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images/icones/mitre4.png  ( 955010 )Affaire Santier : « Non, les évêques n’étaient pas tous au courant » selon Mgr Germay par Bernard Joustrate (2022-10-29 17:10:26) 

Affaire Santier : « Non, les évêques n’étaient pas tous au courant » selon l'archevêque
Olivier de Germay, archevêque de Lyon, s'est exprimé alors qu'un rassemblement sera organisé ce dimanche par des catholiques contre les scandales tus dans l'Église, dont l'affaire Santier..

Par D.M

À la veille d’un rassemblement organisé à l’initiative de catholiques contre les scandales tus dans l’Église, Olivier de Germay, archevêque de Lyon a choisi de s’exprimer.

« L’affaire Santier a semé le trouble parmi de nombreux fidèles catholiques. Leur incompréhension, voire leur colère, est compréhensible ; il nous faut l’entendre. […] Il faut également veiller à ne pas faire circuler d’informations erronées, comme celle affirmant que les évêques étaient tous au courant », peut-on lire en tête du site internet ce samedi.

« Comment voulez-vous que la confiance soit au rendez-vous quand on cache les choses même aux archevêques et aux évêques », a réagi dans la foulée, via le réseau twitter, Mahaut Herrmann. 

@Mahaut_Herrmann

L'archevêque de #Lyon l'a appris en même temps que les fidèles du diocèse. Comment voulez-vous que la confiance soit au rendez-vous quand on cache des choses même aux archevêques et aux évêques ?

https://lyon.catholique.fr/communique/declaration-relative-a-laffaire-santier/?fbclid=IwAR2ivQjX_GsQy4D-DkrrAp_Yysf645cN2fLrvRnitff3yUdBxi_ST31X8bM


Cette catholique lyonnaise organisatrice du rassemblement prévu dimanche 30 octobre à 15 heures place Saint-Jean, n’hésite pas à pointer une confiance rompue avec la hiérarchie catholique. L’affaire de trop serait le silence qui a entouré la sanction par Rome de Michel Santier, évêque émérite de Créteil pour « abus spirituels à des fins sexuelles ».

Ainsi, tandis qu’une transparence dans la communication est réclamée, Mgr Olivier de Germay, à la tête d’un diocèse qui a été secoué par de nombreuses affaires , en profite pour rappeler que « dans le cadre du protocole liant le diocèse et le parquet, je signale systématiquement à la justice les faits d’abus portés à ma connaissance. Je prends également les mesures nécessaires pour éviter tout risque de récidive ».

Mais de préciser aussi que « dans l’attente de la décision de justice, une éventuelle communication ne peut alors se faire qu’en respectant le secret de l’enquête ».

Le Progrès

La déclaration :

Déclaration relative à l’affaire Santier

L’affaire Santier a semé le trouble parmi de nombreux fidèles catholiques. Leur incompréhension, voire leur colère, est compréhensible ; il nous faut l’entendre. Il est légitime de dénoncer les erreurs commises. Il faut également veiller à ne pas faire circuler d’informations erronées, comme celle affirmant que les évêques étaient tous au courant.

Aux fidèles de Lyon, je rappelle que dans le cadre du protocole liant le diocèse et le parquet, je signale systématiquement à la justice les faits d’abus portés à ma connaissance. Je prends également les mesures nécessaires pour éviter tout risque de récidive. Dans l’attente de la décision de justice, une éventuelle communication ne peut alors se faire qu’en respectant le secret de l’enquête.

+ Olivier de Germay
Archevêque de Lyon
images/icones/carnet.gif  ( 955028 )"Affaire Santier. L'impossible silence" par Cristo (2022-10-29 22:36:08) 
[en réponse à 955010]


Affaire Santier. L'impossible silence

La révélation des abus commis par Mgr Santier, évêque émérite de Créteil, a suscité une onde de choc au sein de l’Église, jetant l’épiscopat dans la tourmente, avant son Assemblée plénière.
Alban de Montigny
par Alban de Montigny

Publié le 25/10/2022

Mgr Michel Santier a reconnu dès 2019 les faits qui lui étaient reprochés. Relevé de ses fonctions en janvier 2021, il faudra attendre octobre 2022 pour que ces faits soient révélés publiquement.

Pourquoi ? Pourquoi les évêques n'ont-ils rien dit des abus commis par Mgr Michel Santier, évêque émérite de Créteil (Val-de-Marne), avant qu'ils ne soient révélés par la presse? Cette question vient secouer l'épiscopat qui se retrouve, à la veille de l'Assemblée plénière d'automne – du 3 au 8 novembre –, face à la tristesse et la colère d'une partie des catholiques. Tout commence le 14 octobre, lorsque le magazine hebdomadaire Famille chrétienne révèle que Michel Santier, figure du renouveau charismatique, ancien évêque de Luçon et de Créteil, a été sanctionné par Rome pour "abus spirituels à des fins sexuelles".

Dans les années 1990, alors qu'il dirigeait l'École de la foi de Coutances (Manche), le cofondateur de la communauté Réjouis-Toi avait demandé à deux jeunes hommes majeurs de se dénuder durant la confession, devant le tabernacle. Des faits déjà mis en lumière en septembre par la revue Golias. En décembre 2019, les victimes se confient à Michel Aupetit. Alors archevêque de Paris, ce dernier échange avec l'évêque de Créteil qui reconnaît les faits et les signale à Rome. Michel Santier écrit alors au pape pour remettre sa charge. En juin 2020, il annonce sa démission, la justifiant par des soucis de santé et ajoutant dans une formule sibylline avoir "traversé d'autres difficultés".

En octobre 2021, tombe la mesure disciplinaire romaine qui lui impose une vie de prière et de pénitence. Les évêques pouvaient-ils communiquer sur cette affaire? Les victimes ne souhaitent pas que leur histoire soit médiatisée, s'est défendu le diocèse de Créteil. Mais cela n'empêchait pas de lancer un appel à témoignages. Dans les jours qui ont suivi la médiatisation de l'affaire, cinq nouvelles victimes se sont manifestées auprès de l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun.


Sentence occulte

La sanction romaine pouvait-elle être rendue publique? Les avis divergent. "Les décisions ne sont pas couvertes par le secret pontifical, il y avait donc sans doute une possibilité de la rendre publique", explique Astrid Kaptijn, professeur en droit canonique à l'université de Fribourg et ancienne membre de la Ciase. De son côté, le père Bruno Gonçalves, professeur de droit canonique à l'Institut catholique de Paris, rappelle l'un de ses principes: "Quand il y a un scandale public, il faut réparer publiquement mais si les faits n'ont pas été commis en public, les révéler provoque le scandale alors qu'on est censé les réparer. Autrement dit, à faits publics, sentence publique, à faits occultes, sentence occulte." Et le canoniste d'ajouter: "Les évêques ne relèvent pas des tribunaux de l'Église de France, mais de Rome. Les modalités de la sanction n'ont probablement pas été choisies par l'épiscopat français."

Progressivement, les regards se tournent vers le Vatican. Parmi les évêques, les choix de Rome questionnent. "C'est incompréhensible que Mgr Santier soit resté évêque de Créteil pendant encore un an après le signalement, lâche l'un d'eux. Tout ce temps, le Saint-Siège et le nonce ont laissé perdurer un flou. Leur responsabilité est engagée." Le départ effectif de Michel Santier ne survient qu'en janvier 2021 lorsque son successeur, Mgr Blanchet, est nommé. Ce dernier, vice-président de la Conférence des évêques de France (CEF), pourtant au courant de l'affaire, convie l'évêque émérite, le 12 avril 2022, à la messe chrismale. Deux jours après la révélation de cette information par Libération, Dominique Blanchet fait son mea-culpa reconnaissant notamment des "erreurs de jugement".


Fraternité mal comprise

Pour l'un des évêques interrogés par Le Pèlerin, cela montre qu'il y a "une espèce de culture ecclésiastique qui reste intacte". "Je crois à la sincérité de Dominique Blanchet et d'Éric de Moulins-Beaufort, mais comment peuvent-ils avoir porté le travail avec la Ciase et garder ce comportement?, poursuit-il. À mon sens, l'absence de communication s'explique par une fraternité mal comprise. Ils se disent: “C'est mon frère, on ne va pas l'accabler”, mais les victimes sont aussi nos frères." "Je ne mesurais pas à quel point ne pas dire n'était plus tolérable, confie un autre évêque. On a affirmé prendre en compte la parole des victimes mais on n'a pas été au bout du changement exigé.

Je ne mesurais pas à quel point ne pas dire n'était plus tolérable.
Un évêque

Le 22 octobre, Famille chrétienne a révélé que de nouvelles mesures avaient été prises, interdisant Mgr Michel Santier de tout ministère public. La veille, Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, avait assuré entendre et recevoir les critiques sur l'absence de communication. "Nous devons réfléchir à des changements dans nos procédures, dans notre façon de les mener comme d'en communiquer les résultats. [...] Les évêques commenceront à y travailler dès l'assemblée plénière de novembre." Une première prise de parole de la CEF après une semaine de silence.

https://www.lepelerin.com/dans-l-hebdo/vie-d-eglise/affaire-santier-l-impossible-silence-6842
images/icones/neutre.gif  ( 955087 )L'épiscopat sali par fils du vent (2022-10-31 22:06:25) 
[en réponse à 955028]

... après les prêtres. Peut être que la crédibilité de l'Église en France passerait par une démission collective ? Non ?