Le Forum Catholique

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images/icones/croix_byzantine.png  ( 955076 )Pèlerinage Summorum Pontificum : une grande année par Abbé Claude Barthe (2022-10-31 12:28:22) 

Voici un bref aperçu du pèlerinage ad Sedem Petri (organisé par le Coetus Internationalis Summorum Pontificum,CISP), le 11ème, qui s'est déroulé à Rome du vendredi 28 octobre, fête des SS Simon et Jude, au dimanche du Christ-Roi, avec un nombre inattendu de pèlerins et de clercs, qui en a fait la plus grosse "édition" de cette peregrinatio depuis celle de 2017 à l'occasion des dix ans du Motu Proprio.
Le vendredi, le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne, président de la Conférence Episcopale Italienne, a présidé avec aisance les Vêpres pontificales au Panthéon, organisées par l'Institut du Bon Pasteur.
Le samedi, après l'adoration eucharistique, organisée par l'Institut du Christ-Roi à Saint-Celse, la procession a traversé le Pont Saint-Ange et remonté la via della Conciliazione pour arriver à Saint-Pierre, où la messe solennelle a été célébrée par Mgr Agostini, en présence du cardinal Brandmüller.
Et le dimanche, l'église paroissiale de la Trinité des Pèlerins, confiée à la Fraternité Saint-Pierre, a paru exploser du fait d'un nombre d'assistants que n'avait jamais connu cette église, venus assister à la messe solennelle du Christ-Roi célébrée par Mgr Descourtieux.
Le pèlerinage avait été précédé le vendredi d'une Rencontre Pax liturgica, la 7ème. Parmi les moments forts de cette rencontre : le vaticaniste Aldo Maria Valli, ancien biographe du cardinal Martini, a raconté de manière très émouvante comment la découverte du rite traditionnel avait changé sa vie.
Dieu seul connaît les grâces qu'il accorde lors d'une pieuse manifestation, mais la grâce la plus visible n'a-t-elle pas été que ce pèlerinage romain ait lieu?


Vêpres pontificales au Panthéon
Adoration eucharistique à Saint-Celse
Procession à Saint-Pierre
Messe à Saint-Pierre
Messe de clôture à la Trinité des Pèlerins
Colloque Pax Liturgica
images/icones/vatican.gif  ( 955093 )Je m'étonne par Anne Charlotte Lundi (2022-11-01 09:53:05) 
[en réponse à 955076]

Je m’étonne, simplement, - et je ne suis pas la seule, c'est ce qui me pousse à publier ce message-, que le cardinal Mattéo Zuppi connu pour ses accointances avec la gauche italienne et ses liens avec la communauté Sant’Egidio, puis ses déclarations "embrouillées" lors de l’affaire de Bologne en juin dernier… ait été invité à présider un office de ce pèlerinage. Il a été invité, il le dit lui-même par les organisateurs, avant même sa nomination à la présidence de la conférence épiscopale italienne, le 24 mai. Comment peut-on avoir confiance...

Mais je laisse à votre lecture, un article très intéressant d’Edouard Pentin.

CITÉ DU VATICAN – Malgré les restrictions du Vatican sur l'ancienne liturgie, le chef de la conférence des évêques d'Italie, connu pour son activisme social et sa proximité avec la politique de gauche italienne, a présidé ce soir les vêpres solennelles traditionnelles au Panthéon de Rome.

Le Cardinal Matteo Zuppi de Bologne, un natif de Rome avec des liens étroits avec la communauté laïque de Sant'Egidio mais qui est également ami des adeptes de l'ancienne liturgie, a dirigé la célébration liturgique et a prononcé une courte homélie.
Il a ensuite déclaré au Registre qu'il avait décidé de présider la liturgie parce que les organisateurs "m'avaient invité - ils m'ont invité avant que je ne devienne président de la conférence épiscopale italienne, et j'ai pensé que tout allait bien". Le cardinal Zuppi a été élu nouveau président de la conférence épiscopale le 24 mai. Lorsqu'on lui a demandé s'il pensait que le motu proprio Traditionis Custodes (Gardiens de la Tradition) du Pape François de juillet 2021 , qui vise à restreindre sévèrement l'ancienne liturgie afin qu'éventuellement la liturgie réformée post-1970 puisse devenir l'« expression unique » du rite romain, était un problème, le cardinal Zuppi a déclaré : "Non, je pense que c'était une directive que le Pape a jugée utile, et elle doit être appliquée avec une grande conscience et avec une grande responsabilité".

