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images/icones/marie.gif  ( 955999 )18/11 Dédicace des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul par ami de la Miséricorde (2022-11-17 21:23:32) 



Saint Paul Hors-les-Murs

Dédicace des Basiliques St-Pierre et St-Paul

SIXIÈME SERMON POUR LA DÉDICACE DE L'ÉGLISE de Saint Bernard de Clairvaux .

Respect dû aux lieux-Saints.


1. La dédicace de notre maison, que dis-je? notre dédicace à nous est un jour de fête domestique, car cette aspersion, cette bénédiction, cette consécration de la main des pontifes, cette solennité, dis-je, dont nous célébrons tons les ans le souvenir par des veaux et des chants de louange, c'est à nous qu'elle se rapporte. Est-ce que Dieu a souci de la pierre? Sons-ce les. pierres, ne sont-ce point les hommes qui disent : « Il a souci de nous ( I Petr. V, 7)?» Jacob tout homme qu'il était, vit, dans son sommeil, les anges qui montaient et qui descendaient. C'est peu, il nous assure même qu'il vit présent le Seigneur même des anges, car il s'écria : « En vérité, le Seigneur est dans ce lieu, et moi je ne le savais pas (Gen. XXVIII, 16). » Il s'étonne de cette grâce, il est stupéfait de cet excès d'honneur.

Combien ce lieu est terrible, puisque il est certain et évident que le Seigneur habite en ce lieu ! dans ce lieu, où se trouvent réunis, non pas deux ou trois, mais de si nombreux fidèles en son non. Qu'on le sache donc bien et que nul de vous ne l'ignore ; nous n'avons pas reçu l'esprit de ce monde, mais l'esprit qui est de Dieu pour savoir ce qui nous a été donné de Dieu. Oui, C'est un lieu vraiment terrible et digne de tous nos respects que celui où les fidèles habitent, que les anges saints (a) fréquentent, que Dieu même honore de sa présence.

2. Mais comment un si grand Patriarche a-t-il pu ignorer qu'il n'y a pas de lieu où Dieu ne se trouve ? Mais peut-être s'est-il étonné qu'il en fût autrement, quand il s'est écrié : « En vérité le Seigneur est en ce lieu. » Il est vraiment là où les anges et les hommes se rassemblent en son nom, et là, il est vraiment Seigneur. Car bien que celui qui ne peut être enfermé nulle part se trouve partout, cependant on dit de lui plus particulièrement, « Notre Père qui êtes aux cieux; » parce qu'il y montre sa présence d'une autre manière que partout ailleurs et d'une façon tout à fait particulière ; non pas qu'il soit lui-même différent, mais parce qu'il distingue lui-même ce qui diffère. Il est donc en tons lieux parce qu'il contient sans exception, et disposé toutes choses, mais il est d'une manière en un lieu, et d'une manière en un autre.

Dans les méchants il est présent et fait comme s'il n'y était pas ; dans les élus il opère et conserve ; quant aux esprits célestes, il est en eux parce qu'il les repaît et repose sur eux ; pour ce qui est des enfers, il y est pour reprendre et condamner. Il fait lever son soleil sur les méchants même, mais toutes les fois qu'en attendant il dissimule chez les méchants il semble qu'il n'y est pas en vérité.

Ainsi, s'il m'est permis de m'exprimer de la sorte, chez les impies Dieu se dissimule, chez les justes il est en vérité, chez les anges il est en félicité, et dans les enfers il se trouve, avec toute, sa cruauté. Ce dernier mot sonne, mal à vos oreilles, mais j'ai peur même de sa colère et de sa fureur. « Seigneur ne me reprenez pas dans voire fureur, est-il dit, etc. (Psal. VI, 2). » Vraiment, dit le Patriarche, le Seigneur est dans ce lien. » En effet, là où il fait tomber sa pluie sur les bons comme sur les méchants, il est présent en Père, et en Père des miséricordes qui attend les hommes à résipiscence. Là, où il condamne les pécheurs endurcis, il est présent en juge, or, il est horrible de tomber entre les mains dit Dieu vivant (Hebr. X, 31). Là où il repose, il est présent en époux, et bienheureuse l'âme qu'il introduit dans sa chambre.

3. Après tout, le Seigneur est véritablement en ce lieu, si toutefois nous l'y servons en esprit et en vérité; mais il n'était pas véritablement parmi ceux à qui il disait : « Pourquoi m'appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je vous dis (Luc. VI, 46) ? » Les saintes Lettres attestent que le premier homme, Adam, fut autrefois placé dans le paradis pour y travailler et pour le garder.

