens et la philosophie la plus profonde ; d'ailleurs si Chesterton était avec nous de nos temps il va de soi qu'il aurait bien compris, et en clin d'oeil, la clé de la compréhension de la crise que nous vivons.
Voici où Lewis parle de Chsterton dans son autobiographie :


“It was here that I first read a volume of Chesterton’s essays. I had never heard of him and had no idea of what he stood for; nor can I quite understand why he made such an immediate conquest of me. It might have been expected that my pessimism, my atheism, and my hatred of sentiment would have made him to me the least congenial of all authors. It would almost seem that Providence, or some “second cause” of a very obscure kind, quite over-rules our previous tastes when It decides to bring two minds together. Liking an author may be as involuntary and improbable as falling in love. I was by now a sufficiently experienced reader to distinguish liking from agreement. I did not need to accept what Chesterton said in order to enjoy it.



His humour was of the kind I like best – not “jokes” imbedded in the page like currants in a cake, still less (what I cannot endure), a general tone of flippancy and jocularity, but the humour which is not in any way separable from the argument but is rather (as Aristotle would say) the “bloom” on dialectic itself. The sword glitters not because the swordsman set out to make it glitter but because he is fighting for his life and therefore moving it very quickly. For the critics who think Chesterton frivolous or “paradoxical” I have to work hard to feel even pity; sympathy is out of the question. Moreover, strange as it may seem, I liked him for his goodness.” from Surprised By Joy, C.S. Lewis



Il vaut la peine aussi de lire ce qu'en dit Gustave Corcaõ dans son livre appelé en français Le Siècle de l'Enfer.
images/icones/neutre.gif  ( 956336 )Merci, Monsieur... par Marco Antonio (2022-11-23 19:15:30) 
[en réponse à 956322]

Merci, Monsieur.
Même si j'ai lu plusieurs de ses ouvrages, je pense que je connais encore très peu Chesterton.
Sa manière d'écrire, capable d'exprimer dans un petit paradoxe toute la substance des choses, manifeste la possession d'un esprit profond et brillant.
Instinctivement, j'associe toujours Chesterton à l'idée profondément chrétienne de la gratitude.
En revanche, les « coordonnées » philosophiques dans lesquelles il place cette gratitude ne me sont pas encore claires.
Qu'il soit clair que, de toute façon, je n'aurais, et je n'ai, aucun doute sur sa bonté et sa bonne foi la plus complète.
Mais parfois, pas toujours, son optimisme -je ne sais pas si je dois dire 'involontairement' ou en tout cas par suite des idées qu'il avait avant sa conversion- semble s'apparenter à une vision philosophique de l'homme contraire à la réalité de la chute et de toutes ses conséquences.
Dans la pensée des saints, la gratitude s'accompagne toujours d'une prise de conscience [je ne sais pas si je traduis correctement ce qui est dit en italien avec le mot «consapevolezza»] de la condition tragique de l'homme (sans que cela conduise au pessimisme). Chesterton me semble voler plus dans le ciel de la gratitude que dans le ciel de celle prise de conscience.
Il est probablement facile de trouver plusieurs de ses maximes capables de démentir ce que je viens de dire de sa vision de l'homme. Cependant, je ne fais pas référence à ce qu'il a dit ici ou là, mais à ce que je perçois comme sa vision complessive et intime (pas directement exprimée) de la condition humaine.
Bien sûr, je peux me tromper énormément. Je rapporte juste une impression personnelle. Sans avoir fait d'études à cet égard. C'est, je le répète, quelque chose que je n'ai pas encore déchiffré moi-même et qui ne concerne pas la foi, mais peut-être la philosophie o l'anthropologie.