La liturgie de ce soir dans l'ancien temple romain vieux de 1 900 ans, consacré église catholique en 609 après JC et maintenant connue sous le nom de Basilique Sainte-Marie et des Martyrs, a été organisée par l'Institut du Bon Pasteur, une société basée en France, de vie apostolique consacrée à la messe latine.
Les vêpres solennelles, en la fête des apôtres Sts. Simon et Jude, a également été suivi par des prêtres d'autres instituts traditionnels tels que la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP) et l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICKSP), ainsi que des prêtres diocésains qui célèbrent la messe traditionnelle en latin.
Allié improbable
Considéré par certains comme un candidat de premier plan pour succéder au pape François, le cardinal Zuppi est un allié improbable de l'ancienne liturgie compte tenu de son parcours qui place l'activisme social au-dessus des préoccupations liturgiques. Il s'est également fait connaître ces dernières années pour certaines positions nettement hétérodoxes, notamment en ce qui concerne l'homosexualité.
En 2018, il a suscité la controverse lorsqu'il a écrit la préface du livre du père jésuite James Martin Building a Bridge , et en 2020, il a écrit une autre préface à un livre sur le même sujet intitulé L'Église et l'homosexualité de Luciano Moia qui prônait une « nouvelle attitude responsabilité pastorale » sur la question. Plus tôt cette année, il a été accusé d'avoir dissimulé ce que des observateurs ont déclaré être la première bénédiction d'un couple homosexuel dans une église de son diocèse. Mais malgré cela, il a maintenu ouvertes les voies du dialogue avec ceux qui favorisent la tradition de l'Église et a célébré la messe traditionnelle en latin à au moins deux reprises dans le passé. Il a aussi récemment visité le séminaire de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre à Gricigliano près de Florence et a été impressionné par le nombre de vocations qu'il a attiré.
Le cardinal Zuppi était connu depuis de nombreuses années dans sa Rome natale comme un «prêtre de rue» en raison de ses efforts pour aider les défavorisés. Ses activités allaient de l'aide aux enfants marginalisés des bidonvilles romains et aux personnes âgées, aux immigrés, aux sans-abri, aux malades en phase terminale, aux handicapés et aux toxicomanes, aux prisonniers et aux victimes de conflits. Il a également participé à de nombreuses activités de dialogue œcuménique et interreligieux.

L'événement annuel, [ ce pèlerinage] a été fondé en 2012 en tant que contribution des partisans de l'ancienne liturgie à la nouvelle évangélisation. Il s'agissait aussi de remercier le pape Benoît XVI qui, en publiant son motu proprio Summorum Pontificum en 2007, a libéré la célébration de la liturgie antique.
Se référant au but du pèlerinage de visiter le Siège de Pierre, le Cardinal Zuppi a déclaré au Registre que « se rendre au Siège de Pierre signifie rentrer chez soi, c'est le Siège de celui qui préside à la communion, et je pense que la mission de ce pèlerinage est d’aider à vivre en communion avec Pierre et donc en communion avec l'Église.
images/icones/neutre.gif  ( 955101 )On dit de l Italie... par Roger (2022-11-01 20:17:17) 
[en réponse à 955093]

Sans informations récentes je répète ce qu on m'avait dit l an passé : l aile gauche du clergé italien milite pour une Église diverse où peuvent cohabiter diverses sensibilités et divers Missels...

Tolérer la liturgie traditionnelle serait conforme à cette vision...
images/icones/neutre.gif  ( 955110 )Je ne m'étonne pas... par Marco Antonio (2022-11-02 11:42:12) 
[en réponse à 955093]

Le cardinal Zuppi est actuellement la quintessence du néo-modernisme en Italie. Personnellement, ce qui est étonnant, ce n'est pas son approche "inclusive" par rapport au pèlerinage "Summorum", mais, peut-être, ses "divergences méthodologiques" par rapport à François pour anéantir la messe de saint Pie V.
Il y a amplement de place pour les «catholiques» dans les loges maçonniques et les membres de tous les goûts religieux sont les bienvenus. Ici, pour le cardinal Zuppi, c'est pareille.
Ce que je me demande, le cas échéant, c'est quel est le sens profond du pèlerinage. Je me le demande hors de toute polémique, parce que, vraiment, je ne le comprends pas. Je ne comprends pas l'objectif que se fixent ses partisans. Celui de montrer qu'ils ont accès au centre du christianisme? Celui de montrer qu'ils sont écoutés par des prélats de haut tître? Celui de «marquer une présence» à Rome ? Celui de dire qu'il y a un monde qui approuve le rite de Paul VI mais qui veut célébrer celui de Saint Pie V?
Ou l'objectif inclut-il toutes ces choses? Mais, encore une fois, pourquoi?
L'abbé Barthe dit que le pèlerinage est une grâce ("la grâce la plus visible n'a-t-elle pas été que ce pèlerinage romain ait lieu?"). Mais pourquoi?
Le cardinal Zuppi explique pourquoi, de son point de vue, ce pèlerinage est une grâce. Parce que avec lui on affirme la communion de ses membres avec François ("je pense que la mission de ce pèlerinage est d’aider à vivre en communion avec Pierre et donc en communion avec l'Église"). Son autorité sur eux est affirmée. Et, ainsi, la coexistence sous cette autorité de deux rites incompatibles, expressions de deux croyances incompatibles (lex orandi, lex credendi). Un peu comme ce qui se passe dans les loges maçonniques. Le temps fera le reste.
images/icones/neutre.gif  ( 955140 )Logique du ralliement par Roger (2022-11-02 22:15:08) 
[en réponse à 955110]

Il y a une logique du ralliement à conserver malgré les difficultés un lien visible avec le vicaire du Christ (selon la belle expression d Innocent III).


Évidemment on peut très bien refuser le ralliement et ne pas avoir besoin d un tel lien.

images/icones/1b.gif  ( 955144 )Ralliement et ralliement par Lycobates (2022-11-03 00:06:16) 
[en réponse à 955140]


Évidemment on peut très bien refuser le ralliement et ne pas avoir besoin d un tel lien.



Tout catholique "a besoin" d'un tel lien et ne refuserait jamais un "ralliement" avec le successeur légitime du bienheureux apôtre Pierre.
C'est une évidence. C'est même de foi. Pas toute évidence est de foi, même si elle pourrait souvent l'être. Mais tout ce qui est de foi est une évidence.

Cependant il est possible que ce "ralliement", que l'on ne saurait refuser sans devenir schismatique, ne s'effectue qu'en puissance, et ce pour des raisons étrangères au fidèle catholique moyen.

Mais il est absolument impossible de se "rallier" formellement a quelqu'un et à ceux dans son orbit qui ont fait preuve de leur hétérodoxie et hétéropraxie éclatantes depuis des années et qui y persistent, malgré remontrances et dubia même de personnes de qualité dans leur obédience même.

Quant à M. Zuppi, à moins d'avoir affaire à une erreur de casting, il devrait savoir (cela fait partie du métier d'acteur) comment un ecclésiastique mitré officiant des vêpres pontificales doit tenir ses mains en procession, incollate, comme disait l'autre, ou, autrement, en position assise.

Cela me rappelle cet autre erreur de casting, M. Cañizares de son nom (pas le portero Lucas, qui aurait peut-être fait mieux, mais Antonio), que l'on a connu à Ávila officiant en pullover, avant que bien plus tard il n'affectionne la cappa magna, pour revenir, après 2013, à moins d'extravagances, sans par ailleurs être parvenu à maîtriser les conclusions Per Dominum nostrum ou Qui vivis et regnas, non explicitées en toutes lettres dans nos livres liturgiques.

Quand on est Église de Dieu affligée, et fier de l'être, on n'est pas à l'abri des plus extraordinaires folies ...
Quelle mortification !
images/icones/fleur.gif  ( 955100 )Combien d'intervenants du FC en étaient ? par JVJ (2022-11-01 18:54:49) 
[en réponse à 955076]

Monsieur l'abbé Barthe peut témoigner qu'une jeune famille, assise sur les marches de la fontaine, le héla à la sortie du Panthéon avant de le féliciter chaudement pour son initiative, son courage, son sérieux et ses travaux.

Le Panthéon et St-Pierre sont à n'en pas douter de hauts lieux, comme la présence du président de la conférence épiscopale d'Italie (sur lequel je ne veux colporter les injures que de supposés tradis ou capétophiles opposés à l'A.F. d'heureuse mémoire sur le prétendant au trône de France, se plaisent à répandre).

Des prêtres souriants et solides, accessibles, font tellement plaisir. M. l'abbé se souviendra que je lui ai donné le chiffre accablant des séminaristes d'une rue toute proche, ce qu'il sembla découvrir.
Je craignais pour tout dire que Vigano ne se montre. Le cardinal Brandmuller fut bien courageux, mais il fut donc le seul cardinal à Rome pour assister à cette messe.

La dernière photo du blog mis en ligne montre une partie de la famille susdite aux vêpres, juste à gauche des fanons du pontife. Le papa et la maman sont en train de prendre des photos et pourraient donc fournir le contre-champ... On ne voit bien que l'enfant baptisé du nom du pape qui avait renoncé à sa charge trois mois plus tôt.

Une photo familiale autour de Mgr Bux est aussi partie très vite sur les téléphones de quelques amis...
Impression de voir au crépuscule ce qui restait de la tentative restaurationniste de Benoît XVI.

La chorale était magnifique et exceptionnelle. Le Panthéon n'était rempli qu'aux deux tiers et les corbeilles présentées à la fin de l'office n'ont pas été très remplies...

Je n'ai pas reconnu beaucoup de têtes pensantes du clergé français, pas plus que de laïcs médiatisés de la même nation. Je pensais que JM Guénois serait venu pour rendre compte, mais il était à Venise... J'ai vu fort peu de soutane dans ma semaine, sinon ce soir-là.

Il se murmurait dans les salons romains que le pape en personne était intervenu pour dégommer le célébrant prévu de la messe à St-Pierre : dingue d'autoritarisme. François est trop bon d'avoir toléré cette messe... Pour ma part, je ne veux plus entendre un clerc parler du pape régnant pour isoler deux phrases creuses ou anodines, histoire de citer le pape ou de faire croire qu'il est dans la continuité des deux précédents papes (!).

Des clercs me firent le compte rendu de la réunion du matin à l'Augustinianum, non sans me rappeler que ce lieu aux portes du pape avait loué quinze jours auparavant ses murs à un colloque de dentistes... J'avais signalé le récent beau colloque des 80 ans de Sources chrétiennes (sans donner un lien qui ne marchait pas pour moi...).

J'ai retrouvé des prêtres participants à ce pèlerinage à l'Orso 80, les laissant tranquilles et restant avec les miens...

Si le cher abbé F.H. me le demande (bravo pour vos échanges à ceux qui doivent tout au baron d'Empire Pinoteau dont j'ai annoncé ici la mort...), je puis lui dire combien j'ai pensé à la Lorraine en suivant la messe un soir à St-Nicolas des Lorrains en méditant sur les épitaphes à mes pieds, parlant de tel clerc du diocèse de Nancy... Les bancs ont été financés par les Wendel, avec croix de Lorraine. Le nouveau recteur était jusqu'en août le conseiller religieux de la Ière d'Orléans chez les Europe. J'ai aussi pensé à l'abbé F.H. en allant humer le calme et les miasmes de St-Anselme... Il y a aussi une inscription, unique, de Mgr de Forbin-Janson, à la prison Mamertine (photo disponible...).

J'ai vu sortir des clercs en soutane du Panthéon la nuit tombée, laissant la place aux hordes empêchées d'entrer depuis une heure et demie, peu avant la fermeture des portes, dans l'indifférence de la place pleine comme un oeuf. Drôle d'impression.

J'avais l'impression, malgré la clémence de ces journées romaines, que j'étais dans la Ville devenue fantôme, avec des hordes de touristes dans les églises (et le Panthéon, quel cirque en dehors de ces vêpres !), des confessionnaux relégués et totalement vides, un pape qui met mal à l'aise dans les conversations (que j'ai vu passer devant moi à 5 m dans sa voiture au pas, fenêtre ouverte...)... L'action catholique avait transformé le Gesu en bordel synodal avec conférencier prenant son café sur une table de communion. Je marchais dans des églises comme j'allais dans les musées ou au Palatin : les gens marchent au pas cadencé et forcé comme à la Sixtine, parlent à leur téléphone très fort, passent devant le Saint-Sacrement comme des balles, touchent portes et peintures, entrent habillés n'importe comment et avec casquette... A St-Louis le samedi, on ferme les portes pour un mariage et des baptêmes, sans donner d'horaires... C'est rude, mais je n'ai pas la solution.

Si mon point de vue intéresse, je puis ouvrir un nouveau fil sur Rome et l'écu nu du cardinal Vingt-Trois, sur le sentiment de malaise à la vue des armes du cardinal Barbarin à la Trinité des Monts, à la pensée de la tombe du cardinal Tauran à quelques mètres de mon Spritz (et si finalement Benoît XVI et tous avaient couvert sa vie intime ?)...

J'ai fait bisquer un journaliste rencontré (totalement par hasard !) chez un glacier à qui je disais avoir déjeuné le midi au même endroit qu'un évêque français (que je ne porte pas dans mon coeur) dont l'agenda n'indiquait pas sa présence romaine. Et toujours pour l'abbé F.H. : j'étais aussi à table à 3 mètres d'un ancien prévôt au patronyme martial que j'ai salué et avec lequel j'ai réactivé quelques souvenirs.

Je puis aussi faire saliver ceux, sans exception je pense par la force des choses, qui n'ont jamais pu prier et visiter la cellule - papale - de saint Pie V à Sainte-Sabine... Ou qui n'auraient jamais vu la galerie des portraits des maîtres généraux de l'Ordre des Prêcheurs...

Hier soir, repas devant la façade de la cathédrale de Gênes, fermée hélas trop tôt pour que je puisse prier sur la tombe du cardinal Siri et méditer sur le caractère très terrestre des conclaves (je laisse le Saint-Esprit très loin de l'Eglise de manière générale, et plus que jamais quand on voit les complicités épiscopales actuelles en France, même La Croix va finir par lâcher certaines mitres...).

Je rassure mes amis romains clercs : je me suis exceptionnellement relu. Il n'y aura pas moyen de vous identifier, alors que vous lisez manifestement le FC comme bien des évêques qui ne savent plus où s'informer ou se divertir...

J'ai retrouvé ce matin à la messe le bruit détestable bien français avant la messe et les têtes grises.
Je rentre d'un pays merveilleux pour apprendre que le vice-président de la CEF n'a toujours pas démissionné et que le très respectable archevêque de Lyon, d'origine haut-marnaise, a accepté une breloque de la république anti-catholique, comme le Père Guéneley. J'apprends aussi qu'on a trouvé en un éclair exceptionnel un successeur à l'excellent Mgr Ginoux. Mon retour en France commençait pourtant bien en découvrant la cathédrale impeccablement tenue de St-Jean de Maurienne (bravo à son curé !), avec les armes du pape et de l'archevêque (pourtant transféré à Metz !) sur le fronton, à la mode romaine...

Finalement, je préfère Rome. On y mange mieux et les Dominicains qui sortent de l'Angelicum n'ont pas honte de porter leur habit. Les rues sont aussi sales qu'à Paris, mais en moins bigarrées et avec fort peu de tenues islamiques.
La beauté, depuis l'Antiquité, nous assaille à chaque pas, ce qui n'est le cas qu'en Italie et en Grèce.

Il paraît que près de 30 nonciatures attendent leur nonce dans le monde et que l'épuration franciscaine est sévère à l'académie ecclésiastique (tout près du Panthéon, pour ceux qui, ignorant Rome, pensent que je m'éloigne du Panthéon...). La Minerve est hélas fermée pour longtemps dans sa nef, car le sous-sol du parvis a été déstabilisé par des travaux, comme à la cathédrale de Montauban.

Ceux qui sont soucieux d'éduquer leurs enfants ou les clercs qui respectent les enfants, savent combien c'est pour ces derniers une grâce que de péleriner dans ces conditions à Rome, avec des guides ecclésiastiques amis et de haut vol. Du point de vue spirituel et du point de vue historique (depuis le temple de Jupiter capitolin), surtout quand on a eu des cours exigeants de latin et d'italien dans son excellent collège sous contrat.
J'ai eu bien des pensées pour mes grands-parents qui, par exemple, n'ont jamais eu les moyens de sortir de France, et donc de pouvoir connaître la Ville. Tout le monde n'a pas d'ordinateur ou même de voiture... (petite piqûre de rappel au clergé qui balance l'argent par les fenêtres ou recrute des économes diocésains véreux ou incompétents).

Rome, c'est l'unique endroit au monde où l'on peut échanger dans un magasin une jeune dominicaine parisienne en guimpe qui travaille à la Secrétairie d'Etat. Les relations personnelles abattent les barrières très facilement. A Rome, on peut se retrouver devant la cellule du maître général d'un ordre ou saluer un cardinal, tandis qu'en France, croiser son évêque dans sa cathédrale ou obtenir une réponse à une question tient ordinairement de l'impossible.
images/icones/neutre.gif  ( 955146 )Je n'y étais pas, hélas. par Sic transit (2022-11-03 10:01:59) 
[en réponse à 955100]

J'étais inscrite au tout premier, et avais eu un contretemps au dernier moment, cette année je n'ai pu refaire faire à temps ma carte d'identité.
Je vais essayer de m'organiser pour l'an prochain.

Merci pour le reportage !
images/icones/fleur.gif  ( 955148 )La carte d'identité est secondaire... par JVJ (2022-11-03 10:23:03) 
[en réponse à 955146]

Je n'ai pas croisé un seul gendarme sur les autoroutes en 2 000 km en Italie... et pas un seul contrôle (je devais être le seul à ne pas dépasser le 120 km/h). Et à l'ancienne frontière, les forces de l'ordre rigolent et laissent passer...

Imaginez la fierté d'un père quand sur le forum impérial, sa fille lui rappelle la mort de Cicéron à partir d'un texte traduit en 3e avec son excellente professeur de latin... alors que la chose m'était totalement sortie de la tête à ma grande honte.
Le cahier visé au retour me rappela que le niveau de ce collège sous contrat était supérieur à celui d'un lycée public en terminale... Gloire à ce professeur, ancienne CRC par parenthèse m'a-t-on dit, qui faisait lire une lettre de Joseph de Maistre à sa fille à sa classe de 6e pour apprécier le changement des temps pour les verbes dans un même paragraphe.

Quand je pense qu'ici un inculte a osé persiffler sur Virgile en ignorant tout de l'interprétation christique de la 4e églogue.

Quand on est à Rome, un chrétien est obligé de pratiquer l'herméneutique de continuité avec les Latins (sauf quand il voit le latin persécuté...).
Le tradi borné dira que pontifex maximus est une invention des Evangiles, et qu'auparavant, personne n'avait porté ce titre bien païen..

Le colloque pourrait être mis en ligne. Une caméra sur un ordinateur suffit.

Je rentre frustré comme vous n'imaginez pas, devant contourner, sans m'arrêter, Mantoue, Florence, Assise, Pavie, Volpiano, les monts Sabins, Bologne...

Bien à vous, pensez à ceux qui n'ont pas envie de reprendre...
J'ai fait mettre en ligne sur le site des amis l'article de JML et de PhP dans Le Figaro sur la nécessité de faire un musée de Notre-Dame à l'hôtel-Dieu.



images/icones/neutre.gif  ( 955161 )Correspondance romaine par Roubine (2022-11-03 19:10:29) 
[en réponse à 955148]

Le pèlerinage à Petri sedem du 28-30 octobre
Corrispondenza Romana
2 novembre 2022, par Fabio Fuiano
[traduction internet]

Du vendredi 28 au dimanche 30 octobre, une série d’événements a eu lieu à Rome à l’occasion du quinzième anniversaire duMotu Proprio de Benoît XVI, Summorum Pontificum, le 7 juillet 2007, qui a libéralisé la célébration de la Sainte Messe selon l’ancien rite romain. Après une conférence au cours de laquelle des orateurs de différentes parties du monde ont pris la parole, des vêpres solennelles ont eu lieu au Panthéon le soir du premier jour, présidé par S.E.R. Card. Matteo Zuppi, nouveau président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), avec la participation de nombreux fidèles, dont de nombreux jeunes, qui ont rempli sans difficulté toute la basilique Santa Maria ad Martyres. Non moins ont participé à l’adoration et au pèlerinage du lendemain. Une heure avant le début de l’Adoration, les fidèles présents dans la Basilique pouvaient assister, construire, une succession de Saintes Messes célébrées dans l’Ancien Rite sur les autels latéraux par différents prêtres. À 9h30, l’adoration eucharistique a eu lieu dans la basilique des Saints Celse et Julien, à quelques pas du château Saint-Ange, avec la récitation des Mystères glorieux du SaintRosaire coram Sanctissimo. À 10h30, Populus Summorum Pontificum est parti en pèlerinage au siège de Pierre, chantant la litanie des saints et des chants populaires tels que « Lauda Jerusalem » et « Noi Vogliam Dio », puis concluant avec le Credo apostolique peu avant d’entrer dans la basilique Saint-Pierre.

Commence alors la Sainte Messe solennelle, célébrée à l’autel de la Chaire, par Mons. Marco Agostini, Maître pontifical des cérémonies, avec le P. Vilmar Pavesi et le P. Dimitri Artifoni, de la Très Sainte Trinité des Pèlerins, comme diacre et sous-diacre. Selon les estimations, environ 1 700 pèlerins du monde entier ont assisté à la Sainte Messe, ainsi que de nombreux prêtres, religieux et religieuses, de différents ordres etinstituts. Également présente, au premier rang, S.E.R. Card. Walter Brandmüller. La solennité du moment était particulière, compte tenu de la beauté des chants, interprétés à l’orgue et de la sculpture évocatrice de Gian Lorenzo Bernini (1598-1680) au centre de laquelle se trouvait la colombe du Saint-Esprit, juste au-dessus de la Chaire épiscopale appartenant à saint Pierre et soutenue, comme l’a rappelé plus tard Mons. Agostini, des quatre principaux docteurs de l’Église: Saint Augustin, Saint Ambroise, Saint Athanase et Saint Jean Chrysostome. Le Saint Evangile a rappelé aux pèlerins l’épisode où Notre-Seigneur donne à saint Pierre les clés du Royaume des Cieux, lui confiant, ainsi qu’à toute l’Église, la grande promesse : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas sur elle ».

Un grand avertissement, jamais assez répété, qui nous rappelle la force de l’Église, qui ne peut jamais être détruite, aussi dures que soient les attaques, quelle que soit la force de la tempête qui fait rage. L’homélie d’Agostini était un message d’espérance pour l’Église, en particulier pour les pèlerins fidèles à la forme rituelle restaurée par saint Pie V (1504-1572), inspirée par la structure en bronze du Bernin. Suggestive était la description du jeu de lumière qui, surmontant l’obscurité de la nuit, descendait comme une cascade pour toucher le grand autel, maintenant retiré de la vue des fidèles, qui était situé juste en dessous du Cattedra.Il 31 octobre, à 11h00, Mons. Patrick Descourtieux a célébré la messe solennelle de clôture dans la paroisse de la Très Sainte Trinité des pèlerins en présence d’une telle multitude de fidèles que, selon des témoins, certains ont dû suivre la Sainte Messe dans le hall d’entrée de la paroisse. Le pèlerinageà Petri Sedema confirmé la vitalité de la liturgie traditionnelle, expression parfaite de lalex credendi de l’Église.