Ainsi, le second Adam a été placé dans l'assemblée des saints, dans la réunion des siens, dans le jardin de délices, car ses délices, c'est d'être avec les enfants des hommes, comme il l'a été, dis-je, dans ce lieu, pour opérer et pour les gauler mais d'une autre manière, ainsi qu'il est : « Si le Seigneur ne bâtit une maison, c'est en vain que travaillent ceux qui la bâtissent, (Psal. CXXXVI, 1), » ainsi, s'il ne garde lui-même une cité, c'est en pure, perte que veille celui qui monte la garde sur ses murs. Or le Patriarche a vu que les anges montent et descendent dans ce lieu (Gen. XXVIII, 12), s'ils montent, c'est pour voir la face du Père, et s'ils descendent, c'est afin de pourvoir à nos besoins. Quoi donc ? Comment devons-nous être dans ce lieu, dans quels sentiments de respect devons-nous nous y tenir, puisque Dieu y opère et y conserve ; les anges y montent et y descendent ? Il faut donc que nous nous y tenions dans des sentiments de pénitence et d'attente, c'est-à-dire oublier ce qui est derrière nous, ignorer, réprouver, et repasser, dans l'amertume de notre esprit, toutes nos années passées, et désormais nous porter en avant par la pensée, et avec une sorte d'avidité. C'est pour cela que nous sommes ici. Ce qu'on nous demande, c'est donc le regret de nos péchés passés, et l'attente des récompenses futures.

Source: bibliotheque-monastique.ch

Visite virtuelle de Saint Pierre de Rome

Visite virtuelle de Saint Paul Hors-Les-Murs
images/icones/marie.gif  ( 956000 )Méditation avec Les saintes voies de la Croix de M. Henri-Marie Boudon par ami de la Miséricorde (2022-11-17 21:26:31) 
[en réponse à 955999]



CHAPITRE V

Que le bonheur du Chrétien consiste à souffrir en ce monde
Réponse à quelques difficultés que l'on objecte sur ce sujet


Quel plaisir, dira-t-il, Dieu peut-il prendre dans ces voies de souffrances ? Quel bien en tire-t-il pour les âmes, ou quelle gloire pour son saint nom ? Certainement, Dieu, de soi-même, est toute bonté : son plaisir est d'en faire, et de combler de biens ses chères créatures.

Son dessein, quand il a créé l'homme, n'a pas été de lui faire porter des peines, mais de lui faire mener une vie bienheureuse en ce monde et en l'autre. Cela est vrai, à ne regarder que le premier état de choses ; mais l'homme s'étant dépravé et, corrompu par le péché, il s'est de lui-même engagé à la peine qui lui est nécessaire pour le tirer de sa corruption, et le rétablir dans un état de salut.

C'est pourquoi Dieu lui envoie des souffrances, comme un bon père qui fait prendre des médecines amères à son enfant malade, qui lui est bien cher ! Hélas, son plaisir serait de ne pas donner cette peine à son enfant : mais supposez sa maladie, il y est obligé ; et c'est son amour qui le presse d'en user de la sorte.

Il est aisé de voir ensuite le bien qu'il en arrive aux âmes, et la gloire que Dieu tout bon en tire, puisque le salut éternel s'y opère. Ô quel bonheur ! Ô le bonheur ! Ô le souverain bonheur ! Plusieurs des chapitres de ce petit ouvrage, donneront assez de lumière sur cette vérité.

Cela est difficile à comprendre, dira quelqu'un. Voici ce que le grand prélat répond à cette difficulté au chapitre 16 de la Lutte spirituelle : Ceci vous semblera difficile à croire, dit ce grand homme ; mais si vous vous souvenez que les rameurs en leur assiette, tournent leurs épaules au lieu où ils conduisent leur barque, vous ne trouverez pas étrange que Dieu, par l'eau et le feu de la tribulation, vous fasse tendre au rafraîchissement.

Et au chapitre 6 du même livre : Qui ne sait que les arbres, plus battus des vents, jettent de plus profondes racines ; que l'encens ne jette son odeur que quand il est brûlé ; que la vigne ne profite que quand elle est taillée ? Pourquoi tant de fléaux, tant de pauvretés, de pestes, de famines, de guerres, et d'autres misères, si ce n'est pour le bien des élus ? Le Fils de Dieu n'a-t-il pas mis la consommation de notre salut dans la consommation de ses souffrances, et le délaissement même du Père éternel ?

Mais les souffrances, répliquera-t-on, ne sont pas la fin des états spirituels. Il est bien vrai ; mais ce sont les moyens qui y conduisent. Voulez-vous, sous prétexte que ce ne sont que des moyens, ne vous en pas servir ?

est le terme qu'un homme se propose dans le dessein qu'il prend d'aller en cette première ville du monde ; tous les villages, bourgs et villes qui y mènent, ne sont que des moyens par où il faut passer : cependant il est nécessaire de passer par ces moyens, autrement on n'y arrivera jamais.

Or, pendant que nous sommes en cette vie, nous sommes toujours dans la voie ; nous n'arriverons parfaitement et entièrement à notre fin, qu'après la mort ; et en ce monde il y a toujours à combattre : ce qui ne se fait pas sans peine. De là vient que l'Écriture nous enseigne que la vie de l'homme sur la terre, est un combat ou milice (Job VII, 1) : et le Fils de Dieu donne pour partage, en cette vie présente, les pleurs et les larmes à ses disciples.